CHAPITRE H
pour les os, nous pourrions le dire aussi pour les muscles pour les nerfs et pour d’autres parties encore.
Des différences considérables dans le développement de bbaque organe, considéré en particulier, peuvent dépendre de causes analogues. Tout organe résulte de l’assemblage d’un certain nombre de parties distinctesqui ensontles matériaux constitutifs, et lorsque la masse d un de ces instruments physiologiques vient à augmenter , c’est ordinairement parla multiplication des éléments anatomiques déjà existants que l’accroissement s’en effectue. Ainsi on trouve des fibres contractiles dont la grosseur est à peu près la même dans tous les muscles; mais dans un muscle faible et grêle le travail génésique dont dépend la production delà première de ces fibres ne se sera répété que quarante ou cinquante fois, par exemple, tandis que dans un muscle épais et robuste, il se sera renouvelé beaucoup plus souvent et aura donné naissance, non pas à quarante ou cinquante fibres seulement, mais à cent, à mille ou à dix mille peut-être.
Ainsi lorsque la nature veut augmenter la puissance d’une machine vivante, elle reste toujours économe d’inventions organiques, et c’est d’abord en accumulant les produits du travail organogénique, plutôt qu’en les diver-
• sifiant, qu’elle semble avoir obtenu le résultat voulu.
Mais le rang plus ou moins élevé d’un animal dans le vaste ensemble de la création dépend bien moins de la
• somme de force vitale dont l’individu dispose, que de la précision et de la diversité de ses actes, et ce genre de perfectionnement ne s’obtient ni en augmentant le nombre, ni en élevant la force des instruments de même sorte dont l’organisme se compose. L’accroissement du corps en volume et l’augmentation numérique de ses parties constitutives no
sauraient doncsuffire pour déterminer la supériorité relative de la plupart des espèces, et pour nous rendre compte des procédés à l’aide desquels la nature a obtenu ces inégalités physiologiques! il nous faut chercher d’autres principes.