‹ Introduction au "Dictionnaire de chimie industrielle"Chapitre 258 sur 262 · I.NTRODUCTION. — ANALYSE CHIMIULE · texte numérisé non relu

I.NTRODUCTION. — ANALYSE CHIMIULE

orgaiiiijups azotées, le dosage du larljone et de l’hydrogène s’effectue comme nous l'avons indiqué plus haut; l’azote est l'objet d’un dosage particidier qu’on ellectue d’après deux procédés bien distincts, dont l’un consiste à doser l’azote en volumes, et l'autre à l'évaluer à l'état d’ammoniaque.

Dctcrminalion de l'azote en volumes d’après la méthode de M. Dumas. — Ou choisit un tube à combustion de 70 cent, de long qu’on effile en pointe fermée à l’une de ses extrémités ; on y introduit une couche de 10 cent, de carbonate de cuivre, puis une couche de 5 cent, d’o.xyde de cuivre, puis le mélange de la substance avec l’oxyde, et enfin on achève de remplir l’espace vide du tube avec de la plaiiure de cuivre.

On adapte au tube à combustion un tube à trois branches. L’une des branches est étirée en n et communique avec une pompe à faire le vide ; l’autre branche est reliée par un caoutchouc à un tube S d’un mètre de long qui vient se rendre dans ime cuvette C jileine de mercure ; enfin la troisième branche est munie d’uii bouchon qui entre dans le tube à combustion.

L’ai)pareil étant monté, on fait le vide au moyen de la pompe, on ferme le robinet r et on chiuitl'e une partie de l’extrémité du tube ou se trouve le caibonate de cuivre ; l’acide carbonique qui se dégage chasse l’air qui reste dans l’appareil et vient se dégager par le tube S. On ouvre alors le robinet de la pompe, on fait de nouveau le vide; on chauffe le carbonate de cuivre, et on répète cette ojiération deux ou trois fois justpi’à ce qu’il n’y ait plus d’air dans l’ajipareil. On i-econnait qu’on est arrivé à ce terme en agitant le gaz avec une solution de potasse. Si tout l’air a été chassé, le gaz devra être entièrement absorbable. On ferme aloi-s ;i l'aide du chalumeau la partie effilée n du lube, on enlève la jtompe, et on place sur la cuvette à mercure une cloche E de la capacité de düücent. cubes remplie de mercure, sons laquelle s’engage le tube qui amène le gaz provenant de lacond)ustion.

On introduit dans la cloche, à l’aide d’une pipette recourbée, une solution de potasse , et on commence la combustion. Les gaz acide carbonique et azoUî se rendent sous la cloche , traversent la solution de potasse où se trouve retenu l’acide carbonique; d(? sorte que le volume restant refirèsente Tazole i)ur.

Loi-sque la combustion est achevée, on chaude le carbonate de cuivre ; l’acide carbonique se dégage, balaye le tube à combustion et enlraine tout l’azote (jui se rend sous la cloche. Quand on reconnait que le gaz est altsorbé en entier, ce qui montre qu'il ne

CHAIMTHE VI. — ANALYSE OndANIOI E.

se dégage plus d’azote, on laisse refroidir, puis on porte la doclie sur la ruve à eau, et on lit soi"neuseuienl li* volume d'a/.ole

Fig. 189. — Appareil pour doser Tapote en volume.

P. pompe, rr\ robinets. I T, tube à trois braorhes.

S, uibe à désaffeoirnt. i cuvette pleine de mercure,

r, tube à combustion. I K, Éprouveue.

contenu dans l’éprouvette. On ramène ensuite le volume de ce gaz à la température et à la pression normale. Pour cela, on note la température t, la hauteur barométriciue II , et l’on applique la formule suivante :

“760(1 + 0,ÜÜ367<)

dans laquelle V représente le volume obsen’é, \ ' le volume cher- . ché, et f la tension de la vapeur d’eau à la température t ; V' étant ainsi déterminé, on multiplie ce nombre par Ü,ÜÜ125Ü2, qui représente le poids d’un centimètre cube d’azote à Û» et à ü™,76ü de pression.

INTRODITTION. — ANALYSE CHIMIOfE.

Délerm imtion de l’azote d'après la méthode de MM. Will et Varentrapp . — La plupart des matières organiques se décomposent lorsqu’on les chaulTe avec la potasse ; le carbone se transforme en acide carbonique aux dépens de l’oxygène fourni par la décomposition de l’eau , et l’hydrogène mis en liberté se combine avec l’azote pour former de l’ammoniaque. L(‘s matières contenant de l’acide nitrique ou des produits d’oxydation de l’azote font seules excei»tion à cette règle. La détermination de l’azote par le procédé de MM. Will et Varentrapp repose sur les faits que nous venons de signaler. L’ammoniaque formée est recueillie dans l’acide chlorhydrique et dosée à l’état de chloroplatinale. Au lieu de se sendr de potasse pour opérer la transformation de l’azote en ammoniaque, ce qui attaquerait rapidement les tubes à combustion, on emploie la chaux sodée.

La combustion se fait dans un tube de verre vert de 50 cent, de long, fermé à l’une de ses extrémités. L’extrémité ouverte du tube est munie d’un bouchon dans le(]uel vient s’engager un tube à deux btjules, contenant une solution d’acide chlorhydrique d’une densité = 1,10.

On commence par chautrer la chaux sodée dans une capsule de porcelaine pour lui enlever l’humidité et rammoniaque (ju’elle a pu condenser. On mélange la substance dans un mortier avec de la chaux sodée, de façon que le mélange occupe environ la moitié de la capacité du tube. Ou lave le mortier à la chaux sodée et ou achève de remplir le tube. Pour i[u’il n’y ail pas de chaux entraînée par le dégagement de l’ammoniaque, on place en tête du tube un tampon d’amiante.

Kig. ISO. — Appareil pour le doaagc île l’a/ole par les liqueurs titrées.

A, tube à combustion. J T, tube de Will et Warentrapp.

On adapte au tube l’appareil à boules et on chauffe comme s’il s’agissait d’une combustion. L’apparition de l’ammoniaque se manifeste par la formation de vapeui-s de chlorhydrate d’ammoniaque dans la premiéri* boule. Eu même temps qu’il se forme de l’ammoniaque, il se dégage aussi de la vapeur d’eau et de

r.IlAPITRE VI. — A.NALYSE Onr.AMOIIE. 'jü;î

racido carboniifue ; aussi faut-il être toujoui-s sur scs fiardos l)our éviter une absorption.

A. la lin de la combustion, on donne un bon coup de feu afin de brûler les dernières traces de charlion et de décomposer la petite quantité de cyanure da sodium qui a pu se former. Lorsque le dégagement des gaz a cessé, on casse la pointe du tube et on aspire lentement par l’autre extrémité de l’air qui traverse le tube et chasse devant lui l’ammoniaque qui vient se dissoudre dans l’acide chlorhydrique.

Il ne reste [dus aloi-s qu’à doser l’aminoniaiiue ab.sorbée par l’acide chlorhydrique pour en déduire la (juantitc^ d’azote. Le chlorure de platine, par la combinaison qu’il forme avec le chlorhydrate d’ammoniaque, sert à cette détennination.

Méthode de M. PèlU/ol. — La méthode de M. Péligot difl'ére de la précédente en ceci qu’au lieu de diriger le gaz ammoniac dans l’acide chlorhydrique, on le reçoit dans un volume déterminé d’acide sulfuriipie étendu dont on connaît la teneur en acide sulfurique.

M. Péligot forme la solution normale d’acide sulfuricpue en dissolvant B 1 e>',25 d'acide sulfurùpie monohydraté dans une quantité d'eau suffisante pour faire 1 litre de liqueur. Pour déterminer le titre de cet acide, on se sert d'une solution de saccbarate de chaux qu’on prt'pare en triturant du suen^ avec de la chaux éteinte et de l’eau. Pour titrer l’acidi^, on en prend un volume déterminé, 10 cent, culies, par e.xemple, qu’on introduit dans un vase à fond plat; Ou y ajoute quelques gouttes de teinture de tournesol et on vei’se, au moyen d’une burette graduée, la solution de saccharate jusqu’à ce que le liquide p.asse de la couleur rouge à la couleur bleue, ce qui indique le moment où tout l’acide a été saturé.

Supposons maintenant que nous fassions l’analyse d’une matière azotée, nous introduirons 10 cent, cubes de la solution d’acide dans l’appareil à boules, et nous commencerons la combustion ; tout le gaz ammoniac qui se produit viendra saturer une partie de l’acide sulfurique ; si donc nous titrons ce volume d’acide après la combustion, nous trouverons qu’il faut une ipiantité moindre de saccbarate de chaux, puisqu’une partie de l’acide a été saturée par l’ammoniaque.

La différence entre les deux nombres ainsi trouvés indique le nombre de divisions de la burette de saccbarate de chaux nécessaires pour saturer l'acide sulfuriqud qui a été absorbé par l’ainmoniaque et ipii doit servir à calculer la quantité d’azote. Comme

r)Oi INTROni’CTIOX. — ANAI.YSK CHIMIQUE.

on le voit, il faut, pour doser l’azote par ce procédé, connaître trois données:

1“ La quantité d'ammoniaque qui sature un volume déterminé d’acide sulfurique ;

2" Le nombre de divisions de la burette qu'il faut employer pour neutraliser ce même volume d’acide sulfurique ;

3" Le nombre de divisions de la burette qu’il faut employer pour neutraliser ce même volume d’acide sulfurique après qu’il a reçu l’ammoniaque provenant de l’analyse.

Un exemple fera mieux saisir l’application do ce procédé.

Supposons qu’on ait brûlé 0k'', 'i17 oxamide, et que 1ü cent, cubes d’acide sulfurii[ue normal saturent 33,5 divisions de saccharate de chaux, par exemple. Siqiposons encore que 10 cent, cubes du même acide saturent, après la combustion, 8,2 divisions de saccharate de chaux.

33,5 — 8,2 = 25,3 divisions représentent le volume de saccharate (ju’il aurait fallu employer pour saturer l’acide qui a été saturé par l’ammoniaque.

Au moyeu de la formule suivante :

on trouve que des 10 cent, cubes d’acide normal employés, 7<’',55 ont été saturés par l’ammoniaque : or, comme 10 cent, cubes d’acide renfermant un millième d’équivalent, 0,6125, de l’acide sulfuri(]ue, St)*, HO, saturent une (juantité d’ammoniaque correspondant à ()gf,175 d’azote, c’est-à-dire au millième de l’équivalent de l’azote, on établira la proportion

ObTTTo

— — , d’où X — Ok'', 13212.

Les 7,55 divisions représenteront donc 0,13212 d’azote; en divisant ce dernier nombre par le poids de la substance Ofif,!!?, on trouve que 100 parties d’oxamideont founii 31, G d’azote.

DÉTEnMlNATION DU C.HUinE DANS LES MATIÈRES OIIGANIQUES. — Les

bases organiipies se combinent avec l’acide chlorhydrique pour former des sels dans lesquels le chlore peut être précipité par le nitrate d’argent à l’état de chlonire d’argent ; mais il arrive ijuelquefois que cette précipitation ne s’opère qu’après la destruction complète de la matière organique. Il faut, dans ce cas, brûler la matière soit avec un alcali, soit avec une terre alcaline. La chaux caustiijue préparée par la calcination du marbre blauc convient le

CdAPirnE VI. — ANAI.Y.SE ORr-AMOUE.

mieu.x pour ce genre île dosage. Un pèse 1 gramme de la suhslance qu'on mélange dans un mortier avec de la chau.x en poudre line. Ou introduit ce mélange dans un tube à combustion de iOcent. de long ; on lave le mortier avec de la chaux qu’on introduit également dans le tube, et on achève derem[)lir avec la même matière.

La combustion se fait comme une combustion ordinaire. Loi-sque la décomposition est finie, on laisse refroidir le tube et on en fait tomber le contenu dans un vase à fond plat contenant de l’eau. On verse dans le tube de l’eau aiguisée d’acide nitrique jiour enlever les portions de chaux adhérentes, et l’on ajoute ces eaux de lavage au liquide jirécédent.

Lorsque toute la chaux est dissoute dans l’acide nitrique, on filtre la liqueur si elle n’est pas claire , et on précipite le chlore par le nitrate d'argent. Il ne reste plus qu’à laver le pi-écipité de chlorure d’argent, le calciner et le fondre pour connaître la ijuantité de chlore contenue dans la substance. Le brome et l’iode se dosent de la même manière.

DOSAGE DU SOUFRE DANS LES MATIÈRES ORGA.MQUES. — PoUr doser

le soufre dans les matières organiques, il faut le transformer en acide sulfurique dont on peut facilement déterminer le poids en le combinant avec la baryte.

L’acide nitrique est un des agents les plus usités pour opérer cette transformation ; mais souvent on est obligé de détruire la matière organique jiour amener le soufre à l’état d’acide sulfurique; on SP sert, dans ce cas, d’un mélange de potasse caustique et de nitrate de potasse eu fusion qui brille la matière et oxyde le soufre.

Dans une capsule d’argent bien propre , on fait fondre un peu de potasse avec un huitième de son poids de nitrate de potasse ; on y projette peu à peu la substance à analyser , en remuant avec une spatule pour éviter les projections. Lorsque le résidu, de noir qu’il était d’abonl, a repris sa couleur blanche, on retire la capsule du feu et on la laisse refroidir.

On dissout dans l’eau la ma.sse saline de la capsule, on y verse peu à peu de l’acide chlorhydrique jusqu’à ce que la liqueur soit acide, puis du chlorure de baryum qui produit un précipité blanc de sulfate de baryte. On laisse déposer ce précipité pendant douze heures dans un endroit im peu chaud, après quoi on filtre et on lave, (le précipité brillé et pesé donne un poids de sulfate de baryte dont on peut facilement déterminer par le calcul la teneur en soufre.

INTRODUCTION. — ANALYSE CHIMIQUE

Loraqu’on doit analyser des substances liquides, on les brûle dans un tube avec un mélange de carbonate de soude et de nitrate de potasse.

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