‹ Introduction a la zoologie générale, ou, Considérations sur les tendances de la nature dans la constitution du règne animal (volume 2)Chapitre 29 sur 114 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Des moyens que la nature emploie pour arriver à la division du travail dans l’organisme animal. — Influence du principe d’économie ; système des emprunts physiologiques. — Adaptation spéciale de parties déjà existantes. — Création de parlies nouvelles. — Réfutation de l'hypothèse de la dépendance nécessaire entre la fonction et organe.

La nature, en créant le règne animal, a donné aux produits de son œuvre une diversité extrême, et nous avons vu que ce résultat a été obtenu en partie par le perfectionnement inégal des espèces zoologiques. Nous avons établi aussi que ce perfectionnement croissant correspond d’ordinaire à une division plus grande du travail vital, et semble en être une conséquence. Mais cette tendance à la spé cialité dans les fonctions des agents physiologiques, qui se prononce davantage à mesure que l'organisme se montre plus parfait, entraîne à sa suite d’autres conséquences dont il nous importe également de tenir compte.

Dans l’organisme animal, ainsi que dans une machine quelconque, le mode d’action de chaque partie est toujours intimement lié à la forme ou à quelque autre propriété de cette partie elle-même. Les instruments qui sont identiques dans leur nature et qui sont placés dans les mêmes conditions doivent posséder les mêmes facultés et fonctionner

de la même manière. Il en résulte que, là où la division du travail n’a pas été introduite dans l'organisme il doit y

avoir une grande simplicité de structure. Mais, de même

que la similitude dans les fonctions des différentes parties

du corps suppose l’uniformité dans leur mode de consti-

tution, la diversité dans les rôles doit être accompagnée de particularités dans la structure; et, par conséquent aussi, plus la spécialité d'action et la division du travail sont portées loin, plus aussi le nombre de parties dissemblables doit augmenter et la complication de la machine s’accroître. ;

Il en est effectivement ainsi, et l’anatomie, aussi bien que la physiologie, peut nous faire connaître le rang qui dans le règne animal appartient à chaque espèce; le nombre de parties dissemblables qui entrent dans la composition du corps et la grandeur des différences que ces parties présentent entre elles seront les indices du degré auquel la division du travail a été amenée et de l’étendue de la série des phénomènes spéciaux qui résultera de l’action de l’ensemble (1). |

Les Amibes, par exemple, qui paraissent être de tous les animaux les plus dégradés, ne sont composés que d’un tissu sarcotique à peu près homogène, dont la dis-

position n'offre nulle part aucune particularité bien mar- .

quée. Les hydres ou polypes d’eau douce de Tremblay ne

présentent pas dans leur organisation une simplicité si grande, mais les divers éléments anatomiques dont ils se

(1) Ce principe, sur lequel j’avais depuis longtemps appelé l’attention des zoologisies, a été dernièrement appliqué à la classification des végétaux par mon savant ami et collègue, M. Adrien de Jussieu (Voyez la partie botanique du Cours élémentaire d'Histoire naturelle, par MM. Beudant, de Jussieu et Milne-Edwards).

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