INTRODUCTION. — NOTIONS DE CRIST.^LLOCRAPHIE
Les formes secondaires sont les formes dérivées particulières propres à chatiuo esiièce minérale, do même que la forme primitive est le type particulier de chacune de ces espèces. Les formes secondaires peuvent donc, tout aussi bien ijue la fonuc primitive simple, servir à distinguer entre eux tous les minéraux et à les faire reconnaître, dès qu’ils sont cristallisés.
L’ensemble des formes secondaires et de la forme primitive qui les a fournies constitue ce que les cristallograplies appellent un syslctue cristallin particulier^ distinct d’un sysU-iue cristallin général qui comprend , ainsi que nous l’avons vu aillem-s , le groupe formé jiar un type et ses formes dérivées.
FORME DOMiN.xNTE. — On désigne par ce nom la forme primitive ou secondaire la plus habituelle que présentent les cristaux d’une espèce minérale déterminée. L’alun se rencontre presque couslamment sous la forme d’octaèrlre régulier ; le sel gemme, sous celle do cube, etc. L’octaèdre régulier est la fonne dominante de l’aliui ; le cube, celle du sel gemme, et ainsi de suite.
Une espèce donnée ne compte en général (ju’une seule forme donihiante; mais ([uelques-unes, cristallisant sous des formes nombreuses et variées, en fournissent plusieurs. IjSl chaux carbonatee (spath d’Islande) est dans ce dernier cas. Cette espèce, tjui compte plus de 1 , 4üü à 1 ,r)00 variétés cristallines, alfecte trois genres principaux de formes dominantes : dos rhomboèdres, des prismes hexagonaux , des métastatiques. La forme dominante est souvent la forme primitive simple elle-même; dans la pliqiart * des cas , c’est l’une des formes les plus simples jiarmi les solides secondaires.
APPLICATIONS CRISTALLOGRAPHIQUES ET PRODLÈMES A RÉSOUDRE. —
Nous avons vu que pour une espèce minérale donnée, à composition chimique déleiTninée , la forme cristalline est toujoui-s la même; tandis que pour des espèces minérales différentes, c’esU à-dire d’une autre composition élémentaire, cette forme est e.sseutiellemeut dill'érente. Voyons maintenant comment on procède pour appliquer à la détermination de l’espèce les caractères que nous venons d’exposer.
Un cristal étant proposé pour être déterminé à l’aide de sa forme, une première question se ]>résente ; Quel est le type- auquel ce cristal appartient? Gcüo question une fois résolue , une autre se pivsentera : Quelle est la forme primilitye du meme nnslal ? — Voici la marche à suivre dans les deux cas ;
l*' problème : Trouver le type auquel un cristal donné appartient.
INTHOmrCTION. — NOTIONS DE OUSTALLOOnAPlIlR.
— La solution de ce problème dépend de la connaissance plus ou moins complète ijue le crislallopraiiho a prèabdilement acquise des ditl'èrentes rormcs dérivées do chacun des types; elle est d’autant plus facile qu’il se rappelle mieux chacune de ces formes et les liens qui les unissent à tel ou tel type. — Cela posé, il peut se présenter ditTérents cas : — /,« crixlnl cxl simple, et rappelle sans équivoque la forme de l’un des types; alors, point de diflicultés. — Le cristal nest que léifercmml modifié, les faces primitives dominent encore ; il n’y a encore dans ce cas que peu d’incertitude; il faut se souvenir surtout ipie les angles droits dominent dans les trois premiei’s tjq)es et les angles obliques dans les trois dernieis. — Le, cristal est profondémail modifié, les faces du tyj)0 ont complètement disparu , te solide est une forme dérivée complète ; c’est dtins ce cas surtout qu’il faut ne point perdre le souvenir des dill'érenles formes dérivées propres à chacun des types. — Enfin, le cristal est non-seulement profoiulément modifié, mais ctiariié de facettes de di/férents ordres, et ne se rapportant nettement à aucune des formes dérivées ordinaires ; alors il faut avoii- recours à des moyens di3 détermination spéciaux : il faut consulter le cliraye, ou bien les nombres relatifs des facettes de même ordre ([ui surchargent le cristal.
Cliraye. — Lorsque l’on casse avec im marteau, ou qu’on essaye do diviser à l’aide d’un instrument tranchant certains minéraux cristallisés, ou remarque que la cassure ou la division ne se propage pas au travci's de la masse dans toute les sens , mais suivant di's plans et des directions délerminées, qui sont toujours les mêmes pour la même espèce minérale; ces plans produisent de petits solides tous sembtables entre eux, et rejiréseulaut chacuu la forme simple de l’un des types ou rune de ses formes dérivées les plus simples. Le type que l’on obtient ainsi est celui même auquel le cristal appartient par sa forme générale. Ce mode de division naturelle est désigné sous le nom de cliraye. — Un grand nombre de minéraux sont aisément cUvables; nous citerons eu particulier le spath d’Islande, le gypse, la galène, etc.; chez ipielques-uns, le clivage est seulement indiqué par des stries, des anneaux colorés, etc. — Le clivage, lorsipi’il est possible, est facile ou difficile, nniqtic ou multiple, droit ou oblique, diversement diriyé, etc, et tous ces caractères jieuvent servir pour faire reconnaitre la nature particulière du cristal.
Dans un certain nombre d’esiièces, le clivage n'est pas possible ; alors, si le cristal est plus ou moins conqilexe, il ne reste plus
INTnoniT.TIO\. — NOTIONS DF. CRISTAi.r.OüHAPHIK.
lju ïi examiner la ualure parüculii'Te des Taeettes seniblaliles qui le composent el à tenir compU^ de leui-s nomlires relatifs ; les nombres ne sont pas les mêmes pour chacun des types : dans le cube, les facettes se comptent par 8 ou par 24 ou par 48 sur les angles solides, par 12 ou j)ar24 siu- les angles dièdres; dans le rhomboèdre, elles se comptent par (5 ou par 12 sur les angles dièdres, par 2, par 6 ou par 12 sur les angles solides, et ainsi do suite.
2' problème ; DHertnimr la forme primitive. — Il faut supposer le type du cristal déjà établi, et par cons('‘quenl la détermination de l’espèce minérale à laipielle le cristal appartient déjà avancée ; il ne s’agit plus, comme nous l’avons x'u, que de choisir cette espèce dans le groupe de celles que comprend le type que l’on a déterminé; et pour cela il faut trouver l'angle particulier du type qui donnera alors la forme primitive cherchée. Cet angle, on le mesure avec les goniomètres; mais il peut aloi-s se présenter troLs cas.analogu(>s à ceux que nous avons posés pour le type : ou le cristal est simple et sous la forme même du type, on lùen il est complexe, mais clivable, ou enfin, il est complexe sans indication de clivage. Dans le premier cas, on prend directement l’angle qui doit déterminer la forme primitive ; dans le deu.xième cas, on opère d’abord le clivage; le noyau qu’on obtient, et qui a déjà servi à déterminer le type, sert encore à fournir l’angle de la forme primitive qu’il présente invariablement; enfin dans l’absence de forme simple du type et de clivage, on mesure un quelconque des angles que font entre elles deux facettes dérivées : l’angle de la forme primitive est évidemment corrélatif de celui des facettes dérivées, et peut en être déduit par des calculs dont ces notions de cristallographie ne comportent pas la complication et pour l’établissement desquels nous devons renvoyer aux ouvi-ages spéciaux.
HUGARD.