‹ Introduction a la zoologie générale, ou, Considérations sur les tendances de la nature dans la constitution du règne animal (volume 2)Chapitre 68 sur 114 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

fois c'est en quelque sorte par imilation que le même résultat s'obtient ; car c’est à la suite d’une partie, et non à ses dépens, que se développe la partie nouvelle qui en cst la répétition.

La multiplieation des éléments organiques par dédoublement ou par fractionnement est souvent bien évidente chez L's Crustacés. Ainsi, dans plusieurs Salicoques, tels que les Hippolytes, les Stenops, etc., la portion de certaines pattes qui est d'ordinaire formée par le tarse ou pénultième article, se trouve composée d’une série de trois ou quatre pièces, ou même davantage, et l’ensemble de ce groupe a la même forme et tient évidemment lieu de lParticle unique dont il occupe la place.

La multiplication par répétition proprement dite ou par imitation est beaucoup plus fréquente et peut être portée très-loin sans amener aucun changement dans le plan général de l’organisme. C’est de la sorte que les anneaux du corps s'ajoutent les uns aux autres chez la plupart ts Annélides, et que la colonne vertébrale s’allonge chez l’embryon des animaux supérieurs ; el nous voyons en effet des variations très-grandes dans le nombre de ces éléments de l'organisme chez des espèces qui, d’ailleurs, sonttrès-voisines. Or, ilest facile de comprendre comment des modifications de ce genre peuvent tendre à approprier certains organes à des usages nouveaux. Ainsi, lorsque la colonne verté= brale doit former à l'arrière du corps un instrument de locomotion ou de préhension, comme chez les Poissons, les Kanguroos, les Singes, le système vertébral s’accroit de la sorte, et chez. certains animaux où les doigts doivent constituer la portion la plus importante d’une nageoire, chez les Baleines et les Cachalots par exemple, c’est par un procédé semblable queles groupes phalangienssecomposent

quelquefois de huit ou même de dix os au licu de trois comme ordinaire.

En général, ces répétitions ont lieu longitudinalement ; mais elles peuvent aussi se manifester latéralement, de facon que les parties homologues qui remplacent élément unique se développent parallèlement entre elles. Les bifurcations accidentelles qui se remarquent si souvent chez les Lézards dont la queue repousse après quelques mutilations, sont des exemples de cette tendance du travail génésique, qui ailleurs amène, soit normalement, soit d’une manière insolite, la production de doigts surnuméraires chez le Chien, la Grenouille, etc., ou la multiplicité des branches appendiculaires nées d’un article basiliaire commun, ainsi que cela se voit pour les pieds-mâchoires, les pattes et les antennes chez beaucoup de Crustacés. La nature semble avoir fait grand usage de ce procédé dans les modifications qu’elle à imprimées aux organes du mouvement pour en faire des instruments de toucher, de préhension où même de vol ou de nage. Ainsi, chez les Mam.: mifères dont les membres ne doivent servir qu’à la manière de colonnes et de leviers, pour soutenir le poids du corps et pour en effectuer le transport sur un sol résistant, iln’existe souvent qu'un ou deux doigte, tandis que chez les animaux de la même classe, dont les membres sont préhensiles, le nombre de ces appendices s'élève, comme chacun le sait, à cinq. Enfin, c'est encore par voie de répétition que les membres thoraciques des Poissons ont été pourvus des

nombreux rayons qui les terminent, car chacun de ces rayons est évidemment le représentant ou l’analogue d’un doigt.

Mais l’adaptation d’un organe ou d'un ensemble de parties à des usages nouveaux, ou leur appropriation à un tra=

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