CHAPITRE II
"randit, de nouveaux anneaux se constituent à la suite des précédents ; il s’en forme quelquefois plus de cent , mais ces parties nouvelles dont l’organisme est doté successivement ne sont pas le résultat d’autant de conceptions particulières, ce sont seulement des répétitions de ce qui avait été précédemment créé pour constituer le corps imparfait du jeune individu. Le même procédé génésique se manifeste dans le développement des Myriapodes, et après la naissance, comme dans l’intérieur de l’œuf, on voit le corps ide ces animaux s’accroître par la multiplication de parties similaires ou homologues.
Lors même que les matériaux constitutifs de l’organisme ne se forment pas ainsi successivement en se copiant les uns les autres et que leur apparition a lieu au même moment, on peut encore reconnaître dans leur mode de constitution l’influence de cette tendance du travail génésique, si le développement de ces parties s’effectue de la même manière, et si, en arrivant au terme de leur constitution, elles offrent toutes les mêmes caractères essentiels. Or, il n’est pas un seul animal dans lequel on ne trouve un nombre plus ou moins 'considérable d’organes similaires, c’est-à-dire de parties qui se répètent les unes les autres.
Chez les Polypes, les Méduses et les autres Radiaires par exemple, le corps se compose de quatre, de cinq, de huit ou même d’un plus grand nombre de portions dans chacune desquelleson retrouve les mêmes formes, lamême •structure, les mêmes propriétés physiologiques, et ces appareils similaires sont tous placés de la même manière • autour d’un point central. Chez les Astéries et les Oursins, cette tendance à la répétition dans les produits du travail organogénique influe d’une manière remar-
quable sur la constitution de chacun de ces segments du corps aussi bien que sur la disposition de l’ensemble de 1 individu ; car dans chaque rayon de l’Astérie, par exemple, on trouve une longue série de parties semblables entre elles, et dans chacune de ces parties on reconnaît encore ce principe d’économie dans la conformation de leurs pièces élémentaires. Les Crustacés et les Insectes, de même que tous les autres animaux articulés, sont pourvus d’un grand nombre d’organes similaires groupés des deux côtés de la ligne médiane du corps et se succédant longitudinalement. Chez les Myriapodes, surtout, chaque segment du corps est la répétition servile de tous les autres segments, et chez les Insectes ainsi que chez les Crustacés, la symétrie parfaite du corps et la ressemblance plus ou moins grande des divers tronçons entre eux est encore une conséquence de la même tendance.
Dans l’embranchement des Mollusques la disposition à la répétition est moins marquée que dans les groupes zoologiques dont nous venons de parier; mais chez les Vertébrés, elle semble reprendre son empire et elle devient surtout manifeste dans le mode de constitution des organes de la vie animale. En effet, dans la charpente solide du corps des Mammifères, des Oiseaux, des Reptiles et des Poissons, on voit les mêmes formes reproduites par un grand nombre de parties distinctes ; à la suite d’une vertèbre, se montre une autre vertèbre, puis une troisième et ainsi de suite dans toute la longueur du tronc ; des côtes presque identiques entre elles s’attachent à un nombre plus ou moins considérable de ces vertèbres ; enfin les membres ne sont pas seulement semblables des deux côtés du corps, ils se répètent les uns les autres et paraissent avoir été construits d’après un type unique. Or. ce que nous venons de dire