CHAPITRE X
guider dans la recherche de sa proie, et des instruments de préhension, pour qu'il puisse s'en saisir lorsqu'il l'aura atteint. La disposition du système nerveux, du squelette, de l'appareil de la circulation et des organes respiratoires devra donc être en harmonie avec le caractère particulier de l'appareil digestif, ou plutôt toutes ces parties seront, à certains égards, dans une dépendance mutuelle dont la nécessité est évidente.
D'autres fois, les relations entre l'état d'une portion du corps et la disposition de l'ensemble ou d'une partie éloignée de l'organisme, sans être aussi faciles à expliquer, n'en existent pas moins d'une manière constante. Ainsi pour citer un exemple, qui.est ancien comme la science ellemême, puisque Aristote en a parlé, on sait par l'observation que, chez les insectes dont l'abdomen est arméd'un aiguillon, il existe toujours deux paires d'ailes membraneuses, tandis que, chez les espèces à une seule paire d'ailes, l'appareil vulnérant est placé dans la tête. Tout animal articulé qui porte des ailes ne peut avoir que trois paires de pattes, tandis que le même animal, avant que d'être pourvu de ces organes, et étant à l'état de larve, ou d'autres animaux conformés d'après le même type essentiel, mais ne devant jamais être ailés, peuvent avoir et possèdent presque toujours des pattes en nombre beaucoup plus considérable. Un animal dont le corps est divisé en anneaux est seul apte à avoir des yeux composés. Tout animal vertébré qui porte des mamelles a la mâchoire articulée directement au crâne par un condyle saillant, tandis que chez les Vertébrés ovipares elle est suspendue à un os intermédiaire, et se creuse d'une cavité ariiculaire pour recevoir l'extrémité de cette pièce. Tout Mammifère présente aussi à la base de l'encéphale une commis-
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sure que les unatomistes appellent le poot de varoie ; et chez les Vertébrés qui n'ont pas de mamelles, on ne voit, jamais cette protubérance annulmre. Les Mammifères qui, pour se développer, sont pourvus d'un placenta ont .les hémisphères du cerveau réunis par un mésolobe, tandis que, chez les Mammifères où le placenta parait manquer à l'embryon, l'animal est toujours dépourvu de mésolobe. Dans l'état actuel de nos connaissances physiologiques, il. est impossible de se rendre compte de la cause de ces coïncidences que Ton pourrait appeler des harmonies empiri-, ques; mais elles ne sont pas moins importantes à noter que les harmonies rationnelles, c'est-à-dire les dépendances dont notre esprit saisit le lien et p^t prédire l'existence. < . Pour peu que Ton étudie d'une manière comparative la structure des êtres vivants, on voit qu'il existe de- trèsgrandes différences dans l'étendue et la constance desrap« ports établis par la nature entre les diverses parties de l'organisme. Certaines propriétés ou caractères varient chez les divers individus provenant d*une souche commune, et appartenant, par conséquenS ù la même espèce. D'autres parlieularités sont communes à tous ces êtres, mais chan-, gent suivant les espèces, sans qu'il y ait, du reste, aucune coïncidence entre ces variations et des changements dans, le plan général de l'organisation. Enfin, il est d'autres parties encore qui conservent la même disposition, au milieu d'une multitude de modifications secondaires, et qui ne prennent un caractère nouveau que chez des êtres dont l'en-: semble de l'organisation porte le cachet d'un type diffé* rent. Les faits de cet ordre sont tellement multipliés, et si bien connus du vulgaire, aussi bien que du zoologiste, qu'il me semble Inutile d'en citer ici ; et nous pouvons considérer, comme étant suffisamment établi, que les modifications