‹ Introduction a la zoologie générale, ou, Considérations sur les tendances de la nature dans la constitution du règne animal (volume 2)Chapitre 40 sur 114 · CHAPITRE VY · texte numérisé non relu

CHAPITRE VY

pour peu que l'on s’élève au-dessus de ces êtres dont l’animalité est obscure et que l’on arrive aux espèces qui sont pourvues d'instruments physiologiques spéciaux, il est facile | de se convaincre que le plan fondamental de l’organisme varie, suivant que ces espèces appartiennent à l’une ou à l'autre des grandes divisions zoologiques désignées par l'illustre Cuvier sous le nom d’embranchements du Règne animal. | Ces différences dans le type essentiel ou plan fondamental de l’économie animale dépendent surtout de deux circonstances : du mode de répétition des parties homologues, et des rapports de position des parties dissimilaires. | L’un des procédés employés par la nature pour accroître la puissance physiologique des organismes consiste, ainsi que nous l’avons déjà vu, dans la répétition de parties similaires ou homologues ; elle multiplie pour ainsi dire les exemplaires de son œuvre pour augmenter le nombre des éléments dont elle compose la machine vivante ; mais les matériaux similaires qui s’ajoutent ainsi les uns aux autres pour concourir à la constitution de l'individu, ne s’y placent pas toujours de la même manière.

Ainsi les organes homologues se groupent parfois cireulairement autour de l’axe du corps, et en se multipliant tendent à agrandir l’espèce de couronne formée par leur réunion. Dans les Méduses, par exemple, les parties essentiellesse répètent à des distances égales du centre commun, l’ordonnancement général est radiaire, et les divers systèmes circulaires dont l’organisme se compose résultent de Passemblage de quatre éléments ou de quelque multiple de ce nombre. | |

Les Polypes sont construits d’après le même plan, et

chez les Échinodermes on retrouve une disposition anaolgue ; seulement chez ses derniers c'est par cinq ou des multiples de cinq que les appareils homologues tendent à se constituer. D'autres fois, au contraire, tout est binaire dans l’économie animale, et les parties paires qui se répètent sont déposée en séries longitudinales de chaque côté d’un plan vertical qui diviserait le corps en deux moitiés symétriques, Ainsi chez la Scolopendre, dont il était question il y a un instant, de même que chezune Néréide, une Écrevisse ou un Insecte, il n’existe aucun centre autour duquel les organes homologues se groupent circulairement ; mais si l'on imagine une ligne droite s'étendant d’une extrémité de l'animal à l’autre, on voit que c’est le long de cette ligne que les matériaux constitutifs de l'organisme se trouvent rangés, que les deux moitiés de l'individu ainsi divisé sont la répétition exacte l’une de l'autre, et que c’est suivant cette même ligne que les parties homologues tendent à se multiplier. Ailleurs encore on ne reconnait ni la structure radiaire si remarquable chez les Méduses ou les Astéries, ni la symétrie bilatérale parfaite de l’Insecte ou du Crustacé : une ligne courbe, enroulée en spirale ou simplement infléchie en forme d’anse, semble avoir réglé la structure de l'animal; une partie des organes qui se voient d’un côté de cette ligne ne se retrouvent pas du côté opposé, et la tendance à la répétition est à peine visible. Le Colimaçon est un des meilleurs exemples de ce genre d'organisation, mais lespèce de contournement qui tend à rapprocher l’anus de la bouche, et l’absence de parties homologues disposées symétriquement en séries longitudinales est plus ou moins manifeste chez le Buccin, le Poulpe et une foule d’autres Mollusques. Enfin, il est encore un quatrième plan général qui semble résulter du mélange des deux types précédents et

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