CHAPITRE Vm. — CHIMIE ORGANIQUE
toutes proportions. La coniiie est très-vénéneuse. On la prépare en distillant les semences de ciguë avec de la potasse ; le liijuide distillé est traité par l’acide sulfurique, qui forme du sulfate de conine ; on évapore jusqu’à cristallisation, et l’on reprend par l’alcool qui dissout seulement le sulfate de conine.
ANILINE. — Cet alcaloïde, C‘*H’Az, est liquide, incolore, soluble en petite quantité dans l’eau, très-soluble dans l’alcool et l’élher. Sa densité = 1,03, elle bout à 182», sans altération. Elle possi>de une odeur forte et une saveur brûlante. Elle est attaquée par le chlore, le brôine et l’iode, et donne do nouvelles bases chlorées, brùmées et iodées. L’air l’altère et la résinifie.
On prépare ordinairement l’aniline en traitant à une assez forte chaleur l'indigo par la potasse (auslic[ue en excès. Ûn l’obtient encore en soumettant la benzine nitrée (uitro-benzine) à l’action de l’hydrogène naiss.ant.
MORPHINE. — La mor|)hine, C’MI'HzO', se rencontre dans les plantes de la famille des papavéracées, associée à un assez grand nombre d’autres bases organiques, telles (lue la codéine, la narcotine, la papavérine, etc.
La morphine se présente sous la forme de prismes, contenant 2 équivalents d’eau qu'ils perdent à 100", inaltérables à l’air, fusibles à une température assez basse, très-peu solubles dans l’eau, insolubles dans l’éther. Elle est incolore, inodore, et possède une saveur très-amère, et des propriétés toxiques d’une grande énergie. La morphine s’extrait de l’opium. (V. Alcalis véyélaiix.)
Chlorhydrate de morphine.— Ce sel cristallise en houppes d'un aspect soyeux, solubles dans l’eau et l’alcool, insolubles dans l’éther, d’une saveur amère. On le prépare en traitant directement la morphine par l’acide chlorhydrique, et en faisant cristalliser.
Sulfate de morphine. — Le sulfate de morphine s'obtient en traitant la morphine par l'acide sulfurique étendu.
couÈiNE. — La codéine, C’4I*".VzO’, cristallise en octaèdres contenant 2 équivalents d’eau. .\ 100" elle devient anhydre, et à 150" elle entre eu fusion. Elle est soluble dans 80 parties d’eau froide, et dans 20 parties d’eau bouillante. La codéine s’extrait de l’opium où elle accompagne la morphine.
QUININE. — La quinine, C*“H'*AzO’, qui, avec la cinchonine, est l’alcali le plus important des écorces de (juinquina, est solide, cristallisée, et contient 3 équivalents d’eau qu’elle perd à 120®. Elle est peu soluble dans l’eau froide on bouillante, et l’est davantage dans l’alcool et l’éther. Sa saveur est très-amère.
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Distilléo avec la potasse, elle so décompose en donnant naissance à une base liriuide, la quinoléine {C“H’Az).
Sulfates de quinine. — La quinine se combine en plusieurs proportions avec l'acide sulfurique. Le sulfate bibasique (C”H'’AzU’)* , S0’-j-8Aq, est le sel employé en médecine. Il cristallise en aiguilles blanches, soyeuses, très-peu solubles dans l'eau froide, et un peti plus solubles dans l'eau bouillante.
ciNCHONTNE. — La cinchoiiine, C*“ll'’AzO, cristallise en gros prismes incolores, inodores, presque insipides, très-peu solubles dans l'eau et dans l’éther, volatils sans décomposition. Les propriétés fébrifuges de la ciuchonine sont beaucoup moins prononcées que celles de la qtiinine, aussi ses usages sont-ils restreints.
STHvciiNiNE. — La strychnine (C“Il’*Az’0'') , qu’on extrait de la noix vomique, cristallise en octaèdres, d’une amertume insupportable, presque insolubles dans l'eau, peu solubles dans l'alcool et l’éther. Elle n’est ni fusible, ni volatile.
La strychnine est un poison extrêmement violent. Elle est employée à très-petites doses, en médecine, à l’état de sulfate ou de chlorhydrate.
BRUc.iNE. — La brucine qui accompagne toujours la strychnine a pour formule (C“H“A’0“| à l’état anhydre. Mais quand elle est cristallisée, elle contient 8 équivalents d’eau qu’elle peut perdre à une température peu élevée. Elle forme de beaux cristaux prismatiques à base rhomboïdale, très-solubles dans l’alcool et peu solubles dans l'eau. (V. Alcalis vèqélnux.)
uiuSe.— L’urée est représentée par la formule C’H'AzH)’. Onia rencontre dans l'urine de tous les mammifères, quelquefois même en très-grande ijuantité. .
Elle cristallise en prismes incolores, transparents, inodores, doués d’une saveur fraîche et amère, et neutres aux réactifs colorés. Ces cristaux sont solubles dans l’eau et l’alcool, et fusibles à 120°. Soumis à l’action d’une température plus élevée, ils se détruisent.
L’urée se combine avec les acides nitrique, oxalique et chlorhydrique, et avec certains oxydes métalliques , tels que l’oxyde de mercure et l’oxyde d’argent.
On prépare l’urée par plusieurs procédés ; le plus économique consiste à évaporer l’urine. Quand celle-ci est suffisamment concentrée, on la traite par l’acide nitrique, qui forme des cristaux de nitrate d’urée qu’on purifie par cristallisation, et par filtration sur le noir animal. La solution de ces cristaux est traitée par du
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rarbonate de baiyte artificiel, filtrée et évaporée. Le nitrate de baryte cristallise, et l’tirée reste dans leseaux-méres. On la purifie par plusieurs cristallisations dans l’alcool.
L’urée que l’on rencontre toute formée dans la nature peut aussi être reproduite artificiellement; voici le procédé donné par M. Wœhler pour y parvenir ; 28 parties de cyanofernire de potassium sont mélangées à 1 \ parties d’oxyde de manganèse, le tout en poudre trés-tine. On calcine le mélange sur une plaque de tôle. La masse calcinée est lessivée à froid, puis on traite la dissolution par 20,5 parties de sulfate d’ammoniaque sec. On évapore au bainmarie. Le sulfate de potasse qui se dépose est enlevé ù mesure qu’il se forme. Owaml tout le liipiidc est évaporé à siccité, le résidu est repris par l’alcool, qui ne dissout que l'urée, et l’abandonne par refroidissement à l’état de cristaux.
sfCRE DE GÉLATINE. — Le sud'c de gélatine ou glycocolle (C‘H‘AzO‘), se rapproche des bases organiques. Il s’unit en effet avec les acides et forme avec eux des sels bien définis.
Le glycocolle est solide, cristallisable, et possède une saveur sucrée; il n’est pas fermentescible. On le prépare eu traitant la gélatine ordinaire par 2 fois son poids d’acide sulfurique concentré. .\prés une ébullition suffisamment prolongée, ou sature le mélange par la craie, on filtre le liquide, et on le fait cristalliser.
ÉTHYLAMixE. — k côté des corps que nous venons d’étudier vient se placer une classe nomlireuse de composés, offrant avec l’ammoniaque la plus grande analogie.
Le plus important de ces composés est l’éthylamine, C‘H'Az. C’est une base énergique, qu’on peut considérer comme de l’ammoniaque AzH’, dans laquelle le groupe C‘1I‘ remplace un équité'
valent d’hydrogène. .Az.H Elle est liquide au-<lessous de 1U“,
température à laquelle elle entre en ébullition. Sa densité=0,ü9G. Elle est extrêmement caustique, et possède une odeur désagréable et pénétrante.
On la prépare en traitant l’éther brômhydrique ou iodhydrique par le gaz ammoniac. On obtient ainsi un sel d’éthylamine qui, traité par la chaux vive, abandonne l’alcali volatil que l’on condense dans un mélange réfrigérant.
.MÉTHYLAMiNE. — La luéthylamine, C*IP.\z = .\z iH, est un
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INTRODUCTION. — NOTIO.NS ÉLÉMENTAIRE.^
corps gazeu.x, liquéfiable, incolore, doué d'une odeur ammoniacale, qui rappelle en même temps celle du poisson en putréfaction. Sa densité = 1,08. Elle est très-soluble dans l’eau qui en absorbe 1 1 50 fois son volume. Elle est très-alcaline, et forme avec tous les acides des sels bien définis, ün l’obtient en chauffant dans un tube scellé à la lampe un mélange d'une dissolution alcoolique d'ammoniaque et d’élher mélhyliodhydriijue. 11 se forme de l'indhydrale de mélhylamine (jui , traité ensuite par de la chaux vive, laisse dégager la méthylamine.