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DES VALVES

Les spéculums univalves ne sont pas de date tout à fait récente. Avant Sims on s'en servait et il est certain que Récamier a eu l'occasion d'en faire usage. Jobert de Lamballe et Denonvilliers ont

Fig. 01. — Valve do Denonvilliers. Fig'.62. — Valve supérieure de Jobert de Lamballe.

fait construire des valves pour exécuter l'opération de la fistule vésico-vaginale et on en trouve des modèles dans le catalogue de Charrière.

Mais il est juste de reconnaître que c'est à Sims que l'on doit la vulgarisation du spéculum univalve.

Cet instrument se compose d'une valve unique creusée en gouttière. « Dans un but de commodité, deux spéculums d'inégale grandeur sont fi.\és au même manche, un à chaque extrémité. Ce manche peut être légèrement courbé ou parfaitement droit comme celui dont

Fig. 63. — Valve inférieure de Jùbert de Lamballe.

Fig. G4.

— Valves de Simon.

Fig. 05. — Valve pliante, de trousse Fig. 60. — Valves démontantes, de trousse (modèle de Doléris). (modèle Doléris).

je me servais primitivement. L'unique objet de cette légère courbure est de faciliter l'exercice de sa puissance comme levier dans les opérations de longue durée. L'aide peut se fatiguer à le tenir par l'extrémité, et c'est alors un grand soulagement pour lui de saisir le manche par le milieu, là où il est légèrement courbé. En réunissant deux spéculums sur un seul manche, on n'a eu d'aulre intention que d'avoir deux grandeurs dillerentes, pour les approprier à des organes de proportions variables, car il n'y a pas plus de vagins absolument pareils qu'il n'y a deux visages précisément semblables'. »

Le modèle de Sims n'est pas d'une application aisée quand on examine la femme dans la position usitée en France et en Allemagne. Aussi a-l-on adopté des valves concaves, dites de Simon, ou des valves qui dérivent du modèle primitif. L'examen de la figure 60 en dira plus long que toute description.

Nous faisons figurer ici deux valves, une pliante, une démontante qui font partie de la trousse gynécologique et qui nous ont paru être d'un usage commode, dans la plupart des cas.

- ÉCI.AIIIAGE.

Des réflecteurs de toute espèce ont été préconisés pour éclairer

le vagin. Depuis la simple cuiller d'argent placée derrière une bougie jusqu'aux appareils électriques les plus compliqués, tous les appareils ont élé essayés pour faire pénétrer les rayons lumineux jusqu'au col de la matrice et dans les culs-de-sac vaginaux. Certaines lampes électriques peuvent avoir quelques avantages dans des cas spéciaux. Mais, dans la très grande majorité des cas, la lumière du jour suffit pour voir suffi-

Fiff. 67 — Eclaireui- d'Aubry. , , ,

samment et sans le secours d aucun

1. Marion Sims. Noies cliniques xui- la chirurgie utérine, traduction française, Paris, 1880, p. 22.

EMPLOI DU SPÉCULini. "149

appareil. Il suffit de bien placer la malade de façon à ce que la

Fig. 08. — Lampc-rédccteur.

lumière naturelle pénètre d'une façon convenable, dans le vagin.

TECHNIQUE DE i/eXAMEN.

Spéculum. — La femme est mise dans la position de la taille.

Le spéculum, rendu aseptique et légèrement chauffé, est enduit de vaseline antiseptique ou mieux de la préparation antiseptique à base de poudre de savon que nous avons fait connaître.

On aura soin de pratiquer le toucher vaginal afin de bien déterminer la situation du col. Il importe d'être renseigné sur ce point pour imprimer sans tâtonnement au spéculum une direction convenable.

Admettons que l'exploration se fasse avec un spéculum de Gusco ou de Bouveret.

On commence par introduire un ou deux doigts de la mam gauche dans le vagin. On dépasse et on accroche la sangle musculaire qui met obstacle à la pénétration des instruments et on déprime le périnée en même temps qu'on écarte les grandes lèvres. Le spéculum tenu de la main droite, comme une plume à écrire, est d'abord glissé entre les deux doigts gauches. L'instrument est présenté tout d'abord à l'orifice vulvaire, de telle sorte que la surface externe de chaque valve est à peu près parallèle à la grande lèvre correspondante. Les interstices qui correspondent à la réunion des deux valves regardent l'une en haut et l'autre en bas, c'est-à-dire se trouvent sur le plan médian. On aura soin d'éviter les contacts avec le méat et la partie la plus antérieure de la paroi vaginale supérieure. Dès que l'instrument est engagé dans le conduit vulvo-vaginal et qu'il a dépassé l'obstacle naturel signalé plus haut, on enlève l'index et le médius gauches placés en éclaireurs et on imprime au spéculum une sorte de mouvement spii'oïde qui l'enfonce davantage, tandis que les deux valves qui étaient dirigées verticalement deviennent horizontales, l'une se mettant en contact avec la paroi recto-vaginale et l'autre avec la paroi vésico-vaginale.

Il ne suffit pas d'enfoncer l'instrument pour atteindre le col.

On aura soin d'abaisser un peu le manche du spéculum pour le lemettre dans l'axe du vagin, avant de lui faire franchir la partie (le son trajet comprise entre le relevcur de l'anus et les culs-de-sac. Quand on arrive près du col, on écarte progressivement les valves du spécuhmi et le col apparaît. Il suffit souvent d'imprimer un simple mouvement d'abaissement aux manches de l'instrument, pour porter son extrémité profonde en haut et permettre au col de s'engager entre les deux valves. Parfois on dirige le bec du spéculum trop en bas et on l'ouvre tardivement. Dans d'autres cas peut-être plus fréquents, la manœuvre est infructueuse parce qu'on a trop dirigé l'instrument vers la paroi vaginale antérieure. Bref, il y a un tour de main à prendre pour saisir du premier coup la portion intra-vaginale du col.

Les spéculums pleins ne peuvent donner que des renseignements incomplets. Avec ces instruments, onïw. peut mettre que difficilement à nu les insertions du col ; on ne peut examiner aisément les replis du vagin, exécuter certaines manœuvres sur le col, etc.

Les spéculums cylindriques bivalves ou à plusieurs valves rélré-

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