CHAPITRE X
MT
“SMS à Conséquences du perfectionnement de l'organisme animal par la division du travail physiologique. — Principe de l'harmonie organique; harmonies rationnelles et harmonies empiriques. — Principe de la subordination des caractères. — Objections contre la doctrine des caractères dominateurs. — Valeur variable Girl même caractère.
Le grand fait de la division du travail physiologique, dans les rangs supérieurs du règne animal, entraîne à sa suite des conséquences importantes à noter. Il semble évident, par exemple, que l'indépendance des éléments de l'organisme doit décroitre à mesure que la diversité de leurs rôles augmente, et que les relations de ces éléments entre eux doivent être d'autant mieux coordonnées, et d’autant plus stables, que ces relations sont plus nécessaires à la production du résultat commun de leur action.
Ainsi, là où la division du travail est à peine commencée, l’existence même d’une portion considérable du corps est presque indifférente au mode d’action del’individu. L’étre vivant peut perdre la moitié ou les neuf dixièmes de ses organes, sans perdre complétement aucune de ses facultés; et, par conséquent, on comprend facilement que les parties dont l'influence est si faible sur le reste de l’organisme, peuvent aussi subir des modifications considérables sans que les changements introduits dans leur constitution | ke 1 4
réagissent sur la disposition des parties voisines Mais il en est tout autrement lorsque chaque élément organique devient un agent spécial; la machine vivante ne peut alors
perdre une de ses parties constituantes sans être privée .
d’une de ses propriétés ; et le résultat utile du travail de chaque agent physiologique se trouve subordonné à l’action d’autresinstruments. Or, cette connexité dans les fonctions suppose certains rapports déterminés dans le mode de constitution des parties qui se combinent pour produire un résultat physiologique commun; et il s’ensuit que l’harmonie entre les divers éléments de l’organisme doit être d'autant plus fixe et plus nécessaire, que l’animal lui-même est plus parfait. Des modifications introduites dans une partie quelconque du plan d’après lequel les animaux sont construits doivent alors appeler d’autres changements dans les parties connexes ; et cette influence d’un organe sur le reste des corps doit être d'autant plus forte et plus étendue que le rôle rempli par cet organe est plus important et plus général dans la vie de l'individu.
Ainsi, en partant des principes précédemment posés, on arrive, par le raisonnement, à conclure que la coordination des éléments de chaque organisme individuel doit être d’autant plus nécessaire et plus corstante que cet organisme est plus parfait, et que le caractère de chaque partie doit être d'autant plus fixe que la fonction spéciale de cet agent est elle-même plus importante.
Mais dans les sciences naturelles, il ne faut accepter qu’a-
vec une grande réserve des déductions de ce genre, quelque
logiques qu’elles puissent paraitre ; car les questions dont
la phYsiologie s'occupe sont si complexes qu’on ne peut ja-
mais être certain de n’avoir négligé aucun élément essentiel à la discussion; et il faut toujours chercher, dans l’ob-