‹ Introduction à la science de l'histoire, ou, Science du développement de l'humanitéChapitre 26 sur 35 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

GÊOGÉNÏE.

No^s nous proposons d^xposer dans ce chapitre, Fhistoîre de la formation de Fécorce du ^Ichèj et de» êtres vivans qui Pont habité. Dans la première pai^tie , ntms donnerons une idëe générale des faits qui ont servi- de base k notre travail et à nos hypothèses; danslaseconde, noua essaierons de les peindre.

Trois grands faits scientifiques ont été reconnus dans les temps moderpea ; grands puisqu'ils ont donné lieu à là formation de trois nouvelles branches dans les-sciences^ naturelles , et que chacun suffit à Factivifé d^une dasse spéciale de savant. Ces faits sont ceux qu^on désigne «ous les noms de géologie , d'anatomie comparative, et d'embryogénie.

4 1 s INTROpUeriON

Chacun <f eux répond à tine hypothèse émise antérieurement. La géologie est née des doutes e3q)rimés sur l-hi$toire biblique des jours de la création: ony.oulai| la montrer fafisse, et Ton trouva les preuves de sa vérité , ou , au moins , d'une vérité analogue* L'anatomie comparée sortit de la critique de l'hypothèse de l'échelle de^ êtres de Buffon , et de Bonnet : elle vint démontrçr que tous les animaux ne différaient que comme termes plus ou moins avancés du développement d'un germe primitif, qui paraissait créé pour aboutir à Fhomme. L'embryogénie déjà aperçue par Aristote, fpV k fryU; de la và'ific^tioii de l'Iiypc^Aèse ^.l'i^valirtipQ.derâBiif 9 dk . fit .voir que c^iaque ^BÎmalt n'arrivaiti ^ dévdQppèm^it xn^^âiq^îqfiit le^^sq^çtéri^^ ^q^'^^ passant piw ^oiis l^es degssé» ^es ffsrmçç: qi^î Ici sQuI ihCériem^^ elj tfiixcm» ^tit^ent l'état définitif 4e3 eapâoe^ moiM^^évéoB dans l'échelle. Elle fit voir enfin que Fltoimiàciâait le teilne le plus avancé de ce développement.

Ces. trois faits se répondent les uas aux autres, et, en même temps, s'appuyent. La géologie nous prés^^te l'histoire de^ imlîeiux dàn&Iesq^çls apparura^t^ j^veq toute leur . pioîâfiaiioe ^ diaqiie iexme (Je; ^y^)pppeiP(ein£ d« germa ahimaL L'acatcaxue coTSBparée bous présente vivant» sous, nos yeux4ks exemplaire^ de toutes ces formes, passas : Tenir bryogénie enfi^ confirme le tuiblèau de l'ordre de progression des fonnes animales , d^uîs la plus

simple jusqu'à celje de Phommè , en oous faisant appercevoîr tous les degrés d'organisation par les quels chaque être doit passer pour atteindre son étatt définitif. Il résulte de cîette étude que , la force qui a produit les époques géologiques, agit encore chaque joui* , dans le sein de l'œuf fécondé, jidiîr produire les divers organismes qui vivent sous nos yeux , et que dasse l'anatomîste, et le naturaliste. Il est nécessaii*e de nous arrêter un iiistant, pour caractériser ces ttoib feits/ dans Tintérêt de ceux de tios lecteurs aux quels ces matières sont absoluméiit étran o;èr eà .

La géologie comprend l'étude d^s terrains qui ormént l'écorce du globe , et la recherche dès débris des êtres organisés qui y sont enfouis. Elle exige donc rintervention de deux classes de sa vans spéciaux, «avoir i des géologues proprement dits, et dès naturaliste^. Le géplogue privé du secours de l'aiiâtomistè, rcGoritiaît que l'écorce du globe a été formée en plusieurs temp§ , et sous l'influence de circonstances très dîflTérentès; Il trouve superposés les uns aui autres, et par -couches d'une épaisseur variable suivant le lieu qu'il exainîhe , des terrains durs , friables, mous,* mobiles, formés 4es unfe par voie mécanique, les autres par voie chimique, les autres par voie aqueuse Ou ignée , résultant d'autres fois du travail d'êtres vivans , mais toujours produits sous l'influence de forcée dont la plupart n'agissent plus , et qui sou-

vent, n'ont agi qa'une seule fois. Ces couche^ sd recouvrent, mais pe reposent pas étendus en lits réguliers et parallèles , .au con^traire ^ tantôt un lit horizontal est recouvert par un autre quî fait angle a vep Phorizon , et réciproquement; tantôt un banc qui ondule j ou s'élève en. montagne , ou se creuse en vallées , seit de base à une couche unie; etc. *

On remarque que Ips lits de formation toécanique , ou d'eau douce , ou d^eau de mer , alternent en quelque SQite , comme pour accuser le |)assage du globe à travers les évolutions les plu$ étranges. Et soit qu'on s'âève sur les plus hautes montagnes, soit qu'on desceade dans les plaines les plus basses, on retrouve ces hts arrangés de telle soi^te qu'on peut dire jusqu'à un certain point, pourquoi il en est qui réellement enveloppent le globe , et pourquoi » d'autres présentent des inten'uptions dans leur continuité ; car , dans quelque . contrée que, l'onaiUe, en Amérique cçmmé en Europe, en Asie comme en Afrique, on retrouve le même ordre de superposition dans les cpucbes*

Pe ces observations ib résulterait, que l'écorce, de ia terre a é^' produite en plusieurs temps j et que chaque temps ^ commencé, par un bouleversement du globe incompréhen«ble suivant ïes lois astronomiques actuellement admises.

Mais, lorsqu'on examine la. nature même des divers terrains superposés , il en résulte une autre conclusion ge'nérale très importante , . et qui se lie

avec. la seconde classe d*observations géologiques dont nous allons parler. On a remarcjué .quW ftir et mesure que les formations sont plus modernes , elles sont moins- solides*, moins massives , moins liées en quelque sorte ; ainsi a partir des terrains primordiaux^ et métallifères ^ il J a décroissance dans la p^issance des formations de Vordre brut : il en résulte que la force des créationë de ce genre a été en diîninuant , en même temps que croissaif; celle que nous allons examiQer , et dont la présence se manifesta par les phénomènes de végétation et dV nimalisatîpn^

Lorsqu'on combine les résultats de Tobservation botanique et zoolpgique, avec ceux de Tétude des terrains , on acquiert alors les moyens d'une caractérisafion tput-à-fait positive. De ces terrains, en effet , il en est qui ne contiennent aucun débris d'espèce ^yant vécu , et d'autres au contraire, qui en sont semés ou formés. On remarque qu^il y a , a peu près, superposition alternative,, entre les couches videis de tracés de vie,, et celles qui en sont empreintes : ainsi il y a eu des époques végétales et animales ^ séparées par d'autres purement ïninéraies. .

En étudiant ensuite les dâ>ris qui signalent certaines formations terrestres , on voit qu'au fur et niesure qu'on s'enfonce plus profondément, et que par suite on ya analyse^ une rpche d'une époque plus rqculée, on .rencoutre des restes qui accusent

4l6 INTROmJCrtON

des 4îrês d^une organisatioh dé moins eh moins puissante.) c^est-à^dire^ in<tiliâ capables d^agir sur le monde extëi*îeur , el moins capables de résister à des modifications dans lé milieu 6ù eQes adstàîentr^ •

On reconnaît manifestement , que les premiers animaux sont ubiquetnént àé^ analogues à la classe de ceux dits aujourd'hui inv-ertëbrés, ptiis éiisuite des poissons, des rutiles , et enfin! des thanimifères; on reconnaît (^e les premUftê ve'gëtaux sont dés acdtyledoiles , des mcmoootyledones , piiis ehfin des dicotylédones. L'homme est plus moderne que toutes ces crëàtions. De ciBt èxamèn, il résulte donc que la force de la vie Végétale et animale , a été en croissant sur le globe, depuiis les prenûers temps jusqu'à nés jours , et que la formation de chacun de ses termes , a été lé faiit d'une période géologique, gu'on pourra, un jour, nettement déterminer. B résulte encfore dé la combinaison de Tétude <les débrb, et des terrains , unie à celle des^ conditions connues d^ Téxiâtence {)artîcuKèf e de chiEicùn d'eux, là possibilité de l^econstruire' app^oxiliialjyenient, et de peliidré les div^^es époque des la terre.

L'anatomie comparée recherché la toi des rapports de progression existans entre ies difîi^ns types vivante du germe animal, et du germe végâ;al. £Ue remarque d'abord, que l'animal difi3i*e du végétal par la possession dé son appareil loco-^

GKTIÈSE. 4^7

moteur, et de son appareil nerveux . En dSet, le yégépkl le plus jperfectionné, est organisé de telle sorte, qu'il résiste jusqu'à un certain point au milieu qui l'entoure ; il présente , sous une forme élémentaire, tous les phénomènes de nutrition, propresà Tétre animé ; ainsi, il absorbe, s'assimile ; il xespire , il a dès appareils de sécrétion et d'excrétîoti ; enfin , il a un appareil générateur à l'aide duquel il repi*oduit son semblable,etc.; cetensemble de fonctions ) que l'atiatomiste désigne sous le nom de végétatif même chez l'animal , prouve que l'être dont il s'agit , est l'organisation qui précède directement le mpde d'existence que nous allons examiner.

L'organisation vivante qui comprend un appareil loeomoteur et un système nerveux , offre d'itmombrablès variétés ; elles sont au nombre dé plusieurs miUiei^s. Un coup d'œil jeté sur l'ensemble, y fait reconnaître im certain nombre de types^ ou deddsseï; mais nous citerons seulement ici, les divisions dont ià géologie et l'embryogénie , wiHpiunrenues à établir positivement les analogties«

Le système aninoal est (hvisé par la plupart des anatomiétés j en animaux vertébrés et en invertébrés ; sous ces deux prenûers titres significatifs , d'uiié diSétèiiee capitale, on a établi un grand nombre de subdivisio'ns qu'on a appelées classes. n u^eàt pas n^[;e$saire de pénétrer plû^ profondément en histoire natiirdlé, pour iqpdrcevcHt* que

4 1 6 INTRODUCfrtON

des 4îrês d^une oi^nisatioti de moins eh moins puissante <) c^est-à^dire , in<tiliâ capables d^agir sur le monde extëi*neur , el moiâë capables de rësisteir à des modifications dans lé milieu où eQes ads- «aienir^

On reconnaît manifestement , que lès premiers animaux sont uniquement dés analogues à la classe de ceux dits aujourd'hui invei^tëbrës, ptiis éiisuite des poissons, des rutiles , et enfin! des mammifères; on reconnaît (^e les premkrs vëgëtaux sont des acotyledoiles , des monoootyledones , ptds ehfin des dicotylédones. Uhomme est plus moderne que toutes ces créations. De cet examen, il résulte donc que la forcé de la vie V^étalé et animale , a été en croissant sur le globe, dépuiis les premiers temps juaqu'à nés |ours , et c^e là formation de chacun deses termcss , a été lé ^it d'une période géologique, gu'on pourra, mi jôttr, nettràient déterminer. B résulte endore dé là combinaison de Tétude <les débrb, et des terrains , unie à celle des^ conditions connues *& Tèxistence farticuMèf e de chacun d'eux, la possibilité de Reconstruire' app[!Oxiliialjyenient, et de peîiidré les diverses ISpoque des la terre.

L'ànatomie comparée recherché la toi des rapports de progression existans entre Jes diff^ns types vivante du ^em^e auilnal , et du giarme végâ;al. £Ue remarque d'abord, qt»e l'animd difiSi'e du végétal par la possession dé son appaorèil loco-^

GKTfÈSE. 4^7

moteur, et de son appfareil nerveui^ . En effet, le yégétAl le plus jperfectionné, est orgaùiséde telle sorte, qu'il résiste jusqu'à un certain point au milieu. qui Fentoure ; il présente , sous une forme élémentaire, tous les phénomènes de nutrition propresà l'être animé ; ainsi, il absorbe, s'assimile ; il jpespire , il a dès àfppareils de sécrétion èl d'excri^oti ; enfin , il a un appareil générateur à l'aide duquel il reproduit son semblable, etc. ; cet ensemble de fonctions, que l'atiatoniiste désigne sous le nonï de végétatif même che2 l'animal , prouve que l'être dont il s'agit, est l'organisation qui précède directement le mpde d'existence que nous allons fôiamiher.

LVganisatioii vivante qai comprend un appareil loeomoteur et un système nerveux, oSfe d'îimombrablès variétés ; elles sont au nombre dé plusieurs milliej^. Un coup d'œil jeté sur l'ensemble, j fait reconnaître Un certain nombre de types, ou de ddâs^; mais nous citerons setdement ici , lés divisions dont là géologie et l'embryogénie , sont pfuhrenues à établir positivement les analogues^

Le système animal est divisé par la plupart des anatomiétés ^ en animaux vertébrés et en invertébrés ; sous ces deux premiers titres significatifs , à^nàé dAEÈétéûtiQ capitale, on a établi un grand nombre de subdivisio'as qu'on a appelées classes. Il n'eàt pas népedsaii^ de pénétrer plus profondé* ment en histoire natur^é, pour aperce vmt* que

4 1 8 INTRODUCTIOI^*

chacune de ces divisions et subdivisions,, a pour but dMndiquer, et indique rëellenient , un terme d'une progression animale , où la position est déterminée par le nombre et Fénergié des fonctions dont est pourvu l'organisme. La relation des divers termes de la série zoologique, est fondée sur des bases telles , qu'il ne peut rester le moindre doute sur son exactitude. Il y a, sans doute, encore discussion sur quelques détails de la nomenclature ; mais la généralité est incontestable. Or la progression qui vit aujourd'hui sous nos yeux^ s'élève en partant du point le plus bas , jusqu'au point qui est le plus haut , de la manière suivante : on trouve d'abord lejs inverlèbrés qui renferment : l* les. animaux rayonnes; ; a"* les animaux articulés; 3'* les moUins-

qnies ; puis les vertèbres qui renferment, 4"* ^^^ poissons; 5* les reptiles; 6® les qiséaux ; 7.® les manunifères. Mâiâ, parce que ces dassés entr'elles, et, dans leur propre' sein, entre les plusieurs qrdres dont se compose chacune d'elles , présentent .une relation de progression évidente; il ne faudrait pas croire qu'il existe un lien bu un Jrapprochement matériel quelconque; tel, par exemple, qu'on pût obtenir par génération, d'une classe, la chsse qui lui esi|: immédiatement supérieure ou inférieure. Non, il y a un abîme entr'elles,* abîme qui se trouve même entre les variétés qui forment les genres. La série existe réeUenîent; mais elle n'existe qu'aux yeux de l'esprit.'

Cette progression zoplogique qui vit sous nos yeux , ^ n'a pas été créée d'un seul coup ; elle n'a •pas reçu vie le même jour. Chaque période du globe, a été marquée par l'apparition d'un tqrme de cette progression , ternie qui fut d'autant plus inférieur, qu'il était plus éloigné de notre temps. Ainsi, chaqu€rclasse venant sur la terrje dans l'ordre que lui marquait sa position anatomique , toutes ces formes animales se sont successivement accumulées jusqu'à nos jours.

L'embr jogénie ( i ) constituera nous n'en doutons pas , un jour, un des plus puissans moyens de vérification dans les travaux d'anatomie comparée. Maintenant, cette science ne fait que naître (2). Cependant nous savons, par elle, qu'à l'occasion

(1) Les personnes étrangères aux scieinces naturelles, pourront facilement prendre une idée de ce qu'on entend par embryogénie ^ en se rappelant la transformation de la chenille, en chrysalide, et de la chrysalide en papillon, en st; rappelant la transformation du têtard en grenouille ; Fœuf de grenouille donne naissance au têtard , véritable poisson pourvu d'une nageoire caudale , et de branchies pour respirer l'eau. Ce poisson devient reptile ou grenouille, en perdant sa queue et ses branchies, et en acquérant des poumons, et des pattes^ etc. L'embryogénie est donc le passage d'un animal par les formes zoologiques inférieures à celle avec laquelle il doit vivre et engendrer.

(2) Certainement, ainsi que la géologie, elle devrait être représentée à l'Académie des sciences , par l'institution d'une nouvelle classe.

de chaque être, se répète le phénomène qui s^est passe sur le globe lors de là formation du r^«e animal. Qiacun d^eux passe pai^ toutes les formes zoolôgiques qui sont inférieures à celles dans laquelle il doit vivre, et engendrer. Ainsi le germe de l%oinme , dans le sein maternel , se transforme successivement en diverses formes dont la dernière et la plus visible , rappelle celle dés annelides ; et de-là , il passe à une autre organisation , qui se rapproche jusqu'à se confondre avec celle d^un poisson que Ton a pu nommer (i); plus tard il prend , dans quelques unes de ses parties , l'organisme d'un reptile ; puis , le caractère de mammifère Vannonce; et, enfin, il acquiert les formes définitives consacrées à rhumanîté. Les animaux autres que Thomme, s'arrêtent, dans Fœuf , à quelqu'une de ces organiaûlioBS^ que no^» traversons dans notre vie embi'yotinaire.

Ainsi , l'embryogénie confirme l'anatomie comparée, et la géologie, et réciproquement celles-ci la vérifient. Ces trois sciences se résument en un seul principe , dont il a été question lorsque nous nous occupions d'encyclopédie. A toute époque géologique , dans toute existence , soit d'un individu , soit d'une classe naturelle^ à toute épb* que embryonnaire , il faut reconnaître la présence active de deux forces ; l'une qui règle- l'état du mi-

(3) Voyez le rëpei'toired'aiiatoïûiedeM. Breschet'^ lS2d:

lieu , Fwtre qai cqncUiit Iqs modifications ; la pre- Hiîère teiD|)preUe, circulaire ^ physique ou naturelle, comme on l'appelle , conataote pendant toute la durée d'un phéi^omène; T^utre . génësiaque , progressive , conduisant d'un commencemeiit infini , des résultats , vers un but également infini . .

^s^ppçdoijt^ de cqs deux forqep , ^epuh un certain temps , se sQUt accumulés de réycdution^ e|i réyoluljpi^^ ^ .nous les possédons tous maipteifant en pnisséince sous nos jeux ; c'^ )a position et la forme du gj^6be ; c'est son écorce ; c'est son état météorologique, chimique^ physique^ etcj ce ^çnt le^ êtres vivans , • qui en peuplent la surface, etc. On, s'est demgudé souvent pourquoi >ubsi$t:^ent t;mt d'animaux inutiles ou nuisibles à r^mme, et Ton se fût épargné la question, si J'on eut ypuju réfléchir, que sans doute, la Qe- Q^ qui qpus apporta , est nécessaire pour soutenir pç^re vie. * ,

Les trots fedts que npus venons d'exancnner , n'en forment, ainsi qu'en a pu le voir, en réalité, qu'un seul : et c'est sur lui que nous avons fondé les divisions genésiaques , que nous mettrons sous les yeux du lecteur , dans la seconde partie de ce chapitre.

niais ce n'e^t là que la nioitié de notre travail , la division de la création en jours, établie , ainsi qu'elle l'est , sur des bases irrévocables , est sans doute d'une grande" fécondité philosophique , et

géologique ; cependant elle ne constitue point encore une doctrine gënésiaque j c*est-à-dîre uhe de ces généralîtës hypothétiques qui ouvrent une carrière nouvelle aux spécialités scientifiques. Nous en avons osé une j et il nous reste à présenter les raisonneniens principaux, par les quels* elle acquiert un certain degré de probabilité , et se montre digne d'être vérifiée, (i)

n est impossible que des révolutions aussi considérables 'aient eu lieu à la surface du globe, sans que lui même ait subi de profondes , d'immenseâ modifications , sans qu'il ait été 'remué dans toute sa masse; en eflFet, le géologue trouve dés traces qui accusent , tantôt des soulèvemens OU des affkissemens de terrains énormes, auprès des quels les eflFets volcaniques les plus violens de nos jours, ne sont que des jeux ; tantôt desmouvemens d'eau eflfrayans détendue et de puissance ; tantôt des changemens de température d'une brusquerie et d'une opposition mortelle ; tantôt des modifications chimiques ineompréhensibles, etc.

(O Nous avon& exposé la pensée générale de cette hypothèse à Toccasion de la première édition de l'ouvrage de * M. Cuvier sur les animaux fossiles. Ce grand savant répondit dans la deuxième édition de son discours préliminaire: cette hypothèse a été, autant que nous nous^soiuvçnons', mentionnée deux fois antérieurement par M. de ^]V^k*an ' d'abérd, puis vers 1806 dans les annales du muséum d'histoire naturelle. .

Or quelles espièceà^ de révolutionià pouVotis nous

poncevoîr , qui soient de tiature à affecter la teit e

dans sa masse ? il en est deux ; Puiie physique ,ou

, àe positioi;! ; l'autre chimique , ou de composition :

occupons nous d'abord de la première.

Nous présentons, de suite notre hypothèse: nous supposons que le globe subit périodiquement un changement de position ou une révolution sur lui même, telle, qu'il en résulte que deux points de l'ëquateur deviennent pôles ; et que les pôles deviennent deu!k points de l'ëquateur ; en d'autre termei, un. tournoiement sur lui même , de telle espèce , qu'il donnera lieu à un ëquateur nouveau qui coupera , à angles droits , l'ëquateur ancien . Voilà l'hypothèse. : maintenant , passons en revue les faits qui la rendent probable , et les raison- ^nemens qui écartent la critique qu'on pourrait élever , de prime abord , co.ntr'elle , au nom des théories admises.

U est démontré expérimentalement , et par l'observation*, ^ue sous la ligne équatoriale , , le globe . ^rouvç un soulèvement énorme , effet du mouva^nt circulaire au quel il est soumis ,- effet 4e la force centrifuge suivant l'expressipn de Déscartes : ce soulèvement présente son cordon le plus élevé , toujours sur la ligne qui répond à l'écliptique , et.de ce point culminant s^abaisse vers le nord, et le sud, au fur et mesure qu'on se rapproche des lignes tropicales.

4^ lATRODUCTlOlf.

g^r elle mêomy que pç^ htqw indûpi^, il deyta arriver, chaque fois, que W oorjdoB œiApal 4a soulèvement ëqu^tprial deviendra une zone de montagnes allant d'un pôle à Tautre^ et coupant la terre en deux , ainsi qu'une grande cordillière qui Pentourerait en traversant les nouveaux p^es et le nouvel équ^eu^

Ce seul phénomène admis , on-esplique ces fonds de mers mis au jour, et portés k deâ h^uteur$ ifîunenses au-dessus du niveau des eaux salëes actuelles , pendant que des sols qui n'iraient d'autre atmosph^e que Pair. , sont immerges , et vienpemt, encore tout chargés des traces de la m^ aérienpe , se recouvrir des débris de la vie aqueuse et iparîne : on explique , les mouvemeitô d^ea» éi de ^ets, et les hrusques diangemens de température ; on explique les grands chaînons monta^eux existants; car aujourd'hui, ces mouvemens auraient e^ )iéudéjàhien des fois; on explique Tobliquité ou le parallélisme de certaines couches, etc. ,

On a déjà acquis une grande preuve ei^ faveuF d'une théorie, lorsque Ton a trouvé que non seulement eUe ét^it appropriée à une classe nombreuse de f^^its, mais encore qu'elle les expliquait t nous possédons ce genre de preuve en faveur de notr^ hjrpothèse : il en est encore d'autres , que nous allons mentionner.

La hauteur des montagnes les flus levées

ne â^pas99 guère la m\ie mètri^; €$ pajtput ailleiir», la hfUtf^Ur m^oy^wne ^% 4^ i k § i*iUe métre§ au-dessus du lûveau 4^ )a m^r ; i^^eitom K^e là pn^oudeur dfôs ^m^ Âolt i^alç, ntlds tottvepoiis une nmjew^ qp4 ^<^Hi$ présente enix0 la )3a^ sousrpiarîse, et le sQmwt de c^s iniégftr Ikës ^ une dûta^iee de boit h di^cmille oiâbres^ «I; , dans les cas ^^cq^fmaidâ, de ^isille i)9i^i!e». X)r , on s^est assuré , qu'aûjourd%i|i le globe, à Ter ijnateuF, offi*e en 4kini^e 4i ,3^0 m^tim de phAS 4]ae pa^out aiUeiirs. «t aein*pÎ33^em^nt d$ 4)^n)ètre nous exfdique k passibttit^ de oqardUl^e^ de sa,6io Biéta^es etn/rtantes de phafue côb^, iQ'nflt à dire de j^teaui^ AUâdi ifle?^ ip^ViMWi ^ cejyiac ^ei]|cms ppssëdons» Saasons à imi^m^^ <À9$i?yation. ,

Il est ^^vteîn, defws Tépoqu^ lap|iji^i*eçml^fi4^ Iroditions astronomiques , ^e Fjécljp^uç siQ j$y[:i' ppocbe de IMqualieur. On^ reconnu \^ yî^S§ 4ç ÇP mouFement; lejle iOst d^ 4? ^'^S ' P^ ai^cl^t P|i f^ éonstotë, par ces pb^erviitions, Ve^dstçi^e dVp mouyem^nt ijui, s^U est su|>poisë çOqst^qf;, db^t un jour amener les deux pôles è fpfpa^JF iieux points de l'équ^teur. Il e^t yr^i que Vo^ spqitipiit que cempuyemeiil; n^est qu'une nuti^tipnplu^^Adue , et plus l^nte qu'ijne ^vAre. lS9n^^mfm^9nSy bientôt, cette obj^cltion. Adm^ttoaç , iii^ii^^f^, pronsoirenwnt h constaitf^ de P^ie in^phç ^ ftÇ|i

4 1 ô INTRODUCrtON

des etrës d^une oi^nisatioh de moins éh moins puissante <) c^est^ÎMlire , in<ritiâ capables d^agir sur le mofide extéi-Beui*, et lûditis capables . de rësistei* à deimodifibadons dans le milieu où e&es adstàieotr^ •

On reconnah manifestement , que lès premiers animaux sont ubiqu^mént dés analogues à la classe de ceux dits aujourd'hui inyertëbrës , puis éilsuïte des poissons, des rutiles , et ëîtânf àes manimifères; on reconnaît <]ue les [ù'emkrs végétaux sont des acdtyledoiles , des monocolyledones , ptds eïifin des dicotylédones. L'homme est plus moderne que toutes ces orëfations. Dé cet examen, il résulte donc que la forcé de k rié Vçgëtalé et animale , a été en croissant sur le globe, dépuis les premiers temps jusqu'à nés jours , et c^e là formation de chacun de ses termes , a été lé fait d'une période géologique, qu'on pourra, un jour, nettement déterminer. B résijdte enclore de la combinaison de Vétude <ies débris, et des terrains , unie à celle des^ conditions connues di^ Tëxistence |)articu}ièf e de chboùn d'euE, là possiMite de t^econstruire' approximativement, et de peindre les diverses époque des la terre.

L'anatomie comparée rechétchè la toi des rapports de progression existans entre Jies différéns types vivant^ du germe auiînal , et du germe végâ;al. EUe remarque d'abord, qtie l'animd difiSt*e du végétal par la possession dé son appareil loco-^

GfilfESE. 4^7

moteur, et de son appfareil nerveui^ . En effet, le y^ëtdl le pins jperfectionne, est orgaùiséde telle sorte, qu'il résiste jusqu'à un certain point au mUieu.qui l'entoure ; il présente , sous une forme âi^ëntaire, tous les phénomènes de nutrition propresà l'être animé ; ainsi, il absorbe, s'assimile ; iljpespire, il a des àfppareils de sécrétion et d'excrétion ; enfin , il a un appareil générateur à l'aide duquel il reproduit son semblable,etc. ; cet ensemble de fonctions, que l'anatonliste désigne sous le nom de végétatif même che2 l'animal , prouve que l^e dont a s'agit, est l'organisation qui précède directement le mode d'existence que nous allons examiner.

L'organisation vivante qui comprend un appoi^eil locomoteur et un système nerveux , o&e d'itmombrablès variétés ; elles sont au nombre dé plusieurs millie<*s. Un coup d'œil jeté sur l'ensemble, j fait reconnaître Un certain nombre de types, ou de disses; mais nous citerons seidement ici , les divisions dont la géologie et l'embryogénie , sont prennes à établir positivement les analogues^

Le système animal est divisé par la plupart des anatomiétés ^ en animaux vertébrés et en invertébrés ; sous ces deux premiers titres significatifs , d'uAé dfîffét*ènee capitale, on a établi un grand nombre de subdivisio'as qu'on a appelées classes. n n'e^t pas népeâsaire de pénétrer plus profondé*ment en histoire natur^é, pour iq)^cevmr que

4^8 INTROOPCnON.

qp02|ir^Kidra que toirte ^h4wl0 fondée ^m* P^^iiBPr- ?Atiop de r^otualitë) ne pei|t être vraie qup x^- JbiyeiQ^iit à cette actualité ipâme. On pe 4pit; 4oop ppiat se laîs3^ arrétisr par )â barrii^e de la formule iiewU)wiiQWÇ9l(»r^^UyAgî(4e3^^ lag^crfogiç.

•Tajouterai qu'il n'est pas bien certoip , à ^aw jreuK m I0oi|i39 qiie dans }e qalci^ p^ l^qu^ on «'est effcxr^ de dëipQatrer. q^q le mpuvei^ept 49. réoUj^q^^v^r^rém^tewr, «'étail qu'i# t^9pf d'uçi '^kn^Qçip^lif^ qm d^Y^ êltxe é^fâi:^^ on f^

tenu fnowf^ 4e toutes )^s c^n^^ dç pf^rtorb^tiqpi.

^ calt^ ^t^it trèg-difBcUe; leç â^izieup qi» Ifû sorvaiient 4e matériaux é^iqnt tràs-n^iobpQux^ et (m a pf Qoédé par géûàrali^tÎQfî. Qr^ ij e?t|t crçkUidi:? ^pie ]la JHlceté de la gën^ralisat^ii ait é^ë altérée {^ la fiopj^jiûe 4ans une opiaiop précppçu^. (T^sjt pwfc-^tre iw calcul à yérifierr Supposons, cep^udaut, qu'U m% »act, Bu hi^ire patitreïle, de p^

^e d^W^ faits ex^pt^ contradictoires l'un k VauU*^, au uioi^s pu appareuee, iLuefautpa^ ppniplur? quç Tuq des deux ^^t faux: loi^ de 1^^ U faut r«oiîi>aîtrô seulement la preuve dVue lar lîjme, et y chercher l'occasion 4'uue hypothiNe qui supprime la contradiction. ][1 est probable qu'il

m est aiusi dans ee «a^ ; ^est. ce que uou/» alkus tftcjber de montrer à }'in£d|iut ? en nous oçjcmpaitf die9 cfeangemeps de composition du glf^.

On a reedtiiiu ^ dèiM ces detniérs temps , qtie la hâmièl'e, la chaletir, Véléiittmtéj lé magnétisme n^ëtaiedt que déd cfffetâ différens d'une niéitie cause matérielle ; et c^est dans cette direction que travaillent aujourd'hui le§ sdVatls léS plus avancés. On a été plus loin : on a supposé que la différence existante dans les- ccxt^s Amples reconnus par la chimie était Feflfet de la pf^elicè d'une quantité donnée de «ette canse^ que nous hotntnierons électro^^nâgnétique, dans chaque molécule de la substance qui est absolument inerte , ou de la matière proprement dite. La sdience possède déjà beaucoup de raison^ de croire à la réalité de cette st^ conde hypothèse. Ainsi , dans le monde phjsîqiïe, il j aurait deu:it substamsesi matét^ellcs ) Tune attire ^ l'afatre passive; la première déténninàht! tcioèes le» foi^mesy toutes les propriétés, tous lë§ mouTeméns ; k' seconde inerte^ douée seuleïÈiénI) deréèeptivité (:i)« Il est &cile de Yôilr qUeQes stiiit ksoonftéqu^ices d'utfe par'eiile théorie.

Il éa résulter d'abord qu'il est , dès ce jOibr , prouré quee le' système du feti «^ëntfàl doît êtté dondotmé , et tx>iïrerti en une dèKctl>iiié dé Mêdtrièité centrale, etc; Adttisi k chftkftif îïitéfM'dii; ^obe^ lefftifenilDiemens de terré^^ leâVôlcaUîf, ëtë., comilie tes amrinvs boréales , le»' aérolithes , et6. ,

(1) Il est bien remanquitble que les saTane leé p\ni^ avancés dans cette directiop , soient des chimistes et des physiologistes.

Page 1