‹ Introduction à la zoologie générale, ou, Considérations sur les tendances de la nature dans la constitution du regne animalChapitre 78 sur 82 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

soit anatomique ou même chimique, qui domine d’une manière absolue la constitution de l’animal ou de la plante et qui règle nécessairement la nature essentielle de l’être vivant. La faculté de sentir et de se mouvoir, l’existence d’un système nerveux ou d’une cavité digestive, ou la prédominance des principes azotés, sont les caractères les plus généraux de l’animalité 5 mais il n’est aucune de ces propriétés qui ne puisse ou manquer chez quelque animal dégradé ou bien se rencontrer dans un végétal. Le même individu peut quelquefois, à ditïéren tes périodes de son existence, vivre à la manière des animaux et des plantes; et lorsqu’il semble changer ainsi de nature, on n’aperçoit dans sa constitution aucune modification constante et fondamentale. On connaît des animaux, les Éponges par exemple, qui ne laissent apercevoir dans leur intérieur aucune trace du système nerveux, qui n’ont pas d’estomac, et qui , à une certaine période de leur existence, ne donnent plus aucun indice de sensibilité ni de contractilité ; quoique dans le jeune âge ils aient possédé toutes les propriétés des animaux ordinaires; et d’un autre côté il est aussi des quelques végétaux inférieurs qui jouissent pendant quelque temps, ou même pendant toute leur vie, de la faculté de se mouvoir, et donnent alors des signes non équivoques de sensibilité. L’essence de l’être n’est donc liée à aucune de ces propriétés anatomiques ou physiologiques. Or, un caractère dont la présence ne détermine pas toujours les mêmes conséquences quant à la nature des corps vivants, et dont l’existence n’est pas constante chez tous les corps d’une constitution similaire, ne peut être réputé un caractère réellement dominateur.

Si l’on compare entre eux les principaux groupes dont se compose le règne animal, on n’aperçoit pas davantage une fixité invariable dans les rapports des dispositions or-

règne animal et qu’il est parvenu à faire apparaître aux yeux du naturaliste toutes ces Faunes anciennes dont la destruction semble avoir précédé de longtemps la présence de l’homme sur la surface du globe, et dont on n’a pu soupçonner l’existence que par quelques débris d’ossements enfouis dans la terre. Elle plaît à l’esprit par sa simplicité et sa précision, elle permet la coordination d’un grand nombre de faits, et par conséquent elle facilite beaucoup les premières études du naturaliste; mais lorsqu’on approfondit davantage les investigations anatomiques, on est conduit à se demander si elle est réellement l’expression de la vérité, ou plus tôt si elle est conforme aux résultats fournis par l’expérience.

Le principe de la subordination des caractères , c’est-àdire de l’inégalité dans leur valeur relative, est indubitable; mais existe-t-il, dans l’organisation de l’animal, une partie dont la disposition règle l’ordonnancement du reste de l’économie? Connaît-on un caractère anatomique quelconque dont la présence suppose nécessairement la coexistence d’une série d’autres particularités organiques qui manquent lorsque ce caractère est absent? Y a-t-il même incompatibilité entre tel mode de conformation d’un instrument, déterminé et un type essentiel quelconque?

Lorsque les zoologistes n’avaient encore porté leur attention que sur les animaux les plus parfaits de chaque groupe naturel, on devait répondre affirmativement à ces questions; mais depuis qu’on a étudié d’une manière sérieuse les espèces dont l’organisation est plus simple, et celles qui tendent à lier entre elles des groupes différents, on a vu que les rapports organiques ne présentent pas toute l’invariabilité que suppose la doctrine des caractères dominateurs.

Ainsi, je ne connais aucun caractère, soit physiologique,

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