CHAPITRE IIL
mence à s'établir, on voit que toute portion de la surface du corps peut agir comme agissent les parois de l’estomac proprement dit, pourvu que sa forme lui permette cle remplir le rôle d’un réceptacle pour les aliments. En effet, nous savons, par les expériences de Tremblay, que le corps d’une hydre peut être retourné à la manière d’un sac ordinaire, et que ce renversement des rapports naturels de l'organisme avec le monde extérieur n’entrave en rien la marche du travail physiologique : car la cavité nouvelle circonscrite par la surface qui primitivement élait extérieure, remplit les fonctions d’un estomac et la digestion continue à s'effectuer comme dans les circonstances ordinaires. Mais bientôt cette similitude dans les propriétés des deux surfaces de l'organisme cesse d'exister, et la faculté de digérer, ou plutôt de produire les dissolvants digestifs, se localise et devient le partage exclusif d’une portion déterminée de la surface intérieure du corps, en même temps que la surface extérieure se trouve affectée d’une manière toute spéciale à la protection de l’ensemble de la machine vivante. |
La division du travail se montre également dans la partie mécanique de cette fonction et en rend l’action plus parfaite. Chez les animaux les plus simples, l'introduction des matières étrangères dans la cavité digestive est déterminée par les courants que les cils focomoteurs font naître dans le liquide ambiant, et ces courants servent aussi à la respiration, car ils assurent le renouvellement de l’eau aérée dont la surface du corps est baignée. Ce sont, par conséquent, les mêmes organes qui servent à la- fois comme agent de la digestion, de la respiration et de la locomotion. Mais lorsque l'appareil de la nutrition commence à se perfectionner, les cils vibratiles qui entourent
la bouche cessent de concourir à la production des mouvements de translation, et sont affectés spécialement au service des fonctions de la vie végétative ; puis la division du travail se poursuivant toujours, ces mêmes instruments cessent de concourir au mécanisme de la respiration et ne servent qu à déterminer l’introduction des aliments dans la cavité stomacale. Mais les cils vibratiles, quelque limité que soit leur rôle, ne sont jamais que des organes-de prénension bien faibles et bien imparfaits ; aussi la nature, pour obtenir de meilleurs résultats, ne tarde-t-elle pas à introduire dans la composition de l’appareil digestif des agents moteurs plus spéciaux. Ce sont d’abord des muscles particuliers disposés autour de la bouche de façon à transformer les bords de cet orifice en une sorte de pince ou de trompe protractile; puis ce sont des appendices destinés à saisir au loin les aliments et à les porter dans la cavité digestive.
En général, les matières alimentaires ne peuvent être complétement utilisées et laissent dans le corps un résidu qui doit être expulsé au dehors. Chez les animaux inférieurs tels que les Polypes, les Méduses et les Astéries, la cavité stomacale ne consiste qu’en un simple réservoir ou poche, et ne communique au dehors que par une seule ouverture ;
c’est par conséquent le même instrument physiologique qui
est chargé de l'introduction des aliments et de l’expulsion des fêces. Mais ici encore la division du travail ne tarde pas à s'établir et à amener à sa suite un perfectionnement dans les résultats obtenus : deux voies s'ouvrent pour livrer passage aux matières étrangères, et l’un de ces orifices, la bouche, est spécialement affecté à l’intromission des aliments, tandis que l’orifice opposé, l’anus, re sert qu'à l’expulsion p Sadésidus laissés par la digestion. La cavité stomacal‘anre