‹ Introduction à la zoologie générale, ou, Considérations sur les tendances de la nature dans la constitution du regne animalChapitre 11 sur 82 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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choses étant à peu près égales d’ailleurs, la masse encéphalique est plus forte.

Toute augmentation dans le nombre des instruments physiologiques, dont l’organisme se compose, doit tendre aussi à exercer une influence analogue sur l’ensemble de la puissance vitale. Si ces parties constituantes possèdent chacune des propriétés particulières, la somme des actes variés que l’animal effectue sera proportionnelle au nombre de ces organes, et si les parties se multiplient sans changer de rôle, il est encore évident que l’action de chacune d’elles venant à s’ajouter au travail des autres, le résultat total en sera nécessairement augmenté.' Ainsi chez la vipère, qui ne possède qu’un seul poumon, la respiration devra être moins active que chez le serpent boa où deux poumons fonctionnent à la fois, à moins que l’influence de cette inégalité ne soit contrebalancée par quelqu’aulre disposition organique 5 et un animal, dont le corps est mis en mouvement par quatre membres, sera susceptible de déployer, dans la locomotion, plus de force et d’agilité que si, toutes choses étant égales d’ailleurs, il n’avait que deux de ces organes. Quant à l’influence du nombre des agents physiologiques divers sur la somme des produits du travail de l’organisme, elle est trop évidente pour qu’il soit nécessaire d’en fournir ici des preuves.

La masse totale du corps est déterminée par les deux circonstances dont nous venons d’examiner les effets: par le volume de chacun des instruments ou organes dont l’assemblage constitue l’individu, et par le nombre de ces

instruments. Le raisonnement, aussi bien que l’observation,

nous montrent donc l’accroissement de celle masse comme devant tendre à augmenter la puissance physiologique des animaux, et comme celte puissance est un élément de su-

périorilé, nous pouvons déjà prévoir que, dans l’ensemble de la création, il doit y avoir une certaine relation entre le rang zoologique de ces êtres et la masse plus ou moins grande de matière vivante que la nature affecte à la constitution de l’organisme dans chaque espèce (I).

Et, en effet, si maintenant au lieu de considérer isolément les matériaux de ces organismes, ou de comparer l’animal à lui-même aux diverses périodes de son accroissement, nous passons en revue les espèces différentes où la force vitale devient de plus en plus grande et où le mode de constitution'semble représenter autant de degrés dans le développement du type idéal de l’animalité, nous reconnaîtrons également une certaine corrélation entre la puissance physiologique et le volume, du corps. Soit que l’on embrasse d’un seul coup d’œil le règne animal tout entier, soit que l’on examine tour à tour les principales divisions de ce vaste ensemble, on voit que les espèces les plus dégradées sont ordinairement celles dont le corps se trouve réduit aux dimensions les plus petites, et que la masse de matière vivante, employée à former l’individu, devient toujours considérable là où la vie doit durer longtemps et se manifester avec éclat. Le perfectionnement des organismes, il est vrai, s’opère aussi par d’autres moyens

(t) Lorsqu’on cherche à évaluer ainsi la masse des tissus vivants dont le corps des animaux se compose, il ne faut pas se contenter de l’examen comparatif du volume total de ce corps ; il faut aussi tenir compte de laquantilé de matières inertesquipeuventyôlreconienues. Ainsi il est des Méduses dont le volume est très-considérable, mais dont les tissus vivants ne forment en réalité qu’une masse très petite, tant est grande la quantité d’eau qui se trouve comme emprisonnée dans l’organisme. Or, il est à noter que la proportion des liquides, comparée aux parties solides du corps, est en général d’autant plus grande que les animaux sont moins avancés en âge et moins élevés en organisation.

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