CHAPITRE V
qui sereconnait chez les animaux vertébrés; là, une portion considérable de l'organisme, celle affectée aux fonctions de la vie de relation surtout, présente la symétrie bilatérale et les répétitions longitudinales qui caractérisent la structure tout entière de l’Insecte ou de l’Annélide; tandis qu’une autre portion également importante du corps n'offre ni la même composition binaire, ni la disposition sériale quenous venons de signaler et rappelle jusqu'à un certain point les formes contournées du système viscéral des Mollusques. Le tube intestinal, par exemple, ne s’étend d’ordinaire que dans une portion de la longueur du corps, et le défaut de symétrie se remarque dans presque tousles instruments des fonctions de nutrition.
Ces différences essentielles dans le mode de groupement des organes homologues coïncident avec les variations également importantes à noter que présente la position relative des principaux éléments de l'organisme. Ainsi, les rapports anatomiques du système nerveux et du tube ali-
mentaire ne sont jamais les mêmes chez un animal verté-
bré et un Mollusque. Chez le Vertébré tous les centres médullaires sont placés du côté dorsal, au-dessus du canal intestinal; tandis que chez le Mollusque ces foyers nerveux, à moins d’être réduits à un ganglion unique et rudimentaire, sont situés dans les deux régions opposées du corps, les uns au-dessus, les autres au-dessous de l’appareil digestif. Sous ce rapport les animaux symétriques par excellence, c'est-à-dire les Insectes et les autres Articulés diffèrent aussi des Vertébrés et ressemblent aux animaux contournés dont se compose le groupe des Mollusques, mais ils s'éloignent de ces derniers par d’autres particularités dans là position relative des mêmes organes, En effet,
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cupent seuls le côté dorsal de l’œsophage, et les ganglions | pharyngiens de même que les ganglions de l’appareil locomoteur sont placés au-dessous de ce canal; tandis que chez les animaux articulés, les ganglions pharyngiens (1) et cérébroïdes se trouvent du même côté de l’appareil digestif, et ce sont les ganglions de l’appareil Jlocomoteur qui seuls se logententre cet appareil et la face ventrale du corps. On pourrait multiplier les exemples de ces différences dans les connexions des grands appareils entre eux et citer ici des variations analogues dans la position relative des systèmes locomoteur etdigestif,ainsique des différences remarquables dans la position du cœur par rapport au cerveau et l’intestin ; mais les faits anatomiques que nous venons de rappeler suffisent pour montrer la diversité qui existe bien réellement dans le plan général ou mode d'ordonnancement des parties chez le Vertébré, le Mollusque, l’animal annelé et le Zoophyte, et pour faire voir que ce n’est pas en perfectionnant l’un de ces types que la nature est arrivée à la création des animaux dont se compose un autre embranchement. Une certaine tendance à l’unsté de composition est manifeste dans toutes les branches du Règne animal; car c'est toujours à l’aide de tissus plus ou moins analogues que les instruments physiologiques sont constitués, et ces instruments, appelés partout à des fonctions constantes, sont jusqu’à un certain point comparables chez tous les êtres animés. C’est toujours avec des membranes séreuses, des vésicules sécrétoires, des fibres musculaires et une sub-
(4) Je désigne sous ce nom les centres nerveux qui fournissent les nerfs de la portion antérieure du tube alimentaire et qui ont été décrits sous les noms de ganglions stomatogastriques, chez les Crustacés et les Jnsccies; tandis que chez les Mollusques on les appelle ordinairement ganglions labiaux.