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ÉLECTROTHÉRAPIE. 453
Bien avant lui, Tripier, Cullcr, Aimé Martin, Apostoli, ont eu recours à l'élcclrolyse pour le traitement des fibromes.
Mais la galvanocaustique chimique a pour caractères essentiels : r l'application des courants d'intensité très grande; 2" l'emploi de l'électrode inoxydable intra utérine. L'intensité du courant varie entre 120 et 150 milliampères.
On voit donc que la difléronce essentielle entre cette méthode et celle de M. Gautier consiste en ce que l'une obtient des cflets thérapeutiques par la haute intensité du courant, tandis que l'autre veut arriver au même résultat, en faisant agir, sur les tissus, des corps qui naissent pendant la réaction secondaire. Cette réaction secondaire s'obtient par l'action de l'oxygène soit sur l'électrode elle-même, comme dans le cas où elle est faite en cuivre pur, soit sur l'électrolyte représenté par une solution médicamenteuse — l'iodure de potassium par exemple, où le corps naissant sera l'iode.
11 existe une autre méthode d'électrolyse interstitielle, imaginée par M. Boisseau du Rocher'. Celte méthode ne se distingue de la précédente qu'en ceci : M. Boisseau du Rocher remplace la tige en cuivre par une aiguille d'argent pur; l'aiguille d'argent est reliée au pôle positif; le courant établi, il se produit un corps nouveau, l'oxy-chlorure d'argent.
L'avantage de cette méthode est la faible inlensité du courant nécessaire pour déterminer la décomposition chimique. Cette décomposition pourrait se faire avec 3 à 10 milliampères. D'autre part, grâce à cette méthode, on peut agir très rapimeni, ce qui a son imporlance, dans les cas d'hémorrhagies utérines par exemple.
Enfin l'aiguille est facilement stérilisable et l'innocuité de la méthode serait complète.
Que penser de la valeur de f électrothérapie appliquée au diagnostic en gynécologie'?
La possibilité de poser le diagnostic par l'électrothérapie résulterait de la tolérance ou de l'intolérance des malades vis-à-vis de ce traitement.
\. Rrvue internationale d'électrothérapie, mars 1895.
Deux phénomènes caractérisent l'intolérance : la douleur et la fièvre.
Le caractère essentiel de la douleur, c'est la persistance; la douleur est immédiate ; d'abord localisée à l'organe malade, elle s'irradie en différentes directions : intestins, reins, bas-ventre, etc. Quant à son intensité, « elle parait être en raison directe de l'acuité inflammatoire des parties atteintes ».
La fièvre d'intolérance est modérée, et n'est précédée, ni suivie de frissons. D'après Kydergaard (de Coperdiague), elle ne dépasse pas généralement 39 degrés, lorsqu'il n'y a pas de complications péritonéales.
Enfin, on peut ajouter, à ces deux phénomènes impoi'tants, d'autres troubles, vomissements, céphalée, tendance à la syncope, irridialion intestinale pouvant aller jusqu'à la diarrhée.
Mais, d'après lloudart' ces différentes manifestations n'ont aucune valeur, puisqu'on peut les rencontrer chez des femmes très tolérantes.
C'est en se basant sur ces diflerents phénomènes de l'intolérance, qu'on en a déduit la méthode dite du diagnostic électrique.
M. Apostoli a formulé' les conclusions suivantes : « le courant faradique soulage, sinon guérit la douleur ovarienne simple; il reste à peu près impuissant contre la douleur inflammatoire.
Le succès ou l'insuccès du traitement faradique donnera donc des indications nécessaires pour arriver du moins à un premier diagnostic. »
Il est à peine besoin de faire remarquer que le diagnostic électrique est très inférieur aux autres procédés d'exploration et qu'il est autrement dangereux.
Résumons néanmoins les conclusions de l'auteur pour l'application du courant galvanique dans l'utérus.
1" Si l'utérus peut tolérer un courant galvanique de 100 à 150 milliampères, s'il n'y a aucune réaction opératoire, ni surtout post-opératoire, on est en droit de conclure que la périphérie de Vorgane est saine du moins actuellement. »
l. Houdart. L'cleriricitr, iiioijen de diaf/iinsl ic en /jy/it-CDlof/ie, 1884. '2. Congrès internat, de gynécol. de Bruxelles, 189'2.
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Il peut exister un kyste simple de l'ovaire, mais pas d'inflammation.
2" Si l'utérus ne peut supporter 50 milliampères, s'il y a des suites opératoires douloureuses ou fébriles, on doit le considérer comme suspect.
3" Si l'intolérance, grande ou moyenne au début du traitement, s'atténue; si l'amélioration symptomatique s'accentue, il s'agit soit d'une bystérique, soit des annexes malades dont l'inflammation est en voie de régression.
A" Si l'intolérance augmente, s'il y a de l'élévation de la température, il s'agit d'un utérus dont la périphérie est malade. En outre cette afl'ection annexielle doit être considérée comme non justiciable de la thérapeutique conservatrice. C'est à la castration que le plus souvent on sera obligé d'avoir recours.
Dans un travail ultérieur' l'auteur a cité de nouveaux faits qui tendent à confirmer les conclusions que nous venons de résumer.
M. Ricbelot", au contraire, a cité une observation d'une femme présentant en outre de deux néoplasmes, une poche suppurée ; cette femme a été soignée pendant très longtemps par deux médecins électriciens.
A plusieurs reprises, nous avons constaté que des malades supportaient très bien 60, 80, 100 milliampères, alors qu'elles avaient des lésions suppurées autour de l'utérus. M. Pichcvin a cité, au Congrès de gynécologie de Bruxelles, le cas d'une femme ayant un gros fibrome et une poche pleine de pus. 11 avait fait passer plusieurs fois 100 milliampères (pôle positif dans l'utérus), et la malade n'avait éprouvé aucune réaction.
Il est de toute évidence qu'un état inflammatoire aigu ou subaigu des annexes s'accommode mal de manœuvres intra-utérines et de l'action de l'électricité. Mais il n'est pas nécessaire que les lésions péri-utérines soient suppurées pour qu'il y ait intolérance galvanique. Des lésions récentes non suppurées, quoique infectieuses, peuvent très mal supporter la galvanocaustie intra-utérine. Au contraire, une grosse poche contenant du pus stérile n'empêche pas une malade de très bien tolérer 100 milliampères.
1. Apostoli et Le Bec, Nouveaux faits à l'appui des contributions de l'électrothérapie au diagnostic en gynécologie. Noiiv. arch. d'obstél. cl de yyu. Mai, juin 1895.