‹ Introduction À Une Physico-Chimie Pathologique Résumé Des Notions Acquises Sur Le Problème Des Points Isoélectriques Et Du Terrain Physico-Chimique Dans L'Organisme Normal Ou Pathologique, Et Son Application À L'Étude Des TumeursChapitre 9 sur 18 · RE ER · texte numérisé non relu

RE ER

F1G. 12. — Souris femelles normales. Points isoélectriques À @ et pH o du muscle, avec l’évolution génitale. En gris, zone normale de À chez les mâles. (VLÈS et DE CoULON.)

se placer quelquefois entre pH 9 et pH 10. Des affections chroniques, comme la tuberculose, ont donné des relèvements moindres (entre pH 7 et pH 8) ; un staphylocoque doré a produit au contraire un effet dépresseur, le point À pouvant devenir inférieur à la zone normale, (fig. 13).

4° Tumeurs. — Un phénomène du même type a été observé chez les Souris mâles porteuses de tumeurs greffées (sarcomes ; tumeurs épithéliales, de souche Murray) et de tumeurs de goudron. Les relèvements du point À ont atteint quelquefois pH 09. Dans des cas de régression de sarcomes, il semble que le point A ait

tendu à revenir vers sa place normale. En plus des mâles, on a étudié d'autre part de vieilles femelles portant des tumeurs spontanées de la glande mammaire ou de la vulve : là encore il y a eu des relèvements plus ou moins considérables du point À, sorti de la zone normale. Il est à remarquer que les tumeurs elles-mêmes réduites en purée et soumises à cataphorèse, ont présenté souvent des points isoélectriques éloignés de la même zone normale (fig. 14 a, b).

XX JUL UV OV XUI MX OV XCY

F1G. 13. — Souris mâles normales. Points isoélectriques À, @ et pH o du muscle dans les infections bactériennes (rouget, pneumocoque, tuberoulose, staphylocoque). Les points isoélectriques sont décalés. (VLÈS et DE CoULON.)

5° Injections de substances diverses. — A titre de comparaison, diverses substances ont été injectées chez les Souris mâles, et ont correspondu également à des décalages plus ou moins considérables des points isoélectriques. Tel est par exemple le bouillon-ascite des milieux de culture, ou la pulpe de rate fraîche ; la pulpe de rate chauffée conduit souvent au contraire à un abaissement du point. Des substances protéiques pures (caséine, édestine) n’ont introduit que des différences négligeables ou nulles (effet légèrement dépresseur dans la caséine) (fig. 15).

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FiG. 14 a. — En haut :

muscle dans le cas de A.

En bas: Souris 9. Tumeurs Spontanées. @ : points isoélectriques, O0 pH du muscle (VLÈS et DE CouLox).

Souris mâles. Points isoélectriques A@et pH o du de tumeurs expérimentales. En gris, Zone normale

Tumeur

S'ancémes gaeffes Tumeurs mammaires o

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F1G. 14 b. — Points isoélectriques et pH de purée de tumeurs de Souris, (VLÈS et DE COULON.)

Toutes les substances essayées dont il vient d’être question (bactéries, fragments d’organes, substances protéiques, etc.) peuvent être considérées comme des antigènes étrangers, au sens immunologique du mot, introduits dans l'organisme. On peut se demander si d’autres substances ne pourraient pas, sans emprunter aucun élément antigénique à l'extérieur, créer des mobilisations humorales de l'organisme retentissant sur les points isoélectriques. On a essayé à ce point de vue par exemple la férébenthine (abcès aseptique de fixation), laquelle introduit une importante élévation du point isoélectrique suivie tardivement d’une régression ; et une poudre inerte (émeri), qui a eu au contraire un effet dépresseur principal. L'intérêt de ces deux expériences est qu’elles ont conduit à une technique expérimentale grâce à laquelle on peut faire varier à volonté, dans un sens déterminé, le point 1soélectrique d'un muscle de l'organisme, sans faire appel à des éléments d’in-

Bouillon. acite |

re | :

pH Caseine Edatine Rate: | Rate 21) Rat chaaffé 9 =———— ST

s Xe xQ tTérefenthine ot | XXE CV AMI MN © 61 Cn Ci CY FiG. 15. — En haut: Souris mâles. Points iscélectriques À @ dans le cas

d’injections de substances diverses. En gris, zone normale de A. En bas: Points isoélectriques À @ dans le cas d’injections de térébenthine et d'émeri. En gris, zone normale. (VLÈS et DE COULON.)

fections étrangères et sans introduire d’antigènes extérieurs. Comme on les verra plus loin on a utilisé cette technique pour l'étude des tumeurs (fig. 13, en bas).

6° Action des rayons X. — REISS (10) a trouvé, par l’action des rayons X, une ascension temporaire des points isoélectriques musculaires de la Souris, que les muscles examinés aient été ou non directement soumis à l’irradiation.

7° Interprétations. — On peut résumer l'ensemble des modifications du point À dans les phénomènes physiologiques et pathologiques que nous avons examinés en constatant qu’il y a en somme deux évolutions inverses nettement caractéristiques. L'une dans laquelle le point A s'élève vers les forts pH et crée une augmentation de la différence pHi-pH, qui est souvent suivie, lorsque la lésion a disparu, d’une régression du point À vers les faibles pH. L'autre dans laquelle apparaît d’emblée cet effet dépresseur, non précédé, tout au moins dans les conditions où l’on peut le constater expérimentalement, d’ün effet élévateur.

S1 l'on compare entre elles dans l’ensemble les conditions qui s'’accompagnent de la seconde évolution, on voit que cela nous conduit à mettre en parallèle la crise de terminaison d’infections, la fin de la résorption d’abcès aseptiques, la fin de la gravidité, l'extrême sénilité (tout au moins chez les femelles), et aussi l’injection de protéines étrangères (caséine) ou de corps inertes devant produire des lésions mécaniques (poudre d'émeri). Si tant est que l’on puisse tirer un caractère général de tous ces phénomènes d'apparence disparate, il semble que l’on puisse admettre qu'ils ont pour concomittance la libération et la mise en jeu dans l'organisme d'un stock de produits de lyse d'organes ou de cellules, de dislocation de protéiques, produits en présence desquels l'organisme se trouve placé par suite de changements de régime métabolique analogues à une crise. On peut donc à titre d’hypothèse provisoire relier les déplacements du point isoélectrique A vers les faibles pH avec la mise en train de produits d’autolyse ; nous verrons plus loin l'étude à ce point de vue des produits de dislocation protéique.

Inversement le second phénomène, celui de l'ascension du point isoélectrique À vers les forts pH, qui coïncide avec l'existence des tumeurs, le début de la gravidité, l'invasion et la période d'état de certaines infections bactériennes à virulence précoce, a en commun avec l’abcès aseptique à la térébenthine qui produit

le même phénomène, de se lier à des mobilisations humorales de l'organisme ; ces mobilisations s’accompagnent d’afflux locaux leucocytaires, correspondant à l'installation du changement d’équilibre métabolique qui suit l’inflammation ; il ne serait pas invraisemblable qu’elles se relient, le cas échéant, aux réactions de l’organisme qui aboutissent usuellement à la formation d'anticorps, et il serait important de définir si le sarcoplasme musculaire ne joue pas un rôle dans l'installation de l’immunité.

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