ALC.\LIS ORG.VNIQUES
GÉNÉRALITÉS. — Sous le nom d’alcalis organiques, on désigne une classe nombreuse de corps jouissant de projiriétés alcalines, et capables de s’unir avec les acides pour former des sels bien définis. Le règne végétal possède une certaine quantité d’alcalis organiques naturels tout formés, mais les réactions chimiques en fournissent un bien plus granif nombre qu’on désigne sous le nom d’alcaloïdes artificiels.
Les alcalis organiques sont : les uns solides et fixes (quinine), les autres solides et volatils (cinchonine), les autres liijuides et volatils (nicotine). Les premiers peuvent cristalliser en général; ils ont tous une saveur amère, et exercent sur l’économie une action toxique.
?i?-2 I.NTtlOülT.TION. — NOTIONS ÉLÉMENTAIRES.
Pour extraire les alcalis organiques naturels des végétaux, on traite le suc par une base (]ui met l’alialoide en liberté. On dissout ensuite celui-ci dans l’alcool ou mieux dans réther.
Si l’alcali est volatil, ou traite la piaule elle-même par une lessive de potasse et on distille.
Quant aux alcalis organiques artiliciels, on peut les préparer par un assez grand nombre de moyens, parmi lesquels nous citerons les trois suivants, qui sont presque toujours employés :
1" La distillation de certaines matières animales ou végétales picolinc, quinoléinc) ;
2“ L’action de la potasse concentrée sur certaines matières organiques (aniline);
3« L’action du sulfhydrate d’ammoniaijue sur les hydrocarbures uitrès, les aldéhydes (toluidiue, thialdine).
Action de la chaleur sur les alcalis organiques. — La chaleur détruit presque toujom-s en totalité les alcalis fixes en donnant naissance à des gaz carbures et à des vaiieurs ammoniacales; il en est plusieurs cependant qui, soumis à ime température élevée, ne sont que partiellement décomposés, et donnent im nouvel alcaloïde volatil et liquide.
Actions des réactifs. — Les acides minéraux ou organiques et les alcalis, même concentrés, n’ont pas d’action décomposante sur les alcalis organiques.
Le chlore, le brème et l’iode peuvent se substituer à l’hydrogène (]ui entre dans la constitution de l’alcaloïde et former ainsi des chlorhydrates, brômhydratcs, iodhydrates île nouvelles bases chlorées, brornécs ou iodées.
NICOTINE. — La nicotine, C*“lI'‘.Vz*, s’extrait du tabac.
C’est une substance liquide, oléagineuse, incolore, d’une odeur âcre, d’une saveur briïlaute; sa densité = 1,Ü2. Elle est soluble dans l’eau et l’alcool, et bout à 2.30".
Au contact de l’air, elle lirunit et subit une légère altération. Elle se combine avec tous les acides, et donne des sels déliquescents, solubles dans l’alcool. Elle est très-vénéneuse. Son action sur rèconomio ne peut être comparée qu’â celle de l'acide prussique. (V. Tabacs.)
GONiNE. — La colline, C'*ll'*.\z, s’extrait de la ciguë. C’est un liquide huileux, dont la densité 0,S9 , incolore, doué d’une odeur désagréable et pénétrante, bouillant à 17ü“, s’altérant au contact de l’air, peu soluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et l’éther eu