TABLES POUR EXAMENS ET OPÉRATIONS
Fig. 44. — Presse pour porle-jambes.
Porte-jambes d'Aubry.
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sortes d'explorations, même lorsqu'elles sont de nature chirurgicale.
Les tables anciennes étaient trop massives; quelques-unes parmi les modernes sont trop compliquées.
Des gynécologues se sont ingéniés à construire des appareils destinés à s'adapter, pour les examens et les opérations peu importantes, à toutes sortes de tables ou de meubles.
Tels sont les porte-jambes d'Aubry, les béquilles démontantes de Freund; les pédales de Chaleix (de Bordeaux).
L'examen à l'aide d'instruments comprend : 1" L'usage du spéculum et des valves ; 2" L'abaissement de l'utérus ; 5° Le cathétérisme utérin.
L — SPÉCULUM.
Le dioptre était connu au commencement de l'ère chrétienne. On on a la preuve par la découverte de cet instrument dans les ruines de Pompéi ' (fig. 49 et 50).
Paul d'Égine, qui vivait au vu" siècle, est le premier qui fasse mention d'un spéculum ou dioptre. L'instrument avait trois branches et était employé par d'autres médecins avant lui. Rhazès (940), Avicenne (980) en parlent d'une façon fort explicite. Albucasis figure le dioptre.
En 1556, Pierre Franco décrit et donne le dessin d'un dioptre qui semble être de son invention et qui est assez ingénieux. Cet auteur donne le conseil aux chirurgiens « de n'être sans un tel instrument, en leur maison, pour la nécessité, qui quelquefois peut advenir.... »
Jean-André de la Croix, A. Paré, Scultet, Garangeot ont légué des figures fort intéressantes.
Le spéculum faisait donc partie du vieil arsenal chirurgical quand
1. La moitié de cette ville fut renversée en 03 av. J.-C. et, en 79 de l'ère chrétienne, le reste fut enseveli sous les cendres du Vésuve.
il fut de nouveau découvert par Récanriier dans les premières années de ce siècle (fîg. II et 111).
Depuis le spéculum primitivement construit sur les indications de Récamicr jusqu'au dernier modèle de CoUin, on a fabriqué un nombre considérable d'instruments plus ou moins perfectionnés. On en a construit en bois, en verre, en cristal, en caoutchouc, en métal, etc. Ils ont été successivement cylindriques, coniques, pleins ou à 2, 3 et 4 valves. Les articulations les plus diverses ont été in-
Fig. 49 et 50. — Spéculum trouvé à Pompéi (Iconopr. de la Salpéirière).
ventées. On a varié non seulement le mode d'articulation, mais le point aulour duquel les valves devaient s'écarter. Chaque spécialiste a préconisé son instrument et l'a proclamé supérieur à tous les autres. Il est de fait que, après une certaine pratique, on arrive à se servir, avec une grande aisance, d'un spéculum quelconque, fût-il plein ou à 2, o et 4 valves. Le seul fait que chaque gynécologiste insiste sur les avantages de tel ou tel de ces instruments démontre qu'il y a là plus une question d'habitude qu'une réelle supériorité dans la construction.
Si, à l'exemple de certains chirurgiens, on a la prélenlion de faire
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des examens combinés et de pratiquer des petites interventions à l'aide du spéculum, on comprend qu'il y ait intérêt à insister sur la valeur de tel instrument à deux valves, sur les avantages du Cusco ou du Bouveret.
Pour nous, qui estimons que le meilleur spéculum doit être celui
Fig. 51. — Spéculum de Franco (d'après Vernlie-).
qui est le plus facile à nettoyer et à aseptiser et, en même temps, celui qui encombre le moins l'opérateur, nous adoptons sans discussion tout modèle, à la condition qu'il soit d'une grande simplicité et pourvu qu'il remplisse les conditions énoncées plus haut. En effet, nous ne demandons au spéculum qu'une chose restreinîe
et précise : voir le col ; et nous ne lui donnons la préférence que si nous n'avons pas un aide à notre disposition.
Il serait fastidieux d'énumérer le nom de tous les spéculums connus. La liste en serait interminable et il faudrait passer en revue
Fig. 52. — Spéculum d'Ambroise Paré (d'après Vernlies).
les instruments construits tant en Europe que dans le Nouveau- Monde. Une rapide revue donnera une suffisante idée des diflérents spéculums qui ont été employés.
Récamier fît tout d'abord fabriquer une sorte de cylindre en fer blanc, puis il modifia rapidement l'instrument qui devint conique et dont une des extrémités était taillée en bec de flûte.
Dupuytren diminua la longueur de l'instrument et ajouta un
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manche qui fut odapté perpendiculairement à la partie du spéculum qui devait rester hors de la vulve.
Un emhout fut ajouté à cet instrument, de façon à favoriser son introduction.
Churchill « fait retourner en dedans le bord du spéculum, afin d'éviter le contact d'un bord tran-
chant à l'orifice du vagin ».
Fergusson améliore notablernent le spéculum cylindrique en le faisant construire en verre étamé recouvert d'une couche de gutta-per-
cha. L'instrument de Fergusson
participe des avantages du spéculum de Récamier et de celui de
Fig- 54. — Ancien spéculum en buis, pour cautérisation actuelle du col (abandonné).
Churchill, en ce sens qu'il est taillé en biseau à une de ses extré-
Fij,'. 55. — Spéculum quadrivalve de Ricord, avec embout.
mités et que celle-ci est retournée en dedans. Le spéculum de Fer-
gusson eut un succès considérable et a conservé encore beaucoup de partisans.
Il pénètre aisément dans le vagin et la couche de verre étamé favorise l'entrée de la lumière jusqu'au col. Enfin il est facile à nettoyer. Seulement il est d'un usage bien restreint depuis qu'on exige une désinfection pz^éalable des spéculums.
Récamier eut l'idée de recourir à deux demi-cylindres qui pouvaient s'écarter. On revint ainsi au dioptre à 2, 5 ou 4 branches des anciens.
Mme Boivin' en fit construire un composé d'abord « de deux gouttières, dont la réunion forme un conoïde complet; chacune de ces gouttières est soutenue par une branche munie d'im anneau, et ces branches sont articulées comme celles des pinces à pansement; mais une vis de pression, adaptée à leur entablure, les arrête au
Fig. 56. — Spcculuin liivalve dp Ricnrd,
degré d'écartement qu'on juge à propos de leur donner. Depuis, Mme Boivin a supprimé ces branches, qu'elle a remplacées par un curseur à crémaillère, ce qui rend l'instrument plus facile à porter en poche. »
Le spéculum bivalve de Jobert de Lamballe se compose aussi de deux cylindres qui sont réunis sur le côté par un pivot. Celui-ci se trouve plus près de l'extrémité qui doit se trouver en contact avec le col que de celle qui doit rester dehors. 11 suffit de rapprocher les deux portions de cylindre, qui se trouvent à l'extérieur, pour ' produire l'écartement des deux portions situées dans la profondeur du vagin.
Le spéculum de Lisfranc est à deux ou quatre valves et chaque valve a un manche. L'articulation qui permet l'écartement des 2 valves est voisine de la vulve, de sorte que par une simple pres-
1. Boivin et Dugès, Traité pratique des maladies de l'utérus, t. I, p. 70.
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sion de dehors en dedans sur les manches on sépare largement les parois vaginales.
Les instruments de Jobert et de Lisfranc ont réalisé un pcrléclionnemcnt qui a sa valeur.
Ricord rend plus parfait et plus commode le spéculum de Lisfranc dont le sien dérive incontestablement.
Entin nous arrivons à l'instrument construit sur les indications
Fig.57. — Spéculum de Cusco, pliant. Fig. 58. — Spéculum de Cusco.
de Cusco. Ce spéculum à 2 valves, en bec de cane, est commode et d'un usage fort répandu.
Bouvcret l'a modifié en raccourcissant la valve supérieure qui est taillée en biseau et en sectionnant d'un côté le cercle métallique
Fig. 59. — Spéculum de Bouveret. Fig.60. — Spéculum de CoUin à écartement.
qui relie les deux demi-cylindres au niveau de l'articulation. Cette échancrure latérale permet d'enlever le spéculum tout en laissant un instrument comme une pince, par exemple, dans le vagin.
Nous passons sous silence différents spéculums à 3 et 4 valves et d'autres spéculums qui, aplatis au moment de leur introduction, se développent par un mécanisme ingénieux, quand l'instrument est
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déjà parvenu dans la profondeur du vagin. Il faut signaler encore le spéculum de Bozeinann, dont l'usage a été à peu près abandonné, celui de Neugebauer, etc.