LA FORGE VIVE
Insuffisance de la quantité de mouvement pour représenter la puissance de destruction. — Autre fonction indiquée par les expériences de tir. — Etablissement définitif de cette fonction par la considération de la lutte contre un obstacle particulier. — Suite des expériences du général Mayewski. — Relations mathématique et philosophique entre la notion de force vive et celle de quantité de mouvement. — Le kilogrammètre, la tonne-mètre et le cheval-vapeur.
La quantité de mouvement joue un rôle important dans un assez grand nombre d'applications : ce sont celles où il s'agit de choc sans qu'il y ait pénétration, où le résultat qu'on a en vue dépend du temps, souvent très petit d'ailleurs, pendant lequel l'action s'exerce ou s'est exej*cée, plus que de la longueur le long de laquelle elle s'exerce ou s'est exercée.
L'exemple cité dans le paragraphe précédent fait ressortir celte distinction, et montre que la quantité de mouvement répond imparfaitement à la question proposée.
On a vu en effet qu'elle est la même pour le projectile qui part et pour le canon qui recule. Il y a néanmoins une grande «différence entre les effets à attendre de Tun ou de Tautre. Le fantassin n'hésite guère à appuyer la crosse du fusil contre son épaule et à en recevoir le coup, tandis qu'il refuserait énergiquement de se placer du côté opposé pour recevoir la balle. 11 sent instinctivement que, dans le premier cas, son épaule sera tout simplement entraînée par la crosse pendant un temps plus ou moins long, parce qu'il n'aura à compter qu'avec une action de la forme
Ft,
produit d'une force par une durée; tandis que, dans le second, il serait traversé en tout ou en partie : le point d'application de la force ferait un certain chemin L dans l'intérieur de son corps, et il aurait affaire à une action de la forme