CHAPITRE III. — ESSAIS PAH LES VOLUMES
de potassium; puis on ajoutera la solution titrée de liidiroinate de potasse, et l’on s’arrêtera au moment précis où le bichromate ayant aclievé son action sur l’acide sulfureux attaque l’iodure de pota.ssiuin, de inaniére à mettre en liberté l’iode (jui colore immédiatement l’amidon ; tel est l’indice de saturation. La liqueur de bichromate de potasse étant laite de manière que, par exemple, 10 grammes de ce sel soient dissous dans 1 litre de liquide , on saura, par une simide proportion, la quantité de bichromate employée et la quantité d’acide sulfureux correspondante.
M. Péau de Saint-Gilles a fait récemment connaître, jiour le dosage des sullites , une mélliode qu’il a généralisée ensuite et appliquée aux hyposulfltes, indurés, cyanures, et<‘., à tous les composés enfin capables d’être oxydés d’une manière nette et facile par une solution de permanganate de potasse. Elle est basée sur ce fait que le caméléon transforme les sullites en sulfates très-nettement dans une solution alcaline , en leur abandonnant 1 équivalent d’oxygène par chaque équivalent d’acide. L’acide permanganique passe alors à l’état de protoxyde et de peroxyde de manganèse en même temps que la liijueur se décolore, de telle sorte que si l’on ramène tout le manganèse à l’état de protoxyde, MnU, il est facile de déduire de la quantité de pennanganate employée la quantité d’oxygène cédée, et par suite la quantité de sulfite sulfatisée.
On emploie pour cela deux solutions; la première est faite de 2.5 grammes environ de permanganate de potasse cristallisé pour '1 litre d’eau; on en détermme la richesse exacte en évaluant quelle quantité d’o.xygène elle peut abandonner. Pour faire cette détermination, M. Péan de Saint-Gilles se sert de l’oxalate neutre d’ammoniaque, sel non hygroscopique , facile à purifier, et qui, au sein d’une liqueur acidulée par l’acide sulfuri(|ue , est trèsnettement décomposé par le permanganate qu’il décolore, et ramène à l’état de protoxyde de manganèse , tandis que l’acide o.xalique absorbe un équivalent d'oxygène, d’après l'équation ;
C'0’,1I0-|-U = CHJ*-|-1I0.
Une fois faite la solution de iiermanganate, on pèse 1 gramme, par exemple, d’oxalate neutre d’ammoniaque ; on le dissout dans l’eau, on acidulé par l’acide sulfurique , ou chauffe légèrement et l’on ajoute de la solution de caméléon jusqu'à ce que la couleur violette caractéristique de celui-ci cesse de disparaltte. On lit alore le volume employé, soit, par exemple, 18 cent, cubes ;
1 équivalent d’oxalate neutre, GHP, NIPO, HO = 897,5, absorbe
INTRODUCTION. — .'ANALYSE CHIMIQUE
1 Qquivalonl d’oxygène = 100, c’est-à-dire le cinquième de ce qu’abandonne Mn*0'',KO= Mn’O* -J- O* ; on saura dès lors combien il a fallu d’oxygène pour oxyder le {loids d’oxalate en écrivant ;
X = Ok'-.I 12. Donc les 18 cent, cubes de liqueur ont
abandonné 0gr,l 12 d’oxygène. On en déduit immédiatement la quantité d’oxygène que lient fournir le litre, en écrivant :
ll*2"~ X
x=6gr,222.
La deuxième liipieur est une solution titrée de protosulfate de fer, contenant 100 grammes de cristaux purs et lüü cent, cubes d'acide sulfurique par litre.
Au moyen de ces deux litiueurs , on opère de la manière suivante : on pèse 1 gramme, par exemple, dusullite à essayer; on le dissout dans l’eau, on rend la liipieur alcaline par l’addition d’une certaine quantité de carbonate de sonde, juiis on y verse un excès de la solution titrée de permanganate. L<*s premières portions sont immédiatement décolorées, et l’on continue jusqu’à ce que la liqueur reste colorée en ronge intense.
A ce moment, ou acidulé la liqueur par quelques gouttes d'acide sulfuriijue, jiuis on ajoute im volume de la solution de fer connu et sutiisant pour décolorer l’excès de permanganate, et dissoudre, en le ramenant à l’état de protoxyde , le peroxyde do manganèse qui s'est formé dans la réaction. Cela fait , on ajoute de nouveau du permanganate jusqu’à ce qu’une goutte ne se décolore plus et communique à la liqueur la teinte rose caractéristique. On évalue le résultat en lisant sur la burette le volume total du permanganate employé , duquel on retranche simplement la quantité décolorée par le sulfate de fer, quantité que l’on connaît imisque l’on a jiris préalablement le titre de la solution ferreuse.
Supposons qu’il s’agisse de sulfite <le soude, qu’on en ait pesé 1 gramme, et qu’il ait fallu employer pour l’oxyder 12 cent, cubes de la solution de permanganate. On sait immédiatement, par la
proportion t = — , que ces 12 cent, cubes eijuivalent a
0gf,07i d’o.xv'gène. Or 1 équivalent de sulfite de soude luir et sec (SÜ’NaO =787) exige un équivalent d’o.xygène = 100. On écrira
donc
0 = 100 0gr,074
SU‘NaO = 787“ x
, a;=0gi',582. Donc le sel analysé
renfenne par gramme 0,582 de sulfite pur et sec, c’est-à-dire 58,2 pour 100.
CHAl’ITHE III. — E-^S.AIS PAU LES VOLU.MES.
'lll
ESSAI DES HYPOSIJLFITES.
L’emploi considérable que la pholofxrapbie fait aujourd’hui de l’hyposulüte de soude a donné une certaine importance au mode d’essai suivant dont le commerce est redevable A MM. Foiilos et Gélis. 11 est basé sur ce fait que lorsqu’on ajoute à la solution d’un hyposulfite alcalin de l’iode solide ou mieu.x dissous dans l’alcool , celui-ci est absorbé en fourni.ssant une liqueur incolore dans la proportion d’un équivalent d’iode pour 2 d’acide hyposulfureux. Gela posé, le modo d’essai est des plus simples. On pèse une certaine rpiautité d'iode, iO fii-aiiimes, par exemple, que l’on dissout dans 1 litre d’alcool (celte liqueur se conserve sans altération); on pèse 1 {jramme de riiyposuHile à essayer, on le dissout dans l’eau, et l’on verse peu à i>eu la solution iodée tant que la liijueur reste incolore ; on s’arrête sitôt qu’a[)pai"ait la coloration jaune de l’iode, et on lit le volume employé, soit 12 cent, cubes;
en posant la proposition = — , x= Ü,i80. On voit que ces
12 cent, cubes reiifemient ()«■■, i.SO d’iode; l’équivalent de l’hyposullite de soude cristallisé pur étant (S*0’Na0,5H0) = ir)'ill,5, on saura la quantité de sel pur et sec contenue dans le poids de 1 {namme, en écrivant
2(SHJ‘NaO,5HO)=1099 ^
T, ;F = ()gf,958.
D’où l’on conclut que le sel à analyser renferme 95,8 pour 100 d’byposulüte pur et sec.
/icmarqi/c.— L’iode est éj;alcment absorbé par les sulfites qu’il transforme en sulfates en décomposant l’eau, de telle sorte (|ue le procédé serait inapplicable au cas où l’hyposulfite à analyser renfermerait du sulfite ; il ne peut être employé ([ue pour évaluer la richesse d’un hyposulfite renfermant de l’eau, des sulfates, chlorures, etc.
On pourrait égah'ment analyser les hyposulHtes d’après la méthode de M. l’éan de Saint-Gilles, en se basant sur ce que chaque éijuivalent d’hyposulfite, au contact du permanganate, absorbe exactement 4 éipiivalents d’oxygène; mais, dans ce cas encore, il faudrait que l’hyposullite ne fût pas mélangé de sulfite.