‹ Introduction a la zoologie générale, ou, Considérations sur les tendances de la nature dans la constitution du règne animal (volume 2)Chapitre 27 sur 114 · CHAPITRE IN · texte numérisé non relu

CHAPITRE IN

Bientôt cependant elle se localise et devient l'apanage de plus en plus exclusif d’une branchie ou d’une cavité pulmonaire. Le renouvellement du fluide respirable à la surface de cet instrument spécial résulte d'abord de l'action de cette surface elle-même, qui à ceteffet est garnie de cils vibratiles ; mais ici encore la division du travail s’introduit bientôt, et alors l'appareil respiratoire se compose de deux séries d'agents destinés, les uns à se mettre en rapport avec l'oxygène de l’atmosphère et à porter ce principe comburant dans le sang, les autres à renouveler la provision d'air à mesure que ce fluide s’altère par l’action de l'organisme. Ainsi, chez les Vertébrés, de même que chez les Insectes, les Crustacés et les Mollusques les plus élevés, les poumons ou les organes qui en tiennent lieu n’interviennent pas dans la partie mécanique du travail respiratoire, et les mouvements des fluides respirables résultent du jeu d'un autre appareil. Enfin, il est aussi à noter que cette tendance à la division du travail chez les animaux supérieurs se manifeste dans la disposition des voies par lesquelles l’air parvient dans l'organe essentiel de la respiration. Ainsi, chez les Vertébrés inférieurs, c'est par la bouche seulement que le fluide respirable arrive dans la chambre branchiale ; tandis que chez les Reptiles, les Oiseaux et les Mammifères, les conduits aérifères se continuent jusqu'au dehors à laide des arrière-narines et des fosses nasales : mais C’est chez les Mammifères seulement que ces mêmes conduits se complètent et deviennent indépendants du vestibule digestif, par l’interposition d’une cloison mobile, le voile du palais, situé entre la bouche et le pharynx.

Les fonctions de relation n’échappent pas davantage à cette tendance générale.

Chez les Amibes, les Rhizopodes et quelques autres Z00-

phytes des plus simples, toute partie vivante paraît étre douée de la propriété de se mouvoir, aussi bien que de sentir, de se nourrir et de se reproduire; mais lorsqu'on s’élève dans chacune des séries dont se compose le règne animal, on voit bientôt la contractilité ne se manifester que par l'intermédiaire d’un tissu spécial, la fibre musculaire et les organes constitués par ce tissu se séparer de plus en plus nettement des parties voisines. Les changements de position dans les diverses parties du corps qui résultent de l’action de ces fibres, et qui doivent amener le déplacement de l’animal, ne consistent guère chez la plupart des Zoophytes, des Vers, et des Mollusques que dans le raccourcissement de la partie contractile elle-même; mais chez les animaux articulés et chez les Vertébrés le travail de la locomotion se divise entre les agents qui développent la force motrice et les instruments qui l'utilisent ; appareil des mouvements se compose alors de leviers aussi bien que de muscles; et ces leviers, qui chez les Crustacés ou les insectes sont des organes formés par les téguments communs, c’est-à-dire par des parties appartenant en même temps à d’autres fonctions, deviennent à leur tour des instruments spéciaux chez les animaux vertébrés, où l’organisme s'enrichit d’un squelette intérieur. Presque toutes les parties dont se compose cette charpente osseuse sont employées à des usages similaires : chez les Vertébrés inférieurs, Chez la plupart des poissons et chez les serpents, par exemple, ce sont les mouvements du corps tout entier qui en effectuent le déplacement ; chez les Vertébrés supérieurs, au contraire, les membres deviennent les instruments spéciaux de locomotion ; et si l’on voulait d’autres preuves de la division croissante du travail physiologique chez les êtres dont la nature perfectionne l’organisme, il

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