‹ Introduction a la vie secrèteChapitre 10 sur 11 · NAT · texte numérisé non relu

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premièrement. Les mages hindous l’invoquent

ainsi :

— «Seigneur de l’Intelligence, Grand Sacrificateur, le bien que tu nous feras tournera à ton propre avantage. Qu’avec les autres Dieux vienne vers nous le Seigneur de l’Intelligence, le Dieu Sacrificateur, pour qu'il unisse à la splendeur de ses œuvres la Vérité et la Sagesse qui est leur gloire variée. »

Cette Vérité et cette Sagesse se trouvent dans la Vie vécue avec la Compréhension la plus large de son sens le plus profond ; elles habitent l'Homme qui a aspiré vers la constante manifestation intellectuelle de lui-même, permettant ainsi la perméation de son être par des Forces révélatrices de mystères essentiels. Mais ces Forces n’attireront ensuite des Puissances supérieures que dans la mesure où Elles se seront complètement réalisées dans la Vie, La Connaissance conceptive se développe avec l’accomplissement dans la Densité la plus grande. C’est la vie étroite, limitée, mortelle qui empêche la Vie plus consciente, plus riche en Principes Rénovateurs, immortelle. Seule la Forme éphémère qui ap-

pelle, revêt et protège insuffisamment l’Intelligence, interdit aux plans supérieurs de Îla Mentalité entourant la Terre de se matérialiser et de transformer la Vie. Or, c’est uniquement dans les degrés de cette Matière Mentale qu’œuvre l’Intelligence dont parle Saint Paul à la fin de sa classification.

Nous tous qui voulons la restitution de la Vie intégrale, savons que la réceptivité est la condition de l’élargissement de la Conception, que la Pratique met à l’épreuve la Connaissance et que celle-ci ne devient universelle que si l'Homme évolué ou réceptif devient capa-

ble d’incarner les Principes les plus élevés de

la Raïson, grâce à son effort de servir le Vrai. L'Homme qui s’initie à la Vie Secrète doit savoir comment la Science du Nombre peut contribuer à la régénération de la Vie ou à la Manifestation des Forces Intellectuelle, Spirituelle et Pathétique du Cosmos.

14. — Le Nombre, pour les anciens, ne représentait pas seulement une puissance oc-

culte, un symbole. Il servait d'indication, ïl réalisait lui-même la « voie », il manifestait le moyen. Nous n’avons aujourd’hui que quelques fragments dévoilés de la langue dite des Nombres dont se servaient les initiés dépositaires des traditions sacrées. Le sens profond du Nombre que l’on retrouve au cœur de toute théogonie, à la base de toute science et de toute éthique, Pythagore l’a révélé à l'univers profane. La science arithmologique était, dans l’antiquité, pour les choses intelligibles ce que l'algèbre est devenue parmi nous pour les choses physiques. Et la musique — Pythagore nous l’apprend — constitue un art entièrement basé sur les propriétés des nombres. Le mot grec signifiant musique venait d’un terme égyptien voulant dire : « ce qui contribue à rendre la pensée sensible d’intellectuelle qu’elle était, à la faire passer de puissance en acte, en la revêtant d’une forme appropriée. » Or, dans cette interprétation que nous donne Fabre d’Olivet dans «la Musique expliquée comme science et comme art » se retrouvent toute la portée philosophique et la valeur pratique que les anciens

reconnaissaient au Nombre, se fondant sur elles pour établir les lois politiques de leur pays et les lois morales ou règles de la vie quotidienne. Leibniz semble avoir intuitivé les rapports de la Science arithmologique avec la musique :

— « La musique », écrit-il, « nous charme quoique sa beauté ne consiste que dans les convenances des nombres, et dans le compte, dont nous ne nous apercevons pas, et que l’âme ne laisse pas que de faire, des battements ou vibrations des corps sonnants qui se rencontrent par certains intervalles. »

Fabre d’Olivet, dans son livre sur «la Musique » nous montre que, dans l’antiquité, la musique servait de voile le plus extérieur, à l'usage des non-initiés, de la connaissance des vertus des Nombres. Citons ce passage caractéristique :

— «Le terme chinois yo, musique, est aussi le nom de la Montagne Sacrée à laquelle le peuple rapporte son origine. Les historiens de la Chine nous apprennent que le principe sur lequel s’est élevé cet empire a été celui de la musique. Le mot Konug, qui veut dire

centre où tout aboutit et d’où tout émane, répond au son que nous appelons «fa». Le tuyau qui donne ce son servit de base à toutes les mesures, surfaces et capacités. »

15. — Quelles pouvaient donc être ces vertus merveilleuses que recélait chacun des Nombres dont le total révélait aux initiés

l’'Harmonie parfaite du Cosmos ? Et pourquoi Platon a-t-il pu écrire en parlant du Sage, de l’'Evolué cherchant, dans chacun de ses actes, à manifester la Vérité qu’il découvre dans les Chiffres Saints :

— « L'homme de Bien est le seul excellent Musicien parce qu’il rend une Harmonie parfaite, non pas avec une lyre, ou avec d’autres instruments, mais avec le total de sa Vie. »

Les Védas, dans la traduction qui nous est donnée par les « Revues Cosmiques », la Bible, dans son interprétation restituée par Fabre d’Olivet, de nombreux mythes antiques gréco-romains et autres, des écrits mexicains, chinois, égyptiens, persans et des études de

mystiques du moyen-âge et modernes nous l’apprennent. Dans toutes les Ecoles d’Initiation de l’antiquité «le culte du Verbe, dans les Mystères, débutait par le culte et la connaissance des vingt-deux Forces Divines dont chacune des clefs est un signe matérialisé : une signature physique. » Et les signes désormais classiques, ceux que Bœhme, Cornelius Agrippa, Fabre d’Olivet, saint Yves d’Alveydre et tous les cabbalistes européens ont connus et étudiés sont les vingt-deux. nombres-lettres hébraïques qui forment, peut-on dire, l’alphabet des vingt-deux Puissances révélées à l’univers profane par Moïse, et dont chacun est comme l'interprétation pouvant être sans cesse élargie d’incessantes réalisations occultes dans les divers plans denses et raréfiés de la Matière.

16. — Etudions quelques nombres-lettres, les 2, 3, 4, 7, 10, 12 et 40, afin de donner des indications utiles aux néophytes qui désirent approfondir ces études.

La lettre beth, le nombre 2, comme le dit Cornelius Agrippa, « se réjouit d’équilibrer deux choses ». Ne s'agit-il point du principe actif et du principe passif. En Egypte, la Croix Solaire, dans l’Inde, le Lingam symbolisent la pénétration des pians denses de la Matière Universelle par les degrés plus raréfiés de cette même Matière, la fécondation de la Substance par l'Esprit, l’union des deux sexes. Hermès écrivit sur la Croix, symbole de l’infini dans le sens de la hauteur, de la largeur et de la profondeur, ce mot que peu de Chrétiens comprennent : I-N-R-I. La lettre ioïthi évoque l’idée de la Nature naturante ou l’Activité, la lettre nain signifie la Nature naturée ou Passivité et la lettre rasith, l’union du Principe Duel. Un duel soupirail oblique entourait les sarcophages égyptiens ; l’un des soupiraux se trouvait toujours orienté vers l'Etoile Polaire, or, on sait que cette Etoile est, involutivement et évolutivement, à Sirius, ce que ce dernier Astre est au Soleil de notre Terre.

Enfin les deux serpents du caducée d’Hermès représentaient le respir qui anime la Matière

AT 7 mu Hp U 4 + OR,

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et l’aspir qui est le retour des âmes au Sole de Dieu. La conception de ce Mouvementduel a été revêtue dans l’acception que Fabre d’Olivet donne au chiffre 2, sens de « passage d’un état de la matière à un autre », de « transition » et aussi de « distinction », de … « mise à part ». Nous remarquerons, sachant que rien n’est indifférent, que la seconde constellation zodiacale, le Taureau, est iniatiquement appelé « lé Mis à Part », « le Dompté »,

« celui qui a acquis la maîtrise sur la Nature ». Et la Philosophie enseigne que cette maîtrise peut appartenir uniquement à celui qui vit dans la Sérénité après s’être équilibré ou avoir réalisé, dans la Dualité, l’harmonieux balancement des principes actif et passif.

17. — La lettre ghimel, le nombre 3 pourrait être figuré par un trépied, ce trépied ardent dont parle Méphistophélès faisant allusion, comme l'écrit le traducteur de Faust, au nombre 3, nombre mystérieux et sacré dans la

théologie antique et l’alchimie du Moyen Age. Ce sont les trois Fiat de Boehme, la Lumière, les Ténèbres et le Monde, correspondant :

premièrement au Soufre ou Nature Divine qui possède l’Huile ou Lumière et agit comme Source du Désir engendrant l'Huile ; secondement au Mercure qui naît du Soufre et re- présente la séparation cosmique en Lumière et Ténèbres ; troisièmement au Sel qui contient le principe de toutes les Formes.

Osiris, Isis et Hor symbolisaient en Egypte le triple principe de l’Essence, de la Substance et de la Vie, Ternaire qui constitue la Loi intimement divine de l’'Etre. En. Grèce, les deux grands mouvements de mutation involutive et évolutive de la Matière se dévoi- laient dans la représentation de la triple

- Force de Demeter ou Source des Ames, de Perséphone ou Humanité Collective, Secret de la Vie, et de Dionysos ou d’Apollon ; —— Dionysos incarnait le principe du dynamisme évo- lutif, Apollon celui de la Divinité qui « révèle » en « involuant » ou pénétrant les degrés denses de la Substance évoluée. Dans les cérémonies religieuses de l’antiquité, on répé-

tait trois fois toute invocation ; c’est pourquoi Virgile a écrit : « La Divinité aime le nombre impair. »

La triple Hécate, fille de Jupiter et de Latone, qui remplissait trois rôles différents, celui de la Lune dans le Ciel, de Diane sur la Terre et de Proserpine dans les Enfers, présidait aux transformations occultes de la Matière, aux incarnations et réincarnations. Dans l'initiation orphique, à la naissance d’un enfant, on célébrait la Force qui avait pu, grâce à des conditions favorables, s’incarner ou se réincarner sur la Terre, en chantant : « Elle s’est glissée dans le lit nuptial ». Ne peut-on vraiment dire que le merveilleux est le lien unissant comme des jumeaux l’immortel au mortel tendant vers l’immortalité. Initiatiquement, il est connu que la troisième constellation zodiacale influence les unions en dualité d'être de l'Homme Evolué, ainsi que le troisième rayon du soleil. Rappelons, à ce sujet, l’existence dans chacun des douze signes du Zodiaque d’un influx spécial dû à des nappes électriques que le Soleil, par ses douze rayons lumineux, projette vers les douze maisons

zodiacales. La Terre, appareil électro-magné-

tique, arrive successivement au contact de

chacun de ces douze signes ou maisons et des douze rayons solaires ou nappes électriques. ;

. Lorsque la lettre-racine noun s’ajoute à la lettre ghimel ou nombre 3, on forme le mot arabe qui signifie « ombre protectrice ». Cette « ombre » ne disparaît jamais, même après la mort. La « mort » ou « transition », n’est, d’ailleurs, que la dissociation d’une partie de l’être composé humain. « Les peuples anciens ont longtemps refusé de croire que la mort fût chose naturelle et inévitable, » écrit Maspéro dans son Histoire des Peuples de l'Orient. « La mort, selon l’égyptien, est un invisible

qui pénètre un vivant ; la maladie peut être

une lutte du possédé contre le possesseur ; les mauvais esprits rôdent autour des cadavres que protègent des dieux représentés sous la forme de lions et de poissons. »

18. — Nous avons déjà parlé dans cet ouvrage de Ia lettre daleth, du nombre 4, symboli-

sant le principe de la Nature divisible et divisée

le quaternaire pythagoricien, la réalisation per-

nues dans l’Etre Humain. :

Nous connaissons quatre grands cycles d’é-

pétuelle et hiérarchique des virtualités conte-

volution initiatique : ceux de l’individualisa-

tion de la Vie, de l’intellectualisation de la …

Vie, de la spiritualisation de l’Intelligence et

de la pathétisation de la Spiritualité. L'Homme Evolué du quatrième cycle est le frère de Vichnou, du Vichnou que chante Pinitié hin-

dou des Védas et qui, en sa huitième incarna-

tion, se manifeste comme l'Homme Divin et :

Humain. — « C’est ainsi que, sans te séparer

de l'animal rapide et fort, — le cheval, — tu le

domineras et le monteras, et, armé de la cha-

rité qui est une avec la justice, tu nous con

duiras à travers l’abîme qui sépare la vaste

étendue de l’Etre. » L’abîme est le sombre

degré nerveux de la Matière Universelle et le

grand travail initiatique est de le maîtriser et

de l’équilibrer dans le microcosme et le ma-

crocosme.

Cet Homme Evolué, divin et humain, du -

quatrième cycle, n’est-il pas l’Etre assis sur le

- degré le plus haut du trône qui, dans la vision -

__ d’Ezéchiel, se dresse loin au-dessus du qua-

ternaire du bœuf, de l'aigle, du lion et de homme, animaux dont chacun a quatre faces et chacun quatre ailes.

Nous lisons dans le Zohar que le Sabbat était le quatrième jour de la Manifestation de l'Esprit fécondant la Substance durant l’œuvre de la Formation du Monde. Pendant le Sabbat, des âmes saintes descendues pour un jour sur la Terre, vont animer comme âmes supplémentaires les hommes que le Ciel en juge dignes. Le mot Sabbat est formé par les deux lettres-nombres schin et beth dont la première symbolise les trois premiers Sephiroth ou Attributs de la Divinité — la Couronne, la Sagesse et l’Intelligence — s’unissant à la quatrième Puissance ou Force manifestée sur la Terre — Bath, la Fille Elue de Dieu ou Communauté d'Israël, — Israël représentant le Temple Universel le plus secret, le Tabernacle intime microcosmique et macrocosmique, l’Initiation. C’est ainsi que saint Paul a pu dire : « Tous ceux qui descendent d’Israël ne sont pas pour cela d'Israël. »

Notons que la couche intérieure et la plus claire de l’aura couleur de sang de la quatrième constellation zodiacale contient les constituants propres à la reconstruction du véritable corps physique, le corps glorieux, immortel, doué des quatre propriétés de résistance, de luminosité, de légèreté et d’élasticité. La couleur sang de cette partie de laura du Cancer qui possède ces merveilleux constituants est l’image d’une réalité pleine de splendeur et d’un puissant symoble. Fabre d’Olivet nous apprend que le mot Adom formé par les lettres-nombres daleth et mem, 4 et 40, auxquelles s’ajoute la lettre-nombre aleph, 1, signifie . « agrégation d’éléments homogènes, indestructibles, corps rouge ». Aïnsi s'explique cette affirmation : « Sauf par À. D. M. — Adam, l'Homme Evolué Immortel — il n’y a point de restitution. »

Initiatiquement, il est connu que le mélange du sang rouge et de l’eau battue jusqu’à devenir blanche comme le lait est un gage d’immortalité. « Des constituants qui peuvent conserver à l’homme la totalité de son être ou le rendre immortel peuvent être trouvés dans

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