‹ Introduction à la zoologie générale, ou, Considérations sur les tendances de la nature dans la constitution du regne animalChapitre 12 sur 82 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

dont l’action est plus efficace, et, par conséquent, la prépondérance des masses n’entraîne pas nécessairement à sa suite la supériorité physiologique dans les espèces. Ainsi chacun sait que les animaux les plus grands, tels que la baleine ou l’éléphant ne sont pas les plus parfaits des êtres animés, et que l’abeille ou la fourmi sont de beaucoup supérieures à l’huître ou à l’étoile de mer dont le corps est cependant bien plus gros. Mais la supériorité d’un animal sur un autre est toujours liée d’une manière étroite à la quantité de force vitale dont il dispose, et cette quantité est à son tour subordonnée en partie, au moins, à la masse des particules organisées dont le corps de l’individu se compose.

Ainsi, les Monades et les autres Infusoires proprement dits, sont de tous les êtres animés ceux dont la vie est la plus courte et les facultés les plus faibles ; ce sont aussi les plus petits de tous les animaux. Le volume de leur corps est si minime, que pour les distinguer il faut avoir recours au microscope, et leur existence est si éphémère que plusieurs générations naissent et disparaissent successivement dans l’espace de quelques heures. Les Polypes, quoique d’ordinaire bien visibles à l’œil nu, sont aussi de petite taille, et le rôle individuel de ces zoophytes est toujours obscur quelle que puisse être d’ailleurs l’importance des résultats de leur travail quand ils vivent réunis en colonies nombreuses et élèvent au sein de l’Océan des rescifs et des îles. Les Mollusques sont fort supérieurs aux Polypes par la masse de leur corps et par la puissance de leur organisme, mais ce sont encore des animaux dont les facultés sont très-faibles et dont la croissance est maintenue dans d’étroites limites. Enfinc’est parmi les Vertébrés que la puissance vitale arrive à son

plus haut degré, quant à sa durée aussi bien qu’à son développement, et c’est aussi dans cette grande division du règne animal que la taille moyenne des espèces est la plus élevée.

La même tendance se remarque lorsqu’on compare entre eux les divers membres de chacun des groupes zoologiques les plus naturels. Ainsi, parmi les mammifères ordinaires, ce sont les Rongeurs et les Insectivores dont la taille moyenne est la plus petite et dont la vie est la plus courte, la sphère d’action la plus étroite. De tous les Vertébrés connus, l’Amphioxus est le plus dégradé et il est aussi un de ceux dont le corps renferme le moins de matière organisée. Dans le grand embranchement des Mollusques, c’est le groupe le plus élevé sous le rapport phy- ' siologique, c’est-à-dire la classe des Céphalopodes qui offre les espèces les plus volumineuses; tandis que chez les Bryozoaires, dont la place est aux derniers rangs parmi tous ces animaux, le corps est toujours d’une petitesse presque microscopique. Il en est encore de même parmi les Crustacés : les espèces les plus dégradées, les Lernées et les Cyclopes, par exemple, sont au nombre des plus petites; les groupes formés par les Amphipodes, les lsopodes et les Stomatopodes, occupent dans cette classe les rangs moyens, tant à raison du perfectionnement de leur organisme que du volume de leur corps, et les espèces dont la supériorité physiologique est la plus marquée, les Homards, les Langoustes et les Crabes, par exemple, sont en même temps celles dont la masse organique est la plus considérable. Les Arachnides, les Helminthes et les Zoophyles nous fourniraient également des exemples de ce rapport entre le volume de l’individu et la puissance de 1 son organisme; mais nous croyons inutile d’insister da-

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