‹ Introduction a la zoologie générale, ou, Considérations sur les tendances de la nature dans la constitution du règne animal (volume 2)Chapitre 21 sur 114 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

compléter ces appareils, et chez les animaux les plus parfaits de la création, l'ovaire ou organe producteur de l’ovule, ne reste pas chargé de fournir tous les matériaux organiques nécessaires à la constitution du nouvel individu ; la fonction de nourrir le germe provenant de la matière viable donnée par l'ovaire, est dévolue d’abord à l’utérus ou chambre incubatrice dont les payois alimentent l’embryon par l’initermédiaire des vaisseaux du placenta; puis appareil mammaire vient remplir un rôle analogue, achève d’administrer aux besoins du jeune animal en voie deformation, et complète ainsi le travail qui, chez le mollusque ou le poisson, s'obtient à l’aide du premier instrument producteur seulement. Ce travail se divise donc de plus en plus à mesure que le rang zoologique occupé par l'animal qui en est le siége s'élève davantage, et par conséquent aussi, on voit que la spécialité plus ou moins grande des instruments reproducteurs coïncide avec le degré de perfection auquel doit atteindre le produit à créer.

Si nous jetons les yeux sur les autres grandes fonctions -de lorganisme, nous y retrouverons les mêmes tendances : partout, à mesure que les facultés se perfectionnent, la division du travail s'accroît.

Prenons pour second exemple la digestion. Chez les animaux les plus inférieurs, il n’existe pour cette fonction aucun organe spécial ; chez les êtres les plus parfaits, au contraire, non-seulement la faculté de digérer les aliments est localisée dans une partie déterminée du corps, mais chacun des actes qui en dépendent devient le résultat de l'intervention d’un instrument physiologique particulier.

L'élaboration des matières alimentaires qui constitue ce phénomène, s’opère au moyen de sues dont l’action chimique détermine la solubilité des solides organisés que lanimal

doit absorber. Pour employer de la manière la plus utile l’agent digestif et les produits de son action sur les aliments, il faut nécessairement que le travail s'effectue dans une cavité servant de vase pour contenir tout à la fois les aliments à dissoudre et le liquide destiné à les attaquer ; il faut aussi que cette chambre digestive communique librement au dehors pour que les corps étrangers puissent y pénétrer sans obstacle : telleest, en effet, la disposition fondamentale de tout système digestif. Mais la cavité qui recoit les aliments n’est pas d’abord un organe spécial, et la faculié de produire le liquide apte à dissoudre ces matières, n’est pas localisée dans une portion déterminée de l'organisme. Il paraitrait même, d’aprèsles recherches récentes de M. Nicolet, que chez quelques animalcules des plus inférieurs, cette cavité stomacale se formerait en quelque sorte accidentellement et n’aurait qu’une existence temporaire ; car elle ne consisterait qu’en une sorte d'ampoule qui se développerait à la surface de l’organisme là où le corps étranger vient à le toucher, et qui, en se déprimant au centre, donnerait naissance à une fossette plus ou moins profonde dans laquelle ce corps s’enfoncerait; mais cette cavité s’effacerait dès que la digestion s’est effectuée, et, après l'expulsion des fèces, ne laisserait aucune trace de son existence. Ce serait donc la présence de l'aliment qui déterminerait la formation d’un estomac adventif, et cet estomac ne serait qu’une fossette transitoire creusée Sur un point quelconque de l'organisme. Mais pour peu que la constitution de l'être se perfectionne, on trouve dans le corps de l'animal une cavité préparée d'avance et destinée à être le siége du travail digestif. Cependant la faculté de digérer n’est pas encore localisée d’une manière absolue ; car chez les polypes d’eau douce, où cette division du travail com-

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