D COURANT ALTERNATIF ET COURANT SINUSOÏDAL
Il nous reste à dire quelques mots des courants alternatifs et sinusoïdaux.
Le courant allernalif est produit par le rapprochement ou l'éloignemcnt d'un inducteur fixe et d'une bobine induite (machines
ÉLECTROTHÉRAPIE. 431
Gramme) ; il se distingue du courant faradique en ce qu'il décroît brusquement (le courant faradique arrive au maximum et se perd j)resqu(; instantanément) .
Quant au courant sinusoïdal, c'est M. d'Arsonval qui, le premier, l'a étudié. MM. Gautier et Larat sont venus ensuite contribuer à l'étude de ce courant, au point de vue des applications en thérapeutique.
La caractéristique du courant sinusoïdal, qui est obtenu par un aimant circulaire dans lequel se meut une bobine, consiste en ce qu'il croit et décroit régulièrement.
L'action physiologique des courants sinusoïdal et alternatif se distingue de celle du courant faradique en ce que la contraction musculaire qu'il provoque est moins douloureuse, bien que la quantité d'électricité traversant le muscle, beaucoup plus grande, arrive au double de celle que fait passer dans les tissus le courant faradique.
Les courants alternatifs agissent encore sur la nutrition. M. d'Arsonval a démontré que si l'on fait passer, à travers le corps d'un individu, un courant alternatif très faible, de façon à ne point réagir sur les muscles, on constate néanmoins que les échanges ont augmenté de 40 à 50 pour 100; en même temps la capacité respiratoire est doublée.
Dans une communication faite au Congrès pour l'avancement des sciences à Paris, en 1892, MM. Gautier et Larat ont apporté les premiers résultats obtenus par l'application des courants alternatifs sinusoïdaux.
Nous retiendrons de cette communication ce qui a trait à la thérapeutique gynécologique. Voici quelles sont les conclusions de ces auteurs :
1" Le courant alternatif agit énergiquement sur la circulation et le système nerveux du petit bassin ;
2" Les symptômes douloureux sont amendés; la résorption des exsudats est favorisée.
D'autre part M. Apostoli a soigné 54 malades dont 12 présentaient des affections des annexes et voici les principales conclusions sur V action du courant alternatif sinusoïdal, auxquelles arrive cet auteur' :
1. Congrès international de gynécologie de Bruxelles, septembre 1892.
432 JIÉTIIODES THÉRAPEUTIQUES SPÉCIALES.
1° Le courant alternatif sinusoïdal appliqué dans la cavité intrautérine est toujours inoilensif et bien supporté ;
2° Pas de réaction douloureuse ou fébrile; il se produit au contraire une sédation manifeste ;
3" Pas d'action favorable sur riiémorrhagie ni sur l'iiydrorrhée; action favorable sur la douleur :
4° La leucorrhée diminue ou disparait môme le plus souvent ;
5" La résolution des exsudats péri-utérins est favorisée et achevée. En somme, cet auteur est arrivé aux mêmes résultats que MM. Gautier et Larat
E. ÉLECTlîOLYSE INTERSTITIELLE.
Nous avons dit plus haut que le phénomène essentiel de toute électrolyse consiste en ceci : lorsque les extrémités des deux pôles d'une pile élecirique sont réunies par l'intermédiaire de composés chimiques, ces derniers se décomposent progressivement: en même temps, un courant électrique se produit dans le circuit métallique.
Le corps décomposé est désigné sous le nom à'éleclrohjte, les conducteurs sous celui ^'électrodes.
Si l'électrode positive est soluble. il se produit en même temps une réaction chimique secondaire résultant de l'action de l'oxygène qui se porte vers le pôle positif; si au contraire cette électrode est inoxydable (si elle est en platine par exemple), la réaction secondaire n'a pas lieu.
Dans l'électrolyse interstitielle, nous retrouvons les mêmes réactions, en faisant agir, sur les tissus, des électrodes solubles. Dans ce cas, comme l'électrode soluble (une lige en cuivre par exemple) le corps est oxydé de la même façon.
On peut donc obtenir des corps naissants (l'oxy-chlorure de cuivre dans le cas où l'on emploie une tige en cuivre) qui exercent sur les tissus environnants une certaine action, dont les effets thérapeutiques sont importants.
Telle est, en quelques mots, la méthode de l'électrolyse interstitielle employée par M. Gautier*.