‹ Introduction à la zoologie générale, ou, Considérations sur les tendances de la nature dans la constitution du regne animalChapitre 63 sur 82 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

non moins remarquables de changements déterminés par l’écartement ou la réunion plus ou moins intime d’une série constante d’éléments organiques. Ainsi, dans la Sauterelle, on trouve à la face inférieure du corps une longue chaîne de ganglions arrondis, étendue depuis le front jusque dans le voisinage de l’anus; et chacun de ces centres médullaires donne naissance aux nerfs destinés au segment du corps dans lequel il est logé. Chez le Scarabée, au contraire, il n’existe en arrière du cerveau qu’une seule masse nerveuse logée dans le thorax ; et c’est de ce centre unique que partent les nerfs de l’extrémité postérieure du corps et de tous les segments de l’abdomen, aussi bien que ceux des ailes et des pattes appendues au thorax. Mais ici encore les différences sont plus apparentes que réelles; car chez tous ces Insectes il existe le môme nombre de foyers d’innervation; seulement, chez l’un les ganglions sont très-espacés, et réunis seulement par des connectifs très-grêles, tandis que chez l’autre ils sont tous agglomérés dans la portion céphalothoracique du corps et réunis en une masse commune.

C’est surtout parmi les dérivés du type Annclé que les résultats déterminés par ce principe modificateur sont nombreux et saillants; mais on en reconnaît les elfels dans l’organisme d’un grand nombre d’autres animaux inférieurs; et les Vertébrés nous en offrent des exemples bien connus de tous les anatomistes tels que la formation de la carapace des tortues par la réunion intime des vertèbres dorsales et des côtes; la représentation de cinq vertèbres lombaires dans le squelette de l’homme par un os unique, le sacrum; et la disposition du pied chez les Ruminants, où los du canon tient la place de deux os métacarpiens qui seraient réunis entre eux.

L'agrégation organique peut s’effectuer de différentes manières : par juxtaposition, par soudure, ou par une sorte de fusion primordiale, que je désignerai sous le nom de développement confus.

Les modifications introduites dans la structure d’animaux conformés d’ailleurs sur un même plan et constitués à l’aide des mêmes matériaux, dépendent en effet fort souvent d’un simple rapprochement entre des parties qui ailleurs sont écartées entre elles; et, en général, cet écartement est un indice d’imperfection. Nous venons d’en rappeler des exemples en parlant des modifications du système nerveux chez les Insectes et les Crustacés; et nous pourrions ajouter ici des faits du même ordre, fournis par l’élude comparative des centres médullaires chez les Mollusques ; car les trois paires de ganglions principaux qui, chez les Acéphales, se trouvent l’une près de la bouche, l’autre dans le voisinage de l’anus, et l’autre encore dans le pied, viennent se grouper autour de l’œsophage chez les Gastéropodes, et se rapprochent encore davantage chez les Céphalopodes. Chez les Èolidiens, les organes sécréteurs de la bile sont disséminés dans presque toutes les parties du corps; tandis que chez les Mollusques ordinaires, ils sont agglomérés pour constituer une glande unique, le foie ; mais au milieu de la masse compacte ainsi formée, ils conservent encore toute leur indépendance.

Lorsque dans le squelette des Vertébrés un os ou un système de pièces solides perd de son importance et tend à disparaître de l’organisme, on le voit d’ordinaire s’isoler en quelque sorte, et perdre ses connexions avec le reste de la charpente osseuse. Ainsi, les os des hanches et tout le système des membres abdominaux se trouvent écartés de la colonne vertébrale chez la plupart des Poissons, et suspendu

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