PRÉFACE
vue, le travail n'est profitable que s'il est fait sans passion 7 ainsi que dans les autres bran^ chesdes sciences? naturelles, le premier mérite est lexactitude dès observations, et la rigueur des méthodes. Le moindre résultai 4e cette publication sej^ donc nae classification historique à laquelle on : pourra ajoute?- foi.
. . H ne s'agil encore ici que d ^ne^ introdutv tion,^ Mais, dans ijn tems où personne n'est ^ssxiré de son lendemain 5 nous? nous som-^ i^jçsicruspressésiià chaque instant, Ja t^isère,, la .pf^ladie, la tourmente, politique peu ven|; nou^ saisir, jet . 4i?sipçr. ces riçhessies intellectuelles que de : bjppveiUant^ circonstances pij^xiîûpcentréçsdans pos mains.Nous c^çyon* npu^ bâter^ afin que nos recherche^ ^ ^i ellep valent quelque <?bçse, ne profitent pîi> ,àiiQÙ3 seuls. Déjà la mort est venue frapi^r^iCt nops aypftir j parmi nous elle a chqisj. un des plus laborieux, up ^s plus jeune§(^). Que le; Uç?
(i) F. I^obert , sous-aide au Val-de-Grâce, employé à la Biëliotlièque roorale, mort à) Paiûs le iS'iepteiiibre 1831, âgé de 15 ans;
Noas publierons plus tard ses travaux sur les beaùx-arls, en les complétant. Nous l'avons promis- à ootrt? ami mourant.
PnkFÂCE. i
leur nous pardonne ce souvenir: c'est presque tout ce qui reste de lui. Notre ami avait conçu un grand projet; parce qu'il voulait faire une œuvre parfaite , il n a laissé que des fragmens,
La forme que nous avons choisie, pourra paraître étrange ; elle est, au moins, neuve j nous lavons préférée, bien quelle fût plus dijfficile à manier que celles qui sont ordinairement employées dans les ouvrages de ce^enre, parce qu'elle rép.on* dait à un double but , Tun d'amener le lecteur sur lé terrain où nous sommes, par la voie même qui nous y a conduit , en le faisant passer par toutes les idées qui nous ont occupé} l'autre d'ouvrir un cadre qui puis^ rallier les travaux détachés qui nous restent à faire en histoire , en métaphysique , en physiologie, etc., ce premier volume sera bientôt suivi d'un^ second, dont s'occupe mon ami et mou collaborateur Boulland.
Il sera destiné à offrir la vérification de la théorie historique par laquelle nous terminerons jcelui-ci.
Bûchez.
lS81t^ftVlllMlt
A LA SOEFIGE
PftOLÉGOllÈNES.
Pour changer de croyance il faut passer par le doute. Cést une loi commune aux nations comme aux individus. Le doute est mortel aux sociëtës; car il ne laisse place qu'aux aj^pétits ^oïstes j et fait vivre les hommes ^ au jour le jour, comme les plus vils animaux. Aussi, toutes les fois qu'une population est travaillée par cette maladie morale^ il faut se mettre à Pœuvre, pour chercher le secret qui fait naître, vivre, et mourir les soci^s.
Or, où est aujourd'hui la croyance qui rallie tous les esprits ; où est la pensée qui meut tous les bras; la liberté, direz- vous J Mais tput le monde est-il d'accord dans la définition de ce mot et tout le monde en veùt-il ; l'égalité ! mais comment l'établir, et comment faire pour qu'elle soit acceptée par tous% Aujourd'hui , les croyances ne sont que
des opinion^. Il n'y a plus que 3es individualité de nations , de provinces , de position , de mëtier , d'instinct, en rapports hostiles : l'haimonie n'est nulle part, pas m^e dans le cercle des plus petites famiUes. Partout, des ëgoïsmes jaloux les un^des autres. L^ population eurqpëeni^ ^ en un mot, nftîfccilie dé ûpnventiotis. d'habitudes, et surtout de violences : comme un vieillard , elle dévore l'œuvre de sa jeunesse !
En morale , il n'y a que deux espèces d'actions , les bonnes, et les mauvaises. Or, le bien socialement, c'est le dévouement , c'est le sacrifice ; car , sans eux, point de justice, point de confiance,
siinilation^ une volonté de jouissance ; l'égoïsme qui individualise tout , afin de tout égaler. Eh bien ! cherchez. où est. le gouvernement, la nation, la province , la classe qui ne soit pas égoïste ; cherchez combien il y a de dévouemens , et vous pourrez peser ce que valent la société, la justice, la copfiance actuelles.
Toutes ces personnalités en lutte ont cependant un mot coixuiiun ; c'est le cri de douleur que leur arrache le mal qu'elles se font les unes aux autres. on est unanime à se . plaindre ; les rois accusent les peuples, et ceux-ci maudissent les rois. Sur chaque degré de l'échelle sociale, c'est une impré-
A LA éciMXUCE D£ l'uISTOIRE. J
cation et un reproche; car il n'est pas une partie de cette inunènse machine qui né crie, et ne souffre. Toutes les elasses de citoyens , toutes les professions demandent un changement, et ressentent un malaise dont la cause leur À^happe.
.Nous allons pénétrer au fond de ces souffirances et essayer de les mettre à nu; Nous croyonis qu'il sera peu d^hommes , alors, qui ne s'oublient euxmêmes, et qui , ^ouvantà devant les maux de leurs semblables , ne demandent, enfin, leur part dans les ^orfs nécessaires pour faire sortir la société du doute qui menace de la tuer.
Nous allons montrer que l'hostilité est partout , et cela tantôt par une fatalifié malheureuse plus forte que les désirs les plus bienyeillans, et tantôt parde que chacun, avant dépenser aux autres, .pense à lui. Puisœ cet examen triste et long inspker à nos lecteurs la ci'oyance qui s'est emparée dc'uous , saroir que tout cela n'est qu'un passage ; -et leur dœmerla ferme volonté d'agir de toutes leurs fori^àfin que le temps de la transition soit ^abrégé.
Xes sociétés sont aujourd'hui livrées à la discrétion des gouvèrnemens égoïstes, ^ à la politique de dissoâation .
*£n eSet^ il n'y a que deux ét^ts 'possftles pour les associations hunmines ; l'un ou le dévouement est présenté comme exemple et comme principe général d'activité j où il y a prévoyance, où chaque
s INTRODUCTION
gënërattoq est appelée à travailler pour la g^néntionqui suit, comitte un père f^^it pour ses enfons; bùles intérêts sont coordoimés, et chacun paisible dans sa foncdoQ ; c'est-à-dire où les mœurs sont pures , la raison des faibles guidëe par celle des forts, et les travaux apprécia à leur valeur. Certes , telle n'est point la position de l'Europe ; au Ëeu de cela , c'est l'autre où l'égoïsme est laissé è. ses propres inspirations, c'est-à-dire où les mœurs sont mauvaises, et ne peuvent être arrêtées, dans leurs excès, que par la crainte ; où cbaque génération veut abattre Parbre pour en dévorer le fruit ; DÙ Yexpénence est personnelle ; où les intelligences fortes ne profitent qu'à elles-mêmes; OÙl'échange est une bataille.
11 n'y a aussi <]ue deux systèmes dé politique et de gouvernement possibles ; l'un qui, oubliant qu'il est homme, se meut uniquement en vue des intérêts du grand nombre ;i'au<Te ^i, dans chacun de sea actes, a des intérê Is pour cranmencement et pour fin.
Celui-ci , c'estle nôtre ; il po insc^k
aur ses drapeaux clique mot comme
nui race , ma- dynastie , mon droit, mes' intérêts: l'État,' c'est moi, c'est' nous, dit-il; et il . oe voit dans les hommes que des instrumens, une monnaie dont il sefait dés jouissances, ou ce qa'il appelle de la gloii^. L'or^nisation sociale n'est
A LA SCI£NC£ DE l'hI9T01RE. 9
pour lui qu'un arrangement mëcanique qui lui met chaque individu sous la main et à son plaisir.
Un. tel gouYemement ne peut être ni fort ni stablç, car son résultat inëvitaUe est de partager la nation en classes ennemies. H est, de sa nature , toujours en défiance dans son propre domaine ; diviser poulr r^ner , cipposer les hommes aux hommes , les nations aux nations , telle est sa devise, et la condition de sa sécurité.
Unfelgouvernement^oitaccuser, et être accusé; car il ne peut faire un mouvement sans froissa quelqu'un, et la sodétéaussi ne peut remuer sans blesser un de ses intér^. Haine, et guerre donc , de gouvernais à gouvernés. Ccstlefait qui frappe au premier coup-4'œil jeté sur l'Europe actuelle, et cepiendant ce n'est là que la. moindre partie du mal qui la tourmente.
Aujourd'hui, jia société européenne^, sous le rapport d^ intérêts matériels, pfiitagée en deux classes qu'il faut examiner séparément i Cette division est saillante dans tolis les pays soumis au régime des chartes; elle le deviendra dans le reste de l'Europe au fur et à mesure que ce régime acquerra de Textensipu , et en Amérique lorsque ses déserts seront peuplés. De ces deux classes, Tunè est en possession de tous les instrumens de trayail, terres, usines, maisons , capitaux ; l'autre n'a rien : elle travàOle pour la première. Parlons d'abord de celle ^qui possède; c'est elle qui gou-
tlO .INTRODUCnON
Yeirôe £K>w le nom de pairs/ de ^putës^ de jv^es^ jures, 0t*-
lies sociétés coDstttuëes par les chartes sont haséss d'une mamére indirecte, mais* oep^daM positive^ sur Thërédité, on en d'autres tenues^ sur Ja.pF<^iâ:iéiiâ*ëditaire des titres^etdes conditions. .Ce fait est moins apparent sans doute que dans le système féddal; il n'est pas un principe; mais pour être moins patei^ , il n'en est pas moins réel;^ en léSét] la propriété est k basie de tout le système r^résentatif , «t la propriété est héréditaire. Ainsi ^; y a hérédité du.pouvoir royal ; hérédîti^ des positions sociales qui font les pairs, les électeurs , les *4^giUes, lés juges, les jurés, les conseillers mujiicipaux , les préfets ; hérédité daâs les famifics qui reçoivent de l'université Féducation nécessaire pour participer aux actes gouvernementaux, etc. Au premier aspect , on refusera de nous croire lorsque nous dirons que la capacité d'^tfre , d'être ékij d'être ji^y d'être élevé à gouverner , etc. , est lûoncentrée dans un nombre dé familles aissee ri-^ gour&isement déterminé pour qu'on puisse dire que les fonctions se transmettent pai' voie d'héritage. On nous opposera le partage égal des biens entre tous les enfans, partage qui paraît tendre à diviser , de jour en jour , la propriété , de inafiiàre à forcer ^nfin chacun à se taire, par sesprolires efforts, riche, et par suite gouvernant. 4^{ mrgument est spéci^ix; nous allons y répondre.
A LA SGIRKOfi IMK I^'hISTOIRE. II
D'abord) <:et effet ne peut lae produire que là où U par^ge.Qst ëgiJ ei^re.tau8le&eiifan&, etcda u^est poiiit ë(^li g^a^r^Wneut) ^ pour. tous , d^oB les ps^s à Q))^jt63, M^i$^ «quand même lilcKisteoit pfirf^t, qu^u;id'^lvie.e9iJPraiMre aes résultats iiie ficniig^cii^ pas coutredits par riustitutiou des majorais, sou qffet ^^ei^t aimulë par uœ jbree bi^i pJiisiuljegQise qui reaaoct de la oom^titution aotuelle du travail ; il est prouvé , en économie politique , que, sous nc^re régwe industriel, leâ capitaux tendent à jaigiuent^ dws les maiDs^m ils. août déjè açpuqwléseD plusgmndes masses, et à échapper à çeuxiqui p<;»^pèdenties richesses les plus faiUes. Qr, la, conséquence, de cette loi est de r^uire le fC^ne de^ fi^millea propriétaires an lieu dé Vaqçroîti^e. , *
. I^ s^\j^ effet qu'ait {»x>duit le partage égal de r^rit^#.etitre . 1(^ .eoûmâ, ^o^jeat de porter des Ixpnm^s qui seraient restés purement ioisifs ^ à .se ^nél^r^, ou à intervenir par leurs capitaux, dans des qpérî^tions induâtrielles , d'une maniâre plus di^ recte| ,et avec;pjus d'ardeur qu'ils ne Taura^t &it s'ils avaieift été mus par le saul' désir de jouir* de leur fortune patrimoniale^ Un grand noodke d'entr'eux en effet 3'QCCupent de foire, valoir leurs Csy[)itaux , ou mbéme sesontfaitâtchefsd'entreprises. |ua possi^sion des in^mnens de travail serait , à^ellesi^ule, un î^yairtage. immense daûs une société: dmit le travail serait runit^ue loi. .Mais , aujour-.
1 2 INTRODUCrriOlf
cFhui^ à cette possession est attache le droit de lever sous le nom d'intëréts , de fermage, de loyers, un impôt sur le travailleur qui trtilise rinstrument : et de là résulte la possibiUté à des familles d^étre héréditairement oisives , et héréditairement presqu^à Fabri de toutes les chances dont nous allons parler, et qui menacent plus bu moins tous les honunes qui se font chefs d'industrie.
Nous appelons chefs d^ndustrie ces hommes qui , chargés par les riches du soin de faire fiructifier leurs terres et leurs capitaux, moyennant le paiement d'un loyer , ou possesseurs d'une fortune trop faible pour vivre oisifs, se placent en tête du travail, sp^ulent et font des bénéfices pour leur compte , gouvernent immédiatement et paient les salariés , et peuvent ainsi arriver, par la suite des générations , à se classer définftivement parmi les propriétaires oisifs. Il est diflScile de s'élever à cette position , à moins de circonstances exceptionnelles, lorsque Ton n'a pas reçu quelque part dans ce grand festin d'héritages. Plusieurs choses rendent raison de cette difficulté; mais la principale de toutes, c'est Téducatioii, qui, dans nos sociétés , s'achète et se vend.
Les chefs d'industrie placés coittme intiermédiaires entre les oisifs heureux et les pauvres qui
travaillent, se trouvent dans un état de gêne et de
contrariété morale facile à apprécier. Ils sont en
A LA SGIBIfC£ I» JL'hISTOIR£. i3
hpstifitë sourde nvec les praniërs, qui les rançcmne&t^ et en guerre ouverte avec les seconds, qu'ils esqploîtenl à leur tour. *
Le seul règlement du travail existant aujourd'hui, est le principe de la concurrence. Il correspond à l'eidstence de deux faits : i®^' celui de défaut d'ordre dans la production; ^o et celui de lutte entre les producteurs pour la vente des produits sur les marchés .
Le monde est un vaste marché où s'opèrent des échanges contimiéls, où le pcix des produits est fixé* par le besoin qui les appelle. Ceux-ci sont-ils en quantité supérieure aux besoins,, ils perdent leur valeur; sont41s trop peu nombreux, Us s^é^ lèvent à des prix qui, le plus souvent, sont un grand maL
Qr y chaque chef .d'industrie fait travailler pour vendre; sous pdne àe ruine, il faut qu'il trouve un certain {>rix des produits qu'il aj^rte sur le marché, un prix qui dépasse la valeur exacte du travail nécessaire à leur fabrication; et, pour cela, il faut qi^i'il ne fournisse pas , lui on d'autres, une somme da marchandises rapérieure àlasomme des besoins qui sont .à satisfaire. Mais, comment saura-t41 que, tel jour, à telle neure, sur le marché, il se trouvera seulement la quantité nécessaire pour que les prix se maintiennmt à .un taux raisonnable. Seul , dépourvu de renseignemtes , il est obligé de se laisser aller aux chances du har
t4 ' ^^ftftn^ëWftioii
^màjéent^k^re aiix dniiiéesr dhxri c^iaitéiiè^' àS drcQDstàmeB inebmme^; <:^f le Httltttëhiëiit^idtë) prix ne dépend pas de la cofacûtrétfoé dé dSlf, de cent p»odu«leurs, «tôfekiei'ceUé»^ tous lèS pays dn gldbe', «t de toutes 4e8'e^pièêes 'de prôduifeeè* mérae^tetîïps; •••:■ ^ y^'^ '■.•-'.')., i •• .-• y- -
AmsiymitîhefiiHwdHstîie n^^ît m queilè^'^ dticticMi » eàt utile , ni (jaellè Itelîttllè ' d^iiidu^ië présente des avantages aux ti a't'âffflëUrs , pii*éë qtfeUe eàtrti^meûtâdéaie^^ïï^sd^ Ii^àbtn; ct'^cpiand il a dioist ^une'lcàrrièï'ë^ il nfe' siaît plaint DtoriTpittsî stirqiieb'afrticie* sf^ekùk'îl doîtaîriè^i* la-ftbricartibn.î A^ Câiase àë cela ; à*t^t mbmëiit 41 esfesttV te^pdiht <ie se ruîfterî; % t6titirf(*rùënï''i! subit des rw^ei'S>qui le perdent'^ s'il! n'est p^s tirésriche.
^ Le tûb5fBK le ^tos ^sèr qtt^il >p€^dé' pttiir^rë^st* auk dliHnées ^ h eoaeuît»et<èfe^; é^t de dôtiBSi' kw'iâèillekîv^ ptHJ^tiitâ ^aù plus ^)s pf i» pôâfâMb \ -à tttoprîx afôë»b«i p^Otfr. qtill^itWahris du MSWîhd mdgre'towiéi^eiÈfoktfe, Jet>trà%rèî|^ *jî?
c0W(ïékîbeîaï» 9 ni ôe^pit* •ôtoëiîî' «dé ^^àlfrit* içp:?ëff dîmàsasail^ I0 ipvfîb ^ k^ iiîràiifi}'dèavt^;)et it^f^j^^ tôent^p» rîtittotimf>â(î&in&chift^sV ^ t l^l^âi^e^' sakiralde»e$'tniTmei^iv NbiïSJvfcrt-dni^ pliii^ btià 'k eoèwéqtttJilcë'dtt'îwMt: • ^ ''•■/ '*' - '''^
rUanattre inby»tiîptiàtfejtië pcAii*, réfeistèe^ «iPB* mânMà 'désavtt«ilMge^'9 e^<de4éi attadiâer d^'fi'éWff en 'chèrchàiitf à'détrtiire lé coltïijjëtition J)ar Irf indrf
A LA SGiWCS •«•l'hISTOIBE. i3
àa ses rivait. Alpr^i ot]i;)mA »e& produîiBt à uù prix qui est bim «aHJ^^poa&delli rdeur dà travail nécessaire k h^ £abrioGitî^o . Dans cette c^pâm-^ lion j on cc^oa^t^ sur l^ëteodiie île kcs capitaiiXy ^ la faimessé 4^ cmK de ses adi^ersaires* Gtiaaeyeà estasses scmyeat employé; ôuais^ il est'uaîtë rai^ tout de natiob à iîalâoa;iLi8^ap|^itte'alor» prfaiiM^ d^i^pprtati^^^ ; • ,^ •
V V^ parç^Ue^ baiâ$e(i de prix ijui yont jtts<|à^ti d?;ssoii^dQ>la'Tidmr da.ta'srmi prod»rtif, quelle qi^ saitîilmHv..^i|se^ ne pntftenAtqa^àiïz oMifiiV (^qta^x jt^Fs^ktm^^.iCf^^ d» va^levoii^'k sotifiriaBcei d'npe olafiàe^ se^ rpcniiage à trtonite» ^h» àfifr^s. \ .'. ^..;- ■ . = i'. ;i .•'..) '• V j ; • ' .. 'lîj
Sur.le yastdH&arelké du^JBQdiDdew >oà.toiilïi'i|$tr^ deur.scms ua rfippc«rtest^adietetir sous un ;auti^, lesécdian^due ^ fpiH poîiittde pixHMt àpsoéuir^ ni même à Taide de la^ tuormaip ; maûf au>nK) jriea dri crédijt. Çektl^k ccH^istedaMsicka premes^ës i^«^ jyocpips (Je paiement à/ t^n^^ fixent garantiçsï'^îpw une banque fCfgi^ pron^s^B^ ^a^qui^mntrJla'mtèite nuu\éta^^ dan^ ; tout^ Vé\/^ué^ loà^la Jbaki<pid^sl cpnnu^ ^ ou^ en 41wt^f j^mi€i»y >qù i^ a xaié^ M^ ces l^iUets^, apjE^sTiaypit^lae^ialii^inaiatotdovl U si'agit ^*OBt ae^yi à &ire de». aittûâpatÎMs j Ainiît^ d^ms^ l'origipe, la garantie de») ppotasJMm de paâr^ iqjsnt drla .p^ des^bauipbs^^ ;auffK>aiât (faûeHeê avaient dispoi4Ue,aouskiu' main, layakuTtdbo^ promesses spit en argent, soif; en marchandiseB :
1*6 INTRODUGTIOH
prennent d^ie ; ils atteignent et yicient toutes les autreÀ profetôioQs, même cespro&asions quenos pères appelaient libérales. Dem^equelors^'a s^agit de produire, on ignot*e, quand il est question de dkoisiitttuie «arrière^ quelle est celle qu'il £iut adopter depDéfërence. Làaussi, si le nombre des travailieiirs est trop grand , on ne recueillera pour prix d'tmè lodgue ^ucation , d\in pénible apprentissage, que tristesse , dëboûre et misère. Ainsi cette funeste h^ sitatipn de Tavenir , cette crainte d'areugle saisit riiomme lorsqu'il commence la vie et se cramponne après lui pendant toute sa durée. Il est un signebien pemarquaUe de cette incertitude cruelle et suivii&, c'est que rarenient un père , lorsqu'il le peut, jette son fils dans la carrière qu'il a lui«^méme adoptée.
Dans les professions dites libérales, celles d'ar^*
tîate», de sayam, de médecins, d'ingénieurs, la
kitte entre les trayaiUeurs amène uil vice ansdogue
Jrc^i que nous ayons décrit pour les iikdustriels*
L^esj^it de guerre entre les hommes est le mânb ;
mais il se traduit par des &its qui diffèrent suivant
la profession. Les hommes deviennent fripons ou,
6omme on le dit , charlatans. On écrase ses con*
currens , soit en les empêchant de paraître ,.soit en
s'emparant de leurs conceptions ; on émet des oe«i-
yres qui ne sont pas siennes; on s'en pso^; on les
exploite. On fait crier bien haut ^s découvertes et
son talent ; et cependant il n'y a rien de vrai dans
tout cela. Mais on sait qu'il faut mentir et on est
A LA 9CimKSL DE l'hITTOIRE. I9
hardi ft odb : p^ur produire cet effî^, on s'organiiBe en eot€jries;saft6'doute dans la réalité, dans la vie de rhumaaitë ces cotôries sont des nullitës; mais c^esttoutdansle présent. Û arrive donc qœl'argent eslla loi de tous les hommes, et que des {nrofessions qui doivent être des magistratures ne sont plus que d'ignobles m^iers, des services de valets. Gonumeirt se fait*il que tous les homn^s ne s'avilissent pas à ce point? Comment se fait-il qu^l yen ait qui préfèrent la misère et la mort abandonnée qui k suit, à descendre à ce rôle? Les fri- ' pbns éppeUènt ceu^-ci des dupes ; en effet , s'il n'y avait pas des homme$ probes , le charlatanisme né serait plus un métier.
Au niitieu Ùe tout cela , que gagnent les beauxâH»^ les sciences , etc. ; car ceux-^ subissent tonjours lé sort des "pensées de leurs maîtres. Les beauxHarts se rapetissent ou s'anrilissent par des productions menteuses , sales, ou mesquines. Les artistes, au lieu d'encouragemens contre le mal, au lieu de peintures morales, inventent des mod^, et desamusemens passagers, et comme ces manies d'un jour j après s'être élevés avec qlles jusqu'à la popularité, le plus grand nomln^e voit s'éte{ndre son nom avanit sa mort. Les* sciences subissent lé sort des arts j tout ce luxe dont on est si fier , toute cette abondant^e apparente n'est que répétition , redondance, et stérilité. Ce n'est point à des décou vertes profitables à l'avenir qu^on consacre ses
ao nrTROBucnœf
veilles , ce n'est point à cda qu'on penae, (^«8t à faire finance des découvertes de nos pères y soit en les recouvrant d'un vethis nouveau y soit eu les réduisant à des applications. Le3 savans sont des ingénieurs j et les ingénieurs rien, c'e$t à dire d'intelligens ouvriws. Combien y a-t-il de savates à l'académie qui , sur leurs nombreuses pages, sur leurs expériences multipliées , n'en laissaront pas . une seule qui pas^e à la postérité , et par consé^ quent pas une seule d'utile. Ne croyez pas que, dans le plus grand nombre des cas , les aca(|énijas soient Àes institutions scientifiques ; non : ce sont des tribunes plus élevées^ plus retentissant^ qi|& les autres^ d'où des charlatans viennent «ppekr le public, et . sa faveur productive. Si des travaux véritabk^eiît grands et i^tiles^ soit dans lesscien* ces^ soit dans les beaux-arts s'opèrent, ceux-là sont 1q résultat du dévoument de leurs auteurs; ils sont improductifs , car presque toujoui^ le pu- Mîc ne peut les juger ; et, pour se faire jour, il faut qu'ils percent à travers l'inimitié des coteries,^ lesr moqueries , et les brocards des hommes en faveur, n est remarquable que, dans ces derniers temps , la plupart des grands hommes soient morts pauvres ou à peu près: Nous ne dirons pas com^ bien un tel état de choses est nuisible ;, il est en Bflfet des hommes qui aiment leur spécialité, qui sont trop fiers , frop bons pour consentir à la fausser ; ceux-là , s'ils ne sont riches , sont le plus sou-
A LA SCIENCE DB l'hISTOIRE. 21
vent réduite à laisser une ccarière où la faim les
poursuitr «
Les économistes ont appelé les travaux dont
nous parloQS, des produits immaterid». Us disent
que s'ils ne sont payes en argent^ ils sont payes
en considération. Cek n'est pas vrai! car ou ces
travaux ont de Favenir, ^le présent, pour lequel
ils ne sont pas fait», ne peut les apprécier; ou ces
travaux sont des œuvres de mode, et ils sont nuls
ou à peu près. Les économistes voient dans la
concurrence une grande^ cause dfémulation. Cela
n'est pas vrai* encore, sortoiri; pour les pro<kiits
immatériels. Où sont en effet, aujourd'hui que la {
concurrence est dans toute sa force , ces oeuvres \
si colossales dans leur nombre et leur étendue qui |
ont marqué certains âges de l'humanité l Et encore,
le peu qui existe dans ce^m^e, depuis un siède^
a été Eût par dès hommes chez lesquels le hasard t
avait réuni le génie et la fortune , par des hommes
soutenus par de riches protections, des abbés, etc* \
Ne pei33ez pas non plus, comme on lejdit, que les. produits industriels ga^^it grandement à la lutte de la^ coucurreuce* Otk varie beaucoup , il est vrai, on r^)ète et même on^ invente du joli» Mais ce u^estpas d'abord l'inventcfUr qui en profite, c'est soa chef. On perfecticmne des machines; même remarque. Vous savez que la plupart des ingé^ nîeurs qui ont trouvé les combinaisons mécaniques les plus belles, les plus^ productives, sont
aa INTRODUCTION
à peu {>rès tous morts dans la ùiisère. D^atUeurs, voyez avec quelle lenteur jces perfectiôû^emeii^ s'eurent. U s'en faut de beaucoup que les applicar iioiiddeIas<âenceàrindus}xie9oientpequ'elle$ pourraient être; cfàooreoelles qui existai, sont arrivées bien tard, des demi-siècles après qu'cUes 'étaient possibles. Mais aujoUrd'htd qui a le tenq^s âb s'occuper dé ces choses! quel ingéni^tir^ qud chef d'industrie youdcmt perdre un instant detravaili^ pour s'occuper d'une eeuyre dont le produit peut se faire attendre/ Unç voie est ouverte, on s^ précipite, en se disant que le bt^ ^n pouir celui qui courra le plus.vite.
Nous nous arrêtons^ nous croyons avoir en gros exposé les causes de gène cpii agitent le tra^ vail considéré dans ses sommités • Pour les hom^ mes, incertitude au dâ>utetda2is toutie cours de la can^ière, lutte continue, accidais imprévus^ nécessité fatale et connue , pour un certain nom^ bre^ dé suçcoknber; pour les dioseâ^ menâong^y charlatanisme , désespoir ^ jsentimens blessés. ' Cbaque homme sent ce mal qui le ronge; c'est une dodteur physique et coidinue , qu'il porte ^^artout^ qui le rend aigre ^ irritaUe. La ^plère dé Fes^ poir trompé, ou l'indiffiérence du désespoir le tourmente. Dans ses momens dersôson, ilae^laint du pouvoir , il se pkdnt des homm^ , il se phôot surtout de sa condition ; il maudit les isapifaMstes , h crédit, les banques, les coteries, le pubHc ipû
A LA SGI£KC£ JDE l^'fllSTOIKE. * , a3
1^ j^g^j le siècle et le iûoii4e.ôà il vit. D^atrtres foi's^ po^ ouUier, il se fait.i?re| il rit, il;se roule ) i^ danse en attendant 1^ mort. Qne wiule^yous; la ^ciét4 est comme uia homme di^ra^ qui chercha un remède à ses maux^.ùo in^nt d'oubli, et de joie dans le délire du vin. Mais il faut être riche encore pour adieti^r l'ivresse , et aussi il est bien phis souvent J;riste et plaintif que gai et fou.
JMàisce n'est pa$ tout , il est une autre pkie phts profonde et . plus hideuse qu'il nous faut étudier. Tout-à^l'heure il nous fallait haïr cette fatalité de la concurrence, cette maladie de l'ordre qpi ron^ les chefs d'industrie ; maintenant il nous laudra haïr ceux-ci, et maudire le réglanent qui gouverne l'hérits^e.
Les chefs d'industrie, nous l'avons déjà dit, sont les insirumens de l'oisiveté des propriétaires ; et çux-mémes exploitent directement les sdariés.
Le plus grand nombre des hommes naît au monde nu de tout héritage , pourvu des seules ap«« tjAdesattachéesànotreorganisi|tion. Maisc^ax^Ià n'ont guère le' temps â'ap(»«iidre ; ils n'ont pas le loisir du dioix;. presque dès leur premier jour ils faut qu'ils vivent j ils^ sont destinés à exister dans une seule pensée; celle d'éviter la faim; attachés au sol c(mm^ des poljpes, là où ils viennent au monde, ils travaillent et m^ir^nt; car , dans cette classe , les jouri^icars sont le bas {)euple , et kis.
24 ' " INTRODÙpnON
ouvriers sont l'aristocratie. Si vous avez vécu avec «uiÈ , vous savez combien^ dans les chaumières du pauvre campagnard , on élève haut le sort de celui qui possède , ^jomme on dît, iin métier.
Les salariés sont les égaux de)s chefs d'industrie en ce sens que ceux-ci ne peuvent ni les tuer , ni les battre , ni leur refuser le salaire promis. Mai^, du reste, ils sont complètement à leur disposîtioti quant au taux de ce salaire, et quant aux obligations qn^on leur impose; il leur est défendu dô se coaliser pour se défendre, «t souvent, là même oii la loi pourrait les protégei* , ils sont liés par la faim à ne pas vouloir de son secours. Examinons en effet.
Nous avons montré comment, par Peflfet de la concurrence, les chefs d'industrie tendent à baisser le prix de leurs produits par le perfectionnement des machines et la diminution des salaires. Nous alldns voir quel est le résultat de cette tendance sur la classe ouvrière.
L^inventîon dés nouvelles machines et surtout les crises* financières, et les banqueroutes jefront annuellement une certaine masse d'hommes hors de» fabriques où eUe était employée, et la forcent à ch^cher de nouvelles occupations. Ainsi, il se forme et se maintient une population ouvrière mobile, sur place en quelque sorte, et cherchant un salaire. Ces hommes n'ont point le temps. d'attendre ; lorsquHls manquent un jour de travail, c'est
A LA SaENCE DE l'HISTOIRE. Ii5
un jour de jeûne qu'il leur faut subir.*Ils se donnent donc à quelque prix que ce soit , de sorte que ces malheureux luttent entre eux à qui sera employé , et leiùr moyen c'est de s'ofirîr au plus bas prix possible. Nous sommes certains que toute la puissance rationnelle de chacun â^eux est employée à ti<ouver le moyen de vivre avec le moins d'argent, à cherdier lés besoiift auxquels oh peut, sans mourir ou sans trop de souffrances , refuser satisfaction ; car leur seule garantie contre les dangers d'une oisiveté qui est la faim pour eiix , c'est la réduction de leurs dépenses, la petitesse de leurs besoins. •
• Supposons, et cela est arrivé, qu'il .soit nécessaire à un chef dHndustrie de diminuer les salaires, et qu'il le fasse , il faut que les ouvriers obéissent à cette volonté , car la plupart sont attachés au sol par l'impossibilité de vivre quelques jours sans travail, iUne peuvent s'éloigner pour aller chercher mieux plus loin ; le trouveraient- ils d'ailleurs? et tous, en outre, savent qu'il y a autour d'eux une foule de compétiteurs 'affamés qui se précipiteront pour remplir, à tout jamais, les vides qulls laisseraient dans la population ouvrière du canton. ' ; Or, les salariés forment la masse de la population européenne. En Anigleterre , ils en composent les trois quarts , et en France davantage encore ; ainsi , dstns ce siècle si fier de lui-même , la faim y
a6 INTRCDUCTION
la Simule faibi. e^t la loi aouréraîn? d4 la conduite morale, ratioimelle^ et industrielle de l'immeDae majaritë.
Par la raison qui fait qae lea ouvrière août obiigés de 86 soiiiiietti*e à toutes les baisses de salaire,' ils ue peuvent non phis refuser aucune i)ondilÂOQ de travail ; aûisi, ^Angleterre on a pu exiger d'eux jusqu'à seiat lieures de travliil par jour : certes, c'est une durée qui passe les t(myes d'un homme, »uisit^ par conséquent à sa santé; cependant il leur a fallu obék: comment, en effet^ auraient-ils pu s^y sou^aire ? Nous avohs vu, il y a quelques années , que cette ôbligatiou avait été imposée même aux enfans | et il a jfeilu un ordve du parlement pour réduire la dur^ du b^vail à douze heures pas jour. .
Dans la classe dessalariés , les enfans travidU^nt d4s qu'ils ont la force de se soutenir «ux-ménues; autrement, ils oonstitueraieftt poi^* leurs parens une charge qu'ils ne pourraient supporter. Mais , il est ^69 travaux auxquds les enfens sont aussi aptes <pie les hommes, et lexœ applicatioA à ces oeuvres a été accueillie av^ joie par les lehefs d'industrie; car elle.leura donuéle moyen de faire opérer ce travail à un trèsbas pri^. Que résultât-il de la possibUité de faire ainsi argent des forces des enfans ? c'est que les ingénieurs ont cherché à les utiliser d'une manière plus g^oérale i c'est que les perens ont ' cherdbé à avoir beaucoup
A LA SqU^liCfi 0£ l'histoire. ^
d'enfati^^ et oofc 0(»ûi6idëré leur grand noiahre ooinp» un bi^£iit; <9ar cè$ petits malbeurciix mangent encore moins qu'ils ne gagnent; et kirs^ ^'U^ jdçr^^i^wi^ pQtir «siger tout
kiir daldib^y alcurip ils soiteirt de la maîsén "pfr- •(ern^e, et sont livrés à euK-ititoies. Ainsi tlttsz beaucoup d'ouvri0n^, la pateratlë est devenue uué. ipécvi$Aijon i juge^^en les. codsëqaehces morak^
Ne4u» yoy^ns dOnc comment des honaaanes mmt iiyt^ auy exigettoes du tratailç mis à FoBime avant V&ge de leur d^l^ieloppemeait organise ^ ap^ l^cpiés à une oecupatioA Umjows identt<{âe, pti*yé^j faute de tettqps^ de tout» culture intellectaeUe ^ morale, toujours poussés au**delà de leurs fot^ ces 9 recevan); en échange une. nourriture insuffiifiante^ soumis à toutes les >diaiioes makdiyeâ de leur profession, toujours tourmentés delà crainte de manquer , sans consolatton , sans amis, pras-» <piesans famille, que deri^dront-ib ? leur oa^ stituti^n physique s'appauvrira ^ ils seront cbéttfs et malii^^rea; ils deviendrantlaids, etrèmpeeînte dé leurs maux marquée sur leur»£K)a, ne^ produira le cauractère de la dâ>auGfae^ loracpi^ n'auront fait d'autre escès qOe cekd du travail et de là mMère, ^ apprêtera à rice tet à m^^pris auitridies : ils mourrunt avant V6^; il est con*staté qu?ils vivent plus de moitié moins que leurs maîtres; ils^mom^ont seuls, dans des bâpitaux,.
aS INTRODUCTION
saBs GODSoktion, sans espoir; leur dé^ouifie serir^ comme cc^e dSin chî^ , jetëe à la voirie on ^iAs^ sécfaée.
La chaiitë durëtienne et laphilaA^ropie ont ou^ vert (les faâpitamr, et crëë4es antnônes ; mais c'est un &ible palliatif Jt ces maux. Les soins qui-leuf* sont donnes dans les hospices amoindrissent seulement l'effet de tant de causes de maladies ^ les aumônes sont toujours insuffisantes , car dies constituent une cons<Himiation improductive qui se prëlève en demi^ résultat sur^la portion des salaries qui travaille. Ces créations* de cfaa* rite ont cependant pour ^et d'empêcher, d'amoin*drir l'irritation de cette classe redoutable par son mmibre et son désespoir , et elles sont devenues, . même dans ces derniers temps particulièrement en Angleterre , un nK)yen de t^oercitiouf car il. est des conditions pour parvenir aux faveurs de l'aumône , et entr'autres celle-ci : de n'être point âranger au canton ^ d'avoir toujours été ouvrier honnête, c'est>-àrdire soumis. * • •
Les faits que nous venons de présenter ne sont point exagéiiésç ils sont tellement hideux^ que plus on les considère, plus on y pénètre, plus oi| les trouva éfiroyablë!». Les économistes ont ccm-i staté leur existence; ils ont trouvé que dans l'étui actuel des sociétés ils étaient inévitables : ils ont dit qu'il y avait sur. les limites de la production^ c'est-à-dire au dernier rang des salariés, une
A LA saKifeE HE jl'histoire. 99
mksse d'hoioittes.dèstinës à mourir de kur nuH
^4;:ilâ <»t.dit que les auioôiies , les hôpkaax^ ti^ pouvaiapt eokpéober Pexistence de. ce fait ; que ces io^tutlaiis nMi^ieiit propres qu'à prolonge ^|lgP9Îe^sp^Btd^}bwr^T, etque(>ar humanité il ftiidiiaiile^ pidy^er* 4^ twt secpurs,^ afin que mou' i^Qf; jil^Sçyit^^lli^.soï^ri^qptiupil^ loi^-temps. U^ Qi^ aAtJ:il>Hé i'j^^l(3Dçe des J)a«vres à ce que les ]3ii$|i?i9p$ .4es oi|.Yri^rs Paient ti^dp P0pihreux^ et trop, productif eu eufaBs;^ iJs opt propose dy
lDq^s^flJli!^)^f](P^^^cdsiM loi dans
UJfte.conte-iécd'Eigrppef. ; .
,JXqu$ wi^i^}[^JC^nwf)^nt9ïy^vA^filos écùnor ïl[fitte§i]a9éf>^^ ime ic^ii^tatatiim du
lipai^aiç ox)(^e ^oçjaii d^i^t; ^(^>m do^puloas e& ^e moment le .tsd^l^u;. C^ raisoime^nen^ nousr^folr tcpt : 4>n ne piçut yoir , mns émotion ^des hoounes cf^uler la valeur deshQp9ijppbe^^ét{^di&r leur priii commis on le .|!^^it à Végsu^^ d^ * p^chandise»^ parler 4^ leur^ 6emblal>les çosiAï^^ s^j^$ i^ent de je ne sais quelle nature; en outre, on ne peut s'empêcher de s^irriter à voir la .mesquinerie de leun^ ^raisoQ^iemens ? Quoi ! la France ppurrait nourrir peutrétre le triple de sa population , . et YO^s atbilmez le paupérisme à ce qu'on fait trop ^'/ç^nsl vous ne voyez de remède qu'en châtrant les hommes 1
Nous allons maintenant parler de la condition àe^ fenunes , eu le3 considérant sous les rapports
matërieU que nous venons d'^Kaminer chez in» hommes. Les femmes se cKvisent aujomtL'hui en deux dasses, odyies <pii ont tine dot ^ et ee^^i n^n ont point. Nous ne parlerons point des pre* mières , tout â été djit sur Hnimoraliié de ces I9ft* riages qui , de la part de Miônmie , sopt un oaloul) et^ de la part de la femme, Pad)atd\ui maître et dhiïÈt posiUon sociale : tout a été ^t sur ées es« pérances qui forment, après ladét, laseeôndebase decesunioqs intéressées, sûr ees espérances que dbaeun des époux apporte à son conjoiiK,- fbndés^ sur la mort d'un père ou d'une mère. Bfeîs , pouf^ quoi ces femmes à dot et à efspéraâ^^ qui pourraioxt vivre 'libreis dans Foisiveté^ courenlr^es âinsi^ après' des maris ^ et consentént^Hes^à se Biettre en mardié ?^ c'est qu'on lés a élevées si mal, qn'^es sont incapiMes de se conduii^e eUés-mé^ inesE, iilstTttite& conmie dles le sont, à une seule osuvre: l'œuvre sexueUe. Cftst que hors le ttià-^ riage et la motarnité dles n'ont appris à rien faii^ de bon et d'utile. €Vst que la femme est nulle, ou propre seulenient à une vie claustrale, vide dé toute amitié , de toute joie , de toute consolation t car la soci^qui, quoi qu'on dise,' n'est pomi nne collection dHndividus, mais bien une coUèction de fonctions , ne se cotnpose^é d'hommes ou de couples mariés ; les femmes ne savent y être qnelque chose que par leurs alliances. La subordi-
nation des femmes est établie par la législation ,
A LA SCIKNCB ]>E L^IASTOIRE. 3l
mais, en OBtre, cette nëcessitë du mariage pour être quelque chose dau^ la société' et pour n'être pas isolée, suflirait seule pour les subalteruiser. La femme mariée est possédée comme une chose , car il faut qu'elle aille là où son maître va ; comme un enfant, dHe ne peut m contracter , ni voulotr sans soki auUMrisàtion , etc. Ces femmes sont les heureuses , les priyilëgiées dans leur sexe. En voici d'autres dont la condition est bien autrement triste, car indépendamment des conditions désarantagenses dont nous avons parlé pour les promières \ dles èo subissent d'âtitres accabkntes, inévitables.
Le plus grand nombre , les trois quarts au moins àe^ femmes,. se compose dépures salariées, jouTBaiièrfe, ô« onTrièrea. Célk^ci sont en concurrence ^ec les hommes pour les travaux qdi donnent à vivre; cot, comme eux, éBes n'ont de garantie -ecHitre la faim que datls un em^oi. Mais , ces malfaeuituses sont faibles ,* organiquement malacËtes et fragiles , moins capables que les liommes de ces efforts prolongés et soutenus , dans lesquels ceux*<i peuvent épuiser , en un instant , leur vie } aussi , lorsqu'on s'en sert , c'est \ , cause de leur bon marché. Leur salaire est en général de moitié , qudquefois de deux ti^s inférieur à celui d'un homme; la plupart du temps eUes ne peuvent vivre avec une si faible somme: elles ne peuvent se soustraire à la faim qui les
3lî ÎNTRODUCnCW
menace que par l'tih des deux moyeiis suivans : ou bien elles s'associent à un ouvrier cpi consent par amour à diminuer sa portion pour en augmenter la Içur , ou tien jelles vendent leur chair et font argent de leur jeimesse. L'avenir , ces tînmes se gardent d'y penset ; toute ^r prévoyance ne s'éteûd pas au-delà de quelques jours , habituées qu'elles sont à l'incertitude de leur fortune misérable, et craignant de regarder trop loin , car elles savent combien la fin de leur carrière est sombre à voir. Ainsi , la vie dé ces malheureuses est fonr dée sur deux, chQses ; i'une est leur force physique, leur qualité de bétes de somme et leur sobriété ; l'autre est leur beauté qui leur fait trouver un compagnon de misère, ovl quelqu'un pour acheter leur corps. Quel est lé résultat de toutes ces influences fatales ; c'est que ces femmes vieûissent et s'enlaidissent avant l'âge; c'^est qu'elles meurent jeunes, ^e donnent le jour qu'à desenfans chétifs: c'est qu'elles ne peuvent comjfter leur sexe pour quelque chose, que lorsqu'elles sont très jeunes, avant que la violence des circonstances sociales où elles sont placées, ait enlaidi Tœuvre de Dieu. Et delà des principes d'une morale dépravée qui leur sont particuliers, et de là une puberté de plus eu plus précoce qui les fait femmes de corps , lorsqu'elles sont encore enfans d'esprit ; par suite uuô infériorité d'intelligence qui semble mériter leur sort.
A LA SGIfilfCS DS I^'hISTOIRE. 35
Ne croyess pas cependant que ces femmes raient arrivées au dénier degté de malhear qae la constitution de la aochété actuelle leur promet. Par l'effet de la compëtitioii entre les salariés, tous les jours y k$ hommes deoundent, avons-nous dit^ ua moïudre prix de leur travail. Or, au fur et m^ure ^e cette baisse des salaires arrive et des* cend au taux de ceux at^ibuës aux fenunes, les bomnaies prennent leur travail, en sorte qu'on peut dire que les ouvriers tendait à remplacer les ouvrières dans toutes les professions où cela sen possible. Lorsque cette tendance seraaccomplie, les jeux seofont bien, autrmnent offensés du double spectacle de leur misère, et de leur jn^ostituttoft.
Voilà quelle est la société moderne ; nous venons de la voir sous cet aspect industriel dont les écrivains sont le plus fiers/ Mais, comme euK, €0 n'^t point dans se» TÎohesses mortes , dans la matière qu'elle manttfaotnre, et dont eUe se revêt , dans ce ccHftume^de bdllans produits industriels que nous Tavons envisagée ; nous avons écarté ces voiles menteurs pour montrer sa chair, pour la faire voir.Tivante de sa vie réelle, et non de sa vie aj^)arenté. Parmi' les* faits que lious avons éit^, nous n'avons parlé que des plus grands s il .en eM bien d'autres ^e nous aurions pu rappela^; chacun .d'eux, au reste > est écrit au moins dans un ouvrage , répété dans des traités de toute e^>èc0. Que nos lecteurs cherrfient ces livres, et ils sV
34 iNTRaDucrrioN
percevront combien nous avons été sobres^ et combien nous avons craint d'offenser les oreilles des chastes et de blesser les jeux dëUcats.
Ainsi, tout individu, homme ou^femme, à quelque classe qu'il appartienne, haute ou basse, dèa qu'il est du nombre des travailleurs, porte ^n lui un mal sans fin, et un désespoir sans relàdie. Ainsi chacun est force à s'agiter et à se retourner, tourmen^té par la fièvre de sa douleur sociale. Parmi tous ces individus dont la commune misère forme le caractère de notre siècle, il y a divers groupes de plaintes spéciales, qui successivement s'élèvent, et retombent devant d'autres pkis vives. La . société se remue et s'agite , montrant successivement quelqu'une de ses parties plus émue plus violente (|ué les autres^ comme un serpent blessé dont le corps ondule et se convulsé ; et cha- . que convulsion qui appars^t, bien qu'elle change de place, est le signe d'une douleur ressentie par l'être tout entier. Gomment une nation pourraiteUe être paisible et cahne , lorwpie tant de fléaux la parcourent, tant de souffrances l'aiguillonnent. En général, elle ignore d^où part le mal, elle ne ednnaît point sa cause originelle. Mais, chaque fois qu'elll^ croit l'avoir trouvée , chaque fois que des hommes lui ont dit avec conviction : La voilà, soyez-en sûr; chaque fois, cette société se soulève; elle confie sa masse à ces hommes, les suit, attend d'eux. Cependant ces hommes se sont trom-
A LÀ SCIENCE DE l'HISTOIRE. 3b
peB ; alors elle retombe fatigaëe de ses efforts , triste de tant de sacrifices yains, d^espërëe, et se cro jant y ouëe au mal comme un - condamné à Yéchafaud. Mais <jue d'autres hommes arrivent^ qui lui disent encore : Cest cela; de nouveau, elle s'agitera ; et ainsi toujours, jusqu'à ce que la véritë se tnouve enfin.
Mais ce n'est pas tout *: allons plus loin. Nous n'avons vu encwe que la fausseté de la position où sont places les travailleurs ; examinons les contradictions morales et rationelles qui blessent les besoins logiques et sentimentaux des hommes.
L'homme a besoin de croire ; pour être heureux et actif, il faut qu'ilcroie; le degré de son bonheur, comme de son activité, est en raison de la force de sa croyance. Pour prouver ce fait, nous n'invoquerons pas l'observation ; il suffira du raisonnement. On ne conçoit pas, en effet, comment HK-nme pourvût se d Aeîmier an moindre aete , s'U n'avait une probabilité quelconque sur les suites, l'opportunité, l'appropriation de cet acte, s'il ' ne comptait au moins^quelques chances de ne point se tromper. Il faut que l'homiûe agisse, c'est la loi de la nature ; et Inaction ne conforte |)oint le doute. On peut s'expliquer comment un incUvidu dont l'existence est garantie par la^mmodité de l'héritage, pàit s'abstraire du mouvement social et se résoudre un instant à faire le sceptique , nous disons à faire» car, soyez-en certain, il y a dejs
«hosea sur. leâquelleâ il ne le sera pas une minute.
Mais rhoiume qui vit de ses oeuvres^ et Thuina-
nité, à plus forte raison, ont horreur du doute; ils sont forces à une croyance par la nëcessitë de toujours se mouvoir* Un individu, peut se contenter d'une c^titude qui n'est x:elative qu'à la durée et au genre de sa vie propre ; malis l'humanité qiri possède en elle toutes les durées et tous les gèûres de vie , l'humanité qui ne vient pas de naître et ne va pas mourir , a besoin 4'une foi bien autrement spacieuse que quelqu'un de ses membres ; cw aa croyance doit être p^^oportionnée à l'étendue de son activité en siècles, et en variété.
* Aussi, jamais l'homme, jamais l'humanité ne sont complètement dépourvus d'.ime croyance quelconque { seulement elle peut changer au jqur le jour • la vue est , courte ou longue, courte co^oan^ l^ vie d'un individu^ longue comme celle de l'univpr^; 6t Suivant (fue c'est l'une ou l'autre, elle est agit^Q ou calme , triste ou heureuse .
Qu'estKîe qu'une croyance ? Outre que c'e^t une satisfaction rationelle et industrielle, c^est aussi un ^spoxr. Or, qud plaisir présent, s'il est sans es- |)QWtv peut être une joie! Quelle satisfaction actuelle i si eUeest incertaine de l'avenir, peut être autre chose qu'ivresse ou folie. Y à-t-:il possibilité dé jsiiitisfaction pure et de bonheur vrai aujourd'hui, «'il y a iucertitude pour demaini Et supppsi^zqlîe pela se répète^ tous les jours,' que de-
A LA SGIBKGE DE l'hïSTOIRE. %J
Tiendra le pkisir* Il faut donc aroire pour être heureux.
Sî tout ce qi^ nous venons de dire est vrai , et pensez-y, Fetoumez ces principes sous toutes leurs faces , et vous les trouverez tels ; alors il est cer*tain que la .sociëtë actuelle est à peu près arrivée au deriiier degré de maHieur inteilectuel : car elle croit le moins possiMe. Ittous avons parlié tcmt à Plieuie de cetteposition sociale, en vertu de laquelle chaque homme est voue à une incertitude douions reuse sur son stnrt tempord, à un désespoir renaissant, ouïes phts heureux sont toujours menaces, où chacun se aent partie d'un tourbillon où il ne se mcmt qu'à condition <l'étre firoissë, et choqué par toiite la masse. Une tdle situation ne peut que troubler toutes les s^itudes de <»'ojan.ce, les tromper toutes ;* il en eak, peu , si ferm^nfent ëta** blies qu'elles soient, qui puissent résister aux né^ gationa de fait, qui, chaque jour , viennent assaillir aa' faiblesse. U riy a dans le niiondé que hasard aviei^e y 'OU .&laUti^ inflexible , voilà les axiome^ qçue les «lafiieurs de toujs des instans in^ireponti Efe», ci 4^^u'«n mâle le nom de Dieu, Qn lui de^ mauddha de quelle nature est cet é^e qui permet tânt.de>maax; ii est taop ^and pour s'occuper de nous j: diront les uns : il n'y en a pas, diront \& autres, carDibos ne concevons pas un Dieu qui fait k mal. C'est ainsi ^pie rhonune, qui aujourd'hui ne s'occupe que au présent, c^est-à-dire que de sa
38 HÏTRODUCTION
personne, qiii ne regarde ni le passé, niTayenir^ devient forcément athée.
Parmi toutes les idées qu'on pr&ente à la société , nulle ne, peut la consoler ; car aucune ne lui donne Fespoir de yoirfinir ses maux, et aucune ne lui en rend une raison satisfaisante; les. uns lui disent: Dieu te punit pour nous avoir abandonnés, potir n'avoir pas su s<Miiïrir en silence, etc. Mais , dira*t-elle , suis- je donc . faite pour souffrir , et pourquoi suis- je punie? D'autres , plus nombreux et plus écoutés , lui disent : Chacun peut croire ce qui lui plaît , car il n' j a pas une croyance plus vraie qu'une autre. Or ceuxJà n'expliquent rien ; ils réduisent en axiome ou en droit ce qui est; et les hommes, peuvent leur dire avec raison : Ce n'est pas la liberté de croire à volonté que je vous demande, mais une croyance, une sécurité un espoir.
Aimer, pour la société conune pour l'homme ^ c'est le bonheur; mais amour est. synonyme de paix et de foi : car il est impossible au malade qui souffire aussi bien qu'au malheureux qui craint et qui dqute, fùt-il entouré de caresses, de pott^ voir jamais éprouver ce doux et riant sentimeiri:. Celui-ci suppose en effet une harmonie fcomplète entre toutes les relations de notre are } il isuppose que rien ne nous froisse , ne nous affecte douloureusement, et ne nous force à nous replier sur nous-mêmes; il suppose enfin qu'on ne trouve
A LA SCIENCE 0£ L^fllStOlRE. Scf
qae bienveiUiMice autour de soi, et que , soit qu'on se laisse aller aux impressions qui viennent du dehors, soit qu'on agUse, on n'est jamais ni offensant, ni blesse: or, ce sentiment ne peut exister dans la condition d'hostiiitë forcée où sont placées aujourd'hui le& diver^s classes d'honmçies. Cest la pensée contraire qui les anime : c'est un instinct haineux, un esprit de destruction qui les piousse et s'excite par ses propres manifestations dans cette hitte de chacun contre tous , où la conservation est le salaire du combat, la mœt la conséquence du rqpos pacifique.
Cette sensation de soi toujours présente , toujours poignante ne laisse pas m^ne de place à la sympathie. Entièrement occupé de soi-même, on n'a point le temps de regarder les autres ; et si on arrête les yeux sur leur misère , on puise quelque consolation à les voir se tourmenta* dans le mânae niai qui iiowopprœsc. Aussile sentiment sympatibique est arrivé aujourd'hui à son minimum d'in-* fluence. S'il en était autrement, faudrait-il que nous vinssions ouvrir i^iix homn^s les yeux sur les fouffiranees excessives de leurs semblables ! I) en est d'ailleurs une {^euve irrécusable : on a dit que les haines nationales s'effaçaient, et Ton a raison; mais, si ce fisiit se produit, ce n'est pas parce que la haine diminue dads le monde; c'est au eontraire parce qu'elle s'individualise. On n'a plus d'amour que p«ur soi-même, on ne tient
4o - UTTROl^UCTfOiff
plus à aucun sentîment de cdUediame, cton esl par fiiûte <levenu ii^diffià«iit pour sa natioai ; on ne voit pluâ au-^ddiors cooBBtaedÊS» son pa^ que des iûdmdus*
Le dogme de la Vibet^é ^t l'utiicpie principe ittoral de la seioiëtë moderne. Or il exdbut toute pensée d'amour 4m de sjmp&thie. H apprend à
à être ëgoïste, à faire de sa pm^soiHie sonBieu^ sa foi^ aa>gloûre, sa nâsonet oaforoe} de pkis^ il bd nrartre <aa ptrsoniifditë itoujows vmt^cée^ et la met toujolirs en' jeu : u» iel|m»r cîpe est au cœur une hc^liUtë, iwe coBinte^ UM inJAatioa 4SQn|inue, qui i»e permettrait obes ses çSFOy^iW MÎ con&attee , ni ^paftc^emeM^ ni f^rmtàé^ s'ils ^i restaient toutnànfaitâdèle») et «î leur «a^ turet d'homioe , plus forte <pae leur tbëork, ne les en ftieait pas. sortir.
Le^.mioi liberté a, au moral ^ les mèEn^^)(Misé^ ^p«eaces ique cdbû de oancmweKfc^ tem ipâi^tiiîo« Loïik d'^e oapaUe de oMsohr du doute ^q^m Ifis l^ppiitea .prisent daas tout ce ipiiles entaui?e^ fl viwt) au contraire^ ériger le soq^tioiaiAe 0a prion cô>e j loin de calmer h. doùloweuse ifi^âtÎMi'. q^ h$ 'tourmente^ H yient picfuer laiplaiô vive^ ^ en faire une condition d'eldsteotoe. €e ^gam établit en eflSçt ifàe chaque bomme est «ma liberté *vis a yi^ 4e toutes les autres ^ lîbm'té jqui aV de limites, que ^ liberté de ses voisins^. En tra* duiiiai^ cet axiome, îl faut en conclure d'abord^
À- LA SGUWea D£ L^âlSTMAfi. \l
comixie h dhose la plus gëhënde, xp^ n^y a tri hien nimalabsi^, cm sorte •qm rbMBtQe ti^est point en lutté cmttre la fatdîtë de» diose^^ la dffîcultë de fidre le bien, Ilioliiiiie u^èot point en effort ponr Taftnore des rénstahces îde Vùrém b!put^ on la vicdanee diamdie de sea ptopi^éi et dohenx însIâBtïts 9 mais ^'il af'a d'aatrelÀi pôor bi>m«r ses appétits «que la r&iMance'des vj^pètih isB àateeê ^r qii^il^ n^ i <faMi(» d^auftm lovoe ^M éelle.de ses eeiÉblaUes ; ilrc«9drtimdelà.k^eii^ AaÉiee'«nv9nté^ c^wt 4piela vie sociale eit; mtisib^ à tons ceux iq[ut ^e^ sa vent pas s^eii iUre un instro^ BKnt de jouissance i leur 'pi^fit. On pouft'a ^^i ilaY ^ point d^ordre <lan0 * léS dïOsé^ ^ il n'y ^ a qtie hasaïul labcaptioe ; tlti'y a- -point de religion vraie : ce n'est qu^aiie <)pk»o» sàa t ' importance \ d^oùil résulte qu'il y aura, au choix, une religion particulière pour chaque spëcialitë , chaque division de territoire, différente pour les riches et pour les pauvres; il n'y aura pas non plus une éducation morale une , il y en aura de diverses espèces ; Tinstructioç se vendra; les pauvres , qui ne peuvent rien acheter , n'en auront point , il n'y a point d'aptitudes spéciales , chaque homme^ est propre à tout^ c'est-à-dire il deviendra ce qu'il pourra; il n'est point p^lnis d'empêcher un homme de se perdre, et de commettre des crimes; la politique a pour but de balancer les uns par le& autres la lutte des intérêts individuels , etc. Tout
4^ INTRODUCTIOII A UL SCUUIGS DE I.'BifiTOIR£.
eda, eti rësumë, veut dire qu'il n'y a rien j soit comme id^, soit ccmune pouvoir, àqncÂFhumanité puisse avoir foi , se confier et obéir.
Tel est Tétat de FEurope; tel est l-étatdespopulafiiona lés plus avancées , de cdles dont la civî- Ksation et les doctrines gouvernent le monde. Ce. éclectisme d'hommes et de générations créé poin* durer toujours, c^te humanitéconstituéeà si grands frais et par tant de dévoûmens dans les siècles passés, doivmt-ib donc périr, ^ être ran^nés à la vie individuelle et sauvage par cet é^oïsme fi^ qui met riiostilité partout ! En présence d'un tel spectacle, vis-à-vis d'un pareil doute*, il est impossible de rester indifférent. C'est pour nous comme s'il s'agissait de choisir entre la vie et la inort. .Homme ^ il faut répondre.
ISlSQIftVmiM