‹ Introduction au "Dictionnaire de chimie industrielle"Chapitre 210 sur 262 · I.NTROUUCTIÜN. — ANALYSF. CHIMIQUE · texte numérisé non relu

I.NTROUUCTIÜN. — ANALYSF. CHIMIQUE

un point queli'onque de la masse ; mais les potasses et les soudes du commerce ne sont pas des produits homofïènes ; il est alors necessaire de faire un échantillon moyen ; pour cela, on prend de petites portions sur les points les plus divers de la masse totale de la matière à essayer ' ; si elle est en tonneau, on y plonge une sonde dans tous les sens, de manière li ramener des portions situées aux points les plus dilTérents. Si la matière n'est pas renfermée ainsi, son aspect donne toujours de précieuses indications. Quoi qu'il eu soit , on réunit ensemble ces diverses parties et on les broie rapidement ; ce mélange présente alors la richesse moyenne de la masse de l’alcali ; c’est lui qu’on soumet à l'essai.

Marche de iessai. — D’ajirès ce que nous avons dit, il faut prélever sur cet échantillon un poids de k'',8ü8 s’il est formé de carbfr natede potasse, et 38^,159 s’il est formé decarbonatc desoude;mais pour de telles posées, il faut disposer de balances très-sensibles, qui ne sont pas à la portée de tous. 11 est plus simple alorede jirocèder comme il suit. On pèse une cpantité décuple de colle qui doit servir à chaque e.ssai : soit 48b'-,080 de carbonate de potasse ou 31e'',ô90 de carbonate de soude; puis on dissout ce poids de matière dans un volume d’eau égal à .'jüO c. cubes, dette opération se fait dans une éprouvette ;'i jiied ipii jiorte un trait cornxspondant e.xactement au volume do demilitre. l'our y parvenir aisément , on commence par mettre dans l’éprouvette 200 cent, cubes d’eau distillée à peu près ; on y projette la prise d’essai et on l’y agite au moyen d’une baguette de verre. Lorsque la solution est complète, on parfait un demi-litre en ajoutant de nouvelle eau distillée. I,a solution ainsi préparée doit senùr à dix essais, car chaque fois (pie l’on jirélève un volume Fig. i«o.— Éprouvette de 50 Centimètres on enlève le dixième de graduée. Ijj üqueur qui renferme le dixième de la

pesée, c’est-à-dire 4gr,808 ou 3gr,159. Cette opération se fait de la manière la plus simple au moyen d’une pipette de 50 cent, cubes.

< Nous croyons utilu d ajouter que la moitié au moins de tout échantillon soumis à l’analyse doit être conservée avec soin, comme témoin, dans un flacon bien bouché et cacheté. Il en doit être de même pour tous les essant.

CHAPITHK III. — KSSAIS IMU LKS VOUJMKS.

Fig. 161. — Va«o h saturation.

Lüi'sqii'on a jirélevé ainsi fjOcent. culx’sde la liqueur alcaliiit*, ou pesé la prise d'essai simple, on la laisse écouler ou ou la verse dans un vase à précipité en forme de tronc de cône. Les va.s(>s de cette forme dont l'opérateur doit faire usafte pour tout essai fait à froid par les volumes, sont désignés sous le nom de vase à saturation.

La solution alcaline étant introduite dans le vase à saturalion,on y ajoute quelques gouttes de teinture de tournesol; c’est celte substance qui, bleue d'abord, doit indiquer ]>ar son virage au rouge le point de saturation. I.e liquide doit prendre, i)ar cette addition, une teinte bleu céleste prononcée, et l’on ne saurait trop recommander d’employer toujours, autant que possible, la même quantité de tournesol pour chaque essai. On y parvient aisément en introduisant cette teinture au moyen d’une petite pipette qui la laisse tomber goutte .à goutte. Oela fait, on place le vase sur une feuille de papier blanc pour pouvoir mieu.x apprécier le changement de couleur (jui s’y produit ; d’autre part, on remplit d’acide normal la burette alcalimétrique. Celle-ci est graduée de haut en bas, c’est-à-dire que son zéro ou point de départ est jilacé à la partie supérieure du tube gradué. Elle mesure d’ailleurs exactement 50 cent, cubes à partir de ce point, et est divisée eu 1 00 parties égales , de telle sorte (jue chaque division oir degré correspond exactement à un demi-centimètre cube.

Tout étant ainsi disposé , on prend d’une main la birreltc remplie jusqu’au zéro, et l’on verse doucement la liqueur acide dans la solution alcaline : dans cette opération, il faut marcher lentement, en ajoutant l’acide jiar petites portions, et agitant le vase (fui le reçoit à chaque addition en lui imprimant un mouvement (jiratoire, pour etl'eiduer le mélange de l’acide avec le luiuide alcalin. La marche de l’essai ofl’re alors certaines particularités suivant que la matière essayée est formé de carbonate, de bicarbonate ou d’alcali pur. Considérons le premier cas. .\ucun phénomène ne se fait d’abord remarquer; mais lorsqu’on a vei-sé plus de la moitié de l’acide nécessaire pour saturer tout l’alcali, on voit le liquide, bleu jusi|u’alors, se colorer en rou(je vineux : c’est qu’à ce moment l’acide carboniijue, chas.sé par l’acide sulfurique, commence à réagir sur le tournesol; en ell'et, la saturation est dès lors ai'compagnée du dégagement de l’acide carbonique, qui jusque-là avait été retenu par l’alcali lequel se changeait en bicarbonate. A partir de ce moment, on verse l’acide peu à peu, jiresque

INTBODUCTION. — ANALYSE CHIMIOUE ,

goutte il goutte, en continuant l’agitation jusqu’à ce qu'on voie tout à coup la couleur rouge vineux se changer en rouge vif ou rouge pelure d’oùjnon. Ce changement subit indique que la saturation est achevée. Pour saisir ce jiassage avec plus de facilité, il est bon d’avoir sous les yeux un vase semblable à celui dans lequel on opère, et dans lequel ou a ajouté une liqueur acide et auUiut de gouttes de teinture de tournesol qu’on en a employé pour l’essai lui-même. L:i saturation étant terminée, on lit sur la burette combien de divisions ou centièmes ont été déjieusés ; ce nomlire exprime combien l’alcali examiné renferme de jiotasse ou de soude jmre sur 100 jiarties en poids.

Si l’on a allaire à un bicarbonate, la teinture de tournesol devient d’uu rouge vineux dès le commencement de l’opération, et le dégagement d’acide carbouiiiue a lii'u dès les jiremiei’s instants. S’il s’agit, au contraire, d’alcali caustiijue, il n’y a aucun dégagement, et le bleu du tournesol v'ii-e subitement au rouge pelure d’oignon sans passer par le rouge vineux.

On peut éviter la petite ditriculté que présenté l’appn'ciation du jiassage de la teinte rouge vineux à la teinte pelure d’oignon, en faisant l’essai dans un ballon que l’on cliauH‘e de manière à mettre le liipiide en ébullition lors»iue la première moitié de l’essai est dépassée. De cette façon, l’acide carbonique se dégage aussilét qu’il est formé, et par suite la teinture reste bleue jusrju’au moment où l’addition d’une dernière goutte d’acide la fait subitement virer au rouge pelure d’oiguon.

Il est rare qu’un premier essai donne des résultats exacts : ordinairement 011 emploie trop d’acide, et partant on trouve \m titre supérieur au litre réel ; c’est pour cela qu’il faut répéter l’essai sur un autre volume de 50 cent, cubes de solution alcaline, en versant de suite sur celle-ci la quantité d’acide trouvée nécessaire jiour l’essai précédent, moins un ou deux centimètres cubes, et procédant ensuite avec plus d’attention qu’on ne l’aurait fait tlaus l’autre essai, pour saisir le moment du changement de couleur. Avec une burette construite de manière que chaque goutte soit un dixième de division , on peut très-bien calculer le titre d’une poUusse à quelques millièmes près. Ainsi, si on avait obtenu la saturation avec 50 divisions et 5 gouttes, on en conciliera que l’alcali essayé contient sur 1000 parties 505 d’alcali réel.

MÉTHODE DE DESCROIZILLES. — TITRE ALILILIMÉTHIQIE. — Comme

nous l’avons fait voir plus haut, celte méthode dilfère de celle de Cay-Lussac, du moins dans rénonciation de ses lùsultats. Loi-squ’en

CHAlMTltE III. — ESSAIS PAU LES VOI.EMES. 395

efTet on vent par son moyen ^-vahier l’etlet utile d’un alcali, ce n’est plus en recherchant le nombre de centièmes d’alcali pur qu’il renferme qu’on établit sa richesse. Ce dont on se préoccujie alors, c’est de déterminer combien il faut de kilogrammes d’un acide bien délini pour saturer 100 kilogr. do l’échantillon à analyser. C’est, comme on le voit, un moyen détourné qu’on emploie pour connaître la richesse alcaline , car c(>lle-ci est en proportion directe de la (piantité d’acide employé, et une fois qu’elle est établie, il sulRt d’une sim[)le proportion construite d’après la loi des éipiivalcnts pour déterminer celle-là. Nous en donnerons bientôt un exemjile.

L’acide choisi par Descroizilles est l’acide sulfurique monohydraté (Sf)*,II0) marquant OG" Haumé (p. s. = 1,8i3). La liqueur nonnale se prépare d’une manière identique à celle décrite pour la méthode de Gay-Lussac; la burette au moyen de laquelle on vei-se cette liqueur normale est également la même; elle mesure 50 cent, cubes, et est divisée en 100 parties égales, dont chacune, par conséquent, correspond exactement à un demi-centimétre cube. La prise d’essai dilfére; ce n’est plus la loi des équivalents qui la fixe ; elle est arhitrairement choisie égale à 5 grammes, qu’il s’agisse de soude on de potasse. On conçoit, en eü'et, qu’il ne soit plus nécessaire de peser pour chacun de ces alcalis des quantités différenles et correspondant à leui-s équivalents respectifs , puisqu’il ne s’agit ici que de déterminer la quantité d’acide sulfurique qu’exige leiu neutralisation.

On jiése donc 5 grammes, ou 50 grammes si l’on veut préparer dix essais à la fois , et sur celte quantité on opère d’une manière idenliiiue à celle que nous avons décrite pour la méthode de Gay- Lussac. La marche, les précautions, l’indice de saturation sont les mêmes.

C’est donc l’énoncialiou des résultats qui seule doit nous arrêter; elle est d’ailleui-s facile à établir. Le nombre do kilogrammes d’acide (SO’,HO) nécessaiix's pour saturer 100 kilogr. d’alcali se représente par des degrés; s’il en faut, par exemple, GO, on dit que l'alcali porte GO» alcalimétriques. Considérons maintenant que, le litre de liqueur normale contenant 100 grammes d’acide sulfuriipie (SO’,110) , chaipie centimètre cube en contient 0b'',100 et par suite chaque demi-centimètre cube, c’est-à-dire chaque division de la burette en contient Oc, 050, ijue d’ailleui-s nous avons fait l’essai sur 5 grammes de l’alcali, que ces deux nombres 5 grammes et Oc, 050 sont entre eux dans la même proportion

IXTIiflDCCTION. — ANALYSE CHIMIOEE.

que lOOkilofir, el 1 kilogr., et nous verrons ilpsuilequ'autanlil faudra de fois ÜKr,U.'>0 d'acide, c’est-à-dire une division de la burette pour saturer les 5 grammes soumis à l'essai, autant de fois il faudra 1 kilogr. d’acide pour saturer 100 kilogr. d'alcali. Donc chacjuc division correspondra à 1 kilogr. d’acide, c’est-à-dire à un degré, et par suite il suHira de lire sur la burette le nombre de divisions pour énoncer le nombre de degrés alcalimétriques Descroizilles.

Si nous voulons maintenant du titre alcalimétrique (Descroizilles) conclure le titre pondéral (Gay-Lussac), nous le pourrons aisément. Supposons qu’une potasse marque (iO** alcalimétriques, nous dirons : 012,5 d’acide sulfurique (SO’,110) correspondent à 589 de potasse (KO), donc 00 kilogr. (SO’,IIO) correspondent à X kilogr. de potasse (KO).

-ThS9- = ¥

Donc la potasse soumise à l’analyse renferme sur 100 kilogr. 57i"ii,0 de potasse inire anhydre (KO).

/(c/dfm/KM. — 1" L’essai alcalimétrique tel que nous venons de le décrire ne présente aucune dilliculté lorsqu’il s'agit de carbonates de potasse et de soude e.xempts d<! mélanges d’autres sels capables de saturer l’acide sulfurique. Un carbonate de potasse ou de soude ne contenant poui' imj)uridé que des sulfates ou des chlorures pourra être soumis à l’essgi sans autre opération préparatoire. Mais ce cas n’est pas le seul cas qui puisse se présenter. 11 arri\ e parfois que les potasses ou les soudes renferment des carbonates insolubles ou des sulfures alcalins.

On découvre facilement la présence des carbonates insolubles en dissolvant un peu de carbonate alcalin dans l’eau, et liltraut la solution : les carbonates insolubles restent sur le liltre , et on les reconnaît à l’eiren-escence qu’ils font avec les acides. Il faut dans ce cas, après avoir pesé la prise d’essai et l'avoir laissée en contact avec l’eau jusqu’à ce (ju’on considère la solution comme terminée, filtrer avec soin et laver le filtre à l’eau distillée jusqu’à ce que l’eau de lavage ne bleuisse plus un papier rouge de toui-nesol; ces eaux doivent nécessairement être réunies à la liqueur filtrée, et c’est sur leur ensemble que l’on opère l’es.sai.

La présence des sulfures et des hyposulliles , assez fréquente dans les soudes brutes, peut aussi devenir une cause d’erreur, car ces sels, dans le [tins grand nombre des cas, ne représentent pas une matière utile, quoiqu’ils exercent un pouvoir saturant sur l’acide

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