DE LA DOULEUR. — SA VALEUR SÉMÉIOLOGIQUE
Le symptôme douleur acquiert en gynécologie plus d'importance que partout ailleurs. La sensibilité, l'irritabilité naturelles à la plupart des femmes, les perlurl)ations périodiques auxquelles elles sont sujettes, la vie sédentaire qu'elles mènent d'ordinaire, exagèrent souvent ce phénomène.
Par contre, il n'est pas rare de voir les sensations douloureuses manquer ou être très atténuées chez les femmes de condition modeste qui gagnent laborieusement leur vie et chez celles qui, vivant dans une condition aisée, conservent soit par tempérament, soit par lofait de l'entraînement, une activité qui leur permet de dissimuler, au milieu du mouvement mondain, des afl'ections très péniblement supportées par la plupart des autres femmes.
Ces deux catégories mises à part, c'est plutôt avec un caractère d'exagération que la douleur se rencontre dans les maladies génitales de la femme, soit qu'il s'y mêle une peine morale, soit que la nature des nerfs impressionnés réagisse trop vivement sur les centres sensitifs. Il suffit de rappeler que l'appareil génital a son centre direct de sensibilité dans le plexus lombo-sacré et que ce plexus est étroitement relié aux filets du sympathique abdominal, par conséquent aux viscères avoisinants, vessie, intestin, reins, etc., d'une part, et d'autre part, aux troncs nerveux des lombes, de l'hypogastre et des membres inférieurs, pour comprendre les irradiations douloureuses simples ou douloureuses spasmodiques qu'une lésion de l'utérus ou de ses annexes peut produire.
Les filets cutanés de ces diverses régions sont souvent affectés