y aura avanlage à injecter de l'eau à 40» environ
la toux, une partie du liquide contenu dans le vagin s'écoule au dehors. Il ne reste plus qu'à enlever, avec un tampon d'étoupe, la petite quantité de liquide qui a tendance à stagner dans le cul-desac postérieur. Le plus souvent, comme nous le disions, on mettra dans le vagin, après l'irrigation, un tampon de gaze iodoformce qui y sera laissé à demeure.
Le nombre des injections qu'il faut administrer varie suivant les cas. D'ordinaire, une ou deux injections au sublimé^ans les 24 heures et un tamponnement iodoformé dans l'intervalle permettent de réaliser une désinfection absolue du vagin, dans l'espace d'une semaine.
Les lègles ne doivent pas mettre fin à l'emploi des injections vaginales. L'antisepsie devra être, au contraire, tout particulièrement soignée durant la période menstruelle. Au lieu de pratiquer des irrigations chaudes, on se contentera de les faire tièdes et deux fois par jour. Une telle pratique va peut-être à l'encontre de quelques vieux préjugés qu'il n'est pas facile de déraciner, même dans l'esprit de certains praticiens. 11 faut donc répéter que l'irrigation vaginale pendant les règles ne donne lieu à aucun accident; elle est d'une réelle utilité et on aurait tort de négliger ce moyen prophylactique.
Valeur thérapeutique des injections prolongées à haute température. — Les irrigations vaginales sont employées avec succès dans un certain nombre de maladies utérines et péri-utérines. Les inflammations qui siègent autour de la matrice, les salpingites, les douleurs utérines, les hémorrhagies, le vaginisme, sont avantageusement combattus par l'injection vaginale à haute température.
Emmet a été le protagoniste de cette méthode dont il a exagéré les bienfaits. « Les injections vaginales d'eau cliaude, dil ce gynécologue, sont d'un avantage inestimable dans le traitement des maladies utérines.... L'emploi de l'eau chaude eu injections vaginales est indiqué dans tous les états morbides qui constituent les diverses formes des maladies des organes génitaux de la femme et ne réclament point de traitement chirurgical.... Il ne faut pas considérer ce remède comme une panacée universelle, mais comme le meilleur des moyens adjuvants de traitement, en toutes les circonstances. On se trouve si bien de l'emploi de l'eau chaude en injections vaginales, excepté dans les déplacements de l'utérus, que je pense pour ma part que, dans les maladies des femmes, l'eau chaude est une bonne
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méthode de trailement général, plus puissant que tous les autres moyens réunis. »
Il y a lieu de faire la part qui revient à l'enthousiasme dans les appréciations d'Emmet. Mais il n'en reste pas moins acquis que les injections d'eau chaude constituent une excellente méthode de traitement, à certaines périodes des afïeclions du petit bassin.
C'est ainsi que, depuis longtemps, on a préconisé l'eau élevée à une haute température pour arrêter les hémorrhagies utérines. L'un de nous a entendu, il y a longtemps, le professeur Verneuil insister sur la valeur de l'eau chaude. Milne Murray a établi cxpérimentale-
Fig. 15. — Allitude couchée pour les injeclioiis prolongées. P. Lit ou plancher; — S. Seau; — T. Toile cirée; — C. Coussin dur; — 0. Oreiller.
ment la supériorité de l'eau chaude sur l'eau froide dans l'arrêt des hémorrhagies utérines.
L'eau chaude réveille la contraction tonique de l'utérus et détermine un spasme persistant de la tunique musculaire des artères.
L'action luhno statique de l'eau chaude est démontrée. L'ellet est rapide. Le tonus qu'elle produit est de longue durée et il n'y a pas de réaction vasculaire.
Les irrigations vaginales pratiquées suivant la méthode d'Emmet doivent être très chaudes. On doit porter rapidement la température à 45 et 50 degrés. L'accoutumance à la chaleur se fait vite. Le vagin supporte très bien l'eau portée à une température élevée. Tant que la vulve et le périnée peuvent endurer la chaleur du liquide, on peut être certain que la muqueuse vaginale la tolérera admirablement bien.
Les règles qui président à l'administration des injections vaginales chaudes, faites dans un but thérapeutique, sont à peu près les mômes que celles données plus haut. Cependant il faut insister sur certaines particularités.
La malade doit être couchée. Il vaut mieux que ce soit une tierce personne qui administre l'injection. Celle-ci aura une température de 40, 45 et 50 degrés. En n'augmentant que progressivement la tem-
Fig. 16. — Dispositif général pour l'administration des injections vaginales prolongées, dans le décubitus dorsal.
pératurc du liquide, on parvient à faire supporter au.\ femmes des injections très chaudes.
Autant que faire se peut, on garantira le périnée de façon à éviter le contact immédiat du liquide.
On fera passer dans le vagin deux litres au moins d'eau chaude à chaque séance. Il est bien entendu que l'on veillera attentivement au facile écoulement du liquide hors du vagin. La paroi postérieure
Fig. 17. — Bassin plat muni d'un tuyau d'écoulement, pour les irrigations prolongées
prises dans le lit.
du vagin sera donc constamment déprimée. Le jet doit être faible et le débit modéré, ce qui permet d'éviter l'emploi de grandes quantités de liquide. On usera de bassins appropriés pour recueillir celui-ci à sa sortie du vagin.
Il est bon de prolonger la durée de l'injection pendant dix minutes.
On se servira de l'eau soit très légèrement antiseptique (acide borique, sublimé à 1 pour 5000), soit de l'eau bouillie saturée de
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sel marin ou simplement d'eau bouillie. Emmet a donné le conseil de diminuer la quantité de liquide injectée, quand l'état de la malade s'améliore, et d'abaisser graduellement la température des dernières injections.
En somme, les irrigations rendent d'excellents services. Elles hâtent la résorption desproduitsinflammatoires,'ellesdiminuent l'intensité des processus aigus, elles calment les pesanteurs qui siègent dans le bassin, et elles arrêtent certaines hémorrhagies.
Les malades qui soutirent dans le bas-ventre et dans les reins éprouvent après l'irrigation, un bien-être réel, un soulagement marqué. C'est là un fait d'observation. L'injection antiseptique permet de détruire les micro-organismes qui siègent dans le vagin. Cette méthode réalise l'asepsie dans une large mesure, et assure ainsi la sécurité indispensable à la pratique des opérations gynécologiques.