‹ Introduction a la zoologie générale, ou, Considérations sur les tendances de la nature dans la constitution du règne animal (volume 2)Chapitre 62 sur 114 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Dans la classe des Reptiles, les Tortues semblent avoir puisé chez les Oiscaux quelques-uns de leurs traits organiques; et chez les Poissons sauroïdes, le type ichthyologique paraît avoir subi l'influence du type dont les Reptiles sont les dérivés.

Les liens qui s’établissent de la sorte entre les divers groupes Zoologiques se multiplient davantage dans les rangs inférieurs du règne animal. Ainsi les Arachnides, dünt la respiration est d'ordinaire localisée dans une espèce de poumon multiple, empruntent quelquefois aux Insectes le système trachéen à l’aide duquel l'air pénètre directement dans toutes les parties du corps chez ces derniers animaux. Le caractère de segmentation qui est si remarquable dans l’organisation des Insectes, des Crustacés et des autres animaux annelés, n'appartient pas au type zoologique propre aux Mollusques ; mais il est cependant quelques espèces, notamment les Oscabrions, qui, tout en ressemblant beaucoup aux Gastéropodes ordinaires, ont Île corps recouvert d’une série de plaques calcaires dont la disposition rappelle tout à fait la structure du squelette téoumentaire d’un Articulé. D’autres Mollusques plus dégradés dans leur organisation, les Eschares et les Tubulipores, par exemple, deviennent par leurs formes extéricures si semblables à des Polvpes, que, pour les en distinguer, il a fallu avoir recours aux dissections les plus délicates; et, d’un autre côté, il est aussi des Zoophytes chez lesquels le caractère radiaire s’efface plus ou moins et les organes tendent à affecter le mode de groupemerit propre aux types zoologiques supérieurs.

Il serait facile de montrer que ce procédé est fréquemment employé par la nature pour diversifier ses créations parmi les dérivés des types zoologiques secondaires, comme

pour modifier d’une manière accessoire le plan essentiel de certaines espèces à l’aide de quelques dispositions organiques empruntées à une autre conception fondamentale. Ainsi, rien n’est plus commun que de voir dans la classe des Insectes une famille naturelle renfermer des membres qui s’éloignent plus ou moins du type dominant, et qui doivent leur caractère anormal à l’existence de quelque particularité de structure dont le modèle semble avoir été fourni par le type propre à une famille voisine. Mais les exemples de ce genre se présenteront d'eux-mêmes à esprit des entomologistes ; et d’en énumérer ici un certain nombre n'offrirait un intérêt géncral que si j'entrais dans des. détails descriptifs dont la place serait ailieurs. |

En résumé, done, les grandes différences introduites par la nature dans la constitution des animaux, semblent dépendre essentiellement ile l'existence d’un certain nombre de plans généraux ou tvpes distincts ; du perfectionnement à divers degrés soit de l’ensemble, soit de diverses portions de chacun de ces plans ; de l'adaptation de chaque type à des conditions d'existence variées ; et de l’imitation secondaire des types étrangers chez certains dérivés de chaque type particulier.

Page 1