‹ Introduction à la science de l'histoire, ou, Science du développement de l'humanitéChapitre 25 sur 35 · LIVRE SEGOIMD · texte numérisé non relu

LIVRE SEGOIMD

PAOLÊGOMÈNES.

PSS GONStRVCTlONS ENCTCLOPÉDIQUES.

Nous avons termine le UVre précédent^ en montrant que. le progrès ëtait le mot (Tun non* veau système encyclopédique. Nous avons cherche cette démonstration dans la seule étude de la puissance du mot lui-même. Ce mode est, sans eontredjj;, le plus irrécusable , le plus sûr, le plus entier de tous ceux que Ton peut einployer ; mais il n'eçt probant qu'aux yeux des hommçs habitués aux matières abstraites , qu'aux yeux de ceux qui ont le temps de s'appesantir sur une idée. Notre

394 um^Mimioii .

conclusion ^ c'efiA-à^re la pensëe générale de notre introduction pourrait donc rester encore enyeloppëe pour la majorité.de nos lecteurs , si nous ne la pr^ntions de nouveau , sous une forme yisible,' et en qi|elqii9 sorte rèf étue d^lin coipl. C\^t ce que ncms aflons faire dans celiyre, par l^esqukse des faits engendrés par la puissance progressive.

L'histoire dont . nous allonls nous occuper est une genèse. H n'est, en effet, possible d'établir une enc jclQp4die, que du pipttitd^ ifue génésiaque; et il n'est, aussi^ qu'un seul moj'en de décrire le progrès, c'est d'exposer la série des créations successives qui ontproduit le monde passé, et préparent le monde à venir.

Jusqu'à ce jour, il n'y a que trois modes de généralisation encyclopédique , et nous ne croyons pas en effet qu'il y en ait d'autres possibles : dans IHm , la géàéralisation est étàbKe dix point de vue de la matière ; dans l'autre , du point de vue de l'homme; dans le trobième, dn point de vue de Dieu. Nous ne nous arrêterons pas pour feîre remarquer que chacun de- ces modes est le feft d\ihe période, d'un'ftge logique. Nous ne nous occnpcrtons pas non plus de fixer la valeur, c'est-à-'dire , la position de chacune de ces périodes : ce* ti'est pas ici le lieu d'un pareil trîavaîl. Nous nous bornerons à les décrire. '

GBNBStt;. 3^5

Lonqù^ fvocèie du point de vcie inatérittiiste, en ue fait autre xhoae que prendre une spëeialité des aoieâoes naturelles , pour en faire une généra* htéj et y subordonner tontes les autres . Le système £imeùx du baroi^ d'Holbach , n'est pas autre eliose ; e'ept un essai d'e)C(>lîquer Funivers b^t , vÎTant , e| humain p^r la tjiéorie de la physitjue. Ce modeest tneompl^ , en ce qu'il ne cpmpi'end nul-* lement la yiè sooiaie^ etqu^impaHTaitement la Tie kunaine, et| né saisissant de l'homme que ses appétits les plus ^rossi^is. Il est stérile , pOiVce que BBS pouvant servir qu'à classer lés connaissances ac* cpdses 7 il se trouva incapable d^ngember aucune hypothèse nouyelle : or , en sd^fices ^ ce sont les hypothèses qui amènent les découvertes. Cornmeot^ en eiSet^ preduirait^^il des penisées nou^ vdles^ lui, qui est composé tout çntier, géaéitalité et détailtf, de cçnséquences , e'est^*<lire, decetle matière de faits et de théories , qui résultent das redierehes opérées sous l'influ^M» des docU^nes qui lui son^ antérieures, ou qui lui sont qj^^^ en principe. Enfin oe mode conclut à un système faux ; car il étaUSt comme fHtncipe et comme réalité inooQtéstabley'uii feit faux, savoir ^l'^emité^ phénomène ^o^^ il est certain que 4e phén<m»ène est sans c^sse c^iangé : il résulte donc de là , qu'il ne peut oomprQhdre l'ordre ipuneûse des faits qui appartiennes au progrès.

LorsquV^n procède à une généralisation do point

396 INTaODUCnON

de vue de rhomme, on cherche à classer les. cûnnaisflainces humaines sous ietîtaretles Daicultés quW siq^;>ose les avoir engendrées. Ainsi firent Mcon, et d!Alembert son continuateur. Q, est évident que ce mode est enti^ement artifieiel, - oa transitoire, comme on le dit aujourd'hui , prppre à une époque où l'on n'ose plus croire qu'à soi-même. Ce mode est mauvais, parce qu'il a pour principe de classification , un système variable ; son oeuvre ^ en effiet, doit être J>ouleversée autant de fois que le seoi la théorie des facultés humaines. Ce mode est mauvais-, pariée qu'il est stérile ; en effet , il est inqK>ftsible qu'il donne lieu à la moindre question scien^ tifique, qu'il fasse apercevoir le plus grossier desideratum, lui qui n'a d'autre but que de donnier un Cadre pour enregistrer les faits acquis. Ekifin , ce mode est mauvais, en ce qu'il ne fournit pas les moyens de comprendre toutes les parties des connaissances humaines.

: A. Comte, dans ces dernières années, a essayé dé constituer une encydopédieduméme point de vue, mais en l'élargissant; au lieu des facultés de Pindividu , il s'est servi des facultés de l'humani^. Voici en quelques mots , comment il a procédé : car j attendu que sa théorie est moins connue , nous nç pouvons , ainsi que nous avons fait plus haut , nous borner à l'indiquer par le notn de Fauteur.

L'humanité , dit-il , s'e^ » servi de trois méthodes ; la théologique , la métaphysique , et la posi-

tive : rtiistoire de ses progrès n'est autre chose que Fkistoire même de son activité dans Fespace et dans la succession de ces trois méthodes; die n'a encore appliqué là positive qu'à la plus petite partie de ^e:& actes ; mais Fusage de céUe-ci sera universel dans l'avenir; alors, les hommes auront atteint leur dernier terme de perfectionnement. Or , vient-il ajouter , il est d'observation , que dans le mouvement par lequel s'opère, le passage d^ne méthode à l'autre , chaque science fait sa révolution isolément^ de telle sorte que l'on peut déterminer, d'unemanière certaine, dans quel ordre chaque spécialité est naodifiée , c'est-à-dire établir la vitesse de progression dont elles sont relativement douées.

Ce raisonnement sart de point <ie départ à la classification encyclopédique d'A. Comte ; et, en conséquence, chaque sci^dceest classée, en raison du rang qu'elle occupe^ quant à sa vitesse progressive : l'astronomie est en tête ; et la science sociale à la fin. On voit que la méthode positive, ou l'observation , tx^nstitue l'unité de ce mode. L'auteur, au lieu de prendre pour moy^ de coordination une faculté de l'esprit, s'est servi du procédé même de l'instrumentation intellectuelle.

Nous ferons la critique de ce mode encyclopédique parles, argiimens qui no^s ont déjà servL Ce n'est pas ici le lieu de prouver que A. Comtç a pris pour l'histoire du genre humain , celle d'un

396 IlfTH09UCn09

âgeloskpie; qrfiU mis, an dernier rang, k science quiconmiande, et, par su&e , crée tontes lesonires^lascknoe aodale, qn'fl a comptée en tant comme nnlle, la mëtliode à |M*iori on par kypo>tUae; enfin qnHl écarte, de pritiiesdiord, el sans examen, toute dootnnerdigiense, etc j . Senleuiefut, comme cet au£enr est^nn^de nos prédécesseurs dails la carrière que nous snivoM^, c'est visHà-tiS de lui que nous expliquerons les argumens critiques que nous n^ayons fiût que mràtionner iflhs haut. D'ailletnv, cette argitmentation nous sefrird de transition naturelle à ce que nous avons à dire du troisième mode encyclopédique, qui est le nôtre. Nous noua adressons ici particulièrement aux sa^ vans, car c'est eux surtout que nous désirons convaincre ; afin.qu'ils soi^it amenés enfin à réparer le mal que leur incrédnlitié, et, tranchons le mot, knrs préjugés de 'scepticisme leur ont fait cotn-

' Dans tonte science, quidle qu'elle soit, fût^^ceià pkis positive, soit une science' de langage ôdmme lanlalfaémiUique, soit une science d^obserV^bns comme l'astronomie, il y a d^mnombrables in^ cooDues , les unes, évidemilvent ferméeslmx moyens et aux efforts de la spécialité dle^méme, les Mttes qu'il est possS)le d'édainm*, et qu'à cause de cela nous appellerons lacunes, <m desiderata^ S^ en est ainsi dans chaque spéciidité, à plus forte raison, cela est^il, lorsqu'oti envisa^ toutes les spécialités

spîmiàtaBfâii^^ Il A^est pas , nods le crojrons / nëcesM^re cle dtmMT dés preutrèd de Peidgtetice d^in £ftk qtti est ûvété pour tout hoiàme (^i a ëttidië Pieusement une iHranche quelconque de nùs connaissances. Nous remarquons seulement qu^l j a partout une inconnue de même geni'e, en ee qa'elW est fondarneBitale; c-est celle qui fait qu^une certaine soma^cié de phénomènes foi^e une classe à part; inconnue^ qu'on d^ise soit sous le nom de force , soit sous le nom de propriétés. Ainsi , pour citer une exposition caractéristique , il y a tine différée fondamentale entre ces aggrégations qu'on appelle corps bruts , entre ces organisations passiyes qui obéissent toujours au mouvemieirt qu'ils reçoivent, et les corps qid se meuvent spon^ tai^i^ent.

Indépendamment de cette grande inconnue que Fontoudiepar les sénS, mais dont évidemment les sens ne peuyent nous donner le secret, il y a dans toutes les spécialilés des lacunes nombreuses cPoù i^ultent des contradictions qui repoussent. ^ifsi, en astronomie, la nécessité du vide pourquë la théorie de l'attraction puisse être considérée oornsne vraie ^ et la nécessité du plmii pour. Pcx-* plication d'une autre classe nombreuse de phéno^ mènes, ceux des ondes lumineuses. Ainsi, encore en astronomie, la vérité de la loi Newtonîenne vent la constance de l'état phénoménal actuel : et il est prouyépar la géologie, que le système plané-

4oO INTR01>UGTION

taire a subi de nombreuse^ rëvolutiofis qui iit^t • cette fixité dans la même loi de mouvement etc.; ainsi , dans les sciences des corps organi3és , on enseigne un système d^aetion des tissus, qui* est en opposition formelle avec le système de leurnu- ^ trition , c'est-à-dire ay^c la théorie de Tassimilation et de Fëlimination. En effet, on attribue aux tissus, des fonctions dont la continuité égale la durée delà vie; et quand iU s'agit d'assimilation et d'élimination , on établit que chaque tissu change continuellement dans ses élémens intimes : nous citerons encore une ^utre* opposition capitale en pb jsiplogie : c'est celle qui existç entre la théorie de la circulation quei'on. considère comme un fait purement mécanique , et la théorie de la nutrition qye l'on établit comme un résultat des propriétés des tissus, etc^, etc..

Mais, il est évident que ces dernières lacunes peuvent *étre comblées, par de nouvelles découvertes ; elles accusent sejolement notre ignorance sur les faits naturels. Il ^st vrai que lorsque" ces desiderata seront remplis , sans doute , il en apparaîtra de nouveaux ; de telle sorte que l'oeuvré de pepfeetionnement scientifique ne devra point cesser:

Or, conunent procéder à la solution des difficultés que nous offi*ent ces contradictions qui se répètent sur tous les degi^és du.savpir humain ? Il n'est qu'un, moyen; et^'est par l'émission d'hy-

pothèses qui sâiént capables d'engendccr de Nouveaux systèmes d'expe'rietfces. En effet Ifes hypothèses ancieniies ont été ëpùîsées à produire nos richesses actuelles : pour accroître notre fortune scientifique , il faut recourir à une invention de nouveaux instrumens du* même genre: il faiit rions servir de la méthode qui a déjà tant de'foiç réussi ; c'est ainsi , constamment ainsi , que Von â fait dans le passé qui nous a laissé le puissant hériritage dont nous sonoimes si fiers.

Mais, aucune des doctrines encjclopédiques que nous avons examinées , n'est capable d'ouvrir urié^ pareille source d'inventions : car , elles se bornent toutes à enregistirer des richesses acquises 5 ce sont dés moyeris de dresser des nomenclatures; aussi leur but principal est de rendre, autant que possible, invisibles les lacunes èxistantes eh réalité. Enfin , parce qu'elles sont artificielles , et cette assertion ' ne nous sera pas contestée, car léfurs auteurs en font l'aVeu: ces doctrines ne peuvent conduire à rien qui touche la vérité naturelle, inconnue, qu'il s'agit, pour nous , de trouver.

" On comprendra, cêpeâdant, (ju^il riepeut y avoir effet encyclopédique, dans la rigueur dtt înot , que par un système, qui, en mên^e temps qu'il colnprend et coordonne toutes les connaissances acquises, saisît aussi, et met en saillie toutes tes lacunes, en plaçant, là ou chacune d'elle existe,

4oa INTRODUCTION.

une hypothèse, De cette manière^ l^enseïnblescieu* tifique présente, non plus, ainpi* quçcela se reûcontre fdaps toutes nos nomenclature^ , une série de contradictions et dp négations absolues , mais une concordance harmonicjue qui est en rapport avec ce qui existe, qui imite la réalité, et,, par suite, ouvre la source d'expériences .la plusï^pprochée de la vérité, qu'il soit possible à Uhoipinc de concevoir.

Il est facile de s'assurer qu'on ne peiJt atteindre un eflfet de ce genre , que par une doctrine de création , c'est-à-dire , çaf une doctrine religieuse. .

Afin qu'on continue à. nous lire, et qufe l'on veuille bien faire attention à l'argumenfatioa assez abstraite qui. va suivr^ nouç cappeÛerons que tout hpmme qui a &it œuvre de génie dans les sciences^ est parti de -ce point de vue; ainsj , dans les sçiei^ces mathématique;» , et de$ corps bruts , Descartes, Newton , Léibnitz ; et dans les sciences des cprps organisés, Buflbn, Haller, Bonnet, LamaiJ^, Cu-, vier. Qiï'oij se donne la peine d'étudier dans leurs ; œuvres, la marche de leur esprit, et l'on verra que tpus procédèrent par le mode génésiaque. Maintenant que le respect dû à ces igrands hom-^ mes nous assure Pattention, nous allons rentrer dans notre discussion.

Il est impossible de fonder un système unitaire conforme, au moins en apparence, à la réalité^ autreipent qu'çn «établissant en série les différentes

spécialités^ et les plaçant dans Tordre hiérarchique suivant lequel elles se lient et s^engendrent. Or, ce sera. là une difficulté infranchissable,' si vous ne. placez au dâ)ut, une création, et ne supposez 9^ssahte pendant la durée , une force créée qui donne l'unité , le lien ^ Tharmonie à toutes ces parties que vous voulez grouper ; et cette force , inévitablement , sera ime définition de ce qui constituait au commencement de votre travail, la grande, l'universelle, inconnue, en un mot une définition de la Volonté créatrice. De là, alors, découleront facilement toutes les hypothèses destinées à combler les lacunes secondaires. Autrement que par ce mojen, comment pourriez- vous unir tant de faits épars ? Car, jiu poii^t de vue où nous sommes placés, chaque science n'est plus qu.'un fait. En procédant, aipsi que nous yenons de le dire,, vous ne ferez pas autre chose^ que ce que vous aviez fait lorsque vous vouliez construire quelque petite encyclopédie partielle , une ^ronomîe., une physiqi^e, une physiologie : vous supposerez une force agissante; -et, si par vérification ^,1 vojis trouvez qu'elle rend bien compte des choses observées , si vous trouvez encore qu'elle VOU9 révèle des vérités nouvelles , et vous conduit à de^ découvertes , yous proiu)ncerez que la formule est exacte. '

C'est ai|isi, que tout homme, quia fait unegé-^ oéràlisatîoii encyclopédique utile, a procédé, et

4oa INTROmJCTlON.

une hypothèse, De cette mamère, l^enseïnblescieu* tifique présente , non plus, ainpi' quç cela se reûcontre fda^s toutes nos nomenclature^ , une série de contradictions et dp négations absolues , mais une concordance harmonique qui est en rapport avec ce qui existe, qui imitç la réalité, et,, par suite, ouvre la source d'expériences .la plus rapprochée de la vérité, iju^il soit possible à Uhoipme

de concevoir.

Il est facile de s'assurer qu'on ne peiit atteindre un eflfet de ce genre , que par une doctrine de création , c'est-à-dire , paf une doctrine religieuse. .

Afin qu'on continue à nous lire, et qufe l'on veuille bien faire attention à l'argumentatioa assez abstraite qui.va suivr^ nou§ cappeÛerons que tout homme qui a ftiit 'œuvre de génie dans lessciences^ est parti de ce point de vue; ainsj, dans les sciences mathématiques , et de$ corps bruts , Descartes, Newton , Léibnitz ; et dans les sciences des cprps organisés, Buflbn, Haller, Bonnet, LamaiJ^, Cu-, vîer. Qiï'on se donne la peine d'étudier dans leurs ; œuvres, la marche de leur esprit, et l'on verra que tous procédèrent par le mode génésiaque. Maintenant que le respect dû à ces grands hom-^ mes nous assure Fattention, nous allons rentrer dans notre discijssion.

Il est impossible de fonder un système unitaire conforme, au moins en apparence, à la réalité, autrement qu'çn établissant çn série les différentes

spécialités^ et les plaçant dans Tordre hiérarchique suivant lequel elles se lidnt et s'engendrent. Or, ce sera. là une difficulté infranchissable,' si vous ne. placez au dâ)ut, une création, et ne supposez agissante pendant la durée, une force créée qui donne l'unité , le lien ^ Tharmonie à toutes ces parties que vous voulez grouper ; et cette force , inévitaHement , sera iruQ définition de ce qui constituait au commencement de votre travail, la grande, l'universelle, inconnue, en un mot une définition de la Volonté créatrice. De là^ alors, découleront facilement toutes les hypothèses destinées à combler les lacunes secondaires. Autrement que par ce mojen, comment pourriez- vous unir tant de faits épars ? Car, jiu poii^t de vue où nous sommes placés, chaque science n'est plus qiji'un fait. En procédant, aipsi que nous venons de le dire,, vous ne ferez pas autre chose^ que ce que vous aviez fait lorsque yous vouliez construire quelque petite encyclopédie partielle , une ^ronomîe,, une physique, une physiologie : vous supposerez une' force agissante; et, si par vérification ;,, vojis trouvez qu'elle rend bien compte des choses observées , si vous trouvez encore qu'elle VOU9 révèle des vérités nouvelles , et vous conduit à de^ découvertes, v.ous prononcerez que la formule est exacte. •

C'est ai^si, que tout homme, quia fait unegé^ qç]:àlisatiou encyclopédique utile, a procédé, et

4oa INTRODUCTION.

une hypothèse, De cette mamère^ l^enseïnble scieu* tifique présente, non plus ^ ainpi" quçcela se reûcontre fdaps toutes nos nomenclature^ ^ une série de contradictions et dp négations absolues , mais une concordance harmonique <jui est en rapport avec ce qui existe , qui imite la réalité, et,, par suite, ouvre la source d'expériences .la plustapprochée de la vérité , qu'il soit possible à Uhoipme de concevoir.

Il est facile de s'assurer qu'on ne peiit atteindre un effet de ce genre , que par une doctrine de création, c'est-à-dire, çaf une doctrine religieuse. .

Afin qu'on continue à. nous lire , et qufe l'on veuille bien faire attention à l'argumeniatioa as^ez abstraite qui.va suivr^ nouç cappeÛerons que tout hpmme qui a feiit œuvre de génie dams les sciences^ est parti de ce point de vue; ainsj , dans les sçiei^ces mathématique;» , et de$ corps bruts , Descartes, Newton , Léibnitz ; et dans les sciences des cprps organisée, Buflbn, Haller, Bonnet, LamaiJ^, Cu-, vier. Qiï'oij se donne la peine <l'étudier dans leurs , œuvres, la marche de leur esprit, et l'on verra que tous procédèrent par le mode génésiaque. Maintenant que le respect dû à ces grands hom-^ mes nous assure l'attention , nous allons rentrer

dans notre discussion.

Il est impossible de fonder un système unitaire conforme, au moins en apparence, à la réalité^ autreipent qu'çn établissant çn série les différente»

spëeialites , et les plaçant dans Tordre hiérarchique suivant lequel elles se lient et s^engendrent. Or, ce sera. là une difficûltë infranchissable,' si vous ne. placez au dâ)ut, une création, et ne supposez Qgissa&te pendant la durée , une force créée qui donne Tunité , le lien ^ Tharmonie à toutes ces parties que vous voulez grouper ; et cette force , inévitablement , sera iruQ définition de ce qui constituait au commencement de votre travail, la grande, l'universelle, inconnue, en un mot une définition de la Ydlonté créatrice. De là, alors, découleront facilement toutes les hypothèses destinées à combler les lacunes secondaires. Autrement que par ce mojen, comment pourriez- vous unir tant de faits épars ? Car, jiu poii^t de vue où nous sommes placés, chaque science n'est plus qu'un fait. En procédant, aipsi que nous venons de le dire,, vous ne ferez pas autre chose, que ce que vous aviez fait lorsque vous vouliez construire quelque petite encyclopédie partielle , une astronomie., une physique, une physiologie : vous supposerez une force agissante; -et, si par vérification ;,, vojis trouvez qu'elle rend bien compte dea choses observées , si vous trouvez encore qu'elle VOU9 révèle des vérités nouvelles , et vous conduit à de^ découvertes , yous pronx)ncerez que la formule est exacte.

C'est ai^si, que tout homme, quia fait unegér oéràlisatiop encyclopédique utile, a procédé, et

4oa INTRODUCTION.

une hypothèse, De cette manière^ l^nsetnblescieutifique présente, non plus, ainpi* quç jcda se rencontre ,<laps toutes nos nomençlatureis , une sërie de contradictions et di^ négations absolues , mais une concordance harjïiônic[ue qui est en rappo^ avec ce qui existe, qui imite la réalité, et,, par suite, ouvre la source d'expériences ,1a plus rapprochée de la vérité, qu'il soit possible à Uho^une de concevoir-

Il est facile de s'assurer qu'on ne peiit atteindre un effet de ce genre , que par une doctrine de création , c'est-à-dire , pa)' une dpctriné religieuse. .

Afin qu'on continue à nous lire, et que l'on veuille bien faire attention à l'arguxnentatioi;i assez abstraite qui. va suivre^ nouç rappellerons que tout homme qui a fait œuvre de génie dans les sciences^ est parti de -ce point de vue; ainsj, dans les sciences mathématiques , et de$ corps bruts , Descartes, Newton , Léibnitz ; et dans les sciences des cprps organisée, Bufibn, Haller, Bonnet, Lamadc^, Cu-, vier. Qu^on se donne la peine (l'étudier dans leurs ; œuvres, la marche de leur esprit, et l'on verra que tous procédèrent par le mode génésiaque. Maintenant que le respect dû à ces igrands hom-^ mes nous assure Pattention , nous allons rentrer dans notre discussion.

Il est impossible de fonder un système unitaire conforme, au moins en apparence, à la réalité, autreijaent qu'çn établissanl; çn série les différentes

spécialités, et les plaçant dans l'ordre hiérarchique suivant lëqud elles se licint et s'^engendrent. Or, ce sera. là une difficulté infranchissable,' si vous ne. placez au début, une création, et ne supposez agissante pendant la durée , une force créée qui donne l'unité, le lien, l'harmonie à toutes ces parties que vous voulez grouper ; et cette force , inévitablement , sera iruQ définition de ce qui constituait au commencement de votre travail, la grande, l'univ^selle. inconnue, en un mot une définition de la Yôlonté créatrice. De là, alors, découleront facilement toutes les hypothèses destinées à combler les lacunes secondaires. Autrement que par ce moyen, comment pourriez- vous unir tant de faits épars ? Car, au poii^t de vue où nous sommes placés, chaque science n'est plus qu'un fait. En procédant, aiusi que nous venons de le dire , .vous ne ferez pas autre chose, que ce que vous aviez fiait lorsque vous vouliez construire quelque petite encyclopédie partielle , une ^ro-^ nomîe., une physique, une physiologie : vous supposerez une force agissante ; -et , si par vérification;,, vous trouvez qu'elle rend bien compte des choses observées , si vous trouvez encore qu'elle V0U9 révèle des vérités nouvelles , et vous conduit à de^ découvertes , yous pronx)ncerez que la formule est exacte. '

C'est aipsi, que tout homme, quia fait une gé^. qéràlisatiop encyclopédique utile, a procédé, et

devait procéder ; et c'est également ainsi, que hors du point de vue religieux , il n*y a que V^anîté et stérilité. ' '

Notis n'ayons, jusqu'à ce* moment, parlé que d'une encyclopédie dans laquelle on auf ait seulement en vue d'opérer une coordination scientifique. Mais ce n'est là que la moitié du but qùHl s'agit d'atteihdre, et là moitié la moins iinpdrtante. Les sociétés viveht *plus encore de morale, que de la science et de ses applications. JPour qu'une encyclopédie ri^ondé à son titre, il faut qu'elle embrasse tous les modes d'activité , et de besoins de l'humanhé^ envisagée comme société et comme individus. En effet, l'oeuvre de cet ordre ne* doit pës seulement être féconde, eu de qu'elle ouvre une source aux perfectionnemeiis de nos connaissances; elle ne doit pas Seulement être utile et commode, en ce qu'elle donne à chacun une vue de l'ensemble, et en ce qù'eUè permet au savant -spécial'de savoir e;xactement à* quelle oeuvre générale il travaillé , en poursuivant l'étude de la branche particJulière où il est enfermé, chose absolument impossible aujourd'hui ; elle doit encore servir de base' à l'éducation ^i tait Ihppame et lu citoyen: et pour tous^ <îeux placés au point dé vue lé plus universel,' cette dernière fonétion est sans contredit la plus importante des tiH^is. Que serait-ce, en effet, humainement parlant, qu'une science qui ne serait pas sociale, qui ne serait pas humaine? ce ne

lierait qwV* j^u puéril , boapotfr amuséi^ nos Ibi^ ^jf^ j étranger ^ no§ i»téféts e^ à nos devoirs. D^àilleur^, pareil (jut'li y a i;nitë dans Puni ver s, paifce qçud toi^le paître e^t^ fo$H^tîoa de FfinsemUe^ il ^t in^pçs^ible quV^ tF9Vitil àiQ là nature de celui 4û|}t ^ous ^ous occupons , soit vrai ou s'approche s^uleopMenl; d^ la. wifcé^ s'il n'engendre upe somme 4^ cpp^qiijenpes. x^opales ou sod^es, en rapport ayc^tFilKqpQrtfatuoQ dt|;r)^ <|ue l'humanité accompli j5i|f 1^ tçrre. l^a plupart de aos«ayans d» jotir^ ^QQ^^e^t l^i^^l^tmre avoir la prétentioit d'étréle n;^9)fîsJbcrmiâe$,poi»ibIe : ikn^onl pas réfléchi que ç'^it; positivement une prétention à Ferreur;' ^l^reii^meiit que leurs instrumssns Scientifiques ^ c'j^-fi-dire Jeur iiitelligence, et ses- facultés, sont h^^gin^j; .0». sorte qu'ib ont fait moins mal, qu'jji^. n'annonçaient voiiloîr Je faire . ..J^Ol^que dâujsla construction encyclopédique^ ^t^ ttQ idbarojbc^.quelebut scientifique, onestcoh- 4|ii|, p^vital^ipcnt^i ainsi que 'rous Vavons vu , à oommer , au début de l'œuvre, une volonté xîréatrice. C'est aipsi que firent Descartes ^ et PjtUagore s^itualogue chez les anciens. Mais , otk n'obtient p^ Q^ J^avail qu'une f ormul&purement mécanique . !Eipiijponâ noua : au t»mmençemei)t , dit-on, fa vola&té divine a mis certaines forces , certaines proprijétésd^s là .matière; et de \^ le monde est sorti tel que nous le. voyons. On explique donc l'universalité des phénomènes, par la définitionfe

4o6 INTKODUCTION

des forces, et desproprîAés qui ont été créées ;^ct c'est là l'encyclopédie. Cependant dans la fonda* tion de cette grande construction on a oublié Fhumanité5 aussi on ne peut, on né pourra que posséder une formule de mécanique. Dieu, ehcflfet, n'a été envisagé que comme créateur de moiivemens matériels^ et nullement comme fondateur de morale ; Dieu n'a été vu que comme puissance physique jnitiale, et non comme volonté sentimentale ,^c. Or, lorsque cette théorie sera mise à 'l'œuvre dans l'atelier scientifique, lorsqu'on en exprimera toutes! les hypothèses, et qu'on les soumettra àlà vérificîatîon de l'eitpériiBnce , et de l'ob^rvation, il arrivera nécesisâirément que les savans Spéciaux n'auront en vue que l'aspect mém^e qui y domine, c%st-' à-dire l'aspect physique, et ne <;hercheroiit elt he trouveront qu'une démonstration , céHe dé l'univers mû par des forcés mécaniques. TieUe a été, en effet , la conséquence de toutes les généralisations de la i^ature de celles dont il s'aj^t; toujours la conclusion a été un matérialisme jÀvks ou mloins" enveloppé.

Lorsqu'au contraire, la pensée socialô est pt^ sente à l'esprit généralisateur , imm{inqii£d)l«ii»it elle sera^ dans l'hypothèse de création, unie au but scientifique lui-même, qu plutôt confondue avçc lui j à tel point que toute hypothèse secondaire sera revêtue* ^es qualités que l'honamè , en raison de la doctrine qui le fait citoyen, devra

sentir dans^ les phëaomènes qu'elle sera chargée de comprendre, et d'expliquer. Ainsi, toufepenséé sociale repose sur la définitioti du bien et du mal au spirituel et au matériel , 6ur la définition du dé- Touement , et de Tégoïsme. Il arrivera que la thé^ orie entière sera empreinte de cette définition, mais il faudra qu'elle *en soit pénétrée de manière à ce que le sacrifice soit ■ présenté non seulement conime devoir oucon^ne fonction^ mais encore comme le meilleur csdcul. ^

Cest Jày la vraie encyclopédie ; et c'est là aussi ce qu'on appelle vraie religion.*

n est superflu d'insister sur le caractère nécessairement religieuî^ que revêt la pensée encyclopédique, dès l'instant où elle Comprend le sentiment social. Il n'est ]^oint de savant quJL ne soit déjà d'acccH^d avec nous. Il sulBSsait, dans le but de ce livre, de mdutrer qu'une doctrine génésiaque était la condition d'existence indispensable d'une encyclopédie, et qu'encore l'œuvre n'était complète, que si le rôle social des hommes y était contenu , es^liqué, et commandé. Nous croyons l'avoir fait.

Nous allons maintenant prendre les faits que nous possédons, les^ exposer, d'enséiiible , comme manifestation de la formule générale par laquelle nous avons tenuiné le livre précédent. Partout où nous trouv erons des lacunes^ nous les èomblerons par des 'hypothèses. Ainsi nous offrirons le

4 1 0 INTRODUCnOEC.

Une encyelopëdie religieuse doit cpmprenctre ces dei|X lois-, sot^ une seule qui est la volonté de Dieu. ' '

OiNESE. 4l^

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