CHAPITRE XXIV
BALNÉOTUÉRAPIE. — HYDROTHÉRAPIE.
La Balnéothérapie appliquée à la gynécologie est utilisée sous toutes ses formes à peu près : le bain simple, chaud ou frais ; la douche générale; les douches locales, tempérées ou froides; les bains thermo-minéralisés.
Nous étudierons d'abord la balnéothérapie, le bain simple ou minéralisé.
Nous étudierons ensuite l'action de l'eau froide administrée sous forme de douches, et qu'on nomme plus particulièrement hydrothérapie.
Nous finirons par l'IIydriatiquc therrno-minérale.
Bains simples et minéralisés. — L'usage du bain contre les affections aiguës et douloureuses de l'abdomen et du bassin est immémorial.
Il est hors de doute qu'avant de posséder des notions même vagues sur les maladies de l'utérus et des annexes, les médecins conseillaient l'usage des bains chauds et en obtenaient des résultats remarquables dans les différentes formes de la pelvi-péritonile. Ce serait faire étalage d'une érudition inulile que de citer, à ce propos, les nombreux textes anciens et modernes.
C'est qu'en réalité le fait, en lui-même, est vrai. Dès lors, il est aisé de comprendre que les populations pauvres des régions pour-
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vues de sources chaudes naturelles s'y soient portées en foule et y aient tenté la cure de beaucoup d'affections différentes ; il est plus aisé encore de comprendre que les femmes y aient cherché un soulagement aux affections utérines dont elles étaient affligées. Aussi est-il presque impossible de visiter une station Ihermo-minérale du Jura, des Yosges, des Pyrénées, etc., sans y rencontrer une fontaine, au moins, destinée au traitement des maladies spéciales de la femme.
La diversité de composition de ces différentes sources rend déjà fort suspecte la vertu spécifique qui leur était et leur est encore trop facilement attribuée, et donne à penser, par contre, qu'il s'agit surtout d'une action commune à toutes, la minéralisation étant un élément secondaire.
Action thermique. — Cette action commune réside-t-elle dans l'élément thermal, la chaleur?
Cette idée a été défendue et se peut défendre. Cela nous ramène à envisager l'action du bain simple. L'effet thermique à la surface du corps se répercute dans les viscères profonds, et, en ce qui concerne les manifestations douloureuses, le plus souvent associées aux phlegrtiasies des organes, il joue un rôle sédatif, antispasmodique, calmant, qui ne se discute guère.
L'atténuation ainsi produite est-elle le fait d'une action directe sur l'innervation sensitive cutanée ou n'est-elle que le résultat d'un phénomène de décongestion locale qui diminue la tension douloureuse dans l'organe ou la région enflammée?
11 est difficile de résoudre la question.
Le résultat réel, c'est que. par le fait de l'immersion prolongée, il se produit des modifications circulatoires plutôt favorables.
Les régions profondes qui sont affectées par un processus inflammatoire chronique et, de ce fait, ont subi un ralentissement de leur vitalité, tendent à la résolution.
On pourrait croire que ces zones, dans lesquelles le courant sanguin est diminué ou interrompu, qui sont comme un barrage momentanément jeté sur ce courant, subissent un effort de pénétration corrélatif à l'excès de tension vasculaire créé par le bain. D'où résorption rapide des exsudats.
Le bain froid, grâce à sa brièveté, n'agit que par la réaction intense qu'il produit.
Action physique. — L'action qui se produit, sous cette influence, peut être l'effet d'un réflexe. Mais il n'est pas interdit de penser que le phénomène de compression générale, exercé à la périphérie par le fait de la poussée de l'eau sur la surface du corps, en anémiant momentanément le tégument, fait refluer le sang vers les régions profondes, d'où tension vasculaire révélée par l'état du pouls.
En raisonnant de la sorte, on arriverait à admettre que, plus la densité du liquide est grande et plus la pression supportée diminue la circulation périphérique tout en augmentant la tension vasculaire profonde. On observe que les bains fortement salés ont un effet résolutif plus actif que les bains de minéralisation moindre, qu'ils sont d'un effet inférieur, à cet égard, à celui des bains de boues.
Ce n'est là qu'une hypothèse, mais elle est bonne à vérifier et elle explique d'ailleurs que les lésions aiguës ou subaiguës, subissent un effet très fâcheux de l'action balnéaire intense à forte minéralisation.
Bains minéraux. Action minérale. — C'est le point le plus discuté et le moins bien connu. Action irritante à la peau (bains salés, bains sulfureux) ; action antiseptique dans les cavités muqueuses (bain sulfureux); action sédative (atmosphère azotée); action tonique et excitante (soufre), tout a été invoqué pour arriver à établir la valeur thérapeutique de chaque variété de sources thermo-minérales. En réalité, rien n'a été prouvé. Nous en sommes encore à l'empirisme.
Comme conséquence de ce rapide exposé, il nous faut retenir qu'à défaut de l'action minérale qui n'est pas déterminée, il reste acquis physiologiquement que le bain chaud exerce son action par l'élément thermique et par l'élément physique.
Cela nous ramène à l'importance thérapeutique des bains simples que d'ailleurs on peut minéraliser artiliciellement et, pour ainsi dire, à volonté.
C'est cette vérité qu'il convenait de faire ressortir de cet aperçu général.
Appliqué, avec mesure et précaution, dans le cours des phlegmasies