C'"HO0.HU,C*H
CORPS riR.\S NEl'TRKS.
Un désigm; sous le nom de corps gras des sulistances liquides ou solides insolubles dans l'eau qui, mises sur du papier, y laissent une tache persistante.
Les corps gras neutres retirés des végétaux sont le plus souvent liquides à la température orilinaire, mais peuvent prendre l’étal solide sous l’influence tlu froid. Ceux que l’on extrait du corps des animaux à sang chaud sont généralement solides à la température ordinaire, et peuvent se liquélier à l’aide de la chaleur. La graisse des animaux à sang froid est fluide à la température ordinaire.
Les corps gi’as neulivs absorbent l'oxygène de l'air, s’oxydent, et se transforment en sulislanc«‘s d’an aspect résineux. Certaines
INTROOrCTION. — NOTIONS ÉI.IÎMENTAIBF.S.
huiles suliisseiil rapidenienl celle traiisfocnialion ; ou les iioniine I) uilts simUives.
Mais ce 'jiii caraclérise surloul les corps gras neutres, c’est la remanjuahle décomposilion rpi’ils suhissent sous rinfluence des alcalis ou des acides concentrés. En clFel, tout corps gras neutre soumis à l’une ou l’autre de ces influences se dédouble en fournissant d’ime part un produit soluble dans l’eau, identique jiour tous les corps gras, ipie l’on nomme la (ilycêrine, et d’ime autre un corps gras acide dérivé du corps gras neutie employé, et qui se combine à l’alcali pour former im savon, ou bien à l'acide pour former un acide copule. C’est ce phénomène qu’on désigne sous le nom de saponi/kation.
c.LYcéBiNE. — La glycérine (C*H’0") est liquide, inodore, sirupeuse, incrislallisalile ; elle possède une couleur légèrement jau-‘ mitre et une saveur sucrée. Sa densité = 1,38; elle est soluble dans l’eau et l’alcool , insoluble dans l'éther. Soumise à la distillation, elle se décompose en partie et donne des gaz inllaminaldes, de l’acide acntiipie et de l’acroléine. Sous l’influence de l’oxygène almuspbérique elle s’oxyde et se transforme en un acide incrislallisable peu connu. Sa solution aqueuse e.xposée à l’air se transforme au contact de la levure de bière en acide jiropionique. Elle dissout certains sels et l’oxyde de plomb. Elle s’imit avec im certain nombre d'acides, et forme de véritables combinaisons appelées glycerides. Plusieui-s de ces composés ont été obtenus par la combinaison directe des principes constituants ; telles sont la chlorhydrine, la butyrine, etc. La glycérine dissout l’iode et le brome, et forme avec ce dernier une combinaison définie.
Un obtient de grandes quantités de glycérine dans la fabrication des bougies stéariques. Elle forme alors une solution colorée et peu concentrée, qui' l’on évapore à consistance sirupeuse, et qu’on chauü'e de 130* à IfiO’. Le produit obtenu est traité par l'alcool concentré, ijui laisse tous les sels étrangera, et no dissout que la glycérine. Üu distille le liquide filtré pour en retirer l’alcotd. Le résidu est mis en digestion avec de l’oxyde de plomb pour enlever les acides qui accompagnent la glycérine. .\prés fillraliou on traite la liqueur par l’hydrogène sulfuré qui précipite l’excès de plomb retenu par la glycérine. Enfin on décolore parle noir animal, et on concentre ensuite le liijuide.
OLÉINE. — L’oléine se rencontre dans les huiles et les grais.ses, mais uotamment dans les premières. Elle est liquide et légèrement Jaunâtre ; s’oxyde à l’air, et se résinifie au bout d’un cer-
CHAPITRK VIII. — CHIMIE unO.AMüUE. 249
laiii temps. On ublient l’olt'ine pure en traitant les "misses jiar l'alcool liouillant.
.MARfi.AHiNE. — La margarine se rencontre dans la plupart des graisses et des huiles, mais elle se trouve surtout en grande quantité dans la graisse humaine. Elle se jirésente sous fonne d’écailles hlanclu“s d’aspect micacé, fusibles à i7“.
On peut l’extraii'O do la graisse humaine, au moyen de l’alcool bouillant. On la purifie par des cristallisations répétées.
sTé.\RiNE. — la stéarine est blanche, nacrée, inodore, insipide, fusible à 62“, insoluble dans l'eau, soluble dans l’alcool et l'éther. Elle existe dans presque toutes les graisses; mais c’est dans le suif de mouton qu’on en trouve la plus forte jiroportion.
On la prépare en traitant le suif par l’éther, qui dissout l’oléine et la margarine, et n’enlève que fort peu de stéarine. Après deux ou trois traitements à froid jiar l’éther, on presse la matière dans du papier buvard. La stéarine ainsi exprimée est purifiée par plusieurs cristallisations dans l’éther bouillant.
Associés dans des proportions diverses, ces trois principes constituent essentiellement les huiles et les graisses. Quelquefois cejiendant d’autres corps gras neutres particuliei-s s’adjoignent à ceux que nous venons d’examiner. (V. //«i7m. Graisses et Cires.)