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BISMUTH

Eq' = 2ü8. Symb. = Bi.

Ce métal n’existe pas en très-grande abondance dans la nature. Il s’y rencontre le plus souvent à l’état natif. On trouve cependant en petites quantités du carbonate et du sulfure de bismuth.

Il possède une couleur blanche avec des reflets orangés, un grand éclat et une texture lamelleuse. Sa densité, quand il est pur, =9,651. Il se laisse rayer par le carbonate de chaux. Il fond à 247" ; à une température très-élevée, il peut être distillé en vase clos.

Le bismuth fondu cristallise par refroidissement eu masses pyi-amidées qui dérivent du rhomboédi'e. Ses cristallisations en géodes présentent des couleurs très-remarquables, dues à une légère oxydation de la surface du métal.

Il est cassant, et ]>eut être facilement pulvérisé.

.4 la température ordinaire l’air le ternit; chaullé ti une lemjiérature peu élevée, il s’oxyde rapidement ; à une chaleur plus forte il bnlle avec une tlamine bleuâtre en produisant des vapeurs jaunes. Si on le vaporise à l’abri de l’air, il entre en vapeurs et se condense sous forme de lames brillantes. En se combinant avec l’oxygène, il donne naissance à deux coiu])osés ; le protoxyde, (BiHI’), et l’acide bismuthique (Bi’O*). Le soufre s’unit au bismuth et forme deux sulfures distincts. Ce métal s’unit directement avec le chlore.

L’acide azotique l’attaciue vivement, et le dissout en produisant un sel à réaction acide ; les autres acides n’ont qu’une faible action sur lui. Il s’unit ax’ec les métaux et forme divers alliages, pai'mi lescjuels il faut citer l'alliage de Darcet fusible à 92".

L’extraction de ce métal, par cela même qu’on le rencontre le plus souvent à l’état natif, est fort simple. On le sépare de sa gangue en chauü'ant le tout à une température médiocrement élevée. Le bismuth fond, on le recueille et on le coule dans des moules.

l'ROTOXYüE DE BISMUTH. — Le pTotoxyde de hismuth (Bi’O’) s’obtient en précipitant par l’ammoniaque en excès l’azotate de bismuth ; il est alors hydraté, l'our l’avoir anhydre, on calcine le nitrate; il se itrésenU! alors sous la forme d’une poudre jaune, susceiitible de fondre au rouge, et prenant par le refroidissement l’aspect d’un verre jaune foncé.

19b l.NTHOUliCTION. — NOTIONS ÉLÉMENTAIKES.

ACioE BISMUTHIQUE. — Od obtient l’acide bismuthique (Bi*0‘) en faisant passer un courant de clilore sur du protoxyde tenu en suspension dans une dissolution concentrée de potasse. L’acide bismuthique est rouge, décomposable à 100", et iuattaqualile par l’acide nitrique.

SULFURE DE BISMUTH. — Iaî sulfurc s’obtieiit en calcinant le métal avec de la fleur de soufre, ou en précipitant par l’hydrogène sulfuré la solution d’un sel de bismuth. C’est une poudre noire et insoluble.

CHLORURE UE BISMUTH. — On obtient le clilorure de bismuth (lU’Cl*) en attaquant ce métal par l’eau régale ; par l’évaporation de la liqueui’, il cristallise. Ün le prépare aussi en attaquant direiUement le bismuth par le chlore. Dans le premier cas, le chlorure est hydraté ; dans le second, il est anhydre. La dissolution chlorhydrique de ce sel est décomposée par l’eau; il passe alors à l’état d’o.xychlorure avec formation d’acide chlorhydrique. D’ailleurs, cette propriété d’être décomposé par l’eau est commune à tous les sels de bismuth qu’on peut amener à l’état de solution acide.

AZOTATE DE BISMUTH. — L’azoUite de bismuth (BiV, 3AzÜ‘) est un sel très-déliquescent, soluble dans très-peu d’eau, et (}ui par un grand excès de ce liquide se décompose en donnant un sousazotate qui se précipite. C’est ce dernier corps que l’on désigne sous le nom de blanc de fard.

MKKCL’HE.

Eq* = 100. Sy mb. =

Ce métal se rencontre souvent à l’état natif, mais plus fi'équeiument encore à l’état de cinabre (sulfure) . On ne connaît en Europe i}ue deux mines considérables de mercure ; celle d’.Almaden, en Elspagne, et celle d’Idria en Illyrie. La France en possède quelquesunes, mais celles-ci sont trop pauvres pour être exploitées. Le métal s’y trouve à l’état de cinabre.

Le mercure est liquide à la température ordinaire. Il se solidifie à 39“ au-dessous de 0", et cristallise alors eu octaèdres. Sa densité à l’état solide =14,391. Elle =: 13,596 à 0". Le mercure solidifié prend place entre l’étain et le plomb pour la ténacité, la ductilité et la malléabihté. A — 40“ on a pu frapper des niédaiUes de mercure. Il est volatil et entre en vapeurs vers 360“. Ce métal n’a ni odeur ni saveur. Il possède un brillant éclat. •

CHAPITRK VII, — MIÎT.ArX TT I.KHR8 COVIIINAISONS. 197

Les vajieui-s mei-curiellos ont une action lente, mais fort délétèii* sur l'économie animale, et donnent lien à des tremblements et à des salivations abondantes chez les hommes iiui manient souvent ce métal.

Le mercure est altérable à l'air dans les conditions ordinaires; sa surface se ternit et se recouvre d'une quantité excessivement faible d'oxyde. A une chaleur lonjîtemjis soutenue de 320 à 340», il est attaqué par l'oxygène, et se transforme en oxyde rouge.

Ce métal ne décompose l'eau à aucune température. Il est attaqué à froid par l'acide azotique. L'acide sulfurique dilué ne l'attaque pas; concentré et chaud, il l'attaque en formant de l'acide sulfureux et du sulfate de mercure. Le mercure forme des amalgames avec presque tous les métaux.

La métallurgie dii mercure est très-simple. Ou grille le minerai dans un courant d'air; le soufre s’oxyde et le mercure reste à • l'élat métallique. Il est purifié ptar distillation. Pour l'avoir chimiquement pur, on le traite par l'acide nitrique très-étendu. Les métaux étrangers se dissolvent, ainsi qu'une petite quantité de mercure. (V. Métaux.)

Le mercure forme avec l'oxygène deux oxydes, le protoxyde et le bioxyde, qui tous deux peuvent donner naissance à des composés salins. ,

PROTOXYDE DE .MERCURF.. — Le protoxyde iHg’O) est très-stable. Ou l'obtient en traitant de l’azotate de mercure fait à froid par de la potasse en dissolution. Il se forme im précipité noir qui se décompose presque aussitôt en oxyde rouge et en mereure métallique.

HioxYDF. DE MERCiiRE. — Le bioxyde (HgO) est très-stable. Il a l'aspect d'une poudre rouge quand il provient de la calcination de l’azotate, et est jaune loreiju’il a été préparé en précipitant un .sel de mercure [mr la potasse caustiijne; dans les deux cas, il est anhydre. A une température jieu élevée l’oxyde rouge se décompose en métal et en oxygène libre. Les deux oxydes donnent des sels bien définis.

SULFATE DE MERCURF.. — Le siilfate (HgO, St >*) se jiroduit lorsqu’on attaque directement le mercure par l’acide sulfurique bouillant; il est alors aubydre. Traité par un grand excès d’eau, il forme un sel basique insoluble et jaune, désigné en médecine sous le nom de turbitU minéral.

SULFURES DE MERCURE. — Le mérciire se combine avec le soufre en deux proportions , et donne des sulfures correspondant aux

INTHnntT.TION. — NOTIONS KI.IÎMENTAIBKS.

oxydes dont nous venons de parler Si, dans une dissolution d’un sel de protoxyde de mercure, on fait passer un courant d’acide sulfhydrique jusqu’à saturation de la liqueur, on obtient un précipité noir de bisulfure qui, volatilisé, fournit de petits cristaux rouges de sulfure ; il est connu sous le nom de cinabre. Ce composé se trouve à l’état naturel, et c’est de lui qu’on tire presque tout le mercure employé dans les arts.

La matière désignée sous le nom de vermillon est du sulfure de mercure d’une couleur plus belle que celle du cinabre. Ce changement tient seulement au mode de préparation.

AZOTATES DE MERCURE. — L’azotate de proto.xyde de mercure (Hg’O, Az0‘) se prépare en traitant im excès de mercure par l’acide azotique froid. Ce sel se dépose en beaux cristaux incolores. L’eau le décompose en sous-azotate qui se piécipite, et en azotate acide qui reste en dissolution.

L’azotate de bioxyde de mercure (HgO, AzO*) cristallise dillicilement. Sa dissolution concentrée est sirupeuse, et possède une réaction très-acide. Il est décomposé par l’eau.

CHLORURES DE MERCURE. — Le mercure s’unit avec le chlore, et donne un protochlorure (Hg*Cl) appelé vulgairement calomel, et un bichlorure (HgCl), désigné le plus souvent sous le nom de sublimé corrosif.

Le protochlorure (Hg’Cl) s’obtient en triturant du sublimé corrosif avec du mercure métallique, et en chauffant le tout pour sublimer le protoclilorure qu’on débarrasse du bichlorure par des lavages à l’eau bouillante. Ce composé est insohdile dans l’eau, volatil et indécomposable par la chaleur. Il est employé en médecine.

Le bichlorure (HgCl) se produit quand on traite le merciu-e par de l’eau régale renfermant un excès d’acide chlorhydrique. On l’obtient mieux encore en chauffant un mélange de sulfate de bioxyde de mercure, avec du sel marin et un peu de bioxyde de manganèse. Le sublimé corrosif se condense dans la partie supérieure du x-ase.

C’est un corps blanc, cristallisable, assez soluble dans l’eau, volatil sans décomposition et inaltérable à l’air.

FULMiN.vTE. — C’cst une combinaison d’oxyde de mercure avec un acide particulier, l’acide fulminique (CyO ou C’AzO). On le prépare en faisant agir de l’alcool sur l’azotate de bioxyde de mercure. La liqueur abandonne, api-ès le refroidissement, do petits cristaux blanc-jaunâtre do iulminate. Ce corps, quand il

r.mpiTHK vit. — Mih'vrx kt i.Ents cfiMHiNAisoNs. 1!)'J

est SPC, est Irès-explosilile; aussi ost-il danjioreu.x :i manier. (V. Pyrotechnie. )

.ARfiEXT.

K<l' = lü8. S}'nib. = Ag.

Ce métal se reneuntre dans la nature à plusieurs états.

Le sulfure est le minerai le plus aliondant ; il est souvent a.ssoe,iè à la galène (sulfm'e de plomb), et au sulfure d’arsenic, constituant alore un ai'séniosulfure d'argent. On le trouve encore au Mexique à l’état de cblorures, bromures et iodures. Enfin MM. Malaguti et Durocber ont constaté la iiréseuce de minimes ipiantités d’argent dans l'eau de la mer.

L’argent est un méUil plus ductile que l’or et plus fusible que lui. Il fond à 1022*’; à une température plus élevée, il se volatilise. Sa densité = 10, à 1 . Sa ductilité est si grande qu’un gramme de métal peut donner un ül de 2, i00 mètres d(? longueur. Sa malléabilité est pre.sque égale à celle de l’or, métal qui à ce point de vue occupe le premier rang. Sa dureté n’est pas très-grande, il se laisse, en effet, rayer par le carbonate de chaux. La ténacité de l’argent est moyenne; un fil de 2 nullimétri»s de diamètre se rompt sous un poids de S.') kilogr.

L’argent est inoxydable dans les circonstances ordinaires. Il est attaqué par l’acide azotique cpii le dissout. L’acide chlorhydrique l’attaque i)eu, et l’acide sulfuri((ue n'agit sur lui qu’autant qu'il est bouillant et très-cuncentré. Les alcalis n’ont aucune action sur l’argent. L’hydrogène sulfuré altère ce métal; sa surface se recouvix! alors d’une couche noire de sulfure il’argent. En s’unissant à l’oxygène, il forme des oxydes, dont l’un, le protoxx'de, est nm' base forte. Il se combine avec le chloix;, le brôine, l’iode, et donne ainsi des couqiosés insolubles dans l’t'au et altérables par la lumière. iV. Pholoyniphie.) Il s’unit avec certains métaux et forme des alliages très-utiles.

L’extraction de l’argent de ses minerais est une opération métallurgique des plus importantes. (V. l/cèii/.r précieu.r.)

OXYDE d'ahc.ext. — L’oxvde d’argent (.IgO'i se présente sous la foime d’une poudre brun-olive, insolulile dans l’eau et les alcalis, soluble dans les acides; il est peu stable. \ une chaleur peu élevée, il se dècomposif en argent métallique et en oxygène qui se dégage.

AZOTATE n’AnGENT (.fgO, .\z0’). — On obtient ce composé en attaijuaut l'argent par l’acide azoliiiue concimtixi. 11 se dégagé des va-

INTMODIT.TION . — NOTIONS ÉI-ÉMENTAinES.

peurs rutilantes, et l'argent se dissout. Pour avoir de raz(date d’argent pur et dépourvu d’aride, on pousse l’évaporation jusqu’à ce que l’azotate d’argent soit fondu, et qu’il ne se dégage plus de vapeurs acides ; on arrête l’opération ; on laisse refroidir. On traite alors par l’eau distillée l’azotate fondu , ou filtre la liqueur, et si l’on veut avoir l'azotate d’argent solide, on l’évapore dans une étuve, à l’ahri de la lumière. 11 se dépose alors sous la forme de lames incolores qui représentent l’azotate anhydre d’argent. Ce sel est soluble dans la moitié de son poids d’eau bouillante, et dans son iioids d’eau froide- Il se dissout assez facilement dans l’alcool. A une température inférieure au rouge il entre en fusion, et constitue ime masse blanche à cassure cristalline. Une température élevée le décompose ; une partie de l’oxygène se dégage, tandis iju’en même temps il se forme de l’azotite d’argent.

L’azotate fondu est employé en médecine sous le nom de pierre infernale; il se présente alors sous la forme de petits cylindres ou crayons que l’on obtient en coulant l’azotate fondu dans des lingotières.

L’oxyde d’argent s’miit avec tous les acides pour former des composés sahns. Le sulfate est fort peu soluble. Le carbonate est insoluble.

CHLORURE. — Le chlore attaque directement l’argent vers 280“, et donne une matière d’un blanc jaunâtre transparente, qui portait jadis le nom de lune cornée. Le chlorure d’argent précipité de l’azotate par l’acide chlorhydrique ou un chlorure soluble se présente en flocons blancs caillebotés, totahmient insolubles dans une liqueur acide, mais solubles dans l’ammoniaque. Le chlorure d’argent est fusible au rouge, et n’est pas sensiblement volatil.

L’iodure et le brômure d’argent sont analogues au chlorure. L’iodure est jaune et se distingue du chlorure et du brômure en ce qu’il est presque insoluble dans l’ammoniaque. Le brômure est moins jaune que l’iodure.

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