CHAPITRE VII
Sommaire. — Influence de la tendance à l’économie sur les modiflcalions introduites dans la constitution des espèces dérivées des divers types essentiels. — Termes correspondants dans les séries différentes. — Différences zoologiques, produites par l’adaptation de certains dérivés de chaque type à des conditions d’existence variées. — Différences produites par imitation d’un type étranger ; transitions zoologiques.
Nous avons vu, clans les chapitres précédents, que la nature, en créant le règne animal, ne s’est bornée ni à mettre en œuvre un plan unique qu’elle exécuterait avec des degrés de perfection différents, ni à se copier dans les formes préparatoires qu’elle imprime aux organismes en voie de formation. Elle a construit, avons-nous dit, les cires animés en obéissant à des inspirations différentes, et a fait dériver les espèces zoologiques d’un certain nombre de types bien distincts. Mais à côté de la concession ainsi faite au besoin de variété qui semble exercer une influence si puissante sur la création tout entière, nous voyons encore les effets de cette tendance à l'économie dont l’étude du perfectionnement physiologique nous avait déjà fourni tant de preuves.
Effectivement, dans chacun des groupes d’espèces nées de 1 emploi d’un plan de structure spéciale, nous voyons
ns
zoologie générale.
les produits se diversifier par le passage de l'organisation du simple au composé ; les animaux dérivés d’un même type sont perfectionnés à des degrés inégaux-, et partout ce perfectionnement s’obtient à l’aide de moyens analogues. La division du travail physiologique se prononce de plus en plus à mesure que la nature tire d’un même fonds des résultats plus élevés, cl les procédés par lesquels l’organisme s’enrichit d’instruments spéciaux sont partout les mêmes, quel que soit le plan architectural qu’il s’agisse de développer : toujours c’est d’abord la simple adaptation de parties préexistantes, mais primitivement affectées en commun à plusieurs fonctions différentes; puis l’adjonction d’instruments de création nouvelle.
Ainsi, ce n’est pas seulement dans l’ensemble du règne animal que l’on rencontre ces grandes inégalités dans la puissance et la perfection de la machine vivante dont les exemples sont familiers à tous les esprits, mais encore entre les divers produits dérivés de chacun des types fondamentaux.
Dans tous ces groupes, nous voyons un même mode de structure générale se prêter à une multitude de degrés, soit de complication, soit de simplicité; et il en résulte l’existence d’autant de séries particulières formées par les divers termes de cette progression organique. Parmi les Vertébrés, par exemple, les Poissons sont pour la plupart inférieurs aux Reptiles, les Reptiles aux Oiseaux, et les Oiseaux aux Mammifères. Les Céphalopodes sont les plus élevés de tous les Mollusques; les Gastéropodes occupent le second rang; puisviennent les Acéphales ; les Tuniciers se placent plus bas encore; et c’est chez les Bryozoaires que le mode d’organisation propre à tous ces êtres est le plus dégradé. Les animaux annelés offrent une suite de modifications