‹ Introduction a la pratique gynécologiqueChapitre 79 sur 170 · INDICATIONS · texte numérisé non relu

INDICATIONS

Les indications des injections intra-utérines sont assez nombreuses :

Dans certains cas, elles ont pour but de mettre fin à des hémorrhagies. Dans ces derniers temps, on a préconisé les injections de chlorure de zinc.

L'endométrite du corps est assez souvent traitée de cette façon en Allemagne. Tous les jours on pratique un lavage intra-utérin. En France, l'irrigation de la matrice est simplement un adjuvant du traitement intra-utérin. On irrigue cet organe toutes les fois que l'on enlève les mèches ou les tampons antiseptiques qui ont été laissés à demeure, de même qu'on fait une irrigation après l'abrasion de la muqueuse utérine.

L'injection s'impose du moment où l'on diagnostique la présence (le liquides ou de substances septiques dans la cavité utérine.

Les fibromes sphacélés, l'endométrile fétide de \ieillcs femmes, les tumeurs malignes, etc., sont justiciables de l'injection intra-utérine.

Après l'accouchement, une injection est indiquée quand on a introduit la main ou des instruments dans la matrice, quand il y a une hémorrhagie sérieuse, quand il y a rétention des membranes. En cas d'altération des lochies, on soumettra la femme au même traitement.

L'avortement doit être traité peut-être avec plus de rigueur encore que l'accouchement normal. Il sera utile de faire souvent une injection antiseptique après la fausse couche.

Quand la septicémie apparaît — que celle-ci soit sons la dépendance d'un accouchement ou d'une fausse couche — il faut laver l'utérus. Sans discuter la valeur comparative du curage et de l'injection intra-utérine dans les cas de ce genre, on peut dire qu'il faut pratiquer l'irrigation intra-utérine, dans tous les cas, soit à titre exclusif, soit comme un temps accessoire du curage. Même dans cette dernière éventualité, l'injection intra-utérine reprend toute son impoi tance aussitôt que l'utérus a été débarrassé par la curette des produits qui l'infectaient.

Le lendemain de l'opération et les jours suivants l'irrigation intrautérine constitue la partie essentielle, la base du traitement. Elle est une ressource suprême pour les malades, en dépit des promesses qu'avaient données tout d'abord les injections de sérum de Marmorek.

Irrigations continues.

Certains opérateurs ont lavé l'utérus pendant une demi-heure, une heure même. On en est arrivé progressivement à la pratique des irrigations continues sous prétexte de ne pas fatiguer les malades par des injections répétées et pour ne pas les exposer aux traumatismes répétés de la sonde.

IRRIGATION CONTINUE. 2i9

Schucking préconisa, enl872, rirrigation continue qui fut adoptée et perfectionnée par Schrœder, Lowenstein etSneguerelf. En France, MM. Pinard et Varnier ont été les champions et les protagonistes des irrigations continues dans l'utérus.

Voici comment on les pratique :

Sur un lit en fer semblable à celui des hôpitaux, on replie deux matelas sur eux-mêmes et on les place à côté l'un de l'autre, de façon à ce qu'il existe un petit espace au milieu du lit entre les deux matelas qui sont recouverts d'une toile cirée. Un seau placé sous le lit reçoit l'extrémité de chacune des toiles cirées. On comprend aisément que le liquide de Tirrigation glisse le long de ces toiles imperméables et tombe dans le seau.

Un réservoir contenant environ 15 litres de liquide aseptique ou antiseptique est placé à côté du lit à 50 centimètres environ au-dessus du plan formé par la partie supérieure des matelas. Un long tube en caoutchouc auquel est adapté un robinet, relie le réservoir à la sonde intra-utérine qui est maintenue en place à l'aide de ficelles passées dans les œillets de l'instrument et attachées autour du bassin de la femme.

La sonde ne doit pas appuyer sur un plan résistant. On doit surveiller la malade et s'assurer de la régularité du débit.

MM. Pinard et Varnier commençaient l'irrigation en se servant d'une solution de biodure de mercure à 1 pour 4000. Au bout d'une heure, on remplaçait cette injection par une solution phéniquée au centième.

On employait une solution d'acide borique, quand il y avait menace d'intoxication.

|t Certains accoucheurs se servent simplement d'eau stérilisée pour éviter tout accident d'empoisonnement.

La température des liquides variait de 35 à 40 degrés.

Ces irrigations continues semblent être abandonnées par la majorité des accoucheurs. Ce traitement est pénible. Les malades, mal couchées, dormant mal, sont rapidement fatiguées et ne tirent pas de ce traitement un bénéfice supérieur aux simples injections intrautérines renouvelées deux ou trois fois par jour.

ACCIDEXTS A LA SUITE DES liS.TECTIOISS IKTRA-UTÉRIKES.

11 est certain que des accidents graves et même mortels ont été constatés à la suite des injections intra-utérines. Parfois, les patients se plaignent de douleurs abdominales subites, extrêmement vives, accompagnées de sueurs profuses, de vomissements et de syncopes. Dans d'autres cas, la mort est survenue subitement. Chez certaines malades, il se développe au bout d'un ou deux jours des signes manifestes d'une inflammation péritonéale.

11 n'est pas douteux que certains accidents ne soient imputables à des fautes contre l'asepsie. Il en était souvent ainsi avant la découverte de Lisler. Cette cause est devenue exceptionnelle.

Les phénomènes péritonéaux qui se manifestent sont parfois dus au passage du liquide de l'injection dans le péritoine, par l'intermédiaire des trompes. On a mis en doute la réalité de ce fait qui a été démontré exact par des expériences nombreuses et des observations fournies entre autres par Hegar et Barnes. La dilatation pathologique des trompes favorise le passage de l'injection et il faut penser à la béance du trajet tubaire dans le cas de fibrome et do salpingite.

L'injection peut tomber dans le péritoine lorsqu'il existe une perforation utérine. Vient-on à irriguer un utérus dans le cas de fonte purulente d'un fibrome, on risque de faire passer le liquide de l'injection dans la cavité péritonéale. Cet accident est survenu déjà plusieurs fois, en dehors de tout sphacèle ou d'abcès de la paroi utérine. C'est ce qui arrive pendant le curage, quand la curette produit à l'improviste et s;ins que l'opérateur s'en aperçoive, une solution de continuité de la matrice. Les plus grandes précautions doivent être prises dans le curage de l'utérus puerpéral.

La plus grave et peut-être la plus fréquente des complications de l'irrigation est la pénétration du liquide dans le système circulatoire par les sinus veineux. 11 est inutile d'ajouter que cet accident a été surtout observé après l'accouchement.

Quelques phénomènes purement nerveux ont été signalés. Ils sont sans importance.

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