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QUAI VOLTAIRE, A LA TOUR DE BABEL

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Le recueil de textes faciles et gradués que j’offre aujourd’hui aux élèves de l’Ecole impériale et spéciale des langues orientales, forme la sixième partie du Cours élémentaire de langue japonaise dont la publication facilitera sensiblement, je l’espère, l’acquisition de l’idiome vulgaire des insulaires de l’extrême Orient. Sept années d’enseignement m’ont en effet démontré combien il était nécessaire, je devrais dire indispensable, de mettre entre les mains des personnes qui commencent l’étude des langues orientales des ouvrages composés méthodiquement, et dans lesquels les difficultés philologiques, écartées des premières leçons, n’apparaissent que successivement, au fur et

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à mesure des progrès des élèves. Quand il s’agit surtout d’aborder des littératures comme celles de la Chine et du Japon, dans lesquelles l’écriture, composée de plusieurs myriades de signes différents, vient compliquer d’une manière parfois effrayante le déchiffrement des premiers textes, le professeur ne saurait trop s’attacher, je crois, à éloigner dès l’abord ces complications graphiques, tout à fait étrangères à la langue parlée, et à assurer à ses auditeurs la possession des principales règles de la phraséologie et celle d’un certain matériel de mots, avant d’aborder le style des livres qui n’a que trop souvent découragé les étudiants les plus zélés. Cette observation, très-vraie pour le chinois, l’est encore davantage pour le japonais où la complication de l’écriture a atteint un degré dont on trouve peu ou point d’exemples chez les autres peuples du monde. Cette écriture, dans les éléments de laquelle peut entrer toute la série des caractères idéographiques de la Chine, se compose, en effet, du mélange de plusieurs syllabaires dont les signes sont susceptibles d’un

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nombre de variations à peu près incalculable. Enfin l’écriture des Japonais, au lieu de présenter la netteté, la précision, la régularité d’une écriture typographique, — comme celle des Chinois, où malgré la masse des signes divers, on peut distinguer dans leur ensemble des éléments de composition aisément reconnaissables, — l’écriture japonaise, dis-je, au moins celle qui sert aux usages journaliers, est de sa nature essentiellement cursive. Soumise à tous les caprices de chaque écrivain, qui en trace à sa façon les signes infiniment multiples et compliqués, elle présente parfois des caractères qui ne sont reconnaissables que pour les personnes déjà versées dans la connaissance du japonais, et qui, grâce à la possession préalable des mots du langage, devinent, comme nous le faisons souvent en lisant un manuscrit d’une écriture négligée, les lettres qui, isolément, seraient à peu près illisibles.

Je crois donc utile de commencer l’enseignement de la langue japonaise vulgaire, par un système qui éloigne momentanément toutes

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les complications de l’écriture. Ce système que j’ai déjà expérimenté, en me servant à mon cours du Recueil de Thèmes qui forme la septième partie de cette collection, a produit les meilleurs résultats ; et je ne doute pas des facilités nouvelles qui résulteront de l’emploi en quelque sorte parallèle de ce dernier ouvrage et de celui que je mets aujourd’hui entre les mains des travailleurs. Je suis en effet convaincu de la nécessité d’exercer simultanément les élèves à l’explication des textes et à la traduction dans la langue qu’ils veulent apprendre de thèmes convenablement disposés. L’usage exclusif d’ouvrages indigènes, pour l’enseignement d’une langue vulgaire surtout, offre, à mes yeux, de graves inconvénients ; et, si les versions exigent de l’esprit un travail moins soutenu et moins fatigant que les thèmes, c’est seulement au moyen de ceux-ci qu’on peut arriver à parler correctement une langue étrangère, à l’écrire, et même, dans une certaine mesure et après une somme de travail accomplie, à penser dans cette langue, ce qui est

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sans conteste le résultat le plus parfait auquel il soit possible d’atteindre.

J’aurais désiré faire paraître plus rapidement les volumes qui formeront le recueil complet du Cours île langue japonaise , dont la première série est déjà fort avancée * 1 * 111 ; malheureusement, les devoirs de mon professorat d’une part, et de l’autre les travaux scientifiques que j’ai du entreprendre 2 pour contribuer à la connaissance de l’ethnographie et de la littérature des peuples de race jaune 3 , ne me permettent point de consacrer à

1 Sur sept parties devant composer la première série du Cours , nous avons déjà fait paraître :

1. Résumé des principales connaissances nécessaires pour l'é-

lude de la langue japonaise ; in-8°.

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