CHAPITRE X. tGl
dans leur constitution intime, ni dans leurs formes, aucune différence constante. Les genres Corail et Gorgone, qu'on ne saurait distinguer entre eux par la disposition des organes de nutrition ou de reproduction, ni par. la forme générale, offrent des différences du mèrçe ordre quant à la nature de leur axe solide. L'appareil de la digestion change, de caractère chez les Com^atules et les Ëncrines,, comparées aux Ophiures et aux Astéries ordinaires; car chez ces derniers Écbinodermes, il n'existe qu'un seul orifice alimentaire, et la cavité digestiye est disposée en manière de sac, tandis que les premiers ont un estomac tubuiaire et un. anus distinct de la bouche; et cependant ici encore Tenseiri-. ble.de l'organisme reste le même chez les uns et chez les autres. Les Malacobdelles ressemblent beaucoup aux Sangsues, si ce n'est par la disposition du système nerveux, qui chez les premiers consiste en deux cordons ganglion-, naires situés sur les côtés du corps, tandis que chez les seconds il n'y a qu'une chaîne ganglionnaire unique occupant la ligne médiane. Les Paludines ressemblent tant aux Limnées et aux Colimaçons, que pendant longtemps on les a rangés dans le grand genre Hélix ; et cependant parmi ces Gastéropodes, les premiers sont dioîques, et les seconds hermaphrodites.
Chez les animaux supérieurs, au contraire, on voit toujours des changements considérables, dans l'ensemble de l'organisme, coïncider avec toute modification profonde d'un grand appareil quelconque, et on en peut conclure, queThannonie entre ces parties doit être d'autant plus nécessaire, que la nature a rendu leurs caractères plus connexes. Ainsi, chez tous les animaux dont l'organisation est très-perfectionnée, les diverses espèces dérivées d'un même type se ressemblent entre elles par tous les caractè-
res les plus importants de leur structure; et il est des parties dont la disposition ne varie que lorsque le plan général vient à changer. Chez tous les Vertébrés pourvus de mamelles, les grands appareils physiologiques offrent les mômes caractères ; et l'ensemble de l'organisme reste invariable, au milieu de mille modiQcations dans les détails. Chez tous les Vertébrés ovipares, à respiration complète, la structure du corps varie aussi à peine, quoique les différences secondaires soient très-nombreuses-, mais chez les Reptiles, les Batraciens et les Poissons, la fixité des caractères devient moins grande; et dans chacun de ces groupes ce sont les espèces les moins parfaites dont l'anatoraie nous offre le plus grand nombre d'anomalies.
La raison de cette harmonie déterminée et invariable entre des agents physiologiques différents, dont l'observation nous révèle l'eiisience chez tous les animaux les pluspârfdfts, est souvent facile à comprendre. Ainsi, il est évident que cheï un Mammifère, dont le système dentaire est disposé pour couper de la chair et pour saisir une proie vivante, le tube digestif doit être approprié au régijue carnassier, et ne ressemblera pas à celui d'un animal herbivore; mais cet appareil digestif resterait inactif si l'animal n'était organisé de manière à pouvoir s'emparer de la proie dont il doit se nourrir: il faut que ses mouvements soient rapides et puissants; il lui faut donc un système de leviers favorablement disposés pour la locomotion, et des muscles d'une grande énergie; or, l'énergie des contractions musculaires suppose une respiration active; et les rapports de l'atmosphère avec la profondeur de l'organisme ne peuvent se bien établir qu'à l'aide d'une circulation rapide des liquides nourriciers. Ce régime carnassier nécessite aussi chez le chasseur des organes des sens très-parfaits pour le