‹ Introduction à la zoologie générale, ou, Considérations sur les tendances de la nature dans la constitution du regne animalChapitre 3 sur 82 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Sommaire. — Coup d’œil général sur le règne animal — La diversité dans les résultats, et l’économie dans les moyens d’exécution, semblent être les premières conditions imposées à la nature dans la constitution de ce règne. — Le perfectionnement des organismes est une des causes les plus puissantes de cette diversité des espèces zoologiques.

Lorsqu’on jette les yeux sur les animaux innombrables qui peuplent la surface de la terre ou qui vivent dans le sein des eaux, l’esprit reste étonné à la vue de tant de richesses et n’est frappé d’abord que de la variété extrême qui règne parmi ces êtres. Chaque espèce diffère de tout le reste de la création : dans une même espèce la ressemblance n’est jamais complète entre les individus -, et si l’on vient à comparer l’individu à lui-même, on voit encore qu’en avançant dans la vie il change sans cesse. Les organismes ne sont réellement identiques ni dans le temps ni dans l’espace, et la diversité des produits semble être la première condition imposée à la nature dans la formation des animaux.

Pour apprécier toute l’étendue dec ette variété, il ne suffit pas de l’examen superficiel des animaux connus du vulgaire. En comparant entre eux les quadrupèdes, les oiseaux, les poissons et les insectes, qui d’ordinaire peuvent

fixer l’attention de chacun de nous, on remarque, il est vrai, de nombreuses et d’importantes modifications organiques; mais ce n’est pas même en passant en revue les milliers d’espècesdont les naturalistes ornent nos musées, qu’on peut juger sainementdes richesses de la création zoologique. 11 faut aussi tenir compte de tous ces êtres à formes bizarres qui se cachent dans les profondeurs de la mer et qui sont d’une constitution si délicate et si fugace qu’on ne saurait en conserver les dépouilles dans nos collections. Armant notre œil de verres grossissants, \\ faut observer ces légions d’animalcules microscopiques, dont on ne soupçonnerait pas même l’existence si le génie de l’homme n’étail venu ajouter une puissance nouvelle à l’un des instruments les plus parfaits qui soit sorti des mains de la nature ; il faut encore remonter jusqu’aux premiers temps de la vie de tous ces animaux pour assister au développement des organismes et en saisir les métamorphoses. Enfin, étendant nos recherches bien au delà de ce qui existe autour de nous, il faut tirer des entrailles de la terre les débris organiques qui ont échappé à l’action destructive du temps et qui nous font connaître les races éteintes dont notre globe était jadis peuplé. C’est ainsi seulement qu’on peut se former quelque idée des modifications sans nombre que la nature a su introduire dans la constitution des êtres animés ; et encore cette idée sera-t-elle bien au-dessous de la vérité : car chaque jour la zoologie s’enrichit d’espèces nouvelles pour la science, et il ne nous sera jamais donné de connaître tous les animaux que la terre a portés autrefois ou qu’elle nourrit aujourd’hui.

Mais lorsqu’on vient à étudier avec plus d’attention cette multitude d’animaux variés, on ne tarde pas à s’apercevoir que la nature, tout en satisfaisant si largement à la loi

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