‹ Introduction au "Dictionnaire de chimie industrielle"Chapitre 226 sur 262 · ESSAI DU CUIVRE · texte numérisé non relu

ESSAI DU CUIVRE

On doit à M. Pclouzo un procédé* basé sur IVniploi des liqueurs titrées, par lequel la détermination du cuivre rentre dans le nombre di*s essais commerciau,\ et industriels faciles à e.xécuter. Ce procédé est fondé : 1" sur la iiropnété que possède l’o.xyde de cuivre de se dissoudre dans l’ammoniaque en donnant une liqueur d'un bleu très-intense; 3" sur la précipitation d'un o.xysulfure de cuivre, CuO,.')nuS, qui s'opère au sein de cette litpieur ammoniacale par l’addition d’un sulfure soluble et la décoloi’ation complète qui en résulte lorsqu'il ne reste plus de cuivre eu dissolution.

Parmi les métaux ipie peut renfermer l’échantillon à analyser, il en est plusieurs ([ui n'apportent aucune gène à l’essai : ce sont le plomb , l’étain , le zinc , le cadmium , le fer. l’antimoine ; car l’exiiérience a démontré que, loi-s même que ces métaux .se trouvent soit dissous dans la liqueur ammoniacale, soit précipites et en suspension dans ce milieu, le sulfure alcalin porte d’abord son action sur le cuivre, et ne réagit sur les autres métaux ipie loreque la liqueur a été complètement décolorée, c’est-à-dire lorsque tout le cuivre en a été précipité à l’état de sulfure.

Quatre métaux seulement peuvent s’opposer à l’exécution de ce procédé de dosage ; ce sont l’argent, le mercure , le cobalt et le nickel ; et encore l’ini d'eux, l’argent, peut-il être facilement éliminé par l’acide clilorbydriqiie.

Pour exécuter l’essai de cuivre d’après le principe jKisé plus haut, on dissout dans l’eau un sulfure alcalin, celui de sodium préférablement ; on établit son titre en l’employant à précipiter la solution ammoniacale de 1 gramme de cuivre pur; le titre une fois fixé , on opère de même sur l’échantillon à analyser, c’est-àdire que l’on préc.ii>ite à l’état d’oxysulfure, CuO,rà;uS, tout le cuivre que contient ce gramme, en s’arrêtant lorsque l’indicu de saturation se manifeste , c’est-à-dire loreifue la liijueur a perdu toute sa coloration bleue.

Voici la mari he du procédé : Pour titrer d’abord le sulfun* (ijue l'on prépare en dissolvant dans l’eau les cristaux qu’on obtient (*n saturant par un courant d'acide sulfhydrique une lessix-e de soude marquant 3(1‘> lîaumé), on pèse 1 gramme de cuivre pur ; on le dissout dans .à à 6 grammes d’acide nitrique; lorsque la solution est complète, on ajoute à la liqueur iO à .50 cent, cubes d’ammoniaque caustique concentrée ; on porte le matras à une

^36 l.NTltOUUiniUN. — A.NALYSIi ailMlyLE.

légtsre ébullition, et l’on y verse peu à peu une dissolution de sulfure de sodium contenue dans une burette dont chaque centimètre cube est divisé en 10 parties. Le cuivre se précipite, et l’on continue il ajouter successivement du sulfure de sodium. De temps en temps, loi-squ’on juge que, jiar l’ébullition légère que l’on doit toujours maintenir, une portion de rammoniaque s’est évaporée, on en ajoute une nouvelle iiuantité au moyen d’une pissette spéciale et en lavant toujours les parois du ballon. Un laisse alors quehiues instants l’oxysulfure de cuivre sé réunir, et l’on regai-de par transparence si la liqueur qui le surnage est encore colorée. Néanmoins il faut prendre garde de laisser trop longtemps l’essai eu marche, car une partie de l’oxysulfure peut alors se sulfatiser, et par suite faire croire à un titre plus fort.

Dés (|ue la liqueiu- cesse d’être colorée, on lit sur la burette le nombre de centimètres cubes employés à la décoloration de la dissolution ammoniacale, et on en tient note.

Le sulfure étant ainsi titré, pour analyser un minerai de cuivre on le réduit eu pioudn; , on en pèse 1 gramme que l’on dissout dans un excès d’eau régale ; lors((u’il est complètement attaqué et (jue la plus grande partie de rac.idcï a été chassée par la chaleur, on laisse refroidir pendant ({uelques instants le matras, et on y verse un excès considérable d’ammoniaque. Les matières insolubles et celles (jui ont été j)récipitées par l’ammoniaque (silice, alunnne, oxyde de plond>, oxyde d’antimoine, oxyde de fer, etc.) restent en suspension ; il est inutile de les séparer par la tiltration, car elles n’empêchent pas d’apprécier la décoloration, et d’ailleurs elles n’agissent sur le sulfure de sodium que lorsque le cuivre a été complètement précipité.

On opère alors dans cette Iniueur bleue ammoniacale e.xactenient de la même manière et avec hîs précautions dont on a fait usage jiour établir le titre du sulfure.

Supposons qn’un gramme de l’échantillon ail exigé 2i’ divisions; nous savons d’après le litre du sulfure qu’un gramme de cuivre pur exigerait 311 divisions; on posera donc la proportion :

D’où il résulte qu'un gramme dt^ réclianlillon renferme 0,733 de cuivre pur, ou que sa richess*? est de 73,3 p. 100.

Uanarque. — La solution d<; monosulfurn de sodium , (juoiqtie altérable [lar le contact de l’air, ne l’est pas toutefois au i)oint qu’on ne puisse la ctmserver ass».'z longtemps pour s’en st'rvir

CHAPITBK III. — ESSAIS l'AH I.ES vni.HMES.

dans l(>s essais de cuivre. ?^n loiil cas. il convient, avant d’entreprendre un es.sai d’un minerai ou d'un alliage de cuivre, île s'assurer du titre de la solution eu faisant un essai synthétique avec 1 gramme de cuivre pur.

M. Terreil a fait récemment coimaitre pour doser le cuivre pâlies liqueurs titrées une nouvelle méthode. Elle est basée sur ce fait, découvert jiar l’auteur, ipie les sels de hio.xyde de cuivre peuvent être l’éduits par l’acide sulfureu.x ou les sulütes dans une solution ammouiacale , ipie la liqueur qui priiiiitivenient était forlemeut colorée en bleu se décolore complètement jiar le fait de cette réduction, et qu’enfm, en ajoutant à cette solution de protosel de, cuivre du permanganate de potasse titré , celui-ci servant à la .suroxydation du cuivre se décolore jusqu’au moment où, la réaction étant terminée, il manifeste sa présence par sa coloration rouge caractéristique.

On opère de la manière suivante; On pèse 1 gramme de l’échantillon ique l’on dissout dans l’eau, dans l’acide chlorhydrique, ou même dans l’acide azotique, si cela est nécessaire ; dans ce dernier cas, il faut , après dissolution, évaporer à sec et calciner, pomlaisser l’oxyde noir de cuivre complètement exempt d’acide azotique ; cette calcination s’opère très-bien dans le ballon même où la dissolution a été; faite; on redissout ensuite dans l’acide sulfurique, et mieux dans l’acide chlorhydrique. Cela fait, on ajoute à la liqueur un grand excès d’ammoniaque, qui jirécipite le fer, le plomb, etc., et ue laisse dans la liqueur que des métaux sur lesfpiels les sulfites n’exercent aucune réduction; on filtre pour séparer les oxydes précijiilés, etdans la liqueur ammouiacale filtn'îe, qui est alors d’un beau bleu, on ajoute quelques grammes de sulfite de soude parfaitement cristallisé; l’on fait bouillir; au bout de quekpie temps, la liqueur verdit, puis jaunit et entin devient complètement incolore. On y vei-se alors un excès d’acide chlorhydrique , et l’on fait bouillir pour chasser tout l’acide sulfureux. Cela fait, on jirncède à l’essai soit en opérant directement sur cette liqueur qui représente 1 gramme d’échantillon, soit mieux eu l’étendant d’eau distillée , de manière qu’elle atteigne le volume d’un litre, et en prenant le dixième au moyen d’une pipette graduée de manière à opérer sur 0k'',I00 d’échantillon.

Cette dissolution une fois obtenue (et elle doit être parfaitement incolore), on procède il l’essai de la même façon que pour l’essai de fer, c’est-à-dire en ajoutant une solution de permanganate de

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