‹ Introduction a la zoologie générale, ou, Considérations sur les tendances de la nature dans la constitution du règne animal (volume 2)Chapitre 42 sur 114 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Stancemédullaire, par exemple, que les principaux organes sont formés ; et ces organes sont une cavité digestive, un système glandulaire, des canaux nourriciers, un cœur, des branchies ou des poumons, des ganglions et des conducteurs nerveux, des faisceaux moteurs et des leviers, chez le Mollusque, le Crustacé ou l'Étoile de mer aussi bien que chez le Poisson, l’Oiseau ou le Mammifère; mais il n’y a pas unité de plan; et ce n’est ni en supposant que les Articulés sont des Vertébrés renversés sur le dos, ni que les Mollusques sont des Vertébrés dégradés et reployés sur euxmêmes que l’on pourra faire disparaître les différences essentielles dont il vient d’être question.

Les beaux travaux de Cuvier ont fait voir qu’il existe dans le Règne animal au moins quatre types d'organisation ‘essentiellement distincts, quatre modes de structure dont le plan général ne peut être ramené à une conception unique; que ces formes ne dérivent pas les unes des autres, et que par conséquent on ne peut les considérer comme étant les termes successifs d’une même série, ou les anneaux d’une chaîne, ou les degrés d’une échelle zoologique.

Ce qui est ainsi démontré pour les grands linéaments du plan anatomique est également vrai quant aux caractères secondaires de l’organisation, quoique dans des limites plus étroites. Ainsi, de même que la nature met en œuvre deux plans fondamentaux bien distincts quand elle crée un Insecte et un Mollusque, ou bien encore une Méduse et un Oiseau, elle ne construit pas d’après le même tracé secondaire tous les animaux chez lesquels l’ordonnancement général des parties est semblable à ce qui existe chez les Insectes. Chaque type essentiel est pour ainsi dire un fond commun sur lequel se dessine ensuite un système de lignes qui varie et qui, en se développant

de plus en plus, donne naissance à une série particulière de créations zoologiques. Ainsi les Crustacés et les Insectes sont tous des dérivés d'un même type fondamental qui est commun à tous les animaux articulés, mais ils ne forment pas une même série naturelle; ce n’est pas. en perfectionnant le Crustacé que la nature a produit l’Insecte, ni en modifiant le type secondaire propre à l’Insecte, qu’elle a créé le Crustacé; le plan d’organisation qui se voit chez le Poulpe et les autres Céphalopodes n’est pas davantage un développement ultérieur du système de tracé organique propre au Colimaçon ou à la classe des Gastéropodes en général, et le Mammifère n’est pas un Poisson perfectionné.

Cette tendance de la nature à multiplier les procédés mis en œuvre pour obtenir la diversité dans ses créations se prononce d'autant plus qu’elle arrive aux détails moins importants, de sorte que l'hypothèse d’une série unique n’est pas plus vraie lorsqu'on l’applique aux diverses espèces d’une même famille, que lorsqu'on la présente comme l'expression des affinités zoologiques des classes ou des embranchements et comme élant une figure exacte de l’ensemble du Règne animal,

La diversité des types fondamentaux qui ressort si ma nifestement des faits anatomiques est d’ailleurs mise en évidence d’une manière plus éclatante encore par l’observation des phénomènes génésiques ; et l’embryologie, loin de fournir, comme on l’avait cru d’abord, les preuves de l’unité de plan dans l’ensemble des créations zoologiques, fait voir que c’est en suivant des routes différentes que la nature arrive au but qu’elle s’est proposé. Pour s’en con vaincre il suffit de passer en revue le mode de développe= ment d’un petit nombre d'animaux appartenant à des

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