CHAPITRE VII
même type fondamental, quoique . entre elles par des caractères accessoires.
Ces ressemblances secondaires, que l’on dédiens sous Île nom d'analogies, sont qublanefois si frappantes, qu'elles masquent, pour ainsi dire, les différences essentielles, et font perdre de vue les ressemblances fondamentales ou affinités naturelles qu'ont entre eux les dérivés d’un même type zoologique.
Les Cirripèdes nous en offrent un exemple remarquable. Les Balanes et les Anatifes ont le corps protégé par des lames calcaires dont la disposition ressemble beaucoup à celle des coquilles bivalves:; aussi, pendant longtemps a-t-on considéré ces animaux comme étant des Mollusques. Mais on sait aujourd'hui, par les observations de Thompson, de Burmeister ct de quelques autres naturalistes, que les Cirripèdes sont, au fond, de véritables Crustacés; seulement, au lieu de se développer pour la vie errante, comme la plupart des espèces de cette classe, ou pour la vie parasite, comme Île font les Lernées, ils se modifient pour la vie sédentaire; et après s'être fixés sur un rocher ou sur quelque autre corps sous-marin, ils se revétent d’une armure comparable à celle de quelques Mollusques placés dans des conditions analogues.
La même tendance à la répétition se reconnaît dans l'emploi que la nature a fait des types divers d’après lesquels les animaux sont constitués. Pour diversifier ses produits, elle ne se borne pas à perfectionner de plus en plus et à adapter à des conditions d’existence variées les espèces dérivées de chaque type fondamental, elle les modifie aussi en empruntant certains caractères à d’autres types essentiels ou secondaires. Des passages plus ou moins directs s’établissent ainsi entre les groupes différents ; et
l’enchaîinement des êtres se complique au plus haut degré.
Quelques exemples suffiront pour fixer les idées quant à ces transitions zoologiques.
Les Mammifères sont des animaux conformés essentiellement pour la vie terrestre, etla plupart d’entre eux n’ont besoin de nager que dans des circonstances exceptionnelles ; mais il en est certain nombre dont les habitudes sont différentes, et dont l'organisat'on est modifiée pour s'adapter à la vieaquatique. Les Loutres, et mieux encore les Phoques comparés aux Quadrupèdes ordinaires nous offrent des exemples de cette diversité de structure, qui est, en quel- . que sorte commandée par les différences dans les condi- : tions biologiques où doivent être placées les diverses espèces dérivées d’un seul et même type fondamental. Mais la diversité ainsi obtenue était insuffisante pour répondre aux besoins de la nature créatrice, et pour arriver à des résu!tats plus considérable, nous la voyons, dans d'autres espèces, modifier plus profondément le plan organique des mammifères, à l’aide d'emprunts faits au {vpe ichthyologique. Ainsi les Baleines, les Marsouins et les autres Cétacés, sans cesser d'être des Mammifères par tous les points les plus essentiels de leur organisation, deviennent presque des Poissons pour la forme extérieure. D’autres animaux appartenant à la même classe présentent, dans leur structure, certains caractères qui semblent avoir été copits sur le tvpe spécial d’après lequet les Reptiles ont été constitués; et quelquefois même nous ne voyons dans les conditions biologiques propres à ces espèces anormales rien. qui puisse nous expliquer la raison d’un emprunt pareil. La conformation particulière des os de l’épaule chez l'Ornithorhynque et lÉchidné nous en fournit un exemple.