‹ Introduction à quelques points de l'occultisme expérimentalChapitre 5 sur 8 · I. — LA SUGGESTION POST MORTEM · texte numérisé non relu

I. — LA SUGGESTION POST MORTEM

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Chacun sait ce qu’est une suggestion : la façon de faire naître une idée dans le cerveau.

On croit communément qu’une suggestion ne peut être produite qu’en cours d’hypnose, c’est une erreur. Certes, la suggestion hypnotique se produit bien plus facilement, bien plus énergiquement, sur un cerveau soumis au sommeil nerveux ; mais j’étonnerai beaucoup de personnes en leur apprenant que notre vie normale, notre

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vie de tous les jours n'est guidée que par une série ininterrompue de suggestions qui prennent le nom d'hétéro-suggestion quand elles nous sont communiquées par une tierce personne, et celui d'auto-suggestion lorsque l'idée naît spontanément dans notre cerveau.

Exemples :

— Vous rencontrez un ami qui vous offre un verre de bière, vous acceptez : hétéro-suggestion.

— Vous entendez la corne d'une automobile, et, pensant que vous seriez plus en sécurité sur le trottoir que sur la chaussée, vous vous garez : auto-suggestion.

Toute notre vie courante, je le répète est conduite par la suggestion.

Il y a des fois où cette suggestion n'est pas admise et d'autres où l'idée suggérée s'impose d'ellemême à nous... D'où vient cette

différence ? Tout simplement de la force, de l'énergie, de l'autorité — même simplement momentanées — du cerveau suggestionneur sur la faiblesse et la dépendance du cerveau suggestionné. On comprend dès lors, comment l'hypnose, mettant le cerveau du sujet sous la domination de l'hypnotiseur ou du magnétiseur, facilite singulièrement la suggestion, que celle-ci s'opère par parole, par geste, ou même tout simplement, par ordre mental, puisque le cerveau de ce sujet est alors en étroits rapports avec celui de l'opérateur.

La suggestion, ai-je dit, peut se donner à l'état de veille comme à l'état de sommeil, elle peut même comporter une réalisation immédiate aussi bien qu'une échéance plus ou moins lointaine ; dans ce dernier cas, le sujet revenu à l'état normal, ne se doute aucunement de

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Tordre qui lui a été donné en cours de sommeil et qui demeure enfoui dans sa subconscience jusqu'au moment indiqué pour l'exécution ; il passe alors dans la conscience de l'individu et la suggestion se réalise.

Il me souvient à ce propos qu'un jour, plusieurs personnes étant réunies chez moi pour assister à quelques phénomènes magnétiques, je donnai — très incidemment — au sujet la suggestion : « Après la séance, nous allons prendre le thé ; lorsque je vous offrirai du sucre, vous entendrez soudain crier « Au feu ! ». La séance prit fin environ une heure plus tard, et personne ne pensait plus, moi moins que quiconque, à une suggestion donnée, je le répète, tout à fait incidemment, lorsqu'on passa dans la salle à manger. Ma femme offrit le thé et fit circuler le sucrier qui passa

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de mains en mains. Puis la conversation devint générale. A un moment, le sujet venait d'accepter une seconde tasse de thé, lorsque je m'aperçus que le sucre était près de moi ; le sujet causait alors très placidement avec ses voisins, sans penser à l'ordre antérieurement donné ; je lui dis en lui tendant le sucrier : « Madame G..., je crois que votre thé n'est pas sucré... »

Aussitôt le sujet se leva d'un bond, bousculant la table, et s'écria :

« Mais il y a le feu. Vous n'entendez donc pas ? » et il se précipita vers la sortie où j'eus quelque peine à le rejoindre pour arrêter sa fuite.

De tout ce qui précède, il résulte que toute suggestion — j'entends toute suggestion bien faite — crée un monoïdéisme qui demeure latent chez l'individu et se révèle à lui, au moment indiqué pour sa réalisation, avec une énergie extra-

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ordinaire qui pousse le sujet, comme contraint et forcé, vers son exécution. En un mot, à ce temps fixé pour l'aboutissement de la suggestion, le sujet n’est plus lui-même : il est avant tout, au moins jusqu’à certaines limites, l’esclave de la suggestion donnée.

On s’est demandé : L,a suggestion ne peut-elle devenir une source de dangers sociaux ? Oui, et non, suivant le point de vue auquel on se place. Il est évident que si l’on donne à un être amoral, à un criminel en principiation, la suggestion de tuer, cette suggestion pourra aboutir à son accomplissement, mais seulement par suite d’un concours de circonstances ou vraiment fatales ou soigneusement préméditées. Mais, dans ce cas, l’instigateur du crime peut toujours être découvert par une suggestion contraire.

Mais si la suggestion donnée à un sujet honnête, entre en conflit avec sa conscience, il en résultera seulement, chez le sujet, au moment de la réalisation, une violente crise nerveuse qui arrêtera net l'effet de la suggestion.

Donc, un tel danger existe bien théoriquement ; mais, pratiquement, il a besoin pour se présenter, de tant de contingences, qu'on peut le regarder comme nul : la suggestion criminelle qui réussit ne doit donc être considérée que comme une très rare exception*

Je n'en dirai pas autant de certains dangers que peut faire courir aux sujets une suggestion imprudente.

Voulant me rendre compte des risques où en pareil cas on peut jeter un sujet, je dis un jour à l'un des miens, alors à l'état de veille : « Si je vous ordonnais d'ouvrir cette

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fenêtre et de vous jeter dans la rue, auriez-vous la force de me résister ? » Le sujet pâlit, joignit les mains et supplia : « Oh ! monsieur, ne me donnez pas de tels ordres, je vous en prie, je serais forcée de vous obéir ! » Et je répète que le sujet était alors à Tétât de veille, c'est-à-dire en possession de sa pleine conscience, et que ma seule autorité sur lui résultait des séances antérieures que j'avais eues avec lui.

Il est donc de ces suggestions que jamais un expérimentateur honnête ne doit donner à un sujet ; et, au premier plan de ces suggestions interdites, se trouvent celles relatives à la mort.

Ceci peut paraître en opposition absolue avec ce qui va être dit plus loin, de mes recherches dans la mort au moyen de l'hypnose :

il n'en est rien, attendu que, comme

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on le verra, j'utilise ce qu'on appelle la régression de la mémoire , qui replace le sujet avant sa naissance, mais à aucun prix je ne voudrais utiliser la précursion de la mémoire qui le situerait après sa propre mort ; dans le premier cas je suis assuré de pouvoir le ramener au temps présent, dans le second cas, je ne serais sûr de rien ; dans le passé, connaissant le sien, je puis le faire évoluer sans péril ; il en irait tout autrement dans l'avenir — que j'ignore.

Dans son numéro de juillet 1924 Psychic Magazine relate le fait suivant : Un jour le peintre belge Wiertz, qui était un remarquable sujet hypnotique, voulut savoir, en 1891, ce que pense la tête d'un guillotiné. Dans ce but, il se fit placer en hypnose par un médecin, sous l'échafaud même, et mettre ainsi en rapport — par suggestion —

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avec la tête de rhomme qu'on allait guillotiner. Le résultat de cette effroyable expérience fut de constater que la vie, la pensée et la souffrance se prolongent un certain temps après la décollation.

Mais que penser du docteur D. qui consentit à se prêter à telle épreuve ?

Sa seule excuse est d'y avoir été sollicité par le sujet lui-même, et, malgré tout, il a endossé une responsabilité terrible : celle de ne ramener à l’éveil qu'un sujet dont la raison aurait sombré dans l'aventure — si même une vie humaine n'avait pas payé une telle imprudence.

Toute suggestion dangereuse pour qui que ce soit, et surtout pour le sujet, doit donc être impitoyablement éliminée par la conscience de l'opérateur, de qui la règle absolue doit être la suivante :

respecter assez son sujet pour n'agir

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envers lui, à Tétât d'hypnose, que comme il agirait avec lui à l’état de veille.

Ceci nous amène à parler des expériences magnétiques sur les mourants, des suggestions postmortem , et à demander : Jusqu’à quel point a-t-on le droit, pour poursuivre la solution de problèmes d’intérêt général, d’agir sur un mourant ? Et d’abord, est-il possible de procéder magnétiquement en telle occurrence ?

Si Ton a bien saisi tout ce qui précède, on comprendra sans peine qu’il est très facile de créer une suggestion chez un mourant, d’abord parce que, au moment du décès, le malade se trouve dans un état hypnoïde qui ressemble singulièrement au sommeil nerveux (il est en quelque sorte situé au moins partiellement sur un plan différent du monde sensible, où il perçoit des

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visions, des paroles, etc.) et parce que ensuite sa volonté est pour ainsi dire anéantie ; il se trouve donc absolument dans Tétât voulu pour recevoir et, par suite, réaliser une suggestion.

Dans ces conditions quoi de plus simple que de lui en donner une dont son esprit immortel emporterait avec soi le monoïdéisme de Tautre côté du voile, et dont la réalisation à point nommé, de ce côté-ci du voile, constituerait une éclatante affirmation de la survie ?

— Mais, dira quelque timoré, une telle expérience serait épouvantable !

— Ne nous payons pas de mots :

cette expérience ne présente aucun danger pour qui que ce soit ; elle serait simplement transcendantale, et nous qui étudions Thypnose avec la conviction absolue que Thypnose nous livrera un jour la clé de tous les mystères, où se

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débat rhumanité, nous faisons tous les jours sur nos sujets des expériences qui ne cèdent en rien à celleci comme portée, et qui sont parfois infiniment plus dangereuses.

— Cette épreuve serait vraiment terrible à réaliser,

— Infiniment moins que celle citée plus haut de la mise en rapport d'un sujet vivant avec la tête morte d'un supplicié... et cependant cette autre tentative a été réalisée.

— Mais ce serait manquer de respect à la majesté de la mort !

— Détrompez-vous, ce serait éclaircir le mystère de la mort pour en faire comprendre la majesté sublime aux vivants.

— Mais cela est impossible, et la preuve, c'est que bien que l'idée ait dû venir à plus d'un, jamais encore l'expérience n'a été tentée.

— Cela est très possible, voyez plutôt à cet égard les explications

que je donne plus haut. Et cela est si possible que plusieurs fois déjà, CEEA a ÉTÉ FAIT, je le sais.

— Mais le public n'en connaît rien ?

— Non, le public n’en connaît rien, et pour cause. Mettez-vous donc à la place de l’opérateur et dites si, agissant à l’insu de la famille, sans l’autorisation expresse, obtenue d’avance du mourant, car telle est la condition absolue de l’expérience, il lui était aisé de faire une suggestion sérieuse, entourée de toutes les garanties de réussite, et surtout d’en proclamer les résultats sur la place publique ?

— Et quels ont été ces résultats ?

— On les connaîtra le jour où l’opération sera reprise sur un sujet bénévole comprenant qu’en se livrant ainsi, il rend un immense service à ses frères en l’humanité ;

acAs-.

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le jour où, par suite du consentement préalable de l'intéressé, on n'aura plus à s’incliner devant le scrupule toujours respectable des familles ; le jour enfin où, agissant uniquement en vue de la science, il sera loisible d’entourer le phénomène de toutes les garanties, de toutes les précautions scientifiques voulues, pour pouvoir ensuite crier aux foules : La survie existe !

Et ce jour n'est peut-être pas loin...

IL — h 'EXPLORATION DE DA MORT

Ce que je vais dire ici est plus ou moins connu de tous ceux qui se sont occupés ou s’occupent plus ou moins activement de magnétisme, mais enfin ces pages ne seront pas lues uniquement par des spécialistes et je dois quelques explications au lecteur, quel qu’il soit, qui a bien voulu me suivre jusqu’ici.

Pour pénétrer dans le Mystère de l’Au-delà, on ne savait jusqu’à présent que le mode d’exploration mé-

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diumnique. Or, qu’est-ce que la médiumnité? Au vrai, nous n’en savons rien, si ce n’est que cet état, considéré par les uns comme pathologique et par les autres comme simplement anormal, s’accompagne très généralement de dispositions neurologiques spéciales, de telle sorte qu’on peut dire d’un médium ce qu’on dit d’un sujet hypnotique ou magnétique : c’est un nerveux ! Et cela est d’autant plus vrai que la crise médiumnique, l’état qu’on désigne d’ordinaire par le mot anglais trance , ne se distingue en rien de l’hypnose, au point qu’on a pu dire avec toutes les apparences de la réalité : La trance est une hypnose causée par une magnétisation intense due à des Entités de l’au-delà. Or, si j’ai toujours étudié avec passion les phénomènes médiumniques, je me suis toujours tenu sur la plus

extrême réserve quant à la documentation médiumnique . Et voici pourquoi :

lorsque j'expérimente avec un sujet magnétique, je sais où je l'entraîne, je sais où il va ; je puis lui donner toutes les suggestions nécessaires, lui ordonner par exemple de ne me dire que ce dont il est assuré, ou lui défendre de puiser ses réponses dans mon cerveau ou dans celui d'un des assistants. Je sais en un mot jusqu'à quel point je puis faire foi à ses paroles.

Lorsque ce même sujet est, devant moi, magnétisé par un autre opérateur, je suis déjà beaucoup moins v sûr *de ce qu'il dit ; mais au moins J'ai-je, comme répondant de lui, son magnétiseur à qui je puis demander s'il a pris toutes les précautions nécessaires pour n'être pas induit en erreur par les paroles du sujet.

Mais si le magnétiseur est une Entité astrale, quel est son répondant vis-à-vis de moi ? Personne, Quel critérium ai-je de la véracité du sujet ? Je ne sais même pas si ce qu'il me dit ne lui est pas soufflé par son magnétiseur de l'Au-delà...

Aussi me méfié-je singulièrement de tout ce que, dans un but de documentation, peut me dire un médium en cours de trance.

J'ai donc cherché %—* et ^depuis longtemps — un procédé me permettant de savoir, en dehors de tout médium, ce qui se passe dans l'Au-delà de la mort. Et il me sembla, à la réflexion, que la Régression de la mémoire pourrait me conduire au résultat désiré.

Qu'est-ce que la régression de la mémoire ? Voici : un simple petit fait, d'apparence insignifiante, devait conduire mon regretté Maître, le colonel de Rochas, à une de ses plus magnifiques découvertes de psychologie expérimentale. Il remarqua que, lorsqu'il demandait à ses sujets en hypnose : « Que faisiez-vous hier ? il y a huit jours ? »

Les uns répondaient : « Je faisais ceci », alors que les autres répondaient : « Je fais ceci ». Il chercha la cause de cette différence dans les réponses, et acquit ainsi la certitude que ceux qui parlaient au passé faisaient appel à leur mémoire

normale, alors que ceux qui parlaient au présent se trouvaient situés,dans le temps,au moment même dont ils parlaient. I,es résultats de cette découverte furent excessivement importants. Ils amenèrent le génial inventeur à faire remonter à ses sujets le cours de leur vie présente jusqu'aux extrêmes origines, puis à les rejeter dans leur vie antérieure qu'il leur faisait remonter de même, et ainsi de suite; c est de la sorte qu'il établit aussi sûrement que cela se peut en pareille matière — où tout est encore si incertain — la pluralité des vies successives chez l'être humain.

Il m'avait dès longtemps semblé qu'il y aurait quelque curiosité, au lieu de rejeter le sujet d'une vie dans une autre vie antérieure, de le faire séjourner entre deux vies et de se faire documenter par lui sur ce qui s'y passe, lorsque j'en parlai

à M. de Rochas, sa réponse m’étonna d’abord :

— Non, me dit-il, cela me fait peur.

Je connaissais le Colonel pour n’être pas — loin de là — un pusillanime ; toutes ses expériences, parfois très osées, en psychologie expérimentale, toute sa vie de soldat protestaient contre ce mot :

je lui demandai des explications.

J’appris alors de lui que certaines de ces expériences, en donnant heu à l’intrusion d’Entités mauvaises de l’astral, avaient fait courir — à ses sujetfs et à lui-même — de véritables dangers ; aussi évitait-il de faire séjourner ses sujets dans ce milieu où, plus que n’importe où, on se trouve fatalement en contact permanent avec des Etres du Mystère.

Dès lors, j’étudiai la question de façon à neutraliser les dangers qu’il

m'avait signalés, et j'imaginai un certain nombre de précautions pour empêcher l'intrusion d'êtres hostiles dans ses expériences. Je n'en citerai que deux.

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La première fut ce qu'on appelle communément le cercle magique.

Antérieurement je ne croyais pas beaucoup à l'efficacité de ce procédé de protection qui me semblait uniquement dû à l'imagination maladive des magistes du Moyen-Age ; mais des expériences entreprises avec des sujets magnétiques pour tirer au clair la valeur de ce mode de protection m'avaient montré, à n'en pas douter, son incontestable efficacité. Je le perfectionnai donc en y ajoutant une sorte de voûte faite comme lui de ma plus intense volonté, de façon que, en cours

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d’expérience, le sujet fût soustrait à l’invasion de toute influence mauvaise, dans un réseau de protection aussi puissant que puisse l’établir un vouloir humain.

La seconde précaution fut de dédoubler préalablement le sujet en organisme matériel d’une part, et âme (ou fantôme) de l’autre, de telle façon que, en cas d’accident toujours à redouter, je pusse soigner matériellement son corps physique et magnétiquement son fantôme extérioré.

A part ces précautions — et d’autres — mon mode d’opérer est très simple et ressemble en somme, à quelques différences près, à celui qu’utilisait mon maître :

Faire rétrograder le sujet dans le temps, par suggestions successives, jusqu’à l’âge de deux ans où, l’enfant ne parlant pas encore, je prends le pouls dont le fonctionnement me

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guide pour le reste de l'expérience ; je fais remonter le sujet à un an, à un mois, à un jour, à une minute, à une seconde— puis je lui ordonne de passer dans sa vie utérine que je lui fais remonter de même jusqu'au moment de la conception, où je le rejette dans l'Au-delà, c'està-dire dans l'état où il était avant sa naissance et où il se retrouvera après sa mort.

Contre la réalité objective de ce phénomène, plusieurs critiques peuvent être élevées que je vais tout de suite examiner.

— En pareil cas, le sujet ne trompe-t-il pas? — L'hypnose, quand elle est bien conduite, est en principe un état où le sujet est étroitement uni à son magnétiseur de telle sorte qu'on peut dire que sujet et agent ne font qu'un cérébralement parlant ; dans ces condition^ la seule possibilité de ment^fjjfc

lui apparaît même pas — on ne se ment pas à soi-même.

— Le sujet ne se trompe-t-il pas ? — Ceci est plus grave, parce qu'on peut avoir affaire, sans s'en douter à ce qu'on appelle un roman subliminal que, inconsciemment, le sujet se crée à soi-même et qu'il vous décrit de bonne foi comme si ce lui était un objet extérieur. Mais cette difficulté n'est pas insoluble :

il suffit de le soumettre, dès les premiers degrés de l'hypnose, à des suggestions formelles et appropriées, telles que, par exemple, de ne dire que ce qu'il voit, que ce dont il est sûr, de ne puiser ses réponses ni dans son propre cerveau ni dans celui d'aucun des assistants, etc.

C'est d'ailleurs affaire d'éducation technique pour le sujet ; en d'autres termes, je me méfie d'un sujet neuf ou que je ne connais pas ; mais quand j'ai affaire à un sujet

— Mad. Lambert — à qui le Colonel de Rochas a suggéré pendant de longues années, et à chaque séance, de ne dire que ce dont il est pleinement assuré, j'ai confia&e, je sais que ce sujet préfère se taire plutôt que de faire une réponse dénuée de certitude, ou bien, s'il croit devoir me répondre quand même, il a l'habitude d'expliquer les motifs qui lui ont dicté sa réponse; de la sorte, je juge moi-même ce que j'en dois penser.

— Le sujet|n'est-il pas|trompé ?

— Ceci est encore plus grave, en ce sens que le sujet peut être entouré d'Entités astrales mauvaises, qui font défiler devant sa vue interne des clichés faux, élaborés par elles dans un but de mensonge.

Mais contre de telles manœuvres, nous ne sommes pas encore désarmés, à la condition toutefois de ne pas disposer d'un unique sujet mais

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de pouvoir en interroger un certain nombre. En effet, comme aucun être humain nepossèdede mentalité absolument, identiquement semblable : à celle d'un autre, il en résulte que les Entités astrales qui ont prise sur l’un, sont sans possibilité d’action sur un autre. Il nous est donc aisé d’avoir successivement recours à des sujets différents entre eux, de leur poser les mêmes questions et de faire ensuite des recoupements entre leurs réponses, de façon à en dégager la vérité.

C’est à l’aide de ce procédé que j’ai pu établir mon ouvrage sur la Vie Posthume d'après la Psychologie expérimentale , la psycho-physiologie et la Physique , où, de plus, j ’ai eu recours à la précaution supplémentaire de ne baser nies recherches que sur les dires de sujets en quelque sorte agnostiques,

en matière de philosophie et de religion, et surtout incapables foncièrement de m'établir un corps de doctrine tel qu'il est résulté de mes enquêtes et de mes expériences.

D'ailleurs, en général, nous avons pour scruter la bonne foi d'un sujet, de ces observations qu'il est impossible de frauder, par exemple, dans le phénomène de la régression de mémoire y le fait que la voix du sujet se modifie pour devenir jeune puis infantile quand on le ramène à sa prime enfance, ou bien le fait que, quand il est rejeté dans la vie utérine, il prend immédiatement la position caractéristique du fœtus, avec une seule différence provenant d'une question d'âge : chez les jeunes sujets la position qu'ils prennent est absolument celle du fœtus ; chez les sujets plus âgés, à qui manque une suffisante souplesse, les bras seuls font le geste voulu.

On voit, par tout ce qui précède, qu'en aucun cas ne nous manquent les éléments de contrôle que nécessitent ces délicates expériences.

Il ne faut pas croire d'autre part qu'elles se font avec facilité — au contraire, il faut y déployer une volonté intense et infrangible, être en un mot maître absolu du sujet.

Celui-ci en effet, tant qu'il n'y a pas chez lui une accoutumance parfaite, cherche à se dérober, par tous les moyens en son pouvoir, à une expérience au cours de laquelle il se sent progressivement abandonné par tous les éléments supérieurs qui constituent, pour partie, l'individu normalement vivant ; et la lutte devient particulièrement intense lorsque, rejeté avant la conception, il sent s'éloigner de lui la force vitale qui est à la base de son être. J'ai vu, en de pareilles conditions, des sujets se

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rouler sur le sol en refusant de se soumettre. Et il faut bien le dire, l'accoutumance ne se produit pas du jour au lendemain — elle ne s'établit qu'après une plus ou moins longue série d'essais et de tentatives.

D'autre part, un obstacle d'une nature particulière s'oppose généralement à la conduite de cette expérience : Notre globe est immédiatement entouré dans les parties basses de l'astral, d'une région que, dans mon étude sur la Vie Posthume , j'ai appelée la zone d'effroi. Eà, en effet, demeurent tous les défunts inférieurs qui ne peuvent se résoudre à abandonner leurs joies malsaines de la vie, les prochains réincarnés qui reculent devant l'épreuve terrestre imminente, et tous les êtres humains dont la vie a été suspendue par leur faute, suppliciés, suicidés, ainsi que

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l'animalité dégagée de la vie terrestre. Et Dieu sait quelles haines contre l'homme sont emmagasinées dans une animalité que nous avons fait tyranniquement souffrir sur terre ! et tout cela forme une meute terrible dont le franchissement se hérisse de difficultés. A part une unique exception, tous mes sujets soumis à telle expérience me suppliaient, une fois dépassé, en remontant, le moment de la conception, de ne pas les laisser dans cet épouvantable pandémonium mais de les rejeter en plein plan astral. Un seul sujet, je viens de le dire, a consenti à franchir en quelque sorte pas à pas cette zone d'effroi, et c'est de lui seul que je tiens ma documentation en ce qui la concerne ; mais invariablement pendant près de deux ans toutes mes séances d’exploration avec lui, dans ce cercle spécial, se termi-

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naient par une épouvante terrible, contre laquelle il n'y avait pas à lutter, et, aussitôt qu'elle se manifestait, je me voyais obligé de ramener le sujet en arrière, à la période de gestation, puis à sa naissance, et enfin à son âge normal. Or tous nos sujets situés en plein astral m'ont décrit leur façon d'être sur ce plan, l'économie générale du milieu, les êtres et les choses qui s'y rencontrent, les faits dont ils .sont témoins, etc. C'est ainsi que, par des recoupements faits entre leurs différents témoignages, il m'a été possible d'établir la théorie générale du plan astral que j'ai donnée dans mon étude de La Vie Posthume .

Et j'ajouterai que j'ai beaucoup plus de confiance en cette source de documentation que dans les dires de médiums dont on n'est jamais sûr qu'ils ne soient pas inspirés par quelque Entité du Mystère

dont le contrôle nous échappe absolument.

Ce mode particulier d'exploration de la mort au moyen du magnétisme, opposé à la voie, uniquement pratiquée jusqu'ici,du médiumnisme, a fait l'objet d'une communication au III e Congrès International de Psychologie expérimentale qui s'est tenu à Paris en juillet 1923.

I,a question de la régression de la Mémoire donne lieu à un important corollaire dont il nous faut dire ici quelques mots.

On a vu plus haut que, à propos des suggestions, j'ai déconseillé absolument toute suggestion de mort, et on vient de voir que, pour rejeter les sujets dans le Mystère, je ne les situe pas après leur mort ,

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mais avant leur naissance , ce qui, pratiquement revient au même, tout en évitant de placer le sujet dans une situation qui peut être critique.

En effet, à la régression de mémoire correspond le phénomène inverse, mais très peu connu de la

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