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ANTISEPSIE ET ASEPSIE LOCALES

Désinfection des parties génitales.

Pour la désinfection de la cavité ulri inc nous renvoyons nu paragraphe de la dilatation antiseptique et des irrigations intra-utérines. La désinfection du museau de fauche est la même que celle; du vagin.

DÉSINFECTION DES l'AUTlES GÉNITALES. 50

Les travaux de bactériologie ont démontré que l'utérus, le vagin et la vulve sont un ha])itat favorable à la libre puUulation des microorganismes qui s'y développent à l'état normal '.

Les replis du vagin, les coins et les recoins du conduit vaginovulvaire, les poils du mont de Vénus sont des milieux où séjournent les bactéries contenues dans les mucosités et les diverses sécrétions qui proviennent de l'appareil génital.

Il est urgent, avant de pratiquer une intervention quelconque sur le périnée, le vagin, le col ou le corps utérin lui-même, d'obtenir l'asepsie de toutes ces régions.

Un ou plusieurs bains chauds seront ordonnés à la malade.

Plusieurs jours avant l'opération, on lavera les parties génitales externes avec du savon. Peut-être serait-il préférable d'employer, dans ce cas, le savon antiseptique de A. Reverdin, dont voici la formule :

Huiles d'amandes douces 72 parties

Lessive de soude 24 —

— de potasse 12 —

Sulfo-phénate de zinc 2 —

Essence de roses 9,5 —

Il vaudrait mieux raser tous les poils de la région, chaque fois que l'on pratique une intervention sur la vulve, le périnée, le vagin ou l'utérus. La désinfection serait plus facile, plus sûre et plus complète. Mais en tenant compte de la répugnance des malades, on peut se borner à la région vulvo-périnéale. S'agit-il, par exemple, de pratiquer un simple curage, on peut se dispenser de raser la malade. Mais il faudra insister tout spécialement sur l'antisepsie préalable des parties génitales externes. Des lavages à la brosse, au permanganate de potasse, au bisulfite el à la solution de sublimé, répétés plusieurs fois avant Lopéi-ation, assureront la propreté chirurgicale de la région pileuse.

La base fondamentale de l'antisepsie et de l'asepsie du vaçjin consiste dans l'administration des injections et dans le maintien des tampons vaginaux. Le premier but à atteindre est la destruction des

\. Holtenier, Doléris, Lohmer. Dœderlcin, Winter, etc.

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micro -organismes qui vivent dans ce conduit. Il no faut pas oublier que certains des microbes vaginaux peuvent pulluler sans aucun danger immédiat pour les malades, parce que l'intégrité de la muqueuse met obstacle à leur pénétration dans les tissus profonds. Mais ces mômes micro-organismes, inoffensifs tant que l'épitbélium est intact, sont la cause de phénomènes infectieux, dès qu'ils entrent en contact avec la plaie produite par l'instrument tranchant.

Il y a donc lieu d'irriguer le vagin avec des solutions puissamment antiseptiques. Dès que les microbes sont détruits, dès qu'une antisepsie suffisamment prolongée a réalisé l'asepsie parfaite, on devra maintenir cet état jusqu'à la complète fermeture de la plaie. Même quand la solution de continuité sera comblée, on prolongera la durée des soins vaginaux. Il est bon de soustraire, pendant xm certain temps, la cicatrice encore jeune à toutes les causes d infcction.

Pour maintenir l'asepsie, on pourra se contenter de l'application de désinfectants légers.

Quoi qu'il en soit, les irrigations et les tampons sont indispensables pour obtenir la destruction des germes contenus dans les voies génitales.

Les irrigations vaginales ont eu et ont encore des détracteurs. Par contre, il s'est trouvé des médecins qui ont cru que les injections liquides étaient une panacée applicable aux multiples aflections dont le vagin, l'utérus et les organes contenus dans le petit bassin sont si souvent le siège. Il est inutile de dire que l'injection vaginale ne guérit pas toutes les maladies des voies génitales et qu'elle n'améliore même pas tous les symptômes de ces affections. Mais elle constitue une ressource thérapeutique pi'écieuso, dans un très grand nombre de cas, et un moyen (h' désinfection si commode et si puissant, (ju'ou serait fort en jieiiie de le faire disparaître de la pratique gynécologique et de le remplacer par quelque chose d'équivalent.

Les injections vaginales ont été en butte ;i di's critiques (ju'il faut réfuter.

On a dit qu'elles étaient douloureuses. C'est vrai et c'est faux. L'accusation est justifiée quand l'injection est faite par des mains ignorantes ou inexpérimentées. L'imputation est fausse, quand l'injection est pratiquée suivant des règles ])ien connues.

Pour éviter toute douleur, il suffit de ne pas employer un jet puissant et capable d'impressionner violemment les parties qu'il atteint.

Il faut, en outre, s'assurer de la libre circulation du liquide dans la cavité vaginale. On devra veiller à ce que l'écoulement en retour se fasse sans obstacle et éviter que le liquide stagne dans les culsde-sac et les distende à l'excès, ce qui est commun chez les femmes

Fig. 0. — Canule à injections ordinaires destinée à assurer le retour du liquide.

nerveuses, douées d'un muscle releveur énergique. C'est là un point important, car la douleur produite par la surdistension vaginale est parfois assez vive.

La deuxième critique consiste à affirmer que le liquide injecté distendant le vagin, exerce une sorte de traumatisme indirect sur les organes conterais dans le petit bassin et aggrave ainsi l'état des annexes quand elles sont malades.

La réfutation de cette objection est facile et a été, du reste, déjà faite. Il s'agit simplement de modérer le jet de l'injection et d'empêcher la stagnation du liquide à haute tension dans le vagin, en déprimant suffisamment avec la canule ou le doigt la paroi vaginale postérieure et le périnée. L'emploi des canules grillagées permet aux femmes d'éviter ces inconvénients.

Les adversaires de l'injection vaginale ont prétendu que celle-ci était dangereuse, parce qu'elle était la cause de certaines infections. Il est certain qu'une canule malpropre peut contaminer le vagin et

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provoquer des accidents septiques graves. Le doigt du g^iécologue ne peut-il pas produii'e les mêmes accidents? Cependant i)ersonne n"a pensé jusqu'ici à proscrire le toucher vaginal. En réalilé, l'objection tombe d'elle-même par la simple raison suivante : rien n'est plus aisé que d'avoir des canules propres et aseptiques et une injection inicrobicide.

Dans ces conditions, l'injection, loin d'être infectante, est désinfectante.

Les injections, a-t-on répété, donnent naissance parfois à des ulcél ations vaginales.

Certaines irrigations sont, en etlet, susceptibles de produire des

Fig. 7. — Canule ;i injections prolongées assuraiil le relour et 1 écuiilenicnl

du lii(nide.

érosions de la muqueuse vaginale, et en [larticulier an niveau dn cul-dc-suc postérieni'. Cet accident doit invitei' formellement les médecins à exercer une surveillance quotidienne sur la mu(juensc vaginale de toutes les femmes qui sont soumises à des injections caustiques. On aura soin, après chaque irrigation, d'enlever le liquide (pii tend à séjourner dans le viigin posiérieur, à l'aide d'un pclit tampon d'êloupe ou d'ouate introduit deriière le col.

Les injections antiseptiques, disent les détracteurs des lavages vaginaux, sont assez souvent toxiques cl [x-uvcnl produire des |)hénomènes d'enqioisonnement.

Le l'ait est exact. .Mais eu dosant convenablement les injections

vaginales, en choisissant judiciensement les substances antiseptiques, en sachant alterner les injections qui contiennent des substances toxiques avec des irrigations qui ne renferment que des raicrobicides moins dangereux, on peut éviter à coup sûr les symptômes les plus légers d'empoisonnement, surtout si on a soin de sécher, comme il a été dit plus haut, le cul-de-sac postérieur. Dans tous les cas il faudra se défier des injections au sublimé faites par la malade elle-même sans le contrôle médical.

Enfin une dernière critique a été faite à certaines injections vaginales : elles peuvent brûler la muqueuse.

Il est à peine utile de répondre à une telle objection. Il suffit de dire que les injections chaudes doivent être prises après consta-

Fig. 8. — Canule du D' Ménière.

tation de la température du liquide. C'est la seule façon d'obtenir le résultat que l'on cherche. Si les irrigations ne sont pas soumises au contrôle du thermomètre, la malade les prendra tantôt trop chaudes, tantôt trop froides. Rien n'est plus difficile que d'apprécier avec les doigts la température d'un liquide.

La crainte de brûler la muqueuse vaginale est le plus souvent chimérique. L'eau très chaude — et c'est là un fait d'observation vulgaire — impressionne plus le périnée que le vagin. Si la température du liquide est trop élevée, la femme en est immédiatement avertie par le contact de l'eau sur le périnée. On arrête le jet. La muqueuse vaginale n'a aucune trace de brûlure.

En somme, toutes les objections qui ont été faites pour discréditer l'irrigation vaginale sont facilement réfutables.

Les appareils inventés pour pratiquer les injections vaginales sont extrêmement nombreux.

Un bon appareil doit être facile à nettoyer, commode, portatif ot capable de résister à toutes les solutions qui peuvent y séjourner.

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Cet appareil idéal doit remplir d'autres conditions : il faut qu'on puisse aisément élever ou diminuer la pression du liquide, modérer ou arrêter à volonté le débit.

Canules. — La canule la plus parfaite devrait avoir de larges rainures, de façon à permettre au liquide de s'écouler entre la tige rigide et la paroi vaginale.

Une bonne canule doit être faite soit en verre, soit en caoutchouc. Le verre a l'inconvénient d'être fragile, mais il a l'avantage de révéler la moindre impureté qui se trouve à sa surface. La canule en caoutchouc est avantageuse et d'un emploi assez répandu.

Récipients. — 11 en existe de nombreux modèles en métal émaillé ou nickelé, en verre, en caoutchouc.

Les plus commodes sont les meilleures. Il importe, avant tout, que la matici^e soit inattaquable par les solutions corrosives.

Fig. 9. — Bock et canule en verre.

Après quelques essais, nous avons adopté le sac à irrigation en caoutchouc.

Il en existe de différente contenance. On trouve des sacs de 1 , de 2, de 5 et de 4 litres.

Avant de pratiquer une exploration quelconque dans le vagin, avant même de faire le toucher, il est toujours utile et souvent indispensable de laver les parois vaginales. Quand ou aura termine les investigations sur le vagin ou l'ulérus, on terminera la séance par une irrigation. Dans ces deux cas, l'irrigation ne consiste pas sim-

plemcnt à faire passer dans le vagin une quantité plus ou moins considérable de liquide. On a pour but principal le nettoyage complet de la muqueuse vaginale. Il faut obtenir la propreté parfaite de tout le vagin, qui devra être débarrassé des sécrétions qui l'encombrent. S'il s'agit de pratiquer une opération, on aura avantage à nettoyer d'abord la cavité vaginale avec de l'eau savonneuse, puis à pratiquer l'injection antiseptique.

Dans d'autres circonstances, c'est par la température du liquide que Ton désire agir, en pratiquant l'injection vaginale.

La longue durée de l'irrigation est une des conditions de succès de cette thérapeutique.

Liquides à injection. — Quels sont les liquides qui peuvent servir à faire les injections?

Beaucoup de substances antiseptiques peuvent être ajoutées au liquide de l'injection. Mais la pratique a démontré la supériorité de quelques microbicides qu'il faut employer de préférence aux autres. Le bichlorure de mercure, le bi-iodure d'hydrar-

gyre.

l'acide

Fig. 10. — Sac en caoutchouc, pour injections vaginales. Modèle de Doléris. (Cet appareil a l'avantage d'être très portatif.)

phénique , le sulfate de cuivre sont des antiseptiques particulièrement recommandables. Le sublimé corrosif est le microbicide de choix. C'est à lui

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qu'il faut s'adresser pour obtenir une désinfection parfaite. La liqueur de Van Swieten ou la solution du sublimé à 1/2000' suffit à tous] les cas. Dans une clinique où la consommation de liquides antiseptiques est considérable, on se servira des formules données plus haut. Dans la clientèle, on fera la prescription suivante : alcool à 90°,

Fig. 41. — Bockcmailjô, Fig. 12. — Vide-bouteilles de Champetier de Ribes. pour injections vaginales. (Le bouclion en caoutchouc peut s'adapter à toutes

sortes de flacons à goulot.)

100 grammes; sublimé corrosif, 10 grammes, acide tartrique 10 grammes. Une cuillerée à café versée dans 1 litre d'eau donne à peu près une solution à 1/2000°.

Si, par hasard, le sublimé était mal supporté, on le remplacerait par une solution phéniquée faible ou une solution de sulfate de cuivre au centième.

Lorsque la désinfection est assurée par une longue série d'injections puissamment antiseptiques, on peut entretenir l'asepsie à l'aide d'injections boriquées (5 ou 4 pour 100). L'eau saturée de sel marin ou l'eau bouillie simple peut être employée. L'eau qui doit servir à pratiquer les injections vaginales doit avoir subi l'ébullition. Dût-on même ajouter à l'eau une forte dose de sublimé corrosif, qu'il faut

Fig. 15. — Sac modilié, avec courroie Tig. M. — Potiche à injections

de suspension. (coupe).

néanmoins faire bouillir le liquide de l'injection. Cette précaution est indispensable. L'ébullition détruit les micro-organismes.

Parmi les autres antiseptiques il faut citer la microcidine, le lysol, et surtout le formol.

Technique de Vinjection. — Les femmes doivent être dans le décubitus dorsal, même quand elles s'administrent elles-mêmes les

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injeclions. Le médecin introduit d'abord un ou même deux doigts dans le vagin et glisse, par-dessus, la canule dont l'extrémité est conduite au Yoisinagc du col. La canule a été amorcée au préalable.

L'écoulement du liquide contenu dans le tube en caoutchouc a l'avantage de permettre de laver une dernière fois la canule. Lorsque le tube s'est vidé du liquide froid qu'il contenait, lorsque l'injection a acquis la températuie de l'eau' renfermée dans le sac, on introduit, comme il a été dit, la canule dans le vagin. Le jet est modéré. On a la précaution de favoriser la sortie du liquide qui pénètre dans le vagin. Dans ce but, on appuie d'une façon continue, avec le doigt resté dans le vagin, sur la commissure postérieure.

Le doigt déprime le périnée et la sangle musculaire formée par le releveur de l'anus. Si l'on se contentait d'appuyer, môme assez fort, sur l'orilice vulvaire, on n'empêcherait pas l'accumulation du liquide dans le vagin. Poui' faciliter la circulation du liquide et éviter la stagnation dans la partie profonde du vagin, il est indispensable d'exercer une pression de haut en bas (la femme étant couchée), sur cette large bande musculaire qui divise le vagin en deux loges. Certains appareils permettent aux malades elles-mêmes de prendre des irrigations, sans qu'il leur soit nécessaire de s'occuper du retour du liquide. L'appareil est construit de telle sorte que l'injection ressort avec la plus grande facilité (v. p. Ci).

Le médecin qui donne l'injection pour faire l'antisepsie du vagin portera l'extrémité de la canule dans les différents culs de-sac, en ayant soin d'avoir toujours le doigt en éclaireur.

Il frottera, avec les doigts, les parois vaginales, de façon à les débarrasser des mucosités qui les tapissent. Le col est nettoyé au cours de l'injection et les culs-de-sac subissent une vérification soignée. La propreté complète du vagin doit être le résultat d'une bonne injection. Parfois les doigts ne suffisent pas pour nettoyer la muqueuse. Certains gynécologues lavent le vagin avec une brosse longue et étroite. Un écouvillon remplirait très bien le même but.

On emploie d'ordinaire un ou deux litres de liquide pour faire une injection, avec un débit modéré.

Lorsqu'on a arrêté le jet, on déprime toujours la paroi postérieure du vagin et on ordonne à la femme de tousser. Sous l'inlluence de

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