CHAPITRE l«. — .MliTHODKS GÉNÉRALES. 3i'J
du sel de potasse, à moins ipi’il ne soit eu partie causticpie ; il n’est pas déliquescent, et même s’elHeurit à l’air.
On dose le sodium ou la soude par difTérence, ou directement par le poids de sulfate. On peut aussi doser la soude lorsqu’elle est à l’état alcalin en déterminant la quantité d’acide employé pour la saturer. (V. Essais par les volumes.)
Exemple. Analyse d’un mélange de sels sodique, potassique et ammonique.
Le chlorure de platine sépare le potassium et l’ammoniaque. Le précipité recueilli , calciné , donne un résidu renfermant du chlorure de potassiimi, dont on dose le chlore à l’état de chlonire d’argent; on applique à ce chlore la quantité de platine qu’exige la formule du chlorure double de platine et de potassium. On a par le poids du platine excédant la proportion du sel doulde ammonique.
Si les trois bases sont unies à un même acide (sulfurique ou chlorhydrique), on dose cet acide, puis on soustrait de son poids les quantités nécessaires jiour saturer les bases, potasse et ammoniaque. On a la quantité nécessaire à la saturation de la soude jpar dilVérence.
CALCIUM. — La chaux est une base énergique, caractérisée par la proiiriété qu’elle possède de s’unir à l’i'au (se déliter) en produisant de la chaleur. L’hydrate de chaux (chaux éteinte) est caractérisé par sa faible solubilité dans l’eau. L’acide carbonique trouble l’eau de chaux; employé eu excès, il redissout le précipité, et l’abandonne sous l’action de la chaleur. La chaux est précipitée de ses combinaisons par le carbonate de soude, par l’oxalate d’ammoniaque et par le phosphate de soude.
On dose la chaux à l’état de carbonate ; pour cela, le sel de chaiLx est précipité par l’oxalatc d’ammoniaipie en excès (si la chaux était à l’état de phosphate, il faudrait, au préalable, éliminer l’acide phosphorique au moyen d’un sel d’alumine en présence de l’acide acétique en excès). Le précipité d’oxalate de chaux recueilli sur un liltre, lavé, séché, calciné à une température modérée, se transforme en carbonate de chamx.
BARYUM. — La baryte existe comme la chaux à l’état anhydre ; elle peut comme elle s’hydrater, s’éteindre.
Sa propriété principale est de former avec l’acide sulfurique un précipité blanc de sulfate de baryte, insoluble dans l’eau et dans les acides, que le carbonate de soude transforme en carbonate de baryte, en même temps qu’il se produit du sulfate de soude.
On isole et on dose la baryte à l’état de sulfate.
INTItOni CriON . — ANALYSE CHIMIOt.E.
sTRONTifM. — r.aracti’risô par la propriété (jue présentent ses sels (le nitrate principaleniciit) de colorer en pourpre intense la flamme de ralcool. On dose la slroutiane à l’état de sulfate, mais moins exactement que la baryte, son sulfate étant un peu soluble. Vue dissolution de sulfate de chaux précipite les sels de strontiane et cetix de baryte.
T’ne dis.solution de stdfate de strontiane précipite les sels de baryte, mais ne précipite ni les .sels de chaux ni les sels de slronliane.
On sépare la baryte de la strontiane par l'acide hydro-fluosilicique. Le sel de baryte est iusolulile tandis que celui de strontiane est soluble ; le chromate d(t baryte est également moins soluble que relui de strontiane.
\fAC.Ni;su M. — L’oxalate d’ammoniaque ne piécipite pas les sels de magnésie en présence des sels ammoniacaux ; mais la magnésie est, dans ce cas, précipitable par le phosphate d’ammoniaque à l’état de phosphate ammoniaco-magnésien. Ce sel, presque insohdjle dans l’eau, est lavé, séché, calciné; il se transforme alors en pyrophosphate de magnésie, 2MgO,PhU'', dont la composition est constante. •
On sépare la chaux de la magnésie par l’oxalate d’ammoniaque en présence des sels ammoniacaux.
ALLMiNiLM. — Métal (l’iine extrême légèreté; l'eau bouillante l’attaque à peine, les alcalis le dissolvent avec etrcrvescence. Son principal composé, l’alumine, est caractérisé ]>ar sa précijdtation des sels aluminiipies au moyen de l’addition d’ammoniaque; le précipité d’alumine ainsi obtenu est gélatineux ; la chaleur le transforme en alumine anhydre. Les matières organiq\ies s’opposent à la jnecipitalion de l’alumine par l’ammoniaque, elle n’est d'.iilleurs complète que ]>ar l’addition du siüfliydrale.
Exemple, rouranalyserl’aluude potasse on le dissout, on précipite l’alumine par l’ammoniaque, on recueille, lave, sèche, calcine et pèse le précipité. Les eaux mères sont précipitées par le chlorure de baryum. On recueille, lave, sèche, calcine, et pèse le .sulfate de baryte, les secondes eaux mères débarrassées par l'acide sulfurique de l'excès de han te donnent, après évaporation, un résidu, (jui, calciné et repris par l’eau, fournit une solution (jui, précipitée par le clüorure de platine, donne du chlorure double de platine t;l de potassium.
MA.Nf.ANÈsE. — Les sels de manganè.se sont caractérisés jiar la propriété qu’ils possèdent de produire une magnifique couleur
CIlAPITnE II''. — MÉTHODES GÉ.NKItAI.ES.
violette lorsqu’on les calcine avec de l’acide phosphorique et qu’on ajoute au mélange de l’acide azotique, t^n les reconnaît aussi en les calcinant avec de la potasse et du chlorate de jiotasse; il se produit aloi-s une masse fondue verte ou violette (caméléon) selon la quantité de potasse.
On dose le manganèse à l’état d’oxj de inteiTUédiaire, Mn’0‘, ou de sulfate. On le précipite par le carbonate de soude en l’alisence de toute matière organique, on recueille, lave, sèche, calcine le précipité qui possède alois la formule MnW. Le hio.vyde de manganèse est dosé par un procédé spécial. (V. Essais par les rolumes.)
FEi\. — Ce métal, lorsqu’il est en combinaison, se reconnaît principalement aux caractères suivants ; si la dissolution est au maximum d’oxydation (et on peut toujours l’y amener par l’addition du chlore), elle est précipitalile en jaune rougeâtre, ocreux, par l’addition de l’ammoniaque; le cyanoferrure de potassium y produit un précipité lileu ; le cyanoferride ne la trouble pas. Si la dissolution est au minimum (et on peut toujoui-s l’y ramciier par l’action de l’acide sulfureiLx), elle est précipitable en blanc par le cyanofermre de pota.ssium; en bleu, par le cyanofeiTide. Ces caractères si sensibles et si excellents disparaissent loi-sque le sel est tenu en dissolution dans un milieu alcalin par une matière organique, par exemple l’acide tartrique; il faut se tenir en garde contre cette circonstance.
Un dose le fer le plus souvent à l’état de peroxyde que l’on pèse après calcination ; on peut aussi l'cvaluer par la quantité de corps oxygénants employés pour le faire passer du minimum au maximum d’oxydation. L’emploi du permanganate do potasse donne les meilleurs résultats. (V. Essais par les volumes.)
NICKEL ET COBALT. — Indépendamment des caractères tirés do l'emploi des carlionates, de l’hydrogène sulfuré et des sulfures, le nickel et le cobalt possèdent des propriétés toutes spéciales qui , peiTuettent de les distinguer de tous tes autres corps. La potasse précipite le nickel en vert, le cobalt en bleu qui verdit à l’air.
On dose généralement, le nickel à l’état d’oxyde. Quant au cobalt, on le précipite par un réactif tout spécial, le nitrite de potasse, qui s'unit avec bd pour former un composé presque complètement insoluble; la séparation du nickel et du cobalt exige une précaution minutieuse et une grande habitude de l’analyse.
cHno.ME. — Ce métal est principalement caractérisé par les propriétés de l’acide chromique; si l’on calcine sur un verre de montre une matière chromée avec un mélange de potasse et do nitrate
INTRODUCTION. — ANALYSE CHIMIQUE
du potasse, le mélange prend aussitôt nne teinte jaune; il devient alors soluble et colore l'eau en jaune; par l'addition de l'acide azotique employé avec précaution, la couleur s’e.xalte par la mise en liberté de l’acide chromi<iue isolé, ou au moins par la formation d'un chromate acide. Cette dis.solution forme, aveclesselsde plomb, un beau précipité jaune; avec les sels d'argent elle donne un précipité rouge. L’addition d'un corps réducteur quelconque, l'immersion d’une lame de zinc fait disparaître aussilc)t la couleur jaune, le liquide se décolore ou devient vert suivant l’état de concentration. L’eau oxygénée transforme l’acide chromique en acide surchromique, la couleur jaune disparaît, une couleur bleue éphémère se produit.
ZINC, rrr cadmium. — Le zinc et le cadmium sont précipités de leur dissolution par l’ammoniaque ; un excès de réactif dissout les deux précipités, mais la potasse redissout l'oxyde de zinc et ne dissout pas l’oxyde de cadmium.
Le cadmium est caractérisé par la couleur de son sulfure qui est jaune, tandis que celui de zinc est blanc.
Lorsqu'im oxyde de zinc cadmifère est soumis à l’action d’un courant d'hydrogène sous l'inllnence d’une température inférieure au rouge sombre, le cadmium se léduit et se vaporise, tandis que l’oxyde de zinc reste irréductible. L’appareil dans lequel on exécute cet essai est le même que pour la recherche de l’arsenic; seulement le tube que l'on chauffe doit être plus gros parce qu’il doit recevoir le mélange des oxydes : l’anneâu cadmique se produit dans la partie froide du tube.
On dose le zinc à l’état de sulfate ou à l’état d’oxyde. On peut aussi le précipiter par une Uqueur titrée à l'état de sulfure. CV. Essais par les volumes.)
ÉTAIN ET .ANTIMOINE.— C'est jiar la formaliou de l’acide stannique et de l’acide antimonieux que l’on distingue ces deux métaux. L’acide azoti((ue, réagissant sur l’un et l’autre métal, produit une poudre blanche insoluble dans l’acide azotique.
Pour distinguer ces poudres l’une de l’autre, on les reprend par l’acide chlorhydrique qui les dissout toutes deux. Une lame d’étain est ensuite plongée dans la dissolution. Si l’on obtient mi précipité métallique, le métal est de l'aniimoine, sinon c’est de l’étain; une lame de zinc précipiterait les deux métaux.
L’antimoine est d’aillem-s caractérisé par la manière dont il s’oxyde. Lorsqu’on projette le métal fondu sur un papier, la goutte
CHAPITUE l'r. — .MÉTHODES (JÉXÉIULES. 353
en tombant se divise en milliers de gouttelettes qui brillent au contact de l’air.
L’étain à l’état de protochlonire est un sel réducteur ; il forme avec les sels d’or le pourpre de Cassius.
cmviiE. — La couleur bleue que prend la dissolution des sels de cuivre eu jiréseuce d’un excès d’amiiioniaque est le meillem- caractère de ce métal ; cette dissolution laisse précipiter le cuivre sur une lame de zinc. Les sels de cuivre soûl également caractérisés Iiar te précipité rouge-brun que priiduit le cyanoforrure de potassium dans une liiiueur cuivrique neutre ou légèrement acide. On dose ordinairement le cuivre à l’étal d’oxyde en le précipitant de sa dissolution par la potasse en excès à l’ébullition.
MEUci.HE. — Le chlorure de ce métal est peu soluble, le biclilorure est soluble dans l’eau et même, dans l'alcool; mais la meilleure des réactions pour reconnaitre le mercure, la plus infaillible sans contredit est sa réduction à l’état métallique.
r.c chlorure de mercure est soluljle dans une liqueur acide ; si l’on ajoute à cette liqueur de l’acétate de soude et si l’on porte à rébullition, le dépôt ipii se forme, recueilli sur un filtre, calciné dans un tube ellilé, donne du meri.'ure que l’on peut réunir dans la partie effilée du tube.
Un sel quelconque de mercure auquel on ajoute un peu de craie ou de potasse, soumis à l'action de la chaleur dans un tube effilé, lionne ainsi une gouttelette de mercun,'.
AiiGENT. — La [iropriété caractéristique de l’argent est la précipitation de sou chlorure par l’acide chlorhydrique ou les chlorures. C’est au moyen de cette réaction que l’on dose ordinairement ce métal. Le chlorure d’argent jouit de la propriété de se déposer d’autant mieu.x ipie la liqueurdont il est précipité, et dans laipielle il est en partie suspendu, est plus vivement et plus longtemps agitée. La iirésence du mi.'rcure met ohstaide à l'éclaircissement de la liqueur. Ce dosage à l'étal de chlorure peut être fait avec des liqueurs titrées. (V. L'.vsnw par 1rs volumes.)
on. — L’or métalli(]ue est suirisamment caractérisé. Ses sels colorent la ])ean en poui pre, tandis que les sels d'argent la coloient en noir. L’or et l'argent sont caractérisés par voie st'che, par ce fait que résistant à l'oxydation et à l’action dissolvante de la li- Iharge, ils ne sont ]ias absorbés par la coupelle. C’est sur cette double proiiriété ipi’est basé l’essai des métaux lu écieiLx ; le départ de l’argent se fait au moyen de l’acide azotique qui n’attaque pas l’or, à moins qu’il ne soit mélangé avec l’acide chlorhydrique.