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HISTORIQUE

Il y a une trentaine d'années que Tripier, en France, chercha à utiliser l'électricité en gynécologie.

Ses recherches portèrent surtout sur les applications des courants interrompus ou faradiques aux déviations utérines, dans le but de réveiller la musculature affaiblie des organes. Les beaux succès qu'il enregistra étaient certainement de nature à encourager les gynécologues à user un peu plus volontiers de cette méthode thérapeutique trop délaissée. C'est donc à Tripier qu'il convient de rapporter l'honneur d'avoir ouvert la voie à la gynécologie élecl rique.

En 1871, un Américain, Cutter, introduit à son tour l'usage des courants continus ou galvaniques ; sa méthode, qui s'applique aux fibromes utérins, consiste à pénétrer dans ces néoplasmes, au travers de la paroi abdominale, au moyen de deux longues aiguilles à acupuncture enfoncées profondément, de façon à établir un courant dans la masse du fibrome interposée aux deux aiguilles négative et positive. La batterie galvanique employée comportait dix ou douze éléments; la durée des séance, d'une à quinze minutes. Tels sont les seuls détails que nous possédions sur ces premiers essais de Cutter, qui peuvent être qualifiés tout au moins d'audacieux.

L'emploi du courant continu semble dès lors prévaloir.

En 1875, Brown publie 1 cas favorable de traitement d'un fibro-myome et, en 1874, Kimbd publie 4 cas nouveaux. Les praticiens que l'on vient de nommer signalaient bien les résultats, mais laissaient dans l'ombre le procédé employé.

En 1878, Semeleder, de Vienne, publie 50 observations. Sur ces 30 cas, 34 sont améliorés, 16 cas ne sont modifiés en aucune façon, 4 cas sont suivis de mort, ce qui n'a rien de surprenant, le procédé employé étant celui de Cutter, de Chicago : électropuncture à travers la paroi abdominale avec douze éléments Callaud.

En 1876, avant le mémoire de Semeleder, Routh et Althaus employaient aussi le courant galvanique, mais avec plus de prudence, en appliquant un pôle sur le col utérin, un autre sur la paroi abdominale, de façon à faire traverser la tumeur tout entière, y compris l'utérus, par le courant.

En 1875, le docteur Brachet, d'Aix-les-Bains, obtient un très beau résultat chez une malade par l'emploi du même procédé.

ÉLECTROTIIÉRAPIE.

En 1879, presque simuKanémeiit, Chéron et Aimé Martin publient une étude sur le traitement des fibromes par l'électrisation.

Aimé Martin introduit une olive positive dans le col utérin, l'électrode négative étant placée sur l'abdomen : il emploie de faibles intensités, 5 à 20 éléments de pile. La durée du traitement est longue et s'étend à plusieurs mois. 11 mentionne 2 succès complets, 4 réductions notables, 4 résultats nuls.

Le docteur Chéron, introduisant dans la pratique un nouveau procédé, substitue aux courants continus simples l'emploi des courants continus interrompus et il conclut ainsi : a l'application des courants galvaniques intermittents diminue rapidement le volume des flbroïdes utérins, mais ne les fait pas disparaître. Elle diminue et même supprime les hémorrhagies. »

Enfin, en 1881, Gallard vérifie les résultats d'Aimé Martin et de Chéron dans son service, à la Pitié. Ses conclusions, résumées dans une thèse de son élève M. Péjoud, sont loin de confirmer les avantages obtenus. Hâtonsnous d'ajouter que cette soi-disant vérification a peu de valeur, Gallard n'ayant pas osé dépasser cinq à six éléments dans la plupart des cas, ce qui donne des intensités très insuffisantes.

Jusqu'à présent les auteurs que nous venons de nommer n'ont jamais, avec le rhéophore'utérin, dépassé l'orifice interne du col; ils n'ont jamais de parti pris, pénétré dans La cavité du corps; enfin, comme intensité ils n'ont jamais dépassé 25 à 30 milliampères.

C'est sur ces différents points que la méthode inaugurée par le docteur Apostoli s'éloigne nettement de tous les autres procédés et devient évidemment une nouvelle manière d'agir électriquement sur les fibromes.

Après les premières recherches publiées par Apostoli, les travaux se multiplient à l'étranger. D'abord Keith, d'Edimbourg, devient un chaud partisan -de la méthode; en Amérique, Engelmann, Martin, de Chicago, Munde publient des observations favorables.

Puis le mouvement parti de France y revient. En première ligne se placent les élèves d'Apostoli : Carlet, Danion, Baraduc, Gautier, etc., dont les travaux aident à la vulgarisation des idées de leur maître. A j)lusieurs reprises, la Société de chirurgie discute les avantages et les inconvénients de la méthode, ses indications et ses contre-indications, sans qu'il se dégage de ces discussions réitérées une conclusion bien formelle.

Nous allons passer en revue la technique des diverses méthodes électriques actuellement usitées et, dans un chapitre subséquent, nous en résumerons les indications.

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