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HYDROTHÉRAPIE FROIDE. DOUCHES

On pourrait écrire longuement sur ce sujet, à propos de gynécologie. Néanmoins, il faut se restreindre aux applications immédiates de cette méthode thérapeutique aux aftéctions génitales en tant que troubles locaux.

C'est sous la forme de douches que l'eau froide est généralement appliquée.

Les bains froids, le bain de rivière surtout peuvent avoir quelques bons effets, mais ils veulent être mesurés, de très courte durée et surtout n'être pas pris inconsidérément et indifféremment dans tous les cas pathologiques.

La douche froide est d'un usage courant.

Ses indications sont :

1° Toute affection de nature atonique, comme les déviations le prolapsus, la subinvolulion, l'aménorrhée, dans lesquelles le système musculaire a besoin d'une excitation forte et prolongée.

2° Les vestiges d'inflammations anciennes où l'élément infectieux est épuisé (métrite chronique, adhérences).

5" Les états nerveux ou névropathiques (neurasthénie, hystérie, irritation spinale) qui causent ou aggravent, ainsi qu'on l'a déjà vu, toute une série de troubles génitaux chez la femme (hémorrhagies utérines, spasmodiques, douleurs exagérées).

contre-indications sont : l'état aigu ou subaigu. Ce doit être un axiome en gynécologie que la douche froide est d'un effet désastreux

sur les salpingo-ovarites et les métrites à la période d'état ou môme en voie de résolution.

Mode iV application. — La douche froide, chez les femmes malades, nécessite un doigté très délicat. C'est une arme à deux tranchants qui exagère le mal quand elle est mal appliquée et qui le calme quand elle est donnée d'une façon judicieuse et prudente.

Il faut toujours commencer par des douches d'eau tiède, tempérée, qui seront administrées, suivant les cas, pendant les trois ou quatre premières séances, encore que l'effet ressenti par la malade soit nul ou désagréable, ce qui arrive parfois. On continue par des douches fraîches.

On ne se risque à terminer la séance par un jet froid que lorsqu'on est sûr de la tolérance et de l'habitude déjà contractée, de la réaction facile.

On administre enfin la douche entièrement froide d'une manière courante, une fois la période d'épreuve terminée. C'est alors que l'effet tonique et excitant se traduit par un bien-être que la malade témoigne assez promptement.

La durée de la douche ne doit guère dépasser une demi-minute, une minute, sauf les cas exceptionnels.

\jQjel doit être un jet brisé, ou en arrosoir, avec une pression suffisante. Nous réprouvons la douche en pluie, cylindre, etc.

La réaction est assurée par un jet prolongé d'eau chaude sur les pieds.

La séance doit être terminée par une friction énergique de la peau.

Enfin, il est bon que la malade fasse une petite promenade à pied après la douche.

Au moment des règles on doit suspendre l'hydrothérapie.

Une période hydrothérapique ne doit guère être de moins de six semaines pour produire un résultat durable. Certaines malades doivent se résoudre à faire deux cures par an, pendant plusieurs années. 11 ne faut pas oublier en effet que l'on a à lutter contre une constitution qui tend peu à varier, et que les lésions chroniques empruntent leur importance à la constitution même.

D'où la nécessité d'user longtemps du remède qui s'est montré utile.

DOUCHE ASCENDANTE RECTALE. -481

La douche froide en chambre sous forme de Inb anglais ou du drap mouillé, tout comme les pratiques de Kneip, sont des méthodes très infidèles.

DOUCHE ASCENDANTE. — IllRIGATIONS RECTALES CHAUDES PROLONGÉES.

Les bons résultats obtenus par l'usage des injections vaginales chaudes ont invité les gynécologistes à se servir de la voie rectale pour mettre les tissus péri-utérins en contact avec un liquide porté à une haute température.

Les trompes et les ovaires sont souvent prolabés dans le culde-sac de Douglas. C'est surtout en arrière de l'utérus que l'on' rencontre des brides qui fixent cet organe en position vicieuse et des' adhérences qui retiennent les annexes en prolapsus rétro-latéral. Il n'est pas rare de constater, au coui's des laparotomies, des hystérectomies et des colpolomies postérieures, d'étroits rapports entre le rectum d'une part et la trompe et l'ovaire enflammés chroniquement d'autre part.

Il était tout naturel de penser qu'on pouvait agir efficacement par la voie rectale sur les annexes prolabées.

C'est ainsi que M. Reclus administre à ses malades des lavements d'eau très chaude qui sont laissés longtemps dans la partie inférieure du tube digestif.

Dans les stations thermales où l'on traite les femmes atteintes d'affections de l'appareil génital, les malades sont soumises à la balnéalion rectale.

A l'aide d'un robinet, elles peuvent régler le courant. Lorsque le rectum est arrivé à une certaine distension, il se contracte et expulse une partie du liquide ; il se produit ainsi un mouvement de va-etvient qui empêche la distension exagérée de l'intestin. Cette douche ascendante n'a de bons effets et n'est applicable quesi l'on a affaire à des aiïèctions annexielles anciennes. Grâce à ces alternatives d'ampliation et de déplétion du rectum, les adhérences sont soumises à des tiraillements qui finissent par amener à la longue l'élongation des brides péri-utérines anciennes et par suite la libération des annexes. , ^

m MÉTHODES THÉRAPEUTIQUES SPÉCIALES.

Dans la douche rectale, il y a donc une action mécanique qui a des avantages mais qui peut avoir certainement des inconvénients et des dangers sur lesquels il est inutile d'insister.

Aussi a-t-on pensé qu'il était préférable de réduire au minimum l'action mécanique de la douche et qu'il fallait se mettre à l'abri des accidents qui pouvaient être dus à la surdistension du rectum.

En soumettant les malades à Y irrigation rectale, on cherche ordinairement à mettre à profit l'action thermique du liquide, par l'intermédiaire du rectum, sur tous les organes contenus dans le petit bassin, comme Emmet l'avait déjà fait à l'aide des injections vaginales chaudes. En somme, le lavement ou l'irrigation rectale est un adjuvant ou un succédané de l'injection vaginale chaude. C'est la thermalilé du liquide qui est seule en cause et qui produit la décongestion de la matrice, des autres organes et des tissus qui sont situés dans le petit bassin.

On a construit des appareils divers pour pratiquer des irrigations rectales.

Une simple canule en gomme peut servir à faire des injections dans le rectum. Il suffit au besoin de recommander à la malade « d'appuyer fortement par on bas » avec sa canule rectale, pendant qu'elle prend son irrigation. L'anus, déprimé en arrière, s'entr'ouvre et le liquide qui a pénétré dans le rectum s'écoule au dehors avec facilité.

Un instrument, comme notre sonde intra-utérine, peut être mis dans le rectum. Il suffit d'écarter les deux branches pour assurer le retour de l'injection rectale.

La sonde en fer à cheval de M. Budin peut être utilisée. Voici comment cet auteur décrit l'appareil dont il se sert :

A 8 ou 9 centimètres de l'extrémité d'une de ces sondes (dont le calibre peut être de 11, 13, 15 millimètres), on comble avec dumétal la cannelure située au-dessous du fer à cheval ; on obtient ainsi un véritable bouchon, ou, si on veut, en le faisant un peu conique, une sorte de fosset auquel on donne trois centimètres de longueur environ. A la base de ce fosset, se trouve une plaque métallique circulaire, placée perpendiculairement à la longueur de la sonde et destinée à limiter la pénétration de l'instrument. Au delà de cette plaque métallique aboutit le canal cylindrique qui, adapté à un tube en caoutchouc et mis en communication avec un récipient, permet au

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liquide de descendre dans la sonde. Enfin, une lame, également en métal et légèrement recourbée, permet le maniement facile de l'instrument.

Pour donner des irrigations rectales, on place le siège de la malade sur un bassin et on introduit la sonde dans l'anus ; si elle s'enfonce assez profondément, le sphincter s'applique sur la partie de l'instrument qui fait bouchon et l'eau qui descend reste dans le rectum. Lorsqu'on juge qu'une quantité suffisante de liquide a été introduite, on retire un peu la sonde jusqu'à ce que le commencement de la cannelure arrive à l'extérieur : l'eau s'écoule alors au dehors.

La surface de section de la cannelure étant égale à la surface de section du fer à cheval par lequel s'écoule le liquide, on aura une pression plus ou moins grande sur les parois du rectum, suivant qu'on élèvera plus ou moins le vase qui contient l'eau. Si on voulait distendre fortement l'intestin, il suffirait de faire pénétrer la sonde plus profondément et d'obturer ainsi l'orifice anal, mais les irrigations continues, sans distention très marquée, sont généralement suffisantes. Telle est la description de M. Budin.

Mais cet instrument est en métal. C'est un inconvénient quand on veut injecter dans une cavité de l'eau portée à une haute température, pendant un certain temps. M. Budin n'emploie pas d'eau très chaude pour faire ses irrigations rectales.

D'autres gynécologistes, et nous sommes de ce nombre, pensent au contraire qu'il faut porter la température du liquide à 40, 45 et 50 degrés.

De plus, on peut reprocher à la sonde de M. Budin de ne pas permettre l'issue des matières fécales entraînées par la grande irrigation. 11 est vrai que la malade doit avoir soin de bien débarrasser son rectum des fèces qui y sont contenues en prenant au préalable un lavement glycériné.

Toutes ces manœuvres répugnent quelquefois à la malade, mais, au début du traitement, elles sont bien supportées.

Somme toute, l'irrigation rectale prolongée donne d'excellents résultats dans les inflammations péri-utérines et il est juste de lui assigner dans la pratique gynécologique une place modeste et de second ordre, après celle qu'occupe l'irrigation vaginale.

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